Les Cités éducatives, en France, ont été crées en 2019 pour renforcer la coopération entre les acteurs de l'éducation, de l'enseignement, les associations et les collectivités locales (communes, principalement) dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).... Elles visent à créer de véritables communautés éducatives, améliorant la prise en charge des jeunes de 0 à 25 ans (de la naissance à l'insertion professionnelle), en luttant contre les inégalités de chances à l'école comme en dehors. En 2022, on dénombrait environ 200 Cités éducatives, regroupant près d'un million de jeunes, 323 collèges et environ 600 écoles, constituant ainsi un dispositif d'envergure nationale dans les territoires urbains fragiles. Leur cahier des charges leur donne trois grands objectifsInspection générale des affaires sociales et de l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (juillet 2025) La santé mentale dans les cités éducatives : une montée en puissance à accompagner ; Rapport d'inspection ; 82 pages ; téléchargement : https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/300918.pdf (voir "Résumé", page 66/82) :

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Historique Les Cités éducatives sont évoquées, pour la première fois, dans le rapport "Vivre ensemble - Vivre en Grand" établi, en 2018, par Jean-Louis Borloo. Elles sont alors présentées comme un programme d'appui aux dynamiques locales de coopération éducative dans les quartiers à faible mixité sociale..

En , 80 territoires ont été choisis pour participer à cette démarche.

Le et le , à l'occasion des Comités interministériels des Villes, le Gouvernement a annoncé l'extension de cette démarche à, respectivement, 46 et 74 nouveaux territoires.

Néanmoins, dès 2005, dans le cadre de la loi du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale, en son titre III ("Promotion de l'égalité des chances") et son chapitre II ("Accompagnement des élèves en difficulté"), de nombreux outils complémentaires avaient déjà vu le jour comme le Programme de réussite éducative (PRE), l'établissement public local de coopération éducative et la caisse des écoles..

Fonctionnement Les Cités éducatives reposent sur une "alliance éducative", associant des acteurs éducatifs des Quartiers Prioritaires de la politique la Ville (QPV), comme les services de l'État, les académies, les collectivités territoriales, les associations ou encore les parents d'élèves, et sont coordonnées par l'Agence nationale de la cohésion du territoire et la Direction générale de l'enseignement scolaire..

Les villes choisies dans le cadre de la démarche des Cités éducatives signent une convention avec les différents services de l'État.., pour une durée de 3 ans. En signant cette convention, elles s'engagent à mettre en place différentes actions en faveur de l'enfance et de la jeunesse, telles que :

donner aux jeunes l'envie de se former et de réussir leurs études ; renforcer les liens entre parents et encadrants ; consolider les relations entre les collèges, les lycées, les mondes professionnels et les sportifs ; proposer une ouverture culturelle et citoyenne ; renforcer l'offre de santé (incluant la santé mentale et la santé sexuelle), en matière de prévention, de dépistage et de soins ; faire sortir les jeunes de leur quartier pour des stages, des loisirs et des séjours ; détecter, dès la petite enfance, les enfants qui auront besoin d'un suivi personnalisé..

Critères d'éligibilité Définis dans un cahier des charges, ils portent à la fois sur le territoire et sur le projet. Les territoires doivent comprendre au moins un quartier prioritaire de la politique de la ville et identifier un collège chargé du pilotage des établissements scolaires du périmètre concerné, l'indice de position sociale (IPS) est un élément d'appréciation supplémentaire. Les projets doivent comporter un projet stratégique formalisé, un comité local de pilotage (« troïka ») réunissant a minima la commune, la préfecture et l'éducation nationale, un plan d'actions pluriannuel structuré autour des axes nationaux et mobilisant les dispositifs existants, un plan de financement détaillant les contributions des collectivités et partenaires, et un dispositif d'évaluation et de suivi. Le projet est transmis par le préfet de département à la coordination nationale, accompagné d'un avis conjoint du préfet et du recteur ou directeur académiqueInspection générale des affaires sociales et de l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (juillet 2025) La santé mentale dans les cités éducatives : une montée en puissance à accompagner ; Rapport d'inspection ; 82 pages ; téléchargement : https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/300918.pdf (voir "Résumé", page 67-68/82).

Budgets Les villes obtenant le label « Cités éducatives » peuvent bénéficier d'aides financières spécifiques, mais elles doivent sélectionner des structures qui seront missionnées pour assurer la continuité éducative des jeunes de 0 à 25 ans. L'engagement financier de l'État ( pour la période 2019-2024) se fait via le secrétariat d'État chargé de la Citoyenneté et de la Ville, et des moyens humains et financiers sont apportés par le ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, Inspection générale des affaires sociales et de l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (juillet 2025) La santé mentale dans les cités éducatives : une montée en puissance à accompagner ; Rapport d'inspection ; 82 pages ; téléchargement : https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/300918.pdf (voir « Résumé », ).. L'État précise que .

Évaluation Un rapport ()Inspection générale des affaires sociales et de l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (juillet 2025) La santé mentale dans les cités éducatives : une montée en puissance à accompagner ; Rapport d'inspection ; 82 pages ; téléchargement : https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/300918.pdf conjoint de l'Igas et de l'IGÉSR, dans un contexte général de dégradation de la santé mentale des enfants et des jeunes, reconnait un manque de moyens, et encourage la poursuite de cette démarche, sans la rendre obligatoire ; proposant un accompagnement sous conditions conditions, en raison des difficultés d'évaluation.. Selon les auteurs, les cités éducatives n'ont pas à assurer la prise en charge ni l'organisation des parcours de soins (qui relèvent, eux, des acteurs de la santé mentale, mais elles peuvent contribuer à la promotion et à la prévention. Le rapport propose dix recommandations, parmi lesquelles la mise en place d'une démarche nationale coordonnée par l'Agence nationale de la cohésion des territoires et la DGESCO, avec l'appui du ministère de la santé, visant à mieux outiller les cités éducatives ; avec, localement, l'association plus systématique des acteurs de la santé à la gouvernance, dont par la participation annuelle des Agences régionales de santé et l'implication des « coordonnateurs des projets territoriaux » ou « conseils locaux de santé mentale » ; Les auteurs, incitent, pour chaque cité éducative, au renforcement de la mise en relation des acteurs du territoire et la complémentarité avec les actions de droit commun, en mobilisant l'ingénierie pour développer des compétences psychosociales et former aux premiers secours en santé mentale (PSSM). Le « Conseil local de santé mentale » (CLSM) est un espace de concertation territoriale réunissant élus, professionnels de santé, acteurs sociaux et médico‑sociaux, associations, citoyens et personnes concernées par des troubles psychiques afin de co‑construire une stratégie locale de promotion de la santé mentale, sans se substituer aux structures de soins ; son rôle a été renforcé par la loi du de modernisation du système de santé, qui l'inscrit dans la mise en œuvre des projets territoriaux de santé mentale (PTSM) ; fin 2025, il y en a 280 en France.

Différents organismes, comme lInstitut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (INJEP), l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR) et les Universités accompagnent le programme des Cités éducatives. et ont rédigé plusieurs rapports...

Un second basé sur une enquête de l'ANCT menée dans 208 territoires, nuance les critiques initiales sur la faiblesse des alliances dans ce dispositif, montrant une dynamique de transformation progressive des pratiques et des gouvernances locales. Il met en avant trois stades de maturation : 15 % des cités restent au niveau de la simple communication ; 47 % atteignent la coordination structurée ; 38 % relèvent déjà de la coopération intégrée, avec mutualisation des ressources et décisions partagées. Le pilotage, souvent principalement assuré par l'Éducation nationale, les communes et les préfectures, est central comme espace de diagnostic commun, d'ajustement des actions et de construction collective des orientations. La montée des coopérations a des effets organisationnels tangibles : création de nouveaux services ou directions, réagencement d'organigrammes, émergence de postes de chefs de projet opérationnels et décloisonnement entre collectivités et établissements scolaires. Mais le dispositif a des limites, dont un effet de « remunicipalisation » qui peut marginaliser les intercommunalités, en contradiction avec l'échelle intercommunale de la politique de la ville depuis 2014. Selon ce rapportHttps://media.anct.gouv.fr/ressources/2026-02/-comprendre-les-pratiques-d-alliances-educatives-dans-le-contexte-des-cites-educatives.pdf., cette politique favorise effectivement des transformations structurelles et une convergence des politiques éducatives, et reconfigure aussi les équilibres institutionnels au sein des territoires..

Rôle des cités éducatives face à la dégradation de la santé mentale des jeunes Un rapport. conjoint Igas / IGESR, daté de mais rendu public en novembre, confirme une , amplifiée depuis la crise sanitaire, notamment chez les ados (début 2025, plus de deux sur cinq déclaraient des troubles anxieux). Les cités éducatives, en tant que couvrant principalement des quartiers prioritaires de la ville (QPV) sont particulièrement concernés, car accueillent un public jeune, vulnérable et avec beaucoup de familles monoparentales et de personnes d'origine étrangère, plus touchés que la moyenne par des difficultés socio-économiques et scolaires (réseaux d'éducation prioritaire – REP). Le rapport constate que face à l'ampleur des besoins, les acteurs de santé scolaire, du médicosocial et de la psychiatrie peinent à absorber la demande. Ce n'était pas dans leur mission prescrite au niveau national, mais les cités éducatives se sont saisies du sujet de la santé mentale, en investissant les domaines de la prévention, du repérage et de l'orientation (de 2022 à 2024, le nombre de cités menant des actions sur les compétences psychosociales a été multiplié par 10, mais cette dynamique reste hétérogène entre les territoires, reposant largement sur l'engagement des collectivités pour le pilotage, le financement et la coordination). Le rapport invite les acteurs à mieux coopérer entre eux (ARS, coordonnateurs des projets territoriaux de santé mentale (PTSM) et des conseils locaux de santé mentale (CLSM) ; les cités éducatives devraient aussi contribuer aux travaux des PTSM. Le rapport recommande aussi de cartographier l'offre de prévention et de soins pour fluidifier l'orientation et de tirer parti de la capacité des cités éducatives à mettre en relation les acteurs locaux et à adapter les dispositifs de droit commun ; et il suggère d'intégrer la santé mentale dans le prochain cahier des charges du label « Cité éducative ». Les cités éducatives sont légitimes à intervenir dans la promotion, la prévention et le repérage, sans avoir à assurer la prise en charge ou les parcours de soins (qui relèvent des acteurs sanitaires) ?..

Le Comité national d'orientation et d'évaluation des Cités éducatives (CNOE)