Barbès - Rochechouart est une station des du métro de Paris, située à la limite des , et arrondissements de Paris.
Situation La station est implantée à la limite administrative entre le quartier de Rochechouart au sud-ouest, le quartier Saint-Vincent-de-Paul au sud-est, le quartier de Clignancourt au nord-ouest et le quartier de la Goutte-d'Or au nord-est. Elle se trouve à l'intersection de quatre boulevards différents : le boulevard de Magenta au sud, le boulevard de la Chapelle à l'est, le boulevard Barbès au nord ainsi que le boulevard Marguerite-de-Rochechouart à l'ouest. Les quais sont établis : sur la ligne 2, en viaduc au-dessus du terre-plein central du boulevard de la Chapelle, selon l'axe est-ouest de ce dernier, entre la rue Guy-Patin et le carrefour des boulevards précités ; sur la ligne 4, en souterrain et en courbe, s'inscrivant dans les axes du boulevard Barbès vers le nord et du boulevard de Magenta en direction du sud-est. Le point d'arrêt de la ligne 2 s'intercale entre les stations Anvers et La Chapelle, tout en étant séparé de cette dernière par le faisceau ferroviaire de l'avant-gare de Paris-Nord, d'où le recours à un viaduc sur cette section de la ligne (entre les stations Anvers et Colonel Fabien) afin d'enjamber cet obstacle. Il s'agit de la quatrième et dernière station aérienne de la ligne en direction de Porte Dauphine.
La station de la ligne 4 est quant à elle encadrée par les stations Château Rouge et Gare du Nord, cette dernière étant précédée d'un raccordement de service avec les lignes 2 et 5, embranché en talon sur la voie en direction de Bagneux - Lucie Aubrac. Constituant le plus long raccordement du réseau, il donne également accès, via l'ancienne boucle terminale de la ligne 5, à la station Gare du Nord USFRT, fermée au public depuis le prolongement de cette dernière ligne jusqu'à Église de Pantin en 1942, et qui assure aujourd'hui la formation des conducteurs du métro de Paris.
Histoire Mises en service La station est ouverte le ., soit presque deux mois après la mise en service du tronçon entre Anvers et Bagnolet (aujourd'hui Alexandre Dumas) de la , intervenue le 31 janvier précédent. Jusqu'à son achèvement, les rames de métro la traversaient sans y marquer l'arrêt.
Inaugurée sous le nom de Boulevard Barbès, elle prend sa dénomination actuelle de Barbès - Rochechouart le . Deux jours plus tard, le , la devient plus simplement la à la suite de l'absorption de la (correspondant à une large part de l'actuelle ligne 6) par la ligne 5, effective depuis le 14 octobre de la même année.
Le , la station la est ouverte à son tour avec l'inauguration de son premier tronçon entre l'actuel terminus de Porte de Clignancourt et le terminus provisoire de Châtelet.
Origine des noms La station doit sa dénomination initiale de Boulevard Barbès à sa proximité avec la voie précitée, laquelle rend hommage à l'homme politique français Armand Barbès (1809-1870).
Le nom de Rochechouart, rajouté le , provient du voisinage du boulevard de Rochechouart (actuel boulevard Marguerite-de-Rochechouart), dont le toponyme honore la religieuse Marguerite de Rochechouart de Montpipeau (1665-1727)..
La station est ainsi la première d'une série de huit sur le réseau à s'être vue attribuer le nom d'une femme.. Suivront ensuite les stations Madeleine (lignes , et ), Chardon-Lagache (), Boucicaut (ligne 8), Louise Michel () et, plus récemment, Pierre et Marie Curie (), Barbara () ainsi que Bagneux - Lucie Aubrac ( et future ).
Le , la moitié des plaques nominatives sur les quais de la ligne 4 sont remplacées par la RATP pour faire un poisson d'avril le temps d'une journée, tout en mettant les Jeux olympiques et paralympiques d'été de 2024 à l'honneur, comme dans treize autres stations sur le réseau. Par jeu de mots, Barbès - Rochechouart est ainsi humoristiquement renommée « Basket - Rochechouart » en référence aux épreuves de basket-ball.
Faits divers C'est à cette station que débute l'incendie du dans le métro de Paris, causé par un court-circuit sur une motrice en bois. Surnommé la catastrophe du métropolitain, le sinistre entraîne la mort de , ce qui en fait le plus important accident jamais survenu sur le réseau.
C'est également à cette station que Pierre Georges, dit « Colonel Fabien », réalise le le premier attentat meurtrier contre les troupes d'Occupation lors de la Seconde Guerre mondiale, en tuant l'aspirant Moser, un militaire de la KriegsmarineBoris Dänzer-Kantof, « Attentat du métro Barbès », museedelaresistanceenligne.org.. Des otages sont exécutés en représailles, dont l'officier de marine et résistant Honoré d'Estienne d’Orves le au Mont-Valérien (ce qui lui vaudra d'être honoré à la station Trinité - d'Estienne-d'Orves sur la ligne 12, parmi sept autres stations de métro renommées à la mémoire de résistants morts pour la France)« Honoré d'Étienne d'Orves », sur le site cheminsdememoire.gouv.fr..
Le , une rame MF 01 de la ligne 2 déraille au niveau de la station, sans faire de victime., mais bloquant le trafic durant deux jours entre les stations Blanche et Belleville, le temps de remettre en état la voie endommagée.. Cet accident est provoqué par la chute d’un coffre onduleur du train (organe technique permettant de transformer le courant en électricité utilisable pour la motorisation) situé sous la caisse d’une voitureGrégory Plesse, « Paris : à Barbès, le métro sort de ses rails, la partiellement fermée samedi », publié le sur le site du Parisien..
Modernisations Au milieu des années 1960, les quais souterrains de la ligne 4 sont rallongés de 75 à 90 mètres, comme ceux de l'essentiel des stations de la ligne précitée, en prévision sa conversion au roulement pneumatique, réalisée entre et . Cette opération vise à permettre l'accueil de nouvelles rames MP 59 dotées de six voitures, contre cinq pour l'ancien matériel Sprague-Thomson à roulement fer classique, afin d'augmenter le débit de la ligne pour faire face aux importantes surcharges chroniques apparues après la Seconde Guerre mondiale.
En parallèle, ses quais bénéficient d'une première modernisation par la mise en place d'un carrossage métallique sur les piédroits, doté de montants horizontaux de couleur vert d'eau et de cadres publicitaires dorés, éclairés par le haut. Ce modèle d'aménagement, alors largement déployé sur le réseau en tant que moyen de rénover les stations rapidement et à moindre coût, est ici complété de vitrines présentant des documents sur l'occupation de Paris lors de la Seconde Guerre mondiale, installée sur le quai en direction de Porte d'Orléans (actuelle direction Bagneux - Lucie Aubrac), quai où a eu lieu l'attentat du 21 août 1941.
L'accès à la station souterraine de la ligne 4 sous l'extrémité occidentale du viaduc de la ligne 2 était originellement orné d'un édicule Guimard, inscrit au titre des monuments historiques par l'arrêté du .. À l'occasion de travaux réalisés en 1987, cette trémie d'escalier fixe est remplacée par deux autres bouches de métro disposées de part et d'autre du viaduc sur le terre-plein central du boulevard de Rochechouart, donnant les actuels accès . Ils sont agrémentés de balustrades sobres en acier, tandis que l'entourage d'origine est transféré à la station Bolivar sur la ligne 7 bis.
Le carrossage publicitaire des quais de la ligne 4 est retiré après 1988 au profit d'une décoration de style « Ouï-dire », caractérisée par ses bandeaux d'éclairage ici de couleur jaune, lesquels sont soutenus par des consoles courbes en forme de faux et diffusent une lumière blanche sur les quais ainsi qu'un éclairage multicolore sur la voûte. Les faïences blanches biseautées d'origine laissent place à du carrelage blanc plat, celui de la voûte ayant la particularité d'être disposé en diagonale, comme aux stations Nation sur la ligne 1 et Arts et Métiers sur la ligne 3. Les cadres publicitaires sont en céramique jaune de forme demi-cylindrique, tandis que des sièges « Motte » et banquettes « assis-debout » de même couleur sont installés.
En 1998, la station aérienne de la ligne 2 fait l'objet d'importants travaux de mise en accessibilité : des escaliers fixes métalliques sont démolis pour laisser place à des escaliers mécaniques montants ainsi qu'à des ascenseurs pour les personnes à mobilité réduite.. En outre, les parois vitrées de la station, de couleur verte jusqu'alors, sont repeintes en blanc et les huisseries des vitrages sont mises en valeur par une peinture orange.
Durant l'été 2013, la station de la ligne 2 est fermée au public jusqu'au afin de procéder au renouvellement à l'identique des verrières protégeant les quais des intempéries. Ce chantier nécessite alors la pose d'un imposant échafaudage surplombant les voies afin de maintenir la circulation des rames. Les entourages des baies vitrées sont repeints en gris anthracite à cette occasion, comme dans la plupart des stations aériennes de la ligne.
Dans le cadre de l'automatisation de la ligne 4, le point d'arrêt de celle-ci fait l'objet d'une nouvelle modernisation entre 2017 et 2023, perdant alors son style décoratif « Ouï-dire » au profit d'un retour au carrelage blanc biseauté d'origine, associé aux nouveaux aménagements spécifiques à cette ligne. Les quais sont rehaussés du au afin de recevoir des portes palières, dont la pose se déroule en . La station est ainsi l'avant-dernière de la ligne à en bénéficier (avant Porte d'Orléans), compte tenu de la courbure des quais rendant leur installation plus délicate.
Fréquentation Nombre de voyageurs entrés à cette station. : Année20132014201520162017201820192020Effet de la pandémie de Covid-19.2021Nombre de voyageurs par anRangNombre de stationsLe nombre de stations au de l'année n'inclut pas la station fictive Funiculaire de Montmartre. Cette dernière est en effet considérée comme une station de métro par la RATP et rattachée statistiquement à la , ce qui explique pourquoi la RATP annonce exploiter une station en plus.302302302302302302302304304 Services aux voyageurs Accès La station dispose de cinq accès répartis en six entrées et sorties : l'accès « Boulevard de Rochechouart », constitué d'un escalier fixe, débouchant au sud du terre-plein central du boulevard Marguerite-de-Rochechouart au droit du de ce dernier, le long de l'extrémité occidentale du viaduc de la ligne 2 ; l'accès « Boulevard de Magenta », également constitué d'un escalier fixe, se trouvant au nord du même terre-plein face au du boulevard Marguerite-de-Rochechouart (où se trouvait le magasin central de l'enseigne Tati jusqu'à sa fermeture définitive en 2021) ; l'accès « Boulevard Barbès » comprenant une entrée et une sortie établies de part et d'autre de la station aérienne de la ligne 2, sur le terre-plein central du boulevard de la Chapelle, situées respectivement au droit du cinéma Le Louxor qui fait l'angle avec le boulevard de Magenta (au de ce dernier) et de la Brasserie Barbès qui se trouve à l'angle avec le boulevard éponyme (au de celui-ci) ; l'accès « Boulevard de la Chapelle » constituant l'entrée principale de la station, aménagée sous la forme d'un large escalier menant aux quais aériens de la ligne 2, à l'extrémité occidentale du terre-plein central du boulevard de la Chapelle ; l'accès « Rue Guy-Patin » comprenant une simple sortie depuis l'extrémité orientale de l'espace commun sous le viaduc de la ligne 2, sur le terre-plein central du boulevard de la Chapelle au débouché de la rue Guy-Patin.