thumb|Pierre commémorative aux héros de la 1822 sur l'arc qui relie la calle del 7 de julio à la Plaza Mayor de Madrid, lieu d'affrontement entre la Milice nationale, postée à l’intérieur de la place, et la Garde royale soulevée. Le coup d'État de juillet 1822 ou coup d’État du 7 juillet est un coup d'État échoué qui eut lieu en Espagne durant le Triennat libéral, qui prétendait renverser le régime constitutionnel rétabli après le triomphe de la révolution de 1820 et restaurer la monarchie absolue.

Comme l’a souligné l'historien Juan Francisco Fuentes, , bien qu’avec de nombreuses ramifications hors de la capitale, ce qui démontre l’existence d’un plan relativement important et bien mûri, qui marqua un point d’inflexion dans le Triennat libéral et dont la crise sous-jacente créa un traumatisme dans la trajectoire de la révolution libérale.

L’idée de réaliser un coup d’État contre le régime constitutionnel surgit d’un entretien privé du roi Ferdinand VII avec l’ambassadeur français, Auguste Delagarde, qui eut lieu début et au cours duquel tous furent d’accord sur le fait qu’il devait suivre le modèle du 18 brumaire de Napoléon. Le projet définitif du coup fut ourdi dans l'entourage du monarque et son plan concret fut repris de la de l’année antérieure. Les Confidencias (, réseau secret déployé dans tout le pays de groupes absolutistes financés et dirigés par le Palais) furent chargées de l’exécution du coup d’État, tandis que l’officier de la Garde royale Ramón Zuloaga, comte de Torrealta, s’occupa de soulever le corps. Le marquis de Las Amarillas, témoin direct des faits, écrivit dans ses Recuerdos () : . Le , en plein coup, Delagarde communiqua à son gouvernement dans un message chiffré : . Il rapporta également que Ferdinand VII tenta d’obtenir par son intermédiaire le soutien de la France au coup.

Le , la Garde royale se souleva et il s’en fallut de peu que le roi marche avec les insurgés afin de se mettre à la tête de la contre-révolution. Le monarque l’évoqua avec le gouvernement du libéral modéré Francisco Martínez de la Rosa, dont les membres passèrent la plus grande partie de leur temps au palais royal comme des prisonniers virtuels (des ordres étaient prêts pour leur incarcération), mais on le lui déconseilla car on considéra que c’était trop risqué. . . Finalement, la Garde royale fut vaincue le par les forces constitutionnelles menées par la Milice nationale.

Contexte thumb|Portrait équestre de Ferdinand VII par José de Madrazo (1821, musée du Prado). Durant l’été 1822 les actions des partidas realistas (milices royalistes) s’accentuèrent, surtout en Catalogne, en Navarre, au Pays basque, en Galice, en Aragon et au Pays valencien, et de façon sporadique dans les Asturies, en Vieille-Castille, à León, en Estrémadure, en Andalousie et en Vieille-Castille et il y eut quelques velléité de rébellions absolutistes, dont la plus importante eut lieu à Valence le . Ce jour-là, les artilleurs de la se soulevèrent au nom du roi absolu et proclamèrent capitaine général general Elío, qui avait déjà mené le coup d’État de 1814 qui avait restauré l’absolutisme et qui était alors prisonnier. L’insurrection ne dura qu’un jour car les forces constitutionnalistes prirent d’assaut la citadelle. Le général Elío, qui n’avait probablement pas participé à la conjuration, fut jugé et condamné à mort par lacet étrangleur, sentence qui fut appliquée le . Ainsi, il paya de sa vie le pronunciamiento de 1814 et la longue répression qu’il avait exercé sur les libéraux plutôt que le soulèvement de 1822. Ce même , jour de la Saint Ferdinand, une foule se rassembla autour du palais d'Aranjuez pour acclamer le monarque aux cris de , , donnant lieu à des moments de tension entre les membres de la Garde royale, devenue l’un des soutiens de la contre-révolution, et ceux de la Milice nationale. .

Le mois suivant, croyant que l'infant Charles allait mener le soulèvement, la , qui allait être dissoute le en application d’un décret des Cortès du , se souleva à Castro del Río. Avec la Garde royale, elle était l’un des deux corps militaires les plus hostiles au régime, car ils étaient des représentants de l’armée de l’Ancien Régime, fondée sur les ordres. Au sujet de la Garde royale, Francisco Fernández de Córdoba affirma qu’il avait dans la brigade des carabiniers comme un frère : . La rébellion des carabiniers fut le prologue du soulèvement de la Garde royale. Elle coïncida pratiquement avec la prise de La Seu d'Urgell du par les partidas realistas. . Le marquis de Miraflores écrivit dans ses Apuntes histórico-críticos (, 1834) qu’à la veille de la .

Déroulement Soulèvement de la Garde royale thumb|Vista del Monte y Palacio de El Pardo (1820, musée du Prado), vue de montagne et du palais d’El Pardo, où se dirigèrent dans la nuit du au 2 juillet quatre bataillons soulevés de la Garde royale, marquant le début du coup militaire. Le , alors que le loi revenait des Cortès où il avait fermé la période de sessions , à proximité du palais royal des groupes de civils crièrent , auxquels la Garde royale répondit , donnant lieu à une altercation qui se solda par la mort d’un membre de la Milice royale et du lieutenant-général de la Garde royale Mamerto Landaburu, fervent libéral, assassiné par ses camarades dans la cour du palais (en son honneur serait fondée la société patriotique . Landaburu s’était opposé à eux en leur reprochant leur comportement (ils avaient expulsé le renfort de la Milice nationale qui s’occupait de la sécurité de la zone et avaient établi un cordon autour du palais) et leurs cris en faveur du roi absolu.. La nouvelle de l'assassinat de Landáburu et de l’attitude défiante de la Garde royale courut rapidement dans tout Madrid

Après ces fait, la municipalité de Madrid prit l’initiative, à laquelle se joignit la Députation permanente des Cortès, mobilisant la Milice nationale et exigeant du gouvernement qu’il punisse les coupables des assassinats et des désordres. Elle fit aussi un exposé au roi qui affirmait que Madrid était et insistait sur la qu’on observait . Dans Dans la nuit du au , quatre bataillons de la Garde royale abandonnèrent leurs quartiers pour se rendre à El Pardo , tandis que deux autres restèrent pour garder le palais royal. . Il était en réalité prévu que Ferdinand VII se rende avec sa famille à El Pardo pour y être proclamé roi absolu, mais , entouré d’aristocrates et de militaires de sa confiance, parmi lesquels se trouvait le marquis de Las Amarillas.

Face à l'inaction du chef politique de Madrid et du gouvernement le conseil municipal assuma en pratique tous les pouvoirs et organisa la résistance de la capitale. Aux miliciens déjà mobilisés s’ajoutèrent la garnison locale, commandée par le général Morillo, des généraux accourus au siège du conseil et un groupe d’officiers sans affectation à Madrid qui formèrent le avec des civils le bataillon sacré, armé par la municipalité, et qui fut placé sous le commandement du général Evaristo San Miguel. Le marquis de Miraflores affirma qu’à ce moment Madrid , dont le centre était la place de la Constitution défendue par la Milice et quelques pièces d’artillerie. Le journal El Universal se demandait dans son édition du , à propos de la Garde royale insurgée : thumb|Le libéral modéré Francisco Martínez de la Rosa, leader du troisième gouvernement du Triennat, dont les membres restèrent reclus dans le palais royal. Suivant le plan de Vinuesa, le roi avait appelé au palais le gouvernement dirigé par le libéral Francisco Martínez de la Rosa au prétexte de chercher une solution à la crise et ses membres se considérèrent obligés à s’y rendre. Dès qu’ils arrivèrent, ils furent reclus dans une dépendance du palais sans pouvoir en sortir . Le gouvernement ne déclara pas les bataillons de la Garde royale en rébellion, considérant qu’ils ne constituaient pas une menace, et se limita à ordonner son transfert, sans être obéi. Il ne seconda pas non plus les initiatives du conseil municipal de Madrid et de la députation permanente du Parlement. Ainsi, le gouvernement, dont l’homme fort était Francisco Martínez de la Rosa, adopta une position ambigüe et suspecte, diront les exaltés (qui surnommaient Martínez de la Rosa Rosita la Pastelera, littéralement ), en tentant de profiter de la crise pour imposer leur plan de Cámaras . thumb|left|Vue de la Puerta del Sol en 1820. Pendant ce temps, Ferdinand VII montrait des signes inéquivoques de complicité avec les soulevés, dans l'attente de leur triomphe. Lorsque le le gouvernement lui présenta sa démission, le roi la refusa. Le , il avait envoyé une lettre à Louis XVIII dans laquelle il lui demandait d’intervenir sans tarder. À ce qu’il semble, au palais les putschistes débattaient entre , comme le recommandait au roi l’ambassadeur français Lagarde (c’est-à-dire, l’adoption du modèle de la Charte constitutionnelle de 1814) et la position maximaliste de l’absolutisme . Martínez de la Rosa était au fait de ces discussions, dans l’attente du triomphe du parti de la réforme constitutionnelle qui introduise une deuxième Chambre au Parlement, mais c’est finalement l'autre option qui s’imposa après consultation du Conseil d’État, qui affirma qu’il n’était pas possible de réformer de façon immédiate la Constitution . La nouvelle d’une insurrection royaliste en Andalousie influença également le roi dans sa décision de ne pas accepter une .

Le 7 juillet thumb|Vue de la Puerta del Sol en 1820. Dans la nuit du 6 au , les quatre bataillons de El Pardo tombèrent silencieusement sur Madrid. La Milice nationale, des groupes de civils armés par le conseil municipal et le bataillon sacré lui firent face sur la place de la Constitution. Les gardes royaux se virent contraints à reculer vers la Puerta del Sol, où eurent lieu les combats les plus intenses, puis vers le palais royal, où ils se réfugièrent avant de s’enfuir, après une nouvelle tentative. L’implication directe du roi dans l’insurrection et la complicité de ce dernier avec la Garde royale furent clairement confirmés par le marquis de las Amarillas dans ses mémoires. Les gardes royaux furent poursuivis par l’armée et des miliciens. Très peu d’entre eux réussirent à rejoindre les partidas realistas. Pendant ce temps, les ministres restèrent muets et dans l’attente et feignirent l’iognorance, permettant de cacher sur le moment la complicité du roi et laissant les choses dans une situation telle qu’elle encourageait ce dernier à persévérer dans l’organisation d’une autre tentative contre le régime constitutionnel, qui aurait plus de chance d’aboutir. Après l’échec du coup, . Contrairement à ce qu’avaient espérer les rebelles, qui avaient même distribué de l’argent dans les quartiers les plus pauvres, l'action de la Garde royale n’avait reçu aucun soutien populaire.

L’implication du roi dans l’insurrection fut encore mise en lumière lorsque, comme le rapporta le marquis de Las Amarillas, les officiers de la Garde royale qui s’empressaient de fuir (ou de se rendre) . Les gardes royaux furent pourchassés dans leur fuite aux auberges d’Alcorcón par l'armée et les miliciens. Seul un petit nombre parvint à rejoindre les partidas realistas. Pendant ce temps, les ministres restèrent muets et dans l’attente et feignirent l’ignorance, permettant de cacher sur le moment la complicité du roi et laissant les choses dans une situation telle qu’elle encourageait ce dernier à persévérer dans l’organisation d’une autre tentative contre le régime constitutionnel, qui aurait plus de chance d’aboutir. Après l’échec du coup, . thumb|left|Luis Carlos Legrand, Alegoría del 7 de julio (), lithographie, portant l’inscription (, Bibliothèque nationale d'Espagne).