L’Organisation communiste libertaire dite « première manière » était une petite structure issue, en , de la fusion du Mouvement communiste libertaire et de trois groupes sortis de l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA). Elle exista jusqu’à son extinction en 1976, date à laquelle l’ORA s’empara du nom Organisation communiste libertaire. Il ne faut donc pas confondre l’OCL « première manière » (1971-1976) et l’OCL « deuxième manière » qui exista à partir de 1976.
Fondation gauche|vignette|Guerre de classes du 25 janvier 1972. Lors d’une rencontre à Marseille, les 10-, le Mouvement communiste libertaire, animé par Georges Fontenis et Daniel Guérin, ainsi que trois groupes de l’ORA – Marseille, Dijon, Saint-Étienne – décidèrent de fonder l’Organisation communiste libertaire (OCL).
Contrairement à l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA), portée sur l’activisme et ouverte à l’action syndicaliste, l’OCL avait une orientation que l’historien Roland Biard qualifiait d’« ultragauche, marxiste, luxembourgiste et conseilliste »Roland Biard, Histoire du mouvement anarchiste 1945-1975, Galilée, 1976, pages 244-246.. Elle se disait « pour le pouvoir international des conseils ouvriers »« Pour le pouvoir international des conseils ouvriers » était le sous-titre de son journal, Guerre de classes., prônait uniquement les « comités d’action » et les « comités de grève », et tenait des discours plutôt anti-organisationnels, y compris vis-à-vis d’elle-même.
En conséquence, elle eut une existence aussi discrète qu’erratique. Elle ne parvint jamais à dépasser le stade du réseau et souffrit, selon Georges Fontenis, de l’arrivée en son sein de « groupes minés par le virus du “spontanéisme” radical »Georges Fontenis, Changer le monde. Histoire du mouvement communiste libertaire 1945-1997, Alternative libertaire, 2000, page 166-171.. L’essentiel de son activité consista en élaboration théorique et en discussions avec d’autres groupes ultragauche, comme la Gauche marxiste.
Elle parvint néanmoins à éditer une douzaine de numéros d’un journal, Guerre de classesNotice de Guerre de classes dans René Bianco, « Répertoire des périodiques anarchistes de langue française : un siècle de presse anarchiste d’expression française, 1880-1983 », Aix-Marseille, 1987..
Déclin Fin 1973, Daniel Guérin rejoignit l’ORA, considérant qu’elle connaissait une évolution intéressante, tandis que l’OCL semblait condamnée à l’impuissance.
À partir de , l’OCL connut un déclin accéléré, ses groupes se mettant en sommeil ou quittant l’organisation. Un conseil de liaison, tenu en , statua que l’OCL n’était désormais plus une organisation mais un simple groupe de réflexion. Un ultime conseil de liaison, le , acta l’autodissolution de l’OCL.
Entre-temps, l’ORA, lors de son congrès d’ à Orléans, s’était rebaptisée OCL, considérant que le nom était disponible. Ce fut la naissance de l’OCL dite « deuxième manière ».
Publications
Guerre de classes (1971-1976) est consultable en ligne sur le site Archives Autonomie ; Rupture, revue théorique (1974-1975)
Notes et références
Catégorie:Ancienne organisation communiste libertaire Catégorie:Organisme fondé en 1971 Catégorie:Organisme disparu en 1976 Catégorie:Fédération anarchiste Catégorie:Ancienne organisation anarchiste en France