L’École de l’air et de l’espace est une école militaire de l'enseignement supérieur français qui forme des officiers de l'Armée de l'air et de l'espace. Elle appartient au groupe des huit grandes écoles militaires françaises.

C'est l'une des françaises Elle est accréditée au à délivrer un diplôme d'ingénieur..

Historique de l'École de l'air et de l'espace et de la base aérienne 701 La première école d'officiers aviateurs à Versailles La nécessité d'une formation des officiers aviateurs apparaît dès le lendemain de la Première Guerre mondiale. Elle entraîne la création d'une structure dédiée : une école d'officiers de l'armée de l'air.

L’Aéronautique militaire lutta une quinzaine d’années pour devenir une Armée de l’air autonome. Au cours de cette période, trois étapes seront déterminantes pour la formation des officiers aviateurs.

En 1922, l’École du génie de Versailles, installée dans les Petites Écuries en face du château, reçoit la mission de former l’ensemble des officiers du personnel navigant de l’Aéronautique. Jusqu’à cette date, cette formation, réalisée dans quatre écoles différentes, était dispersée et hétérogène. L’instruction des contrôleurs de matériel (mécaniciens) et des comptables se fera encore pendant quelques années à Vincennes, où le premier concours pour cette catégorie de personnel (ces deux spécialités faisaient partie du même corps, celui des officiers d’administration) avait été organisé en 1920.

La loi du Loi sur la création de l'arme aéronautique. donne à l’Aéronautique militaire le statut d’Armée à part entière. Pour ces raisons, certains considèrent que la première promotion de l’École militaire de l’air est la . Cette appellation ne lui fût officiellement attribuée qu’en 1939 et l'Armée de l'air ne sera créée que le ..

En 1925, naît l’École militaire et d’application de l’Aéronautique. Aux élèves officiers issus du corps des sous-officiers se joignent de jeunes officiers, provenant de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr et de l’École polytechnique. La formation à Versailles dure deux ans. Pour les pilotes, elle se poursuit à Avord par un stage de pilotage, puis à Cazaux par un stage de tir et de bombardement, cursus que suivront toutes les promotions jusqu’en 1939.

Le et le , sur proposition du Ministre de l’air Pierre Cot, le Président Albert Lebrun signe deux décrets : ils fixent d'une part l'autonomie de l'aéronautiquePrincipes généraux d'emploi et d'organisation de l'Armée de l'air. et, d’autre part, la création de l’École de l’airOrganisation de l'école de l'air.. Elle doit regrouper les écoles de formation, d’application et de perfectionnement de l’ancienne Aéronautique militaire.

La loi du crée donc l'Armée de l'air. L’organisation de ces nouveaux organismes est définie par cette loi. Les officiers servant dans l’Armée de l’air seront désormais formés dans une école propre à cette nouvelle arme. vignette|Promotion école de l'air, écuries Versailles 1937. La première promotion de l’École de l’air compte cinquante-cinq élèves (52 PNPour Personnel Navigant, par opposition à Basier (Administration) ou Mécano (Mécanicien) dans le jargon de l'école. et trois mécaniciens). Elle est rassemblée le à la caserne des Petites Écuries, à Versailles.

La nouvelle école est commandée par le général Jean Houdemon, un aviateur prestigieux à la fois héros de la Première Guerre mondiale et grand blessé.

Cette première promotion invente ses propres traditions pour se démarquer des autres écoles d’officiers. Elle choisit son parrain, le Capitaine Georges Guynemer, propose que l’École fasse sienne sa devise, « Faire face » et dessine son insigne.

Deux élèves marqueront de leur empreinte l’École de l’air : Augustin Delattre, le major de la promotion, et Éric Audemard d’Alançon, qui sera chargé de la transmission des traditions à la promotion suivante.

À partir d' et pendant plus d'un an, le lieutenant-colonel Chambe, collaborateur du ministre de l'Air Victor Denain, et écrivain de l'aviation, occupe le poste de Directeur des Études sous le commandement du général Bouscat. Il y écrit un projet de scénario pour le cinéma, Faire face, afin de promouvoir l'école et favoriser le recrutementRené Chambe, "Faire face. Projet de film pour l'Ecole de l'Air. Décembre 1936 - Janvier 1937". Cote Z28830, chemise 3, Service Historique de la Défense, château de Vincennes..

Les élèves issus des grades de sous-officiers, appelés élève-officiers d’active (EOA), sont désormais instruits par l’École de l’air ; elle assure la formation de tous les officiers de l’Armée de l’air, y compris dans le cadre de l’enseignement supérieur aérien. Ultérieurement, ces élèves recevront aussi l'enseignement de l'École militaire de l'air, jusqu'en 2015.

Il reste à fixer le site définitif de l'école. Le site géographique accueillant l’École de l’air doit respecter quatre critères : implantation sur un aérodrome, région à la météorologie clémente, proximité d’une ville universitaire, proximité d’une garnison et d’un port. Plusieurs régions sont candidates : Versailles/Saint-Cyr, Orléans, Bordeaux, Montpellier, Salon-de-Provence/Berre.

Le choix de Salon-de-Provence Le choix final du site de l'École de l’air se porte sur Salon-de-Provence.

Cette annonce soulève une polémique. Le journal Les Ailes, dans son du , avait publié un article intitulé Où doit-on installer l’École de l’air ? qui critique le choix du gouvernement :

En prévision de l’installation de l’École de l’air, des terrains situés sur les communes de Salon-de-Provence et de Lançon-Provence sont achetés. Les textes fondateurs avaient prévu l’ouverture de l’École de l’air à Salon-de-Provence le . Les négociations entre la municipalité de Salon et le Ministère de l’Air sont difficiles : le général Denain, successeur de Pierre Cot au Ministère, organise, provisoirement, la formation des élèves officiers du recrutement direct aux Petites Écuries, à Versailles. Les deux premières promotions, Guynemer et Astier de Villatte, seront donc versaillaises.

À Salon, au fur et à mesure de l’avancement des tractations, dès l’achat des premiers terrains, débute la construction de deux hangars, à l’est du site (les deux hangars Jeumont, toujours debout). En 1936 est créée la Base-école .

Pour accueillir la première promotion à Salon en , des baraquements en bois sont construits. C’est dans un chantier que les cent onze élèves de la « Mézergues » vont prendre leurs quartiers. Leur formation sera assez succincte, en dépit du contexte de l'époque. L’État-major avait donné carte blanche au Colonel Bonneau, premier commandant de l’École à Salon, pour l’organiser.

En , est fixée la composition du Centre École de Salon : un groupe d’instruction d’aérostation, un bataillon de l’air, un groupe d’instruction d’aviation qui comprend des moyens généraux d’instruction des services techniques et un service avions (trente-deux appareils).

+ Effectifs stationnés à Salon en en 1937 Personnels EffectifsOfficiers77Sous-officiers411Hommes de troupe941Officiers-élèves300Élèves-officiers200Total1929 Avions EffectifsAvions en ligne185Avions en volant70Total255

La construction du bâtiment de la « Direction Enseignement », le fameux BDE, commence en et s'achève en 1942.

En , la promotion « Mézergues » a dû laisser la place à sa suivante, la promotion « Mailloux », car il n’y avait pas assez de locaux pour les loger simultanément. Elle terminera son cursus de formation à Versailles.

De 1935 à 1939, la formation des élèves sous-officiers de l’Armée de l’air demeure à Versailles, au sein de l’École de l’air. L’appellation « École militaire de l’aéronautique » désignait l’école de formation des EOA dans les textes de 1932 ; elle aurait pu se transformer en « École militaire de l’air » à la création de l’Armée de l’air. Il n’en sera rien ; l’École ne cessa jamais de former des élèves ; enfin, le , un texte fixera définitivement son appellation. vignette|300px|centré|Le colonel Bonneau et la garde reçoivent le drapeau de l’École (Salon-de-Provence, 25 février 1939)..

Pendant la Seconde Guerre mondiale La Seconde Guerre mondiale s’annonce imminente, les autorités françaises craignent des bombardements aériens, et font déplacer le site de l’École de l’air.

Celle-ci reçoit fin l’ordre de se replier à Bordeaux. La guerre a commencé quand la cinquième promotion du recrutement direct, « Lieutenant Pinczon du Sel », rejoint, le , l’École de l’air repliée à Bordeaux. L’instruction est dispensée dans l’urgence, les vols sont difficiles à organiser depuis le terrain de Bordeaux et se font à partir de terrains annexes : Bergerac, Les Landes-de-Bussac et Mont-de-Marsan.

Après l’armistice du , l’École est fermée. La base de Salon-de-Provence accueille plusieurs unités : le commandement des Forces aériennes , le groupe de chasse I/6, des échelons roulants, quatre compagnies de l’air, deux bataillons de l’air. La quasi-totalité de ces unités est ensuite démobilisée. Une tentative de repli par bateau vers l’Afrique du Nord échoue ; les élèves, dirigés par trains vers Marseille, sont déroutés à Collioure, au château des Templiers. La promotion y séjourne quelques semaines (elle y est baptisée), elle reçoit ensuite l’ordre de regagner Salon, elle y est dissoute le .

, l’École de l’air est autorisée à se réinstaller en Provence. En , après l’invasion par les Allemands de la zone libre, la Wehrmacht occupe le site de Salon. Les promotions d’élèves sont dispersées dans différents sites, en France ou à l’étranger. La base aérienne de Salon-de-Provence subit trois bombardements successifs de l’aviation alliée.

Quelques élèves réussissent à s’évader, les uns par un torpilleur anglais, d’autres par un bateau rapatriant des aviateurs polonais, d'autres enfin, avec un cargo espagnol. Une poignée atteindra l’Angleterre via Gibraltar, les autres débarquent en Afrique du Nord. La majorité rejoint le colonel Bonneau qui avait reçu l’ordre de se replier par avion le .

Après la réouverture partielle en 1941, l’École de l’air est dissoute le . Jusqu’en 1944, les (« Steunou »), 1941 (« Dagnaux ») et 1942 (« Tricaud ») entrent dans une semi clandestinité. Elles connaissent des sorts et des stationnements divers (Château de Bellevue à Toulouse, mouvement Jeunesse et montagne, Résistance, diverses écoles d’ingénieurs : puis de nouveau Salon en ). La promotion « Commandant Tricaud », échappe de justesse au Service du travail obligatoire (STO) en Allemagne.

À la suite du débarquement anglo-américain de , un concours en Afrique du Nord (AFN) est institué parallèlement aux promotions « officieuses » de métropole : quarante-et-un élèves, en majorité des étudiants originaires d’Afrique du Nord, sont admis à suivre les cours de l’École de l’air de l’Aviation française d’Afrique du Nord. La promotion prend pour nom « Capitaine Thouvenin de Villaret » et, après une formation dans l’Atlas marocain, les « poussins » d’AFN suivent les cours de pilotage aux États-Unis. La deuxième promotion d’AFN (« Lieutenant de Tedesco »), ainsi que les promotions métropolitaines « Commandant Tricaud » et 1943 « Sous-lieutenant Pomier Layrargues », sont également dirigées vers les États-Unis pour la formation au pilotage, faute de moyens matériels.

Les promotions de l’École militaire de l’Air connaissent des tribulations diverses. L’École cesse ses activités au lendemain de l’armistice jusqu’au mois d’. En 1943, il n’y a pas de promotion en métropole ; il y en a deux en Afrique du Nord. En 1944, il y a une promotion en métropole, une en Afrique du Nord et une troisième en Indochine. La est instruite en 1946 avec celle de cette année-là.

De 1944 à 1967 vignette|Élèves de l'École de l'air pendant le défilé du 14 juillet 2007 sur les Champs-Élysées. Après la libération de la région provençale en 1944, un détachement de l’Armée de l’air découvre le site de Salon pratiquement détruit.