Adolphe Aimé Lecadre est un chirurgien et médecin français né le à Nantes et mort le au Havre.
Biographie Jacques Jean Lecadre, négociant à 36 ans est en voyage d’affaire depuis huit joursInscrit sur son acte de naissance, quand son épouse, Marguerite Jacquette Cramer, 30 ans, habitant dans la section de Nantes, met au monde Adolphe Aimé Lecadre à 20h le 25 Floréal an 11Registre 1E301 de Nantes, acte Naissance page 151, déclaration le 26 Floréal an 11 (né hier). (). Il est déclaré le lendemain à la mairie de Nantes entre autres par son oncle, capitaine de marine, qui lui a peut-être donné le goût du voyage en mer.
Il est le beau-père d'Ernest Lefèvre, ainsi que le grand-père d'André Cahard et de Pierre Lefèvre-Vacquerie.
Officier de santé vignette|L'ancien Hôtel-Dieu, avec sa chapelle et l'École de médecine de Nantes.|gauche Adolphe Aimé fait ses études classiques à Nantes puis des études de médecines en intégrant en 1820 l'école de médecine de Nantes et il obtient la première année le premier prix. Il suit également la classe de philosophie du Collège royal de Nantes et devient bachelier en 1821. Il va effectuer une formation médicale plus courte que celle d’un médecin diplômé d’une faculté en suivant en parallèle les visites médicales à l'hôtel-Dieu de la ville avec Guillaume Laennec, médecin-chef, professeur à l'école de médecine de Nantes et oncle de René Laennec. Au bout de 3 ans, Il est reçu officier de santé en 1823.
Chirurgien du commerce
Pour devenir chirurgien du commerce comme médecin à bord des navires marchands, Il devait remplir certaines conditions supplémentaires, par rapport à son diplôme d'officier de santé qui ne permettait qu'un exercice médical classique à terre. En passant un examen complémentaire devant un jury de l'école de médecine et ayant obtenu le brevet de chirurgien du commerce qu'il inscrit sur sa thèse et la justification d'une expérience de quatre années passées dans des hôpitaux, libéré de son service de terre pour la classe de 1923, donc apte au service en mer, et son admission par le conseil d'examen du port de Nantes le , Il embarque à bord du trois-mâts long-courriers de 810 tonneaux, 3 ponts, construit en 1818 à Nantes, de tirant d’eau chargé 5,20 mètres et non chargé 3,90 mètres, Le Fils-de-France, le plus grand navire armé par la maison Thomas Dobrée, voilier qui se dirige vers Chandernagor en Inde française au nord de Calcutta sur les bords de la rivière Hooghly, avant l'ouverture du canal de Suez en utilisant les longues voies commerciale maritimes traditionnelle avec comme capitaine au long-cours Théodore Geoffroy né le à Paris, navire armé au départ de Nantes, sortit de Loire en , avec un départ le depuis Pierre-Percée et un retour à Nantes le , désarmé le soit un voyage plus ou moins d'un an. On peut retrouver les informations précises du voyage d'Adolphe Aimé Lecadre comme chirurgien de commerce à bord du voilier le Fils-de-France entre 1824 et 1825 dans le registre des bâtiments de Nantes cote 7R4/380.
Pour le voyage d'Adolphe Aimé Lecadre, le navire est armé à Nantes d’un canons avec boulets de 6 livres (2,94 kg) et un de 8 livres (3,92kg) , 36 boulets, douze fusils, six pistolets quatre espingoles, cinq-cents cartouches, cinquante kilo de poudre et dix-huit sabres pour une riposte légère en cas d'attaque maritime, population agressive ou mutinerie à bord, avec pour destination Chandernagor alors comptoir des colonies françaises depuis 1686, au nord de Calcutta en Inde sur les bords de la rivière Hooghly.
Pour ce voyage, le Fils-de-France, en plus des marchandises, transporte également des passagers vers de courtes ou longues destinations dont les colonies, avec une publicité du voyage réalisé dans le journal Feuille commerciale vantant les bons repas et les chambre spacieuses de 9 pieds en tous sens (2.74 m) et un grands sabord s'ouvrant à volonté, pour embarquer sur d'autres navires lointains ou comme voyageur de commerce. Les passagers de ce voyage sont étudiant en droit, avocat, commis négociant, négociant, 4 Sœurs de St Joseph allant à l'île Bourbon, un jeune collégien mineur accompagné de son frère allant de Nantes à Rochefort, un capitaine de navire et sa famille, ou des créoles voyageant en famille pour aller à Calcutta ou revenir vers Nantes et un lieutenant de l'armée anglaise. On compte au total pour ce voyage avec les embarquements et débarquements des différents port, 9 femmes (de 20 à 94 ans), 17 hommes (de 14 à 47 ans), et 44 hommes d'équipage (de 20 à 44 ans) pour la navigation, nombre variant selon les escales.
Ce voyage pour Adolphe Aimé commence le à 21 ans. Sur le registre des bâtiments, la physionomie d'Adolphe Aimé est décrite comme pour tous les hommes d'équipage à bord. Lui est décrit comme un homme de 1,68 mètre, visage long, front découvert, yeux roux, nez rond, bouche petite menton mou, cheveux et sourcils châtain, description servant de suivi administratif ou judiciaire. Le navire fera plusieurs étapes après son départ, Rochefort pour débarquer deux jeunes de 16 et 14 ans, puis les 44 équipiers et 11 passagers font un voyage de 63 jours pour destination la Baie de Simon au Cap de Bonne-Espérance. À chaque escale, les Nantais pouvaient suivre les arrivées des navires dans le journal Feuille commerciale. Pour la baie de Simon, c'est une escale stratégique pour l'eau douce, la nourriture du voyage, réparation du navire si besoin et après 19 jours, ils embarquent 4 passagers de plus. Nouveau départ le vers les Îles Maurice puis Bourbon, escale pour se ravitailler en eau et utile pour le sucre, café, cannelle, vanille, épices, ébène et bois précieux, eau, rhum et vivres et pour déposer les 4 religieuses le , retour à Port-Louis et nouveau départ vers Calcutta où il arrive avec un équipage de 43 personnes, 9 passagers le . 5 passagers débarquent après 7 jours de quarantaine le , Les autorités coloniales britanniques en Inde étant très vigilantes sur les contrôles des cargaisons, des voyageurs et la surveillance des épidémies de choléra, fièvre jaune, typhus, pouvant se propager par le transport maritime. Puis le navire fait route vers Chandernagor avec surement un pilote local comme guide dans les eaux du bras du Gange Hooghly qui pouvait prendre 2 à 4 jours pour arriver à ce comptoir français ou existait des échanges commerciaux de textiles, épices, indigo, coton, thé, opium, soie ou marchandises destinées aux îles de l'Océan Indien sur le retour ou pour la destination finale de Nantes. Le navire reste à Chandernagor puis repart le et fait route vers Calcutta avec 2 passagers et 42 hommes d’équipage. gauche|vignette|Routes Marine Marchande. Comme chirurgien du commerce à bord du trois mats, Adolphe Aimé Lecadre pouvait alors être confronté aux maladies courantes de l'équipage ou des passagers, par les contacts avec la population littorale lors des escales comme les fièvres, ou diverses maladies infectieuses, tropicales, ou le scorbut lors des longues périodes en mer et il pouvait être amené à pratiquer des interventions chirurgicales, coupures profondes, écrasements ou amputations. Il pouvait faire de la prévention sanitaire et vérifier l'hygiène, devenir donc un bon hygiénistes pour éviter les contagions et épidémies en milieu confiné, examiner les nouveaux embarqués lors des escales, faire la gestion de la pharmacie, rédiger ses rapports médicaux sur un journal de santé avec traçage des incidents médicaux et de la santé de l'équipage en rendant compte au capitaine de bord, mais il était amené aussi à intervenir lors des escales sur la population locale qu'il explique dans son ouvrage Le Choléra-morbus au Havre en 1832, après avoir été pour la première fois confronté aux symptômes du choléra et à la mort rapide d'un patient au moment de son départ, à Calcutta, sur un serviteur d'un européen de sa connaissance, choléra qui, en 1824, n'existait pas encore à l'état épidémique.
À Calcutta au départ du navire le , le navire est chargé des provisions, médicaments, passagers dont un capitaine de navire, et un navigateur de 25 ans déjà malade à l’embarquement. Ils sont maintenant 42 hommes d'équipages et 9 passagers. Le navire voyage vers Port-Louis de Maurice pour y arriver le , repart le vers la Baie de Simon où un passager lieutenant de l'armée anglaise monte à bord, ils sont alors au départ 43 hommes d'équipage et 10 passagers.
En cours de route, le passager Navigateur de 25 ans, qu’Adolphe Aimé a essayé pendant 5 mois et 11 jours de soigner d’une phtisie pulmonaire de second degré à l’embarquement à Calcutta, décède en pleine mer le 31 aout 1825 à 3h30 aux coordonnées , description sur l'acte de décès signé le jour même par le capitaine, le lieutenant et Adolphe Aimé. Puis un passager capitaine au long cours est débarqué aux îles des Açores à ses frais. Le navire repart vers Nantes avec une arrivée à Saint-Nazaire, port d’entrée maritime principal le et admis immédiatement à la libre pratique par l’agent sanitaire, les deux maladies à bord n’était surement pas considérées comme des maladies épidémiques contagieuses au sens du règlement sanitaire maritime de l’époque. Le passager malade est débarqué le .
Comme chirurgien de commerce à bord, la solde était de 100 Francs par mois plus une prime à Calcutta de 100 francs sans qu’aucune retenue ne soit faite pour le fonds des invalides de la marine pour le régime spécial qui couvrait l'ensemble des assurances sociales par l’Établissement national des invalides de la marine. Le Capitaine avait 200 Francs sans prime, le second 100 Francs, le mousse novice ayant le minimum de 12 Francs par mois. Ce qu'il a gagné au cours de ce voyage lui permet sans doute de financer la suite de ses études. Il reste chez son oncle au Havre en attente de la reprise de ses études de médecine.
Docteur en médecine À la fin de 1825, il reprend des cours de médecine en se partageant la même journée à Paris à 13h au Collège de France avec René Laennec et 19h à l'École pratique de médecine, qui faisait partie de la Faculté de médecine de Paris avec François Broussais comme enseignant. Il présente et soutient sa thèse Dissertation sur le siège et la nature de l’hypochondrie, à la Faculté de médecine de Paris le , et obtient le grade de docteur en médecine à 23 ans. vignette|Progression Choléra 1831. Il s'installe en 1827 au Havre et y restera jusqu'à sa mort. Vers la fin de 1829, le choléra qui sévit en Inde commence à se propager. 1831 l'épidémie de choléra arrive en Angleterre, Londres puis Paris en . Dès , avant l'épidémie en France, la municipalité du Havre convoquait tous les médecins du Havre dont Dr LecadreLe Choléra-morbus au Havre en 1832 / par le Dr Lecadre, page 6. pour définir l'organisation de la logistique et la gestion d'un quartier par médecin. 1832 le Dr Lecadre est nommé adjoint au titre de médecin adjoint des épidémies et médecin du bureau de bienfaisance en remplacement de son prédécesseur mort du choléra. Avril 1832 les premiers cas de la maladie arrivent et l'épidémie cholérique attaque le Havre par vagues que les médecins arrivent a endiguer. Pour ses interventions il reçoit une lettre de félicitation du Préfet. 1833 il est nommé par le ministre du commerce et travaux publiques membre de l'intendance sanitaire. Par son expérience maritime, il tient des notes qu'il reporte dans l'ouvrage Le Choléra-morbus au Havre en 1832. En 1833, il fait partie des 16 fondateurs de la Société havraise d'études diverses et il est élu à la présidence en 1852-54, 66-68, 72-74, 80-83. En 1835, il est nommé médecin des ouvriers des Ponts-et-Chaussées et il remplace le Dr Jacques Simon Amand Suriray au Conseil d'hygiène publique et de salubrité au Havre.
Il épouse Sophie Caroline Armande Perroty le à Paris et aura des enfants Marie Armande Lecadre, Gabrielle Hortense Lecadre.