Cet article présente une chronologie de lhistoire de la rive sud de Québec depuis 1613.

Elle présente les événements majeurs de l'histoire de la Rive-Sud de Québec qui se sont produits entre le et le . Sans oublier l'histoire des anciennes villes qui composent le « nouveau Lévis » depuis 2002. Les faits marquants sont présentés uniquement à titre indicatif. Le secteur sud-est de Lévis (anciennement la côte de Lauzon de la Pointe-Lévy (1636-1694) et le village de Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy (1694-1867) dans le secteur Lauzon est privilégié, car c'est le lieu de naissance de la seigneurie de Lauzon. Cette seigneurie fut la première fondée devant Québec et elle fut en fonction de 1636 à 1836.

Les dimensions territoriales actuelles de Lévis correspondent presque à celles de l'ancienne seigneurie. Le développement rapide sur le plan économique a permis la fondation de Lévis, la première ville fondée au sud de Québec en 1861, ainsi que la fondation des municipalités environnantes qui composent la nouvelle ville depuis les fusions municipales de 1989, 1990 et 2002. Le tout est présenté en complément à l'article principal sur Lévis.

Introduction

Lévis est une ville du Québec qui possède une histoire complexe caractérisée par des changements toponymiques, des changements territoriaux et des fusions municipales entre le et le . Pour comprendre la naissance de la ville de Lévis, il faut remonter aux origines du peuplement de la Rive-Sud de Québec sous le régime français. Les périodes importantes de l'histoire se situent entre la colonisation de la seigneurie de Lauzon en 1647 jusqu'à la fondation de la ville en 1861.

La seigneurie de Lauzon Au milieu du , la seigneurie de Lauzon sera scindée (à la suite de la faillite de John Abbott-Caldwell) pour former plusieurs villages qui deviendront des municipalités et des villes. Parmi les plus importantes villes de la Rive-Sud, il y a notamment Lévis (1861) et Lauzon (1910). Sans oublier les municipalités de paroisse voisines de Saint-Romuald de l'Etchemin (1855) et Saint-David de l'Auberivière (1876) qui deviendront des villes au .

Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy (ou Saint-Joseph-de-Lévis) est la première municipalité-paroisse de la rive sud de Québec fondée en 1694. Elle deviendra le village de Lauzon en 1867 et la ville de Lauzon en 1910. Lauzon deviendra une Cité dans les années 1950 et redeviendra une ville au début des années 1980En 1867, la partie située au sud du chemin des forts conservera le nom Saint-Joseph-de-Lévis à la suite de l'opposition des résidents concernant la création du village de Lauzon.. La ville de Lévis est née à l'ouest de la future ville de Lauzon, le , sous l'initiative de Joseph-David Déziel. Elle s'est constituée par le regroupement de la municipalité de Notre-Dame-de-la-Victoire et la Ville d'Aubigny. Sa dénomination municipale rappelle d'abord Henri de Lévis duc de Ventadour ainsi que le chevalier François Gaston de Lévis. À partir de 1888, le nom Lévis rappelle donc à la fois le duc et le chevalier (1719-1787), héros de la Bataille de Sainte-Foy (1760). La municipalité de village de Bienville eut une existence éphémère et exista de 1863 à 1924 : elle fut annexée en partie à Lévis et en partie à LauzonInformation tirée du livre « Bienville, 1896-1996: cent ans d'histoire » publié en 1996..

L'expansion territoriale de la Rive-Sud est due à son développement économique (commerce du bois, chemin de fer et construction navale) et à la naissance de plusieurs municipalités et villes qui ont fusionné par la suite, entre le milieu du et le début du , pour former le nouveau Lévis, une ville de plus de .

Les fusions municipales La première phase des fusions municipales modernes à Lévis eut lieu avec les villes de Lauzon en 1989 et Saint-David de l'Auberivière en 1990. Ce fut l'initiative du maire de l'époque, M. Vincent-F. Chagnon. La nouvelle ville porta le nom Ville de Lévis-Lauzon jusqu'en 1991 où un référendum eut lieuParmi les noms suggérés, il y avait Desjardins et Pointe-Lévy.. Le nom Lévis fut conservé par les citoyens et officialisé, le de cette même année, par le ministère des Affaires municipales du Québec.

La seconde phase des fusions municipales eut lieu le . Dix villes furent fusionnées par le gouvernement provincial pour former la nouvelle ville de Lévis. Il s'agit des anciennes villes et municipalités de Saint-Romuald, Saint-Nicolas, Charny, Saint-Jean-Chrysostome, Sainte-Hélène-de-Breakeyville, Saint-Étienne-de-Lauzon, Saint-Rédempteur, Pintendre et Saint-Joseph-de-Lévis (anciennement Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy).

La ville actuelle est divisée en trois arrondissements : Desjardins, Chaudière-Ouest et Chaudière-Est. Elle regroupe toutes les villes situées entre la municipalité de Saint-Étienne-de-Beaumont et l'ancienne ville de Saint-Nicolas, incluant l'ancienne ville de Saint-Jean-Chrysostome au sud.

Le nouvel Hôtel de ville de Lévis est situé au 2175, chemin du Fleuve, dans l'ancien Hôtel de ville de Saint-Romuald.

: la seigneurie de Lauzon

En 1613, Champlain fit une exploration de la rive sud de Québec dans le secteur de la rivière des Etchemins. C'est à cet endroit qu'il fit la connaissance d’Amérindiens de la nation des EtcheminsLes Eteminquois ou Etchemins pour les Français.. Ils appartenaient à la même famille que ceux qu’il avait rencontrés précédemment à Tadoussac vers 1603 et à son établissement de l’île Sainte-Croix (Acadie) en 1604C’est dans le secteur de Saint-Romuald (qui n'existait à l'époque), précisément aux îlots situés près du Juvénat Notre-Dame, que Champlain fit leur connaissance. À chaque été, ceux-ci descendaient la rivière (nommée à leur nom) pour y établir leurs campements de chasse et de pêche sur ces îlots. C'était un endroit idéal pour la pêche, surtout pour l’anguille et pour la chasse au loup marin (communément nommé phoque gris ou phoque commun.).. Cela facilita les échanges. À l'ouest, des Abénaquis installaient des campements, près des berges de la rivière Chaudière et dans les secteurs qui deviendront plus tard les municipalités de Saint-Nicolas et Saint-Romuald. En 1628, il envoya une expédition sur la rive-sud qui ne fut pas concluante.

Le Cap de Lévy, très ancien toponyme, désignait une pointe rocheuse située au sud-est de la ville de Québec. Ce cap ou « pointe rocheuse » était constituée de deux petites buttes séparées par un creux et qui s'avançaient dans le fleuve Saint-Laurent. Il s'agit du secteur de la grève Jolliet. Samuel de Champlain signala pour la première fois le « cap de Levy » lorsqu'il rapporta l'arrivée de David Kirke (Kertk) et ses frères (Lewis, Thomas, John et James) devant Québec en 1629. Champlain avait choisi le nom Lévy en l'honneur d'Henri de Lévis (ou Lévy en vieux français), duc de Ventadour et vice-roi de la Nouvelle-France de 1625 à 1627. La maison de Lévy tire son origine du village de Lévis-Saint-Nom, dans l'Île-de-France. En 1632, il indiquera sur une seconde carte le cap constitué de deux buttes rocheuses portant le nom Cap-de-Lévy. Le secteur des buttes rocheuses fut cédé au chantier maritime Davie au milieu des années 1980 pour la construction de deux entrepôts. Ils furent récemment démontés. Cependant, on ne peut y accéder, car le secteur est clôturéUne statue de saint Joseph, sculptée en 1929 par Lauréat Vallière, fut installée sur le cap ouest. Elle fut détruite par des vandales à la fin des années 1980.. Une des deux buttes rocheuses subsiste de nos jours et elle est située à l'entrée de la grève Jolliet, tandis que la seconde butte rocheuse, située à l'ouest, fut partiellement rasée pour faciliter l'aménagement du chantier Davie dans les années 1940-1950. Cap-de-Lévy deviendra par la suite Pointe-Lévy dès la fondation de la seigneurie de Lauzon. L'ingénieur Jean Bourdon l'indiquera dans le plan des établissements de la Nouvelle-France vers 1641. Cependant, c'est à partir de 1648 que cette appellation semble s'appliquer à toute la Rive-Sud du Saint-Laurent (devant Québec), qui fut parfois dénommée Pointe Lévi Est, Point Lévi ou Pointe-Lévis sur des anciennes cartes datées du milieu du . Une carte produite en 1688 par Robert de Villeneuve indique très bien la Pointe-de-Lévy de la côte de Lauzon (« Coste de Lauzon » en vieux français). Le toponyme Côte de Lauzon fut aussi utilisé pour indiquer le premier lieu d'habitation de la seigneurie de Lauzon. Sur une carte de Thomas Jefferys datée de l'année 1759, il est inscrit Pointe-Lévy ou Cap Lauzon. Officiellement, le toponyme Pointe-de-Lévy fut retenu pour identifier cette partie habitée de la côte de Lauzon qui deviendra un village. Entre 1629 et 1647, le territoire sera occupé uniquement par des peuplades amérindiennes, notamment les Iroquois, les Abénaquis (ou Abénakis), les Malécites et les Hurons. Des Malécites habitèrent à la Grève Jolliet de Lauzon jusqu'aux années 1920 et possiblement les années 1930 lors de la saison de chasse et de pêcheSelon des sources obtenues au début des années 1980, des gens âgés de Lauzon ont mentionné que des parents interdisaient aux enfants du secteur de se rendre à la Grève Jolliet, lorsque le soleil se couchait, en raison de la présence des Malécites. Une certaine méfiance existait encore à cette époque.. Ils y établissaient des campements traditionnels. Aucun colon français ne put s'installer à la seigneurie de Lauzon avant 1647, car ceux qui s'y aventuraient se faisaient massacrer par les Iroquois. Le territoire était très hostile pour les Français en raison du boisement dense qui permettait aux Iroquois d'effectuer des attaques rapides et camouflées.

À l'automne de 1633, le jésuite Paul Le Jeune part en mission sur la Rive-Sud du fleuve Saint-Laurent, pour comprendre les mœurs amérindiennes et y établir les premiers contacts. Il sera hébergé par des Amérindiens et il sera de retour à Québec au printemps de l'année 1634. Il fut le premier missionnaire jésuite et le premier Européen qui séjourna sur la Rive-Sud de Québec, pendant tout un hiver, quelques années avant la naissance de la seigneurie de Lauzon et l'arrivée de Guillaume Couture (premier colon de la seigneurie de Lauzon).

La seigneurie de Lauzon mesurait 6 lieues de littoral (18,6 milles ou ), c'est-à-dire 3 lieues en amont par trois lieues en aval de l'embouchure de la rivière Chaudière et par six lieues de profondeur. Au départ, la seigneurie de Lauzon appartenait à Jean de Lauzon (Lauson en vieux français), conseiller au parlement de Paris, premier directeur de la Compagnie des Cent-Associés et futur gouverneur de la Nouvelle-France de 1651 à 1656. Cependant, on rapporte que Lauzon a usé de subterfuges pour obtenir la seigneurie en se servant de Simon Le Maître en guise de prête-nom. Celui-ci se porta acquéreur des titres seigneuriaux qu'il remettra à Lauzon onze jours après les avoir achetés. Simon Le Maître, noble, associé de la compagnie de la Nouvelle-France (La Compagnie des Cent Associés) et conseiller du roi Louis XIII, devient donc propriétaire (par acte de concession) de la seigneurie de Lauson (Lauzon), le . Il fut propriétaire temporaire de cette seigneurie de pendant 11 jours. Il n'a jamais eu l'intention de s'installer en Nouvelle-France, ni d'y envoyer des colons. Le tout sera officialisé le , dans un acte signé devant les notaires Huguenier et Huart de Paris. Jean de Lauzon s'occupa très peu de ses concessions en Nouvelle-France et le territoire restera vierge jusqu'en 1647. La seigneurie de Lauzon disparue en 1836 lors de la faillite de John Abbott.

1647 : Guillaume Couture