Chaumeré a été jusqu'en 1973 une commune française, située dans le département d'Ille-et-Vilaine et la région Bretagne, date à laquelle elle a été réunie à la commune de Domagné, gardant le statut de commune associée (arrêté préfectoral du ).

Géographie Chaumeré appartenait au canton de Châteaubourg et à l'arrondissement de Rennes. Le finage communal, un morceau du bassin de Rennes, était limité au sud par le ruisseau de Taillepied, un affluent de rive droite de la Seiche.

Toponymie Attestée sous la forme ancienne Calmiracum (non datée), Chalmirei en 1156, Chaumereyo en 1516,

Plusieurs interprétations, toutes en -acum (suffixe indiquant un lieu habité). Le premier élément semble être un (pré)nom gallo-romain Calmirus (« Village de Calmirus ») ou d'origine romane, composé de chalme-, en latin calamus (le roseau) et du suffixe médiéval -aria indiquant un lieu où se trouve une végétation usuelle. « Le lieu où il y a des chaumes exploités ».

Histoire Moyen Âge Selon Marteville et Varin, continuateurs d'Ogée, Chaumeré, rattaché antérieurement à la paroisse de Piré, serait devenue une paroisse indépendante à la fin du sous l'influence des seigneurs de la Cour ; en fait la paroisse semble exister déjà en 1427 et possédait alors deux manoirs, celui de la Cour de Chaumeré (appartenant au vicomte de la Bellière, en La Vicomté-sur-Rance) et celui de la Motte de Chaumeré (possédé par la fille de Jean de Dénée, seigneur de la Motte de Gennes)..

Époque moderne

Les premiers registres paroissiaux datent de 1602. L'église paroissiale Saint-Médard, alors composée d'une simple nef, fut terminée par un chevet droit en 1603 ; deux chapelles attenantes furent construites ensuite.

En 1640, messire Guillaume Henry, recteur de Chaumeré et sous-chantre de Rennes, fonde l'Office solennel de l'exaltation de la Sainte-Croix, célébré chaque 14 septembre : « Avant la messe, la Croix sera portée processionnellement dans l'église, en chantant en plain-chant Vexilla regis »Abbé Raison, La Psalette de la cathédrale Saint-Pierre de Rennes, "Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine", 1937, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5613736p/f72.image.r=chaumer%C3%A9?rk=64378;0.

Les familles de Maubiez, de la Fontaine, d'Erbrée et de Birague (en 1634, René de Birague, baron d'Entrammes, marié à Françoise d'Erbrée, fit poser ses armoiries au-dessus d'une fenêtre et sur un vitrail d'une chapelle de l'église paroissiale) possédèrent successivement la seigneurie de Chaumeré aux et . En 1638, une confrérie du Rosaire est érigée dans l'une des chapelles et le maître-autel de l'église est la même année offert par René Godelou, sieur de la Saudraye. Une autre confrérie, celle des Cinq-Plaies, fut érigée plus tard, en 1763. Dans le mur nord de l'église, une brique funéraire rappelle le souvenir de Gilonne Colombel, dame des Mazures, bienfaitrice de la paroisse, décédée en 1686. La liste des recteurs de Chaumeré est connue depuis 1525, les derniers avant la Révolution française ayant été : Jean Chevalier, natif de Janzé, entre 1737 et 1755, inhumé dans le chœur de l'église ; Jean Georgin de la Hunaudais, natif de La Chapelle-Erbrée, entre 1755 et 1770, inhumé dans le cimetière ; Jean Poisson, entre 1770 et 1783, inhumé dans l'église, près de la chaireAmédée Guillotin de Corson, "Pouillé historique de l'archevêché de Rennes", volume 4, 1880, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k75000m/f417.image.r=Chaumer%C3%A9?rk=85837;2.

Vers 1680, le duc de La Trémoille, ou plus probablement son fils Louis Maurice de La Trémoille, vend le fief de Chaumeré, qui dépendait de la terre de Saudecourt (en Louvigné-de-Bais), elle-même ancienne dépendance du marquisat d'Épinay (en Champeaux), à Christophe de Rosnyvinen, seigneur de PiréSéance du 26 août 1868, "Rapports et délibérations / Conseil général d'Ille-et-Vilaine", 1868, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5562095z/f364.image.r=Chaumer%C3%A9. L'un de ses descendants, Guillaume de Rosnyvinen, s'affirma en 1778 comme seigneur fondateur de la paroisse et devint le parrain de la grosse cloche de l'église, la marraine étant Émilie HayÉmilie Hay, née le à Rennes, mariée le au château de Montbouan en Moulins avec Marie Paul Hay, marquis de Nétumières, décédée le à Caen, dame de BontevilleAmédée Guillotin de Corson, "Pouillé historique de l'archevêché de Rennes", volume 4, 1880, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k75000m/f419.image.r=Chaumer%C3%A9.

Un chemin des saulniers (emprunté par les faux-sauniers pratiquant la contrebande du sel entre la Bretagne et le Maine, pays de gabelle, passe à la limite des communes de Veneffles (désormais annexée par Châteaugiron) et d'Ossé avec celles de Chaumeré et Saint-Aubin-du-Pavail, puis à la limite de celle de Cornillé avec celles de Torcé et Louvigné-de-Bais avant de rejoindre, via Étrelles et Argentré-du-Plessis, Le Pertre. Ce chemin des saulniers est d'origine ancienne, c'est probablement une ancienne voie romaine ; son tracé se lit encore très bien sur une carte, empruntant successivement de l'ouest vers l'est des tronçons des routes départementales D 93, D 104, D 35, à nouveau D 104 et enfin D 33Paul Banéat, Étude sur les voies romaines du département d'Ille-et-Vilaine, "Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine", 1927, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k122073r/f98.image.r=Domagn%C3%A9.

En 1778, Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Chaumeré :

Révolution française

Julien-Jean Vaucelle, nommé recteur de Chaumeré le , prêtre réfractaire, émigra à Jersey en 1793Amédée Guillotin de Corson, "Pouillé historique de l'archevêché de Rennes", volume 4, 1880, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k75000m/f420.image.r=Chaumer%C3%A9.

Le

Chaumeré fut supprimé comme paroisse en 1803 et son territoire réuni à la paroisse d'Ossé, mais une ordonnance royale du érigea de nouveau Chaumeré en succursaleAmédée Guillotin de Corson, "Pouillé historique de l'archevêché de Rennes", volume 4, 1880, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k75000m/f418.image.r=Chaumer%C3%A9.

A. Martevile et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Chaumeré en 1843 :

Par délibération du , le conseil municipal de Chaumeré sollicite du département une subvention de 30 francs pour l'achat de deux tables reconnues indispensables pour permettre d'apprendre à écrire à tous les enfants de l'école mixte. La commune de Chaumeré, qui compte seulement 214 habitants, n'ayant aucune ressource, j'ai l'honneur de vous proposer, conformément aux conclusions de M. le Préfet, d'allouer la subvention de 30 fr demandéeM. Beuscher, Séance du 20 décembre 1876, "Rapports et délibérations / Conseil général d'Ille-et-Vilaine", avril 1877, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5659781g/f63.image.r=Chaumer%C3%A9?rk=64378;0.

En 1877, les murs de clôture du cimetière de Chaumeré étant tombés en ruine, là encore la commune demande une subvention de 1 000 francs au département d'Ille-et-Vilaine, qui lui est accordée, afin de les reconstruireSéance du 30 mai 1877, "Rapports et délibérations / Conseil général d'Ille-et-Vilaine", août 1877, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56596814/f11.image.r=Chaumer%C3%A9?rk=85837;2.

Le cyclone [en fait une tornade) du fit des dégâts importants à ChaumeréJournal La Croix du 20 août 1890, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2124674/f2.image.r=Chaumer%C3%A9?rk=42918;4.

Le

La Belle Époque

Chaumeré devait être desservi, grâce à la station de Piré-Chaumeré, par la ligne de tramways allant de Rennes à La Guerche"Journal officiel de la République française. Lois et décrets", n° du 3 mai 1899, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6233979x/f4.image.r=Chaumer%C3%A9?rk=407727;2, qui aurait emprunté le tracé de l'actuelle RD 463, mais le tracé fut changé afin desservir directement le bourg de Piré.

La Première Guerre mondiale

Le monument aux morts de Chaumeré porte les noms de 12 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux, deux frères, AmbroiseAmbroise Renault, né le à Saint-Didier, soldat au 124e régiment d'infanterie, tué à l'ennemi le à Virton (Belgique) et Joseph RenaultJoseph Renault, né le à Saint-Didier, soldat au régiment d'infanterie, tué à l'ennemi le à Virton (Belgique), tués tous les deux à Virton (Belgique) à deux jours d'intervalle dès août 1914 ; les autres sont décédés sur le sol français.. Parmi eux, Julien BouhalouxJulien Pierre Bouhaloux, né le à Ossé, débitant à Chaumeré, est décédé dès le à Rennes.

La Seconde Guerre mondiale

Aucune personne originaire de Chaumeré n'est morte pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale.

L'après Seconde Guerre mondiale

L'école publique de Chaumeré a fermé en 1974. Elle a été transformée en salle municipale en 2013https://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000/le-village-de-chaumere-aura-bientot-sa-salle-municipale-1235976.

Le

Politique et administration

Démographie

Commentaire : Chaumeré a perdu régulièrement des habitants en raison de l'exode rural (-122 habitants entre 1806 et 1968, soit -50 % en 162 ans) jusqu'à sa fusion avec la commune voisine de Domagné.

Lieux et monuments Église paroissiale Saint-Médard, .

Personnalités liées à la commune

Notes et références

Voir aussi Anciennes communes d'Ille-et-Vilaine

Bibliographie Nathalie Portrait, La vie paroissiale à Chaumeré au , le pouvoir paroissial dans le cadre d'une petite paroisse rurale bretonne (1729-1779), Rennes, 1994, (Archives d'I&V - Mémoire 2 J 632).

Liens externes

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