L'élection impériale de 1764 est la vingt-deuxième élection, depuis la promulgation de la Bulle d'or de 1356, permettant d'élire le futur Empereur du Saint-Empire romain. Elle a eu lieu le , à la demande de l'empereur François-Étienne, afin de permettre la désignation de son fils aîné, l'archiduc Joseph, comme héritier de l'Empire et donc roi des Romains. L'empereur meurt un an plus tard, le 18 août 1765, et son fils lui succède sous le nom de Joseph II.
Contexte La rivalité que l'on appelle dualisme austro-prussien donne lieu à plusieurs guerres. La Prusse remporte les deux guerres de Silésie et obtient la Silésie tandis que la guerre de Succession d'Autriche s'achève en faveur de l'Autriche. C'est , membre de la famille des Wittelsbach, qui avec l'appui de la France monte sur le trône après cette guerre de succession en 1742. Toutefois, ce dernier ne parvient pas à s'imposer et à sa mort en 1745, les Habsbourg-Lorraine montent de nouveau sur le trône en la personne de , l'époux de Marie-Thérèse.
Ces conflits comme la guerre de Sept Ans sont désastreux pour l'Empire. Les Habsbourg, contrariés par l'alliance de nombreux États impériaux avec la Prusse et par l'élection d'un empereur n'étant pas un Habsbourg, misent encore plus qu'avant sur une politique concentrée sur l'Autriche et sa puissance. Les institutions de l'Empire sont devenues les scènes secondaires de la politique de puissance et la constitution de l'Empire est loin d'être en phase avec la réalité. À travers l'instrumentalisation de la Diète d'Empire, la Prusse essaie d'atteindre l'Empire et l'Autriche.
En 1764, l'empereur décide d'organiser l'élection de son héritier, et soutient son fils aîné, l'archiduc Joseph d'Autriche.
Princes-électeurs Les neuf princes-électeurs appelés à élire le successeur de François étaient (dans l'ordre de vote défini par la Bulle d'or de 1356) :
ÉlectoratPrince-électeurTitresVotelien=|36x36px| Armoiries de l'archevêché de Trèves Trèves170x170pxJean-Philippe de WalderdorffArchevêque de TrèvesJoseph d'Autrichelien=|31x31px| Armoiries de l'archevêché de Cologne Cologne180x180pxMaximilien-Frédéric de Königsegg-RothenfelsArchevêque de Colognelien=|37x37px| Armoiries du Royaume de Bohême Bohême175x175pxMarie-Thérèse d'AutricheReine de BohêmeReine de HongrieArchiduchesse d'Autriche...lien=|33x33px| Armoiries de l'électorat de BavièreBavière204x204pxMaximilien III Joseph de BavièreÉlecteur de Bavièrealt=Armoiries de l'électorat du Palatinat|31x31px| Armoiries de l'électorat de BavièrePalatinat209x209pxCharles-Théodore du PalatinatComte palatinlien=|34x34px| Armoiries de Saxe Saxe187x187pxFrédéric-Auguste III de SaxeÉlecteur de Saxelien=|38x38px| Armoiries de Brandebourg Brandebourg212x212pxFrédéric II de PrusseÉlecteur de BrandebourgRoi de Prusselien=|35x35px| Armoiries du HanovreHanovre182x182pxGeorge III de HanovreÉlecteur de HanovreRoi de Grande-BretagneRoi d'Irlandelien=|33x33px| Armoiries de l'archevêché de Mayence Mayence202x202pxEmeric-Joseph de Breidbach de BurrisheimArchevêque de Mayence
Élection et conséquences Le 27 mars 1764, l'archiduc Joseph, fils de l'empereur François-Étienne et de son épouse la reine et impératrice Marie-Thérèse d'Autriche, est élu roi des Romains et héritier impérial. L'année suivante, en 1765, l'empereur meurt à Innsbruck, juste après le mariage de son second fils, Léopold, avec l'infante Marie-Louise d'Espagne. Son oraison funèbre est prononcée par Corneille-François de Nélis le 9 novembre 1765 dans l'église Sainte-Gudule ; il est inhumé à Vienne dans le caveau familial des Capucins.
Joseph II devient alors le nouvel empereur du Saint EmpireLe , des Lumières à la Sainte Alliance, Péronnet, Hachette supérieur, 1998, 154/368, et devient aussi corégent avec sa mère. Mais, il n'était chargé que de la représentation et des affaires militaires et exclu de la politique étrangère et des décisions politiques internes de l'empire. Finalement, plein de rancœur contre la manière dont sa mère lui liait les mains, il décida de voyager en Italie, ses sœurs Marie-Caroline et Marie-Amélie sont reine de Naples et duchesse de Parme, son frère Léopold, grand-duc de Toscane tandis que leur cadet Ferdinand a épousé l'héritière du duché de Modène et s'apprête à succéder à son beau-père comme gouverneur de Lombardie. Il voyage aussi en France, l'impératrice s'inquiétant de la stérilité du couple royal. Il parcourt les terres de la Couronne. Par deux fois, il rencontra et la tsarine en 1780. La même année, sa mère, l'impératrice Marie-Thérèse, mourut. Il succède ainsi à sa mère en 1780 comme roi de Hongrie, titre qu'elle avait conservé.
Références
Bibliographie .
Catégorie:Saint-Empire romain germanique Catégorie:1764 en Europe