Perebea guianensis est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Moraceae. Il s'agit de l'espèce type du genre Perebea Aubl..

C'est un arbre néotropical. Il est connu en Guyane sous les noms de Abérémou (Créole), Kalumã Kalate, Yuwa'pisi, Yi'wapiso, Yuwa pɨso (Wayãpi), Amap purubumna, Amap-purubumnak, Tuukwanru Kamwi, Tukwanru kamwi (Palikur), Cauchorana (Portugais du Brésil). On le nomme Furufifi au (Guyana).

Description Perebea guianensis est généralement un petit arbre dioïque du sous-étage atteignant de haut (P. guianensis subsp. guianensis serait plus petit : de haut). Les rameaux feuillés sont épais de , couverts de poils appressés à séricés, de couleur grisâtre à jaune pâle.

Le limbe des feuilles coriace à cartacé, mesure , et est de forme oblongue, étroitement elliptique à lancéolée, avec l'apex acuminé à aigu, la base (obtuse) émarginée, (sub-)cordée (à aiguë), et les marges entières à dentées. La face supérieure est couverte de poils appressés épars, et des poils jaunâtres séricés sur la nervure médiane (presque plane), tandis que l'on trouve en dessous des poils pluricellulaires, apressés, pubérulents, capités et oblongoïdes sur les nervures saillantes. On compte (10-)15-22(-28) paires de nervures secondaires. La nervation tertiaire est parallèle, scalariforme. Les stipules mesurent de long, et portent des poils séricés jaune-grisâtre. Le pétiole est long de .

Les inflorescences staminées (mâles) comportent un réceptacle de de diamètre, portant de nombreuses fleurs. Le pédoncule est long de . Le périanthe est long de . Les fleurs comptent 4 tépales libres. L'involucre porte 4-7 séries de bractées jaunâtres, de forme deltoïdes à ovales, acuminées à aiguës. Le périanthe, haut de , se compose de 4 tépales hirtelleux libres. On dénombre 4 étamines dont le filet (souvent élargi à la base) est long de de long, et les anthères mesurent .

Les inflorescences pistillées sont solitaires, formées d'un réceptacle mesurant de diamètre, subsessile ou pédonculé (pédoncule long de ), portant 10 fleurs (ou davantage). L'involucre porte 7-15 séries de bractées jaunâtres, sub-séricées, de forme deltoïdes à ovales, acuminée à aiguës. Le périanthe, haut de , se compose de 4 dents (qui peuvent être fendues depuis la base de la fleur), jaunâtres hirtelleuses à velutineuses. Le style est long de . Le stigmate, long de , a la forme d'une langue.

Les infrutescences discoïdes à hémisphériques, mesurent de diamètre, deviennent rouges à maturité. Les bractées involucrales sont ovales ou triangulaires. Infranescences de de diamètre, fructification Perianthe de hauteur, hinelleux jaunâtre à véluineux.

Répartition On rencontre Perebea guianensis du Panama au Brésil, en passant par la Colombie, le Venezuela, le Guyana, le Suriname, la Guyane, l'Équateur, le Pérou, et la Bolivie.

Perebea guianensis Aubl. comprend 5 sous-espèces : Perebea guianensis subsp. acanthogyne (Ducke) C.C. Berg - bassin supérieur de l'Amazone Perebea guianensis subsp. castilloides (Pitt.) C.C. Berg - Panama et Colombie Perebea guianensis subsp. guianensis - du bassin amazonien (Équateur, Pérou, Bolivie, Brésil, Venezuela : Amazonas) à la Guyane, à l'est de Suriname, et au Guyana (à de l'embouchure de la crique ) Perebea guianensis subsp. hirsuta C.C. Berg - bassin supérieur de l'Amazone Perebea guianensis subsp. pseudopeltata (MildBR.) C.C. Berg - bassin supérieur de l'Amazone

Écologie Perebea guianensis est un arbre moyen des forêts anciennes et des vieilles forêts secondaires de terre ferme (non inondées).

En Guyane, Perebea guianensis fleurit en avril/août/septembre/octobre, et fructifie en janvier/février/avril/août/septembre/octobre.

Au Venezuela, on rencontre P. guianensis subsp. guianensis dans les forêts de terre ferme, autour de d'altitude.

Utilisation En Guyane, les Palikur emploient le latex de Perebea guianensis en application directe du latex brut sur la peau, pour soigner les blessures occasionnées par les boutoirs des pécaris, ainsi que le sikgep (maladie signifiant « déchiré» et traduite par blesse ou coup en créole, correspondant à une douleur mobile en dessous des côtes, d'origine « magique » ou faisant suite à un effort excessif). Ils consomment aussi ce latex mélangé à du lait concentré pour soigner les ulcères internes, ou mélangé à du couac comme fortifiant, ou comme antidiarrhéique. Ils préfèrent néanmoins pour ces usages le latex d'autres espèces (Brosimum parinarioides et Parahancornia fasciculata). Ils utilisent par ailleurs le macérat de fragments de rameaux dans le rhum, comme aphrodisiaque pour les hommes.

Le latex tiré de l'écorce des tiges, flexibles et molles aurait des propriétés anthelminthiques.

Les utilisent le latex de Perebea guianensis pour soigner les plaies

Les Chácobo consomment les fruits de Perebea guianensis et utilisent son écorce comme une étoffe pour la confection de vêtements traditionnels.

Protologue En 1775, le botaniste Aublet propose le protologue suivant :

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Liste des plantes décrites par Fusée-Aublet

Liens externes

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