Le Règne animal est un film français réalisé par Thomas Cailley, sorti en 2023.

Le film débute alors que le monde s'est déjà habitué à une épidémie de mutations qui transforment les humains en animaux, au physique comme au mental. François doit déménager dans le sud de la France pour se rapprocher de son épouse Lana, touchée par ce mal mystérieux et envoyée dans un centre spécialisé. Sur place, lui et son fils Émile doivent se réinventer dans un monde qui se peuple de créatures d'un nouveau genre.

Il est présenté en film d'ouverture dans la section « Un certain regard » au Festival de Cannes 2023.

En 2024, le film reçoit cinq prix à la des César, dont celui de la meilleure photographie et celui des meilleurs costumes.

Synopsis Dans un futur proche, une mutation provoque la transformation progressive de certains individus en animaux d'abord anthropomorphiques, puis de plus en plus éloignés de l'humain. Les chercheurs sont désemparés face à cette maladie qui peut toucher n'importe qui quel que soit son âge ou son sexe et chaque pays tente de gérer tant bien que mal ces monstres, baptisés « créatures » ou surnommés « bestioles » par une population majoritairement hostile.

En France, Émile Marindaze et son père cuisinier, François, déménagent dans le sud pour suivre sa mère, Lana, transformée en créature, qui doit être transportée dans un centre de soins récemment construit près d'une vaste forêt. Émile n'a jamais réussi à surmonter le traumatisme de son agression par sa propre mère, qui l'a griffé au visage, et se tient le plus éloigné possible des créatures. Malgré l'affection qu'il porte à son père, il ne voit plus l'intérêt de garder le contact avec une mère désormais muette et méconnaissable. Logés de façon sommaire dans un camping, le père et son fils qui commençaient à s'installer, sont prévenus que le camion qui transportait Lana, avec d'autres mutants, vers le centre de soins, a eu un accident et que les patients se sont échappés. Bien que Julia, jeune gendarme locale d'une humanité qui tranche sur le climat xénophobe de la localité et la sécheresse des consignes militaires, tente de rassurer François, ce dernier décide de se lancer lui-même dans les recherches pour retrouver son épouse. Au cours de leur première battue, lui et Émile tombent sur deux créatures. L'une, un grand échalas croassant, musclé et agressif, affublé d'ailes, de serres et d'un masque, blesse Émile à l'épaule, tandis que l'autre, une enfant-reptile timide, se réfugie dans les arbres. Malgré les appels et l'obstination de son mari et de son fils, Lana reste introuvable.

Émile est contraint d'intégrer un nouveau lycée. L'accueil y est plutôt sympathique, mais le jeune homme commence à ressentir un malaise croissant que révèle son comportement incertain et passif. Lors d'un cours de sport où il gagne, seul contre toute une équipe, au tir à la corde, il découvre qu'il a acquis une force herculéenne et ne tarde pas à constater que des griffes sortent sous ses ongles, des poils sur son dos et que ses vertèbres deviennent saillantes : il commence lui-même à se transformer. Terrifié, le lycéen décide de cacher cela à tout le monde et d'abord à son père, par honte, par peur d'être mis à l'écart et parqué en centre spécialisé. Néanmoins, au fil des jours, la mutation physique l'affecte de façon croissante et surtout l'instinct animal prend le dessus, l'intelligence humaine s'effrite. Émile se rend à l'endroit où il avait vu les deux créatures avec son père. En quête d'aide, il parvient à approcher l'homme-oiseau de proie, qui est alors encore capable de parler et lui dit se nommer « Fix ». Fix vit en compagnie de la fillette-lézard qu'il nomme « Grenouille ». D'abord très réticent, il accorde graduellement sa confiance lorsqu'Émile l'aide à apprendre à voler. On découvre que le masque étrange qui recouvre le visage de Fix est un pansement : les médecins ont tenté une chirurgie réparatrice pour enrayer la croissance de son bec mais celle-ci s'est soldée par une plaie inguérissable. Dans le même temps, le garçon se rapproche de Nina, une de ses camarades de classe caractérisée par un trouble de l'attention et une sensibilité exacerbée.

François, lui, n'a pas perdu espoir de retrouver Lana, ce que l'orientation violemment « anti-bestioles » du patron restaurateur et de son entourage rend particulièrement compliqué. Un soir, il se retrouve nez à nez avec un homme-morse qui s'avère être un proche de Naïma, la serveuse avec qui il travaille. Le mutant s'échappe et François aperçoit brièvement Lana, presque totalement transformée en ourse, qui regagne la forêt. Parti en battue avec Julia, qui n'est plus responsable des recherches, les gendarmes ayant été relevés de leur fonction par l'armée, François retrouve dans la forêt le vélo perdu de son fils. Ce dernier l'avait abandonné, prétendant qu'on le lui avait volé, parce qu'il ne parvenait plus à l'utiliser. François comprend bientôt que son fils lui cache depuis déjà quelque temps les premiers symptômes de la maladie quand il retrouve des griffes et des poils dans le tuyau de leur évier. François prend sans réserve le parti de son fils et, soucieux de le préserver, entreprend de lui inculquer des principes de précaution pour lui éviter d'être repéré, conseils qu’Émile peine à suivre en raison de sa mutation comportementale et sensorielle. Il commence à se mouvoir et à s'exprimer avec une certaine difficulté.

Lors de la fête de la Saint-Jean, qui, pour Émile, est la soirée d'intégration capitale au sein des camarades du lycée, et après une altercation avec son père, inquiet de toute imprudence, Émile connaît avec Nina sa première nuit d'amour. La jeune fille découvre les signes de sa mutation - dont elle se doutait déjà - mais n'en est pas effrayée ni offusquée. Par contre, un autre de ses camarades, très hâbleur, hostile aux bestioles et qui les a vus tous deux, lui inflige, manifestement par jalousie, la torture d'un émetteur d'ultrasons : ceux-ci sont insupportables pour l'ouïe surdéveloppée des mutants. Émile est terrassé, à la grande joie de son tortionnaire, mais se redresse soudain et le griffe au visage avant de s'enfuir. Instantanément, la soirée vire à la battue armée, menée par l'employeur de François, chef de la milice locale « anti-créatures ». À la grande terreur de François, qui tente éperdument de récupérer son fils, tous les hommes du village se lancent avec leurs chiens à la poursuite du garçon, au travers des champs de maïs (où Émile met en fuite un molosse en grondant de façon bien plus menaçante) puis de la forêt. Fix vient alors au secours de son ami, le sauve en détournant les chasseurs, mais il est abattu en plein vol après en avoir tué un. Émile, qui vient de voir mourir son ami dans ses bras, réussit à s'enfuir et, s'enfonçant de plus en plus profondément dans la forêt, parvient dans une zone où les créatures échappées se sont regroupées. Il découvre avec un œil neuf la variété et les degrés divers de leurs mutations. Dans un moment d'une grande intensité dramatique, il se retrouve face à face avec sa mère, masse énorme et dangereuse, sans forme et qui ne parle plus, mais qui le hume, le reconnaît et lui témoigne son affection. C'est ce moment que choisit l'armée pour encercler l'endroit avec des fumigènes et capturer les créatures prises au piège (sauf la mère du garçon, assez puissante pour forcer la chaîne humaine). Émile est également pris, sous le regard impuissant de "grenouille" qui échappe aux militaires parce que, grimpée à un arbre à grande hauteur, elle est invisible et au-dessus des fumées. Ayant encore son apparence humaine, et bénéficiant de la protection de Julia, Émile est traité non comme une créature, mais comme une victime et emmené à la gendarmerie où son père vient le récupérer. Tout semble s'arranger, mais lorsqu'il doit signer sa déposition, Émile n'y parvient pas et révèle un comportement animal violent, ce qui oblige François à assommer le gendarme pour éviter que l'alerte ne soit donnée. Vive émotion d'Émile qui comprend que son père a pris définitivement son parti. La scène fait contraste avec la réticence que l'adolescent opposait au début du film à la quête obstinée de celui-ci pour continuer à soutenir Lana. Les deux hommes quittent ensuite le poste sous le regard suspicieux de Julia.

En voiture, François et Émile connaissent un bref moment de détente. Émile, qui, dans un regain de normalité, retrouve son aisance verbale et ses expressions d'autrefois, rappelle à son père un souvenir heureux et semble revenir à son humanité au grand bonheur de François. Il lui révèle qu'il a vu sa mère dans la forêt. Mais voici qu'ils sont pris en chasse par la gendarmerie. Émile, résigné, demande à son père de venir le voir quand il sera enfermé dans le centre de traitement. François lui dit alors qu'il n'ira pas dans ce centre et lui explique qu'un loup - puisqu'il semble qu'Émile se transforme plutôt en loup - c'est capable de courir fort vite. Il accélère et prend un chemin qui s'enfonce dans la forêt. Il stoppe et intime à son fils l'ordre de descendre et de courir aussi vite qu'il le peut. Émile remercie son père et s'enfonce dans les bois. François le regarde disparaître les larmes aux yeux, tandis que les gyrophares des gendarmes s'approchent du véhicule. Le dernier plan du film montre Émile courant dans les bois en hurlant.

Fiche technique

Titre original : Le Règne animal Réalisateur : Thomas Cailley Scénario : Thomas Cailley et Pauline Munier Musique : Andrea Laszlo De Simone Décors : Julia Lemaire Costumes : Ariane Daurat Photographie : David Cailley Son : Niels Barletta, Matthieu Fichet, Fabrice Osinski et Raphaël Sohier Montage : Lilian Corbeille Production : Pierre Guyard Sociétés de production : Nord-Ouest Films, Studiocanal, France 2 Cinéma et Artémis Productions, en association avec six SOFICA Sociétés de distribution : Studiocanal (France) ; O'Brother Distribution (Belgique), Praesens Film (Suisse romande) Budget : . Pays de production : Langue originale : français Format : couleur - 2,39:1 - 35mm / Codex - son Dolby Digital Genre : aventure, drame, fantastique Durée : Dates de sortie : France : (Festival de Cannes) ; (sortie nationale) Belgique, Suisse romande : Classification : France : avertissement

Distribution

Romain Duris : François Marindaze, cuisinier-serveur Paul Kircher : Émile Marindaze, fils de François, lycéen Adèle Exarchopoulos : Julia Izquierdo, adjudante gendarme Tom Mercier : « Fix », mutant homme-oiseau, ami d'Émile Saadia Bentaïeb : Naïma, collègue de François Nathalie Richard : Valérie Beaudouin, le médecin Tom Rivoire : le lieutenant de gendarmerie Billie Blain : Nina Moktari, lycéenne camarade de classe et amoureuse d'Émile Xavier Aubert : Jacques Gabriel Caballero : Victor Iliana Khelifa : Maëlle Paul Muguruza : Jordan Maëlle Benkimoun : « Grenouille », mutante enfant-reptile François-Xavier Raffier : Bonnel Florence Deretz : Lana Marindaze, épouse de François, mère d'Émile, mutante femme-ourse

Production Genèse et développement Le Règne animal est le deuxième long métrage du réalisateur français Thomas Cailley après sa première œuvre primée, Les Combattants (2014).

L'idée de départ vient d'un scénario de Pauline Munier écrit alors qu'elle était encore étudiante à La Fémis. Thomas Cailley découvre cette histoire alors qu'il participe à un jury de lecture de travaux des étudiants de l'école.. Il propose alors à Pauline Munier d'écrire ensemble un long métrage basé sur cette idée d'humains qui se transforment en acquérant des traits animaux..

Les créatures mi-humaines mi-animales du film résultent d'un travail de pré-production intensif : deux ans avant le tournage, Thomas Cailley a travaillé pendant . avec le dessinateur de bande dessinée Frederik Peeters Ces concept arts ont ensuite servi de base à des character designers spécialisés en morphologie pour créer les modèles définitifs..