Le mouvement des Focolari est l'un des « nouveaux mouvements ecclésiaux »Bien qu'ils soient composés majoritairement de laïcs, ces mouvements ont pour fonctionnalité d'intégrer des membres de l'Église de tout statut : jeunes, adultes mariés et célibataires, prêtres, religieux des deux sexes, ce qui leur vaut l'appellation de « mouvements ecclésiaux ». Voir l'article . qui ont fleuri au sein de l'Église catholique romaine dans la seconde moitié du . Il a été fondé en 1943 à Trente en Italie par Chiara Lubich. Ancré dans la spiritualité catholique, particulièrement marialeSon nom officiel reconnu par l’Église catholique est (Œuvre de Marie), voir l'article de , le mouvement se veut néanmoins ouvert à tous les chrétiens voire aux fidèles d'autres religions ou aux personnes sans appartenance religieuse.La messe quotidienne, organisée à midi, est « non obligatoire », assurent les responsables. Article .. Il se veut également ouvert à tous, sans distinction d'origine, d'âge ou de culture. Son objectif général est l'engagement pour l'unité et la fraternité au sein de l’Église et de la société, en famille, dans le monde économique et socio-culturel, en politique, dans les relations entre personnes riches et pauvres et entre les peuples..
Après la mort de Chiara Lubich en , le mouvement est dirigé par Maria Voce (2008-2021) puis Margaret Karram à partir de . Il revendique plus de membres et deux millions de sympathisants au début des années 2010.
Les Focolari sont engagés avec les églises locales dans de nombreux domaines, en particulier les pastorales de la famille, des jeunes, l’œcuménisme et le dialogue interreligieux. À travers son organisation (Humanité nouvelle), le mouvement est reconnu comme une organisation non gouvernementale par l'Organisation des Nations unies depuis 1987..
Étymologie Le nom du mouvement vient de l'italien (au pluriel ), signifiant « foyer ». Son nom officiel reconnu par l’Église catholique est (Œuvre de Marie).
Histoire Débuts thumb|200px|Chiara Lubich, fondatrice du mouvement. Le mouvement des Focolari est né à Trente (nord-est de l'Italie) vers 1943. La date souvent retenue est le , lorsque Chiara Lubich se consacre à Dieu. Elle rassemble autour d'elle une petite communauté de jeunes femmes désireuses de suivre son enseignement. Chiara Lubich, vivant les désastres de la Seconde Guerre mondiale (Trente est alors bombardée par les Alliés) et ayant quasiment tout perdu, se demande s'il existe un idéal que rien ne pourrait détruire. Sa réponse est Dieu. Après cette découverte fondamentale, elle commence à redécouvrir l'Évangile et à tenter de le mettre en pratique dans sa vie quotidienne. Le , la maison de Chiara Lubich est détruite. Ses parents quittent la ville, mais elle décide de rester pour aider ses amies sur place : se crée alors une petite communauté de femmes, le premier (« foyer ») à l'automne 1944, place Capuccini. Chiara Lubich est également responsable des novices au sein du Tiers-ordre franciscain de Trente, qu'elle a rejoint en 1942.
La diffusion des idées du mouvement se fait sans stratégie établie : Chiara Lubich envoie ses disciples dans les villages alentour. Elles rassemblent des groupes de femmes issues des paroisses qui lisent des phrases de la Bible, les commentent et racontent leurs expériences. Le contact est maintenu par l'envoi régulier de lettres et des visites ; chaque personne proche de Chiara Lubich se voit confier un groupe de personnes ou une localité où diffuser les nouvelles idées du mouvement et accompagner les nouveaux membres. Peu à peu, le groupe s'étoffe, et en 1945, il compte près de 500 personnes. Le mouvement se répand dans la région du Trentin. La création du mouvement des Focolari s'inscrit dans un renouveau dans l’Église catholique en Italie, porté par des laïcs engagés dans la société, mais restant fidèles au pape et à la hiérarchie.
En 1948, Chiara Lubich envisage de fusionner son groupe avec un nouveau mouvement, les rosminiens, fondé par le prêtre Beda Hernegger, mais le projet ne se réalise pas.
Rovereto est la deuxième ville où s'implante le mouvement des Focolari. Chiara Lubich y est invitée pendant la guerre par des frères capucins et prend rapidement en charge les novices du tiers-ordre, comme à Trente. Au début de l'année 1949, les Focolari obtiennent l'autorisation d'ouvrir un focolare dans la ville. Cette même année, le mouvement se diffuse en Italie : Milan, Padoue, Turin, Vérone, et Rome, où réside Chiara Lubich.
En 1948, Chiara Lubich fait la connaissance d'Igino Giordani, écrivain et journaliste, alors député démocrate-chrétien. Il devient le premier marié, et un ardent promoteur du mouvement, facilitant sa propagation rapide en Europe puis sur les autres continents..
Le , l'archevêque de Trente, , donne son approbation officielle au mouvement des Focolari, et la renouvelle l'année suivante. L'approbation officielle par le Vatican prend toutefois beaucoup plus de temps. Carlo De Ferrari supervise le développement du mouvement. En , les Focolari comptent quatre focolari à Trente et un autre à Rovereto, et plus de deux mille sympathisants597 membres à Trente, 1575 dans les villages du Trentin et 289 à Rovereto..
Le père Pasquale Foresi, reconnu comme le cofondateur du mouvement, a été en 1954 le premier prêtre focolarino. Il a fondé la société d'édition des Focolari, les éditions Nouvelle Cité.
Développement international
À la fin des années 1950, le mouvement s'est répandu dans toute l'Italie et au début des années 1960, arrive progressivement dans le reste de l'Europe avant de se diffuser dans le reste du monde. Il est généralement porté par les premiers membres des focolares de Trente et Rovereto qui partent à l'étranger. En 1952, il arrive en Autriche. En 1958, le mouvement s'étend en Amérique du Sud, avec l'arrivée de trois focolarine au Brésil. Il touche ensuite l'Argentine puis le reste de l'Amérique latine. En 1961, un focolare ouvre à New York. En 1961 et 1962, plusieurs membres du mouvement sont envoyés comme médecins en République Démocratique Allemande, afin d'aider les nouvelles communautés d'Europe de l'Est. En Asie, le mouvement arrive aux Philippines en 1966, puis se répand à Hong Kong et Taïwan grâce à des prêtres et des religieux. L'Océanie est atteinte en 1967 : Australie, Nouvelle-Zélande et les îles du Pacifique. Cette même année, un focolare est ouvert à Istanbul, et progressivement le mouvement se répand au Moyen-Orient (Liban, Égypte, ainsi que la Grèce). En 1965, une communauté Focolari s'installe à Fontem, au Cameroun, dans un but humanitaire, marquant les débuts du mouvement en Afrique.
Le , le Pape Jean XXIII reconnaît officiellement le mouvement sous le nom « Œuvre de Marie ».
Les autorités ecclésiastiques catholiques ont depuis longtemps observé attentivement le mouvement et modifié à plusieurs reprises ses statuts et règlements. La version actuelle a été adoptée en 1990, sous le pontificat de Jean-Paul II qui appréciait en particulier l'engagement du mouvement dans le dialogue interconfessionnel et interreligieux.
À partir de la seconde moitié des années 1990, le mouvement se constitue en organisation internationale humanitaire. Deux ONG sont fondées : Action pour un monde uni (en italien ), qui mène des projets de développement international, et Humanité Nouvelle ( en italien, en anglais) qui possède un statut consultatif auprès de l'ONU.
Au début du , le mouvement des Focolari est établi dans 182 pays et revendique membres et deux millions de sympathisants.
Années 2000 et 2010 Tout au long de son mandat, le pape Jean-Paul II a fortement soutenu le mouvement des Focolari. Après sa mort, le slogan santo subito, qui demandait la béatification accélérée du pape en dérogation au droit canon, a été lancé par les FocolariPage citant l’hebdomadaire Point de Vue (, 27 avril-3 mai 2011) et Le Figaro (Hors-série sur Jean-Paul II, -2011) : ..vignette|Maria Voce est présidente du Mouvement des Focolari de 2008 à 2021. En , la fondatrice Chiara Lubich décède. Maria Voce est élue par l'assemblée générale du mouvement pour lui succéder en juillet de la même année. En , elle est réélue pour un second mandat de six ans.. Les présidentes ne pouvant pas effectuer plus de deux mandats, elle laisse sa place et Margaret Karram est élue présidente en .
Spiritualité La spiritualité des Focolari repose sur deux pôles : l'unité qui s'appuie sur la prière de Jésus à son Père : () qui est la charte du mouvement. L'autre pôle est le thème de Jésus abandonné sur la croix : ( ; ). Pour Chiara Lubich, : Jésus ..
Cette spiritualité de l'unité se traduit par l'accueil de chrétiens d'autres confessions (protestants ou orthodoxes) et de croyants d'autres religions (musulmans, bouddhistes ou hindouistes). Selon la fondatrice, les Focolari cherchent
La spiritualité des Focolari met également l'accent sur la joie que procure l'amour de Dieu lorsque l'unité est réalisée. Vivre l'unité est un devoir de chaque membre du mouvement, et permet, selon Chiara Lubich, de sublimer la souffrance vécue en la transformant en joie.
Actions
Économie de communion Le Mouvement des Focolari prône le partage des biens entre ses membres d'une même communauté locale et cherche à mettre en place une . Toutefois, cette approche s'avère insuffisante pour réduire les inégalités socio-économiques à l'échelle mondiale.
En 1991, Chiara Lubich, constatant les très fortes inégalités sociales et économiques lors d'une visite au Brésil, lance l'idée de créer des entreprises dont le but est de partager une part de leurs bénéfices en faveur des plus pauvres. Cette initiative est devenue l'économie de communion, à laquelle adhèrent plus de 800 entreprises dans le monde en 2014.. Une autre partie des bénéfices est réinvestie dans des structures de formation pour promouvoir la culture du don.
Lien avec d'autres religions Le mouvement des Focolari a développé des liens importants avec le mouvement japonais bouddhiste Risshō Kōsei Kai. Les Focolari sont également engagés dans le dialogue interreligieux avec des juifs, musulmans, sikhs et hindous.
Organisation
Gouvernance Le Mouvement des Focolari est, conformément à ses statuts approuvés par le Saint-Siège, présidé par une femme laïque consacrée, en application de l'importance accordée à la figure de la Vierge Marie. Elle est assistée par un consacré et un prêtre qui est coprésident. Cette gouvernance . Il s'agit du seul mouvement catholique à être présidé exclusivement par une femme..
Depuis sa fondation en 1944 et jusqu'au décès de Chiara Lubich (le ), celle-ci en a assuré la présidence. Plusieurs coprésidents se sont succédé : Igino Giordani, Pasquale Foresi et, jusqu'en 2008, Oreste Basso. Lors d'élections qui ont eu lieu au début du mois de , Maria Voce et Giancarlo Faletti ont été élus respectivement présidente et coprésident. En 2014, Maria Voce a été réélue pour un mandat de 6 ans et l'assemblée a voté la nomination d'un nouveau coprésident en la personne de Jesús Morán. Le , Margaret Karram est élue présidente et Jesús Morán Cepedano est réélu coprésident.
La gouvernance du mouvement des Focolari suit une structure hiérarchique : de même que les deux dirigeants mondiaux du mouvement sont une femme et un homme, les responsables d'un pays ou d'une région doivent être un homme et une femme laïcs consacrés. Ces derniers supervisent les différentes branches locales, qui ont chacune leurs propres responsables.
Branches L'organisation interne du mouvement est comparable à celle d'autres mouvement catholiques paroissiaux.