Le Sportclub Eendracht Alost, appelé plus communément lEendracht Alost, était un club de football belge basé à Alost, en Flandre-Orientale. Il est fondé en 1919 par la réunion d'anciens joueurs de clubs locaux et s'affilie à l'Union Belge deux ans plus tard. Le club change plusieurs fois de nom au cours de son Histoire, notamment après la mise en faillite de l'ASBL gérant le club en 2002. Il reprend son nom « historique » en . Les joueurs d'Alost sont surnommés « » (« les oignons » en néerlandais), en rapport à l'importante culture des oignons dans la ville et ses alentours au .

Le club évolue en Division 1 Amateur lors de la saison 2018-2019. C'est la saison consécutive qu'il dispute dans les divisions nationales belges, soit depuis 1933. Parmi celles-ci, il en a passé 16 en première division, se qualifiant une fois pour la Coupe de l'UEFA. Son dernier passage au plus haut niveau prend fin au terme de la saison 2001-2002. En Coupe de Belgique, le meilleur résultat du club est une demi-finale, en 1995.

Le club dispute ses matches à domicile au Stade Pierre Cornelis, une enceinte de . Il porte le matricule 90, signe de son ancienneté parmi les clubs de la fédération nationaleLes numéros de matricule sont donnés en général par ordre chronologique d'affiliation à l'URBSFA. Pour les 600 premiers numéros, il y a eu quelques exceptions lors de l'instauration du registre matricule en 1926 qui font parfois encore débat de nos jours.. Le club est présidé depuis par Frank De Roose et entraîné par Tom De Cock depuis .

Le le club est officiellement en faillite et le matricule 90 disparaît.

Histoire

Fondation du club et premier pas en compétitions régionales (1919-1933) Avant la Première Guerre mondiale, plusieurs équipes se forment dans la ville d'Alost, dont le Sporting Aalst ou (le soutien donne du courage en néerlandais). Ces équipes disputent uniquement des matches amicaux entre elles et ne s'affilient jamais à l'Union Belge. Au déclenchement du conflit, la plupart des joueurs sont appelés aux armes et ces différents clubs cessent leurs activités. Pendant la période d'occupation par l'armée allemande, des membres de ces équipes disputent des rencontres amicales pour lever des fonds pour aider les prisonniers de guerre.

En 1919, d'anciens combattants également joueurs de football se réunissent au café « ». Ils y discutent de la fondation d'un nouveau club de football dans la ville, qui rejoindrait la fédération nationale. Le , lEendracht Football Club Alost est officiellement créé. Durant un an et demi, le club dispute seulement des matches sans enjeu contre d'autres équipes de la région, sur l, à proximité de la gare ou dans le quartier du , sur un terrain sis en bordure de l'actuelle .

Le club s'affilie à l'Union Belge le en tant que « club adhérent ». Il change de nom le et prend son appellation qu'il conservera jusqu'au début du : Sportclub Eendracht Alost. Il fait ses débuts officiels en compétition quelques semaines plus tard, en deuxième division régionale de Flandre-Orientale, le plus bas niveau du football belge à l'époque. Le club progresse dans la hiérarchie des séries régionales et déménage plusieurs fois entre différents terrains de la ville, jusqu'à s'installer le long de la en 1928, un emplacement qu'il ne quittera plus.

En , l'URBSFA instaure le registre matriculaire, chargé de suivre l'évolution des différents clubs de football en Belgique. Le SC Eendracht Alost reçoit le matricule 90Foot 100 ASBL. Dictionnaire des clubs affiliés à l'URBSFA depuis 1895: archives de l'URBSFA.

En 1930, un nouveau président est nommé en la personne de Pierre Cornelis. C'est sous sa direction que le club remporte le titre provincial en 1933 et obtient le droit de monter en Promotion, le troisième et dernier niveau national de l'époque.

Débuts dans les divisions nationales (1933-1939) L'Eendracht Alost fait ses débuts en nationales lors de la saison 1933-1934. Il assure rapidement son maintien et joue même les premiers rôles jusqu'au bout de la saison, terminant finalement quatrième. Le club clôt la saison suivante en milieu de classement puis remporte son premier titre en 1936, avec une avance confortable de cinq points sur son dauphin, Courtrai Sport. Après seulement trois saisons en Promotion, le club est promu en Division 1, l'anti-chambre de l'élite.

Le club alostois gère parfaitement la transition avec le niveau supérieur et termine sa première saison en Division 1 à une honorable septième place, dans la foulée des anciens champions de Belgique du RCS Brugeois. Il progresse encore de trois places la saison suivante et termine à un point du podium. Durant la saison 1938-1939, le club se mêle à la lutte pour le titre face à trois clubs de la province d'Anvers, Berchem Sport, le Tubantia et le Lyra. Les deux premiers lâchent prise en cours de saison et le duel face aux lierrois tourne à l'avantage des « » qui devancent leurs rivaux de deux points. Le club remporte un premier titre de Division 1 et est promu en Division d'Honneur, le plus haut niveau du football belge, à peine six ans après ses débuts dans les divisions nationales.

Premier séjour au plus haut niveau et relégations (1939-1951) Promu en Division d'Honneur, le club alostois fait ses débuts lors de la saison 1939-1940. Malheureusement, la compétition est interrompue par la guerre et ne reprendra plus. Au moment de l'arrêt du championnat, le club occupe la septième place du classement général mais cette saison n'est pas comptabilisée comme une saison officielle. Alost doit attendre la saison 1941-1942 pour jouer son premier championnat complet. Le club termine en cinquième position, ce qui restera son meilleur classement pendant plus d'un demi-siècle. La saison suivante est beaucoup plus difficile pour le club, qui n'évite la relégation que pour un point. Le club fait à peine mieux lors du troisième « championnat de guerre » mais bénéficie de la faiblesse du Lyra et du FC Tilleur pour conserver une marge confortable sur les positions de relégables.

En 1944, les compétitions sont de nouveau arrêtées à la suite de la reprise des combats marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale. Lorsqu'elles reprennent un an plus tard, les clubs relégués lors des championnats disputés durant le conflit sont repêchés. Cela donne une compétition avec 19 équipes, au terme de laquelle Alost se classe neuvième. La saison 1946-1947 marque le « retour à la normale » décidé par l'URBSFA, pour ramener les différentes séries nationales à un nombre identique de clubs, à savoir 16 par série. Cela implique donc qu'il y ait cinq descendants directs de Division d'Honneur en fin de saison. Classé , l'Eendracht Alost fait partie des cinq condamnés et redescend en Division 1 après cinq saisons jouées parmi l'élite.

Après la relégation, le club essaie de remonter rapidement parmi l'élite. Il se mêle longtemps à la lutte pour le titre en 1947-1948 mais termine finalement troisième, à quatre longueurs du champion, le KRC Malines. Les deux saisons suivantes, le club se classe à chaque fois cinquième, à bonne distance des vainqueurs. La saison 1950-1951 est plus difficile et voit le club se battre pour son maintien. Devant le Tubantia rapidement distancé, une demi-douzaine d'équipes luttent pour éviter l'avant-dernière place, synonyme de relégation. Malheureusement pour les alostois, ils en héritent au terme de la saison et doivent dès lors redescendre en Promotion. La reconnaissance du club en tant que « Société Royale » le n'atténue pas la déception des joueurs et des supporters. Le club change de nom le de la même année pour devenir le « ».

La remontée vers la première division (1951-1960) Le désormais KSC Eendracht Alost joue la dernière saison de Promotion en tant que troisième niveau national. À la suite de la réforme des compétitions nationales décidée pour la saison prochaine, aucun club ne sera promu vers le deuxième niveau et seuls les cinq premiers de chaque série se maintiendront au troisième niveau. Le club termine troisième de sa série et assure donc ainsi son maintien pour la saison suivante en Division 3. Dans une série plus concurrentielle du fait du grand nombre de relégués du niveau supérieur, Alost finit seulement septième.

Le club retrouve ensuite une place au sommet de la hiérarchie mais échoue deux saisons de suite à la deuxième place. En 1954, il termine à égalité de points avec le KFC Izegem, déclaré champion pour avoir concédé moins de défaites que le club alostois. En 1955, c'est le Racing Club Tournaisien qui le prive du titre de justesse, terminant en tête avec une marge de deux points. La saison suivante, Alost termine seulement quatrième, très loin du champion brugeois. Finalement, il remporte le titre dans sa série en 1957, avec une avance de cinq points sur le KSV Waregem et remonte ainsi en Division 2 six ans après l'avoir quittée.

De retour en deuxième division, l'Eendracht Alost réalise une saison de transition, terminant neuvième au classement final. La saison suivante, le club occupe le haut du tableau et finit quatrième, à seulement trois points de la deuxième place, synonyme de promotion en Division 1. Ce n'est que partie remise pour le club. Il domine la saison 1959-1960 et remporte un nouveau titre de champion de deuxième division. Après treize saisons passées dans les divisions inférieures, le club alostois retrouve l'élite nationale.

Court retour parmi l'élite et première descente en Promotion (1960-1966) De retour en première division, l'Eendracht Alost assure facilement son maintien et finit à la dixième place. Il vit une saison 1961-1962 beaucoup plus difficile et subit plusieurs coups du sort. Lors d'un match à domicile contre le Standard de Liège le , l'arbitre Arthur Blavier expulse sévèrement trois joueurs alostois. L'arbitrage « tendancieux » provoque la colère des alostois et l'envahissement du terrain par les supporters. Le préparateur physique du club, un certain Michel Verschueren, doit même être retenu par ses joueurs pour qu'il ne frappe pas l'arbitre. Il sera suspendu pour un an par la fédération et plusieurs joueurs le seront également pendant plusieurs rencontres de championnat. Après que la police ait fait évacuer le terrain, il ne reste plus assez de joueurs alostois valides pour poursuivre le match et le Standard est déclaré vainqueur par forfait. Cette affaire est connue à Alost sous le nom de « La malédiction de Blavier » et un livre a même été écrit sur le sujet. En fin de saison, le club finit bon dernier avec seulement 17 points et est relégué en deuxième division.

Cette relégation marque le début d'une ère difficile pour l'Eendracht Alost. Candidat à la remontée directe, le club échoue en milieu de classement durant deux saisons. Lors de la saison 1964-1965, le club est en lutte pour son maintien. Il termine avant-dernier et doit redescendre en Division 3 mais à la suite d'une affaire de tentative de corruption, il est sanctionné d'une rétrogradation administrative et renvoyé pour la première fois de son Histoire en Promotion, le quatrième et dernier niveau national. Alost remporte le titre dans sa série un an plus tard et remonte directement en troisième division.

Une décennie en Division 3 (1966-1977)