alt=|vignette| Sonomètre Le contrôle du bruit, sa gestion ou atténuation, sont les efforts déployés, en tout domaine, pour diminuer la pollution sonore et limiter l'impact du bruit, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur des bâtiments et autres structures habitées.

Généralités Parmi les principaux domaines concernés par le contrôle, d'atténuation ou de réduction du bruit figurent : le contrôle du bruit des transports (trafic routier, ferroviaire, aérien, des navires dans les ports, etc), la conception architecturale et l'urbanisme (via notamment des codes de zonage)Benz Kotzen, "Noise is an urban issue" ou encore le contrôle du bruit au travail.

Le bruit routier et celui des avions sont les sources les plus répandues de nuisances et de bruit environnementalosha.gov.

Certaines activités sociales génèrent des niveaux de bruit affectant la santé publique et en particulier celle des populations résidentes ou proches de certains lieux de divertissement source de bruit intense ou de musique amplifiée, ces lieux sont des défis pour des stratégies efficaces d'atténuation et de gestion du bruit.

Plusieurs techniques d'acoustique architecturale ont été développées pour traiter ou gérer les niveaux sonores d'espaces intérieurs, dont beaucoup sont exigées ou encouragées par les codes du bâtiment. Dans les meilleurs cas, les concepteurs et opérateurs sont encouragés à travailler avec des acousticiens pour étudier les compromis entre la conception architecturale ou urbanistique du bâti (chaussées, structures, infrastructures...) et le contrôle du bruit.

Ces techniques incluent l'utilisation de murs extérieurs et mitoyens, et d'assemblages de planchers et de plafonds neutralisant le bruit et/ou sa transmission ; il existe aussi de nombreux moyens d'atténuer et contrôler la réverbération dans les salles telles que les auditoriums, les salles de concert et de cinéma, et d'autres lieux de divertissement et de vie sociale, les salles de restauration, le studios d'enregistrement audio ou TV, les salles de réunion, etc.

La science des matériaux a permis de produire des écrans acoustiques et divers revêtements insonorisants pour les espaces intérieurs ou extérieurs.

Le contrôle du bruit industriel, parfois très intense, est un sous-ensemble du contrôle architectural du bruit, mettant l'accent sur des méthodes spécifiques d'isolation acoustique des machines industrielles, au service de la protection des travailleurs à leurs postes de travail.

Le masquage sonore est l'ajout actif de bruit pour réduire la gêne causée par certains sons ; le contraire de l'insonorisation.

Normes, recommandations et lignes directrices Les organisations ont souvent leurs propres normes, recommandations et directives sur les niveaux de bruit que les travailleurs sont autorisés à subir avant que des stratégies de contrôle du bruit ne soient obligatoires.

Administration de la sécurité et de la santé au travail (OSHA) L'OSHA impose qu'à partir de 90 décibels pondérés A (dBA) en moyenne pondérée dans le temps (TWA) sur 8 heures, des contrôles administratifs et/ou de nouveaux contrôles techniques doivent être mis en œuvre sur le lieu de travail. Et les bruits d'impulsions sonores et d'impact doivent être contrôlés pour éviter qu'ils dépassent 140 dB de niveaux de pression acoustique de crête (SPL)Occupational Health and Safety Administration. (1983). Occupational noise exposure; hearing conservation amendment, Occupational Safety and Health Administration, 29 CFR 1910.95. Federal Register. 48(46): 9738-9785..

Organisation de la sécurité et de la santé dans les mines (MSHA) La MSHA exige que des contrôles administratifs et/ou techniques soient mis en œuvre sur le lieu de travail lorsque les mineurs sont exposés à des niveaux supérieurs à 90 dBA TWA. À partir de 115 dBA, les mineurs doivent porter une protection auditive. La mesure des niveaux de bruit pour la prise de décision en matière de contrôle du bruit doit intégrer tous les bruits de 90 dBA à 140 dBAMine Safety and Health Administration. (1999). Health Standards for Occupational Noise Exposure: Final Rule (30 CFR Part 62, 64 Fed. Reg. 49548-49634, 49636-49637). Arlington, VA: Mine Safety and Health Administration..

Association fédérale des chemins de fer (FRA) La FRA recommande de mettre en œuvre une stratégie de lutte contre l'exposition des travailleurs au bruit dès 90 dBA pour une TWA de 8 heures. Les mesures de bruit doivent intégrer tous les bruits, y compris intermittents, continus, d'impact et d'impulsions sonores entre 80 dBA et 140 dBAFederal Railroad Administration (2008). 71 FR 63123, Oct. 27, 2006, as amended at 73 FR 79702, Dec. 30 2008. Part 227. Occupational Noise Exposure. Washington, DC: Federal Railroad Administration..

Département américain de la Défense Le ministère de la Défense (DoD) suggère que les nuisances sonores soient contrôlées, principalement par des moyens techniques. Il exige que tous les bruits en régime permanent soient réduits à des niveaux inférieurs à 85 dBA et que les bruits impulsionnels soient maintenus sous 140 dB crête SPL. Les expositions TWA ne sont pas prises en compte pour les exigences du DoDU.S. Department of Defense. (2004). Instruction 6055.12. DoD Hearing Conservation Program. Washington, DC: Department of Defense..

Directive du Parlement européen et du Conseil Cette directive impose que les niveaux de bruit soient réduits ou éliminés à l'aide de contrôles administratifs et techniques. Cette directive impose de ne pas dépasser 80 dBA pendant 8 heures avec 135 dbSPL de crête, ou 85 dBA pendant 8 heures avec 137 dBSPL de crête.

Seuil d'exposition : 87 dBA pendant 8 heures avec des niveaux de crête de 140 dBSPL de crêteEuropean Parliament and Council. (2003). Directive 2003/10/EC on the Minimum Health and Safety Requirements Regarding the Exposure of Workers to the Risks Arising from Physical Agents (Noise). Seventeenth individual Directive within the meaning of the Article 16(1) of Directive 89/391/EEC). Off J Eur Union. L42/38/-L42/44.

Approches de lutte contre le bruit Un modèle efficace pour le contrôle du bruit est le modèle source, chemin et récepteur de Bolt et Ingard. Le bruit dangereux peut être contrôlé en le réduisant à sa source (c'est l'idéal), puis en le minimisant lorsqu'il se déplace vers l'auditeur, et en fournissant le cas échéant à la personne qui le reçoit un équipement de protection contre le bruit.

Réduction du bruit à la source Diverses mesures visent à réduire le bruit dangereux à sa source. Des programmes tels que Buy Quiet et le National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH) Prevention through design encouragent la recherche et la conception d'équipements plus silencieux, ainsi que la rénovation et le remplacement d'anciens équipements acoustiquement dangereux par des alternatives modernes..

Chemin du bruit Le principe de réduction du bruit par modification de son trajet s'applique à la modification des trajets directs et indirects du bruit.

Le bruit qui traverse des surfaces réfléchissantes (sols lisses, murs, vitres...), peut être dangereux. Les modifications des voies comprennent l'utilisation de matériaux physiques absorbant le son (isolants acoustiques) et l'utilisation de murs et parfois conçus pour former une barrière acoustique. Les équipements bruyants peuvent être enfermés dans des enceintes insonorisantes ou des pièces acoustiquement isolées à partir desquelles les travailleurs peuvent contrôler à distance l'équipement. Ces méthodes empêchent le son de se déplacer le long d'un chemin vers le travailleur ou d'autres auditeurs.

Protection du receveur En contexte industriel, commercial, militaire ou festif, certains opérateurs ou travailleurs doivent se conformer à un programme approprié de conservation de l'ouïe. Les zones très bruyantes peuvent être interdites au personnel, empêchant l'exposition inutile au bruit. Les équipements de protection individuelle tels que les bouchons d'oreille en mousse ou les cache-oreilles pour atténuer le son constituent une dernière ligne de défense pour l'auditeur.

Technologies de base

Isolation acoustique : elle empêche la transmission du bruit par la mise en place d'une barrière de masse. Les matériaux courants ont des propriétés de haute densité telles que la brique, le verre épais, le béton, le métal, etc. Absorption acoustique : un matériau poreux qui agit comme une « éponge de bruit » en convertissant l'énergie sonore en chaleur à l'intérieur du matériau. Les matériaux d'absorption acoustique comprennent, par exemple des tuiles anéchoïques (qui revêtent l'extérieur de sous-marins militaires pour les rendre moins détectables), des éléments à base de plomb découplés, des mousses à cellules ouvertes, des matériaux à base de fibre de verre, etc. Amortissement des vibrations : il est applicable aux surfaces vibrantes, y compris de grande taille. Le mécanisme d'amortissement fonctionne en extrayant l'énergie de vibration de la feuille mince et en la dissipant sous forme de chaleur. Un matériau courant est l'acier insonorisé. Isolation vibratoire : elle empêche la transmission de l'énergie vibratoire d'une source à un récepteur en introduisant un élément flexible ou une rupture physique. Parmi les isolateurs de vibrations courants figurent les ressorts, les supports en caoutchouc, le liège, etc.

Chaussées vignette|Exemple de mur anti-bruit, aux Pays-Bas, doté d'une section transparente au niveau des yeux du conducteur pour réduire l'impact visuel pour les usagers de la route. Les études sur les barrières antibruit ont montré des résultats mitigés quant à leur capacité à réduire efficacement la pollution sonore. Les véhicules électriques et hybrides pourraient réduire la pollution sonore, mais seulement si ces véhicules représentent une part élevée du nombre total de véhicules ; en zone urbaine, avec 50% de véhicules électriques dans le trafic, la réduction globale du bruit routier ne serait que de quelques décibels, c'est-à-dire à peine perceptible. Le bruit de l'autoroute est aujourd'hui moins affecté par le type de moteur, car les effets à vitesse plus élevée sont liés au bruit aérodynamique et aux pneus.

Une certaine réduction du bruit à la source a été obtenue l'amélioration de la conception des bandes de roulement des pneus pour les camions dans les années 1970, par un meilleur blindage des moteurs diesel dans les années 1980 et par les réglementations des véhicules silencieux.

Les domaines les plus efficaces d'atténuation du bruit routier se trouvent dans les choix urbanistiques, dans la conception des routes et des barrières antibruitBenz Kotzen and Colin English, Environmental Noise Barriers: A Guide to Their Visual and Acoustic Design, Spon Press, United Kingdom (1999) , dans certaines restrictions pour les camions, dans la réduction et le contrôle de la vitesse (les émissions sonores les plus faibles proviennent des véhicules roulant entre à l'heure. Au-dessus de cette plage, les émissions sonores doublent tous les cinq miles par heure de vitesse. Aux vitesses plus basses, les bruits de freinage et d'accélération moteur dominent.

Le choix du revêtement de la chaussée peut faire une différence d'un facteur deux dans les niveaux sonores, pour le régime de vitesse supérieur à par heure. Les chaussées plus silencieuses sont poreuses avec une texture de surface absorbant le bruit et utilisant des granulats de petite à moyenne taille ; les chaussées les plus bruyantes ont des surfaces rainurées transversalement, des textures de surface plus granuleuses, dues à des agrégats plus gros. Le frottement de la surface et la sécurité routière sont aussi des considérations importantes pour les décisions relatives aux chaussées.

Le positionnement et la géométrie des chausséesMyer Kutz, Handbook of Transportation Engineering, McGraw-Hill (2004) d'autoroutes ou d'artères urbaines a aussi son importance.