Sergio Carile, pasteur émérite de l’église méthodiste, écrivain et essayiste italien, est né à Lugano le et mort à Bologne le .
Biographie Fils d’un émigré napolitain en Suisse, Sergio Carile passe son enfance à Naples, avec sa mère, durant la Première Guerre mondiale, de 1915 à 1918, quand son père était parti volontaire pour le front. Dans la seconde moitié des années trente, il fait ses études de théologie à l’Université de Genève où il fréquente également des cours de médecine et d’anthropologie.
Devenu pasteur, il s’installe en Italie, où sa mission pastorale commence dans les communautés de Domodossola, puis d’Intra, à la frontière suisse. Il poursuit sa formation culturelle à l’Université de Rome où il suit les leçons ou les conférences d’Ernesto Buonaiuti, de Raffaele Pettazzoni, de et de Vittorio Macchioro. Il mène aussi une activité littéraire, publiant trois recueils de poésie à Lugano, Bellinzone et Modène dans les années trente.
Sergio Carile est envoyé comme pasteur à Carrare en 1937, pour remplacer Lodovico Vergnano (1884–1964), auteur non seulement d’ouvrages d’histoire de philosophie mais aussi, comme lui, de recueils de poèmes et de textes littéraires. Dans un environnement social où anarchie et protestantisme purent avoir des points de contact, dominé par la figure de Francesco Valentini, prêtre catholique devenu pasteur, qui avait développé une activité évangélique dans le bourg de et s’était voué à l’amélioration des conditions de vie des carriers et à la scolarisation de leurs enfants, Sergio Carile rencontre d’autres personnalités comme (Il libro delle Benedizioni, Firenze, Tipografia Mattioli, 1930), fils d’un carrier de , militant anarchiste et antifasciste converti au protestantisme et devenu un membre actif de la communauté de cette église, qui avait fréquenté des intellectuels de haut vol comme Lelio Basso, , , Ernesto Buonaiuti. Pendant la guerre, Lombardini adhérera à Giustizia e Libertà et participera à la guerre comme « aumônier œcuménique ».
Au moment de la Seconde Guerre mondiale, Sergio Carile a la charge de la communauté de fidèles vivant en Lunigiana et en Garfagnana, une région de la Toscane sur le versant sud-occidental des Alpes Apuanes. Dans cette zone dangereuse de la ligne gothique, Sergio Carile est constamment surveillé par la police fasciste de Carrare. Il maintient un rapport épistolaire avec Buonaiuti, qui l’aide, grâce à sa relation avec l'éditeur , à publier chez Guanda, en 1943, un recueil de textes poético-religieux, sous le titre Pane acqua e follia.
Après la libération de Rome grâce aux armées américaines et à leur progression vers le nord de l’Italie, les armées alliées, appuyées par les maquisards italiens, réussissent à forcer la ligne gothique () et à libérer dans les semaines suivantes les territoires situés entre Carrare et Pontremoli. Sergio décide vers la moitié du mois de de se rendre à Rome, en bicyclette, pour reprendre contact avec les églises protestantes méridionales, et revoir ses anciens professeurs d’histoire et d’anthropologie d’avant la guerre, en particulier Ernesto Buonaiuti qui était devenu pour lui, au cours de la guerre, une référence culturelle et spirituelle importante mais qui décèdera peu de temps après.
Fondateur et directeur, en 1951, de la revue Valori à Bologne, Sergio Carile exerce son ministère pastoral dans diverses communautés, entre autres, celle de Bologne, après la guerre, puis de Florence et de Padoue. Émérite à Bologne, il donne des cours à la Faculté vaudoise de théologie (it) de Rome, au Séminaire épiscopal de Padoue (it) dans les années soixante-dix, aux Études théologiques franciscaines de Padoue (it) et de Bologne.
En 1969, vingt-cinq ans après la mort de Buonaiuti, Sergio Carile suggère la publication par Marcella Ravà (it), ancienne secrétaire de Buonaitui, d’un recueil des traductions personnelles des Écritures saintes qui se trouvent dans les ouvrages de son maître et ami. Sergio Carile crée en 1973 le « Gruppo interconfessionale per lo studio di una catechesi ecumenica ».
Publications
Poèmes
Anima nova, Sanvito, Lugano, 1926 I due amori, Grassi, Bellinzona, 1931 Le Triptyque du silence, Chants de l’âme, Genève, chez l’auteur, 1935 Pane acqua e follia, Modena, Guanda, 1943
Essais philosophiques et religieux
Studio sul cervello del pitecantropo, Roma, Claudio, 1946 Il dipinto spontaneo infantile, Torino, Claudiana, 1961 Attualità del pensiero teologico metodista, Torino, Claudiana, 1971 Il movimento modernista cattolico italiano all’inzio del secolo, Abano Terme, “Il Gerione”, 1972 Martin Luther King, Milano, Marzorati, 1975 Il pregiudizio confessionale, Padova, Ausilio, 1976 Il Metodismo. Sommario storico, Torino, Claudiana, 1984 I Metodisti nell’Inghilterra della rivoluzione industriale, Torino, Claudiana, 1989 Introduzione alla visita di un museo egizio, Fasano, Schena, 1993. La sfida della parola, Macerata, Stampa Libri, 2011
Journal
Diario di guerra: fiducioso nel nulla. Tra Lunigiana e Garfagnana, attraverso la linea gotica, a cura di Paolo Carile, Roma, Aracne, coll. « Tempus », , 2016 . Journal de guerre, traduit par Marie-France Renard ; édité et annoté par Paolo Carile ; préface de François-Xavier Cuche, Bruxelles, Weyrich (à paraître).
Notes et références
Liens externes
Catégorie:Écrivain italien du XXe siècle