S'il est surtout connu pour son travail dans le domaine du jazz, le pianiste et compositeur français Martial Solal a également écrit plusieurs œuvres de musique dite classique, principalement des concertos, à partir de la fin des années 1970.
Introduction Compositeur autodidacte, entré à la SACEM à ., Martial Solal a intégré l'idée, développée par son ami André Hodeir, selon laquelle le jazz ne doit pas être uniquement improvisé pour rester dans l'histoire., comme il l'a illustré dès 1959, avec sa Suite en ré bémol pour quartette de jazz.
Dans les années 1970, Martial Solal rencontre le compositeur Marius Constant, avec qui il coécrit Stress. Solal s'intéresse alors à la musique contemporaine, qui semble pour lui offrir des possibilités inédites pour le jazz. Ses concertos ne sont pour autant pas écrits dans le langage du jazz, et quand il est présent, il n'est jamais porté par l'orchestre, mais plutôt par le soliste, dont le style alterne avec le langage de la musique classique.. Cette idée se retrouve dans les titres de ses pièces : Échanges, CoexistenceÉric Ferrand-N'Kaoua, L'Imagination à l'œuvre, notes de pochette de l'album Works For Piano And Two Pianos, 2015.…
Il est autodidacte, et ne revendique aucune influence :
Solal raconte ne jamais mieux composer que quand il a des délais à respecter. Il cherche des idées au piano, parfois pendant des semaines, cherchant à tomber sur une idée mélodique ou rythmique qu'il n'a jamais entendue. Il orchestre dans la foulée sur ordinateur, s'étant dès les années 1980 penché sur la composition assistée par ordinateur.
Le saxophoniste Jean-Charles Richard, dédicataire du Concerto pour saxophone, joue depuis les années 2010 le rôle de coordinateur musical auprès de Solal (vérification des partitions, intermédiaire auprès de l'orchestre…).
Œuvres symphoniques et concertantes
Stress (1977) Cette œuvre est coécrite par Marius Constant et Martial Solal pour quintette de cuivres, percussions et trio de jazz (piano, basse, batterie). Les deux musiciens ont écrit , avant de juxtaposer les séquences. Selon Solal, Constant en a composé les trois quarts.
Stress est créé le à Châteauvallon, par l'Ensemble Ars Nova dirigé par Marius Constant avec Martial Solal (piano), Cesarius Alvim (contrebasse) et Daniel Humair (batterie), et la pièce a tenu l'affiche pendant plusieurs saisons. La formation a également enregistré l'œuvre en ..
Concerto pour piano (1980) À propos En 1980, André Francis, producteur du premier disque pour Vogue de Martial Solal, a suggéré à ce dernier d'écrire un concerto pour piano. Solal, qui n'avait presque pas écrit pour cordes depuis la musique d'À bout de souffle, se lance dans l'écriture d'une pièce d'une trentaine de minutes, faisant intervenir successivement un orchestre symphonique et un trio de jazz (piano, contrebasse, batterie). Il met six mois à l'écrire.
Le concerto débute par des . Après un dialogue entre le piano et l'orchestre, le premier thème est exposé, sur un rythme plus soutenu. L'instrument principal, ici le trio de jazz, est par moments accompagné par l'orchestre. La partie de piano est en partie improvisée.
Représentations Ce premier concerto est créé et enregistré au Studio 104 de la Maison de la Radio le , par l'Orchestre philharmonique de Radio France dirigé par Marius Constant avec Martial Solal, Cesarius Alvim et Daniel Humair.. Le public est alors très enthousiaste..
Ce concerto est enregistré en par l'Orchestre philharmonique de Monte-Carlo dirigé par Marius Constant, avec Martial Solal (piano et synthétiseur), Michel Benita (contrebasse) et François Laizeau (batterie).
Concerto Nuit étoilée (1981) Pour cette pièce, commandée par René Martin, directeur du festival de La Roque-d'Anthéron, Solal joue de trois claviers : un piano à queue, un synthétiseur et un piano droit désaccordé.
Ici aussi, Solal joue sur deux styles : .
Ce concerto est créé et enregistré en par l'Orchestre philharmonique de Monte-Carlo dirigé par Marius Constant, avec Martial Solal (piano et synthétiseur), Michel Benita (contrebasse) et François Laizeau (batterie).
Concerto (ou Fantaisie) pour deux orchestres (1984) Ce concerto est écrit pour orchestre symphonique et big band. Chaque ensemble prend la parole à tour de rôle, dans son langage propre.
Il est enregistré par Radio France le à Lille et le au Studio 104 de la Maison de la Radio, par l'Ensemble franco-allemand de jazz sous la direction d'Albert Mangelsdorff et Jean-François Jenny-Clark, et la Junge Deutsch-Französiche Philharmonie sous la direction de Justus von Websky.
Triple concerto pour trombone, piano, contrebasse et orchestre (1989) À propos Ce concerto est celui dans lequel . Selon le pianiste Hervé Sellin, , ce qui implique même si le langage n'est pas celui du jazz, les solistes doivent avoir une solide culture du jazz. Le concerto est redoutable sur le plan technique, particulièrement pour le trombone et la contrebasse.
Comme à son habitude, Solal joue des contrastes entre les rythmes, les couleurs, les instruments. Le trombone ouvre le concerto, rejoint par le piano et la contrebasse. On entend un dialogue musclé entre les cordes lyriques et les cuivres et percussions plus rythmiques. Pour sa cadence, la contrebasse alterne entre solo et dialogue avec l'orchestre. La coda contient .
Représentations Il est créé en 1989 à Cologne par Albert Mangelsdorff, Martial Solal, Jean-François Jenny-Clark et l'Orchestre franco-allemand des jeunes., pour la radio publique .
Le concerto est rejoué le , par Denis Leloup (trombone ténor), Hervé Sellin (piano) et Jean-Paul Celea (contrebasse amplifiée), avec l'Orchestre national de France dirigé par Jesko Sirvend.
Concerto Échanges (1989) Dans ce concerto, le piano dialogue avec un ensemble de cordes. La partie de piano mêle parties écrites et improvisées .
Solal crée son concerto le au Théâtre de l'Agora d'Évry avec la Camerata de France, dirigée par Daniel Tosi.
Le concerto est rejoué par Éric Ferrand N’Kaoua, notamment en à Vernon, dans le cadre du festival de musique de chambre de Giverny..
Concerto pour piano et cordes Sponde (1993) Ce concerto est créé en 1993 à Cannes par l'Orchestre régional de Cannes-Provence-Alpes-Côte d’Azur dirigé par Philippe Bender avec Martial Solal au piano.
Concerto Coexistence (1997) À propos Ce concerto est écrit pour orchestre, big band et piano. Pour la première fois, il écrit des passages pour la section de cordes de l'orchestre. Pour autant, il continue de jouer sur l'alternance des deux univers. Il explique : .
Lors de la création, en 1997, Solal improvise la partie piano. En le réécoutant plus tard, il se rend compte qu' dans ce mélange entre parties écrites et improvisées. Il remanie la partition pour le seul Orchestre national de France en 2020, tout en conservant la batterie, et écrit entièrement une partie de piano. Il conserve, avec l'ajout de 4 cors, les couleurs cuivrées du big band.
Le concerto débute par un accord au piano, rejoint par l'orchestre et la batterie, cette dernière donnant une couleur « jazz » à la musique. La musique est très solalienne : . La cadence de piano est écrite dans le style des improvisations de Solal.
Représentations Il est créé le , pour la Fête de la musique, à la salle Olivier-Messiaen de Radio France, avec le Dodecaband, Martial Solal au piano et l'Orchestre national de France dirigé par Didier Benetti. Le concert est diffusé en direct sur France Musique, mais l'enregistrement est perdu.
Le concerto est rejoué le , par Éric Ferrand-N’Kaoua (piano) et François Merville (batterie), avec l'Orchestre national de France dirigé par Jesko Sirvend..
Concerto Icosium pour trompette, piano et orchestre (2003) À propos La formule du concerto pour trompette et piano est rare, mais avait déjà été explorée par Dmitri Chostakovitch en 1933, dans son premier Concerto pour piano.. Le nom du concerto, Icosium, est celui de la cité antique existant à la place de l'actuelle Casbah d'Alger, ville où est né Martial Solal. Ce concerto est . Pour autant, toute la musique semble improvisée, jaillie d'un seul trait sur la partition. Le concerto est dédié au trompettiste Thierry Caens..
Manuel Rocheman, également interprète du concerto, le décrit ainsi : .
Représentations Le concerto est créé le à Poitiers par Martial Solal lui-même au piano et Thierry Caens à la trompette, avec l'Orchestre Poitou-Charentes dirigé par Cristian Măcelaru.. Solal a été incité à improviser une cadence qui ne figure pas dans la partition.
Il est joué en à Radio France, avec l'Orchestre national de France. Manuel Rocheman remplace Solal au piano..
Prélude pour piano et orchestre (2009) Cette œuvre est créée et filmée le à Jazz à Vienne par l'Orchestre symphonique de l'Opéra de Lyon dirigé par Jean-Charles Richard avec Martial Solal au piano.
Incoercible (2009) Cette pièce est une adaptation pour trompette, piano, big band et orchestre symphonique du morceau que l'on entend sur l'album du Newdecaband de Martial Solal Exposition sans tableau (2006).
Cette version est créée et filmée le à Jazz à Vienne par l'Orchestre symphonique de l'Opéra de Lyon dirigé par Jean-Charles Richard et le Newdecaband de Martial Solal avec Éric Le Lann à la trompette.
(2009) Cette pièce est une adaptation pour orchestre du morceau, avec des paroles de Claudia Solal, que l'on entend sur l'album du Newdecaband de Martial Solal Exposition sans tableau (2006).
est créé et filmé le à Jazz à Vienne par l'Orchestre symphonique de l'Opéra de Lyon dirigé par Jean-Charles Richard et le Newdecaband de Martial Solal avec Claudia Solal (voix) et Denis Leloup (trombone).
Concerto pour saxophone (2014) À propos Le soliste Jean-Charles Richard, pour qui le concerto a été écrit, passe du saxophone baryton au saxophone soprano. Il est accompagné par un orchestre à cordes, un marimba, un vibraphone, une batterie et un trombone, seul instrument à vent qui tient presque un rôle de soliste. La principale difficulté de la partie de saxophone, d'après Richard, consiste en l'alternance de séquences de jeu très intenses, suivies de moments où l'orchestre répond, ce qui demande . Les cordes sont très rythmiques et vivaces.
Un motif rythmique est donné par le baryton, avant que celui-ci dialogue avec l'orchestre. Le soliste passe au soprano, dans un registre lyrique, avant de revenir au baryton. Après une fausse fin, c'est le soprano seul qui conclut la pièce.
La musique peut évoquer la marche de L'Apprenti sorcier de Paul Dukas ou les rythmes de Béla Bartók.
Représentations Le Concerto pour saxophone, alors intitulé For Sax and Strings, est créé par Jean-Charles Richard au mois d' à Vernon, dans le cadre du festival de musique de chambre de Giverny.. Pour ce concert, la pièce est arrangée pour un petit effectif de douze instruments à cordes..
Le concerto est rejoué le , par Jean-Charles Richard (saxophones baryton et soprano) et François Merville (batterie), avec l'Orchestre national de France dirigé par Jesko Sirvend..
Musique de chambre Ensemble instrumental 1966 : Petite pièce pour piano, clavecin et contrebasse 1983 : Fantaisie pour quintette de cuivre (deux trompettes, trombone, tuba, cor) 1985 : Pièces pour clavecin et percussion 1987 : Une Pièce pour quatre, pour quatuor de saxophones 1987 : Ballade, pour quintette de saxophones avec section rythmique ad libitum 1990 : Improvisation pour les cordes pincées et , pour clavecin et percussions 1991 : Ballade pour deux pianos
Instrument solo 1986 : Seul contre tous, pour basson solo Pièce de Collection, pour saxophone alto
Pour piano 1191 : Jazz Preludes 1997 : 11 Études 2015 : Voyage en Anatolie
Discographie 1966 : Petite pièce pour piano, clavecin et contrebasse, in Antoinette Vischer (clavecin), Martial Solal (piano), Guy Pedersen (contrebasse), Le Clavecin moderne (Wergo).