Jean-Baptiste-Étienne-Constant Hulot d'Osery est comte d'Osery, contre-amiral et commandeur de la Légion d'Honneur. Il est né le à Démouville (Calvados)., et est mort le à Cheverny, âgé de .
Famille Jean-Baptiste-Étienne-Constant Hulot d'Osery fait partie de la famille Hulot, d'origine ardennaise. Son père est Étienne Hélène Constant Hulot d'Osery, et sa mère est Eugénie de Moracin. Son frère, Victor Eugène Hulot d'Osery (1819-1846), est mort assassiné au Pérou par des indigènes lors de l'expédition en Amérique du Sud de Castelnau.
Jean-Baptiste-Étienne-Constant Hulot d'Osery se marie avec Caroline Basta (1830-1898), mais reste sans descendance.
Carrière militaire Première Campagne Après s'être engagé en 1839, il participe à sa première campagne à bord de la frégate Uranie construite à Toulon et mis en service en 1840. La nature de cette campagne est inconnue, mais celle-ci se déroule dans l'Atlantique et l'Océan Indien. Le navire poursuit son voyage et passe par les Canaries, Rio-de-Janeiro, Madagascar, et Sainte-Hélène.
Peu de temps après, en 1843, il est désigné pour une campagne à Taïti (aujourd'hui Tahiti).
Voyage au Brésil Il rejoint le Phaëton en tant qu'officier à Toulon, où il commence d'abord à travailler dans les machines. Fin , le navire part pour une mission qui doit durer . En , Jean retrouve son frère aîné, Eugène, à Rio-de-Janeiro. Celui-ci est chargé d'une mission scientifique en Amérique du Sud. Le Phaëton doit partir aux Îles Marquises et aux Îles de la Société, séparant les frères.
Voyage aux Îles Marquises et aux Îles de la Société (Campagne d'Océanie) Fin , plus de trois ans après leur séparation, Eugène rejoint le Pérou, mais y est tué par des indigènes. Jean n'apprend cet événement que six mois plus tard, quand son navire rentre en France. Après le départ du Phaëton, celui-ci doit passer par le détroit de Magellan. Cela représente un danger, d'autant plus que Le Phaëton est le premier navire à vapeur français à passer par cette voie pour rejoindre l'océan Pacifique.
En arrivant au détroit de Magellan sans encombre, ils se dirigent à la destination prévue, mais font une pause, où ils rencontrent des Patagons, que Jean Hulot d'Osery décrit ainsi : « Ils étaient campés, dit-il, dans une vallée bien abritée; ils étaient, en général, grands et bien faits; leur taille approchait certainement six pieds. Leur peau avait la couleur du cuivre mal récuré, leurs cheveux étaient longs et souples, leurs traits réguliers. Ils semblaient nous voir avec une médiocre curiosité, ne montraient ni défiance ni sentiments hostiles. »
Arrivée aux Îles Le navire arrive aux Marquises le , et aborde Tahiti le . La déchéance de la Reine Pomare IV fait éclater le combat de Tapuna le entre l'équipage et des groupes indigènes hostiles. Jean Hulot d'Osery est blessé pendant ce combat, mais appuyé par l'amiral Bruat, son comportement lui vaut de recevoir la Légion d'Honneur. La soumission de la Reine Pomare mit fin à la campagne d'Océanie. Jean Hulot d'Osery rentre en France en contournant l'Afrique, achevant ainsi un tour du monde.
Mission d'observation en Italie Jean Hulot d'Osery monte sur le Friedland, à Toulon, en . Après la révolution de février, il est envoyé vers l'Italie. Après une escale à la Spezia, le Friedland se dirigea vers Naples lors de l'insurrection du mois de mai. Le navire accoste ensuite à Palerme lors de la seconde insurrection sicilienne de 1849. À la suite de ces événements, le Friedland se dirige vers Smyrne (aujourd'hui Izmir), en Turquie, puis retourne à Toulon en , Jean Hulot d'Osery est promu lieutenant de vaisseau.
Guerre de Crimée et expédition aux Pays baltes En 1854, à bord du Christophe Colomb, le lieutenant de vaisseau Jean Hulot d'Osery participe au transport de troupes à Gallipoli durant la guerre de Crimée.
En , il est désigné pour une expédition vers les pays baltes, au commandement de la Reine-Hortense. Il débarque avec son équipage aux Îles Aland, et prend la forteresse de Bomarsund. Le lieutenant de vaisseau est ainsi recommandé comme Officier de la Légion d'Honneur.
Le Reine-Hortense est envoyé en Crimée, puis passe par Kamiesch. Le lieutenant de vaisseau Hulot d'Osery est appelé à Sébastopol au commandement de L’Alarme. Le navire combat à Kertch, puis dans la mer d'Azov, puis en , devant Kinburn, à l'embouchure du Dniepr. L'escadre dont elle fait partie s'empare du fort construit sur la presqu'île.
Seconde Guerre de l'opium (et Japon) Au mois de , le lieutenant de vaisseau Hulot d'Osery est appelé à commander Le Prégent, et part pour les mers de Chine. Cette campagne doit durer . Il accoste d'abord en Espagne, puis à Gorée, au cap de Bonne-Espérance, aux îles Bourbon et Maurice, et à Pondichéry.
Puis, Le Prégent passe par Singapour, avant d'arriver à Shang-Haï (Shanghai). Trois jours plus tard, le lieutenant de vaisseau rejoint Peï-Ho et la flotte de l'amiral Rigault de Genouilly. Il s'ensuit un combat à Tien-Tsin le , qui se conclut par une victoire française et la signature du traité de Tianjin.
Le Prégent se dirige ensuite au Sud, vers la muraille de Chine, avant de repartir pour le Japon. Après des pourparlers de quelques jours seulement à Simoda, le Baron Jean Baptiste Louis Gros, envoyé diplomatique qui était à bord du Prégent, fait signer par le Japon, le , un traité ouvrant le pays au commerce français.
Expédition en territoire Annamite Jean Hulot d'Osery et son navire reçoivent l'ordre de sauver des prêtres catholiques qui subissent des persécutions au Tonquin. Le Tonquin faisant partie de l'Empire d'Annam, le navire s'aventure en territoire ennemi. Le Régent revient à Tourane (Đà Nẵng), puis en , à Saïgon (Hô Chi Minh-Ville), l'amiral Rigault de Genouilly lui confie le commandement de L'avalanche, puis, l'équipage attaque les forts bloquant l'embouchure de la rivière. Après un siège de plusieurs jours, les navires français peuvent amarrer à Saïgon.
Pour ses actions lors de ces évènements, et grâce au soutien de l'amiral, le lieutenant de vaisseau Jean Hulot d'Osery est promu officier de la Légion d'Honneur le .
Retour en Chine, puis en Cochinchine La Chine ayant rompu le traité de Tianjin, une seconde mission chinoise est décidée. L'avalanche se dirige vers Hong-Kong, Canton (Guangzhou) et Tche-fow.
Pour avoir aidé au débarquement de soldats, le lieutenant de vaisseau Hulot d'Osery est promu Capitaine de Frégate. Il est appelé en Cochinchine, où l'amiral Page poursuit la conquête commencée l'année précédente. La flotte française, rejointe par L'Avalanche, remonte la rivière de Saïgon, cette fois au-dessus de la ville, pour couper la retraite à l'ennemi, débusqué des forts de Kin-hoa. Plusieurs engagements viennent à bout des batteries annamites établies dans cette partie du fleuve. Cette dernière mission donne à la France la possession de la Cochinchine; elle marque la fin de la première campagne du capitaine de Frégate Jean Hulot d’Osery dans l'Extrême Orient.
Campagne du Mexique et retour en France En 1861, le capitaine de Frégate Jean Hulot d'Osery quitte L'Avalanche pour la France. En novembre de la même année, il embarque sur le Montézuma, et arrive à Vera Cruz en . À la suite de l'épidémie de fièvre jaune au Mexique et de la mort successive de deux de ses capitaines, le commandant Jean Hulot d'Osery prend le commandement du Masséna, qui remonte jusqu'aux États-Unis, avant de revenir en France.
Là-bas, il est nommé commandant de la station de Granville pendant . En , Hulot d'Osery repart en Extrême-Orient sous les ordres de l'amiral Roze. Il arrive en à Saïgon, puis se rend à Yokohama, au Japon, pour y étudier l'histoire du pays.
Occupation en Corée et retour en France En , des missionnaires catholiques français sont exécutés en Corée, ainsi, en octobre de la même année, le contre-amiral Pierre-Gustave Roze et le capitaine de Frégate Jean Hulot d'Osery s'y rendent.
Ils débarquent devant la citadelle de Kang-Hoa avec une colonne expéditionnaire et prennent d'assaut un fort avec succès. Le , Kang-Hoa est occupé, mais le , en raison d'une résistance coréenne persistante, d'un terrain difficile et d'un manque de renforts, ils reçoivent l'ordre d'évacuer le pays, mettant le feu aux archives royales (Uigwe). Après un bref retour au Japon, il rentre en France en et, à 46 ans, il épouse Caroline Basta.
Commandement du Levant Fin 1869, Jean Hulot d'Osery est appelé au commandement d'une station au Levant. Mais à son arrivée, la guerre franco-prussienne est déclenchée. Alors sur La Belliqueuse, il reçoit l'ordre de franchir le canal de Suez et de se rendre à Aden et en Pointe-de-Galles en direction de la Nouvelle-Calédonie.
Arrivé à Aden, Jean Hulot d'Osery tombe malade et est contraint de regagner la France. En 1875, rétabli, il reprend la mer à bord de l'Alma pour un nouveau commandement au Levant. Il touche successivement à Lisbonne, Tanger, Alger, Tunis, et Tripoli, jusqu'en , puis Smyrne, où la situation politique se dégrade. Il reçoit l'ordre de rejoindre Constantinople pour se mettre au service de l'ambassadeur de France en Empire Ottoman.
Le , Jean Hulot d'Osery arrive à Constantinople sur le Châteaurenault. Le , l'ambassadeur de France, comte de Bourgoing, monte à bord. Le , Jean Hulot d'Osery est promu commandeur de la Légion d'honneur pour ses services.
Fin de vie Jean Hulot d'Osery regagne la France en et meurt sans descendance le au château de Soucinia, à Cheverny, près de Blois.
Notes et références
Sources Le contre-amiral cte d'Osery, 1821-1878 / par le comte Charles de Mouy, 1881 Les familles titrées et anoblies au : titres, anoblissements et pairies de la Restauration, 1814-1830. Tome 4 / par le Vte A. Révérend, 1901-1906
Liens externes
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