Les élections fédérales allemandes de 2025 () ont lieu le afin de renouveler les du Bundestag pour un mandat de quatre ans. À l'issue de ces élections fédérales débute la vingt-et-unième législature.
Initialement convoqué le , le scrutin est anticipé au après qu'une crise politique au début du mois de a conduit à la rupture de la coalition en feu tricolore et la mise en minorité du gouvernement du chancelier fédéral Olaf Scholz.
Avec la participation la plus élevée depuis 1998, la CDU/CSU arrive en tête, suivie par l' qui double son score de 2021. Le , qui échoue pour la première fois depuis 1887 à figurer parmi les deux premières forces politiques, passe sous les 20 % des suffrages exprimés, ce qui n'était pas arrivé depuis les élections de mars 1933. Le , jusqu'à peu membre de la coalition gouvernementale, échoue pour la deuxième fois depuis à obtenir une représentation parlementaire, faute d'avoir franchi le seuil électoral.
Le chef de file des chrétiens-démocrates, Friedrich Merz, est élu chancelier fédéral un peu plus de deux mois après le scrutin, après avoir formé une grande coalition avec le Parti social-démocrate.
Contexte Élections de 2021 Les élections fédérales de 2021 ont marqué un tournant en Allemagne. Pour la première fois, les deux principaux partis, la CDU/CSU et le SPD, ont obtenu moins de 50 % des voix combinées, alors que les autres partis, tels que Les Verts et le FDP, ont renforcé leurs assises parlementaires. Le SPD est arrivé en tête avec 25,7 % des voix, suivi de la CDU/CSU à 24,1 %, un score historiquement bas pour cette dernière, après 16 ans avec Angela Merkel à sa tête. À l'issue de ces élections, les pourparlers aboutissent à une coalition en feu tricolore, entre les sociaux démocrates du SPD, les écologistes des Verts et les libéraux du FDP, avec Olaf Scholz en tant que chancelier..
Recul du SPD durant les élections intermédiaires Les élections européennes du et les diverses élections régionales en Saxe, Thuringe et Brandebourg de sont marquées par de faibles scores pour les 3 partis membres de la coalition gouvernementale, stigmates de l'impopularité croissante de cette dernière.. Ces élections sont aussi caractérisées par le retour en puissance du parti conservateur de la CDU/CSU, ainsi que par des scores sans précédent pour le parti d'extrême droite AfD..
Crise politique de 2024
Le , le président fédéral Frank-Walter Steinmeier fixe la date du scrutin au 28 septembre 2025 après recommandation du gouvernement..
Des désaccords éclatent dès la fin de l'été 2024 dans la coalition, notamment sur la question de la dette, laquelle le ministre libéral des Finances et président du FDP Christian Lindner refuse d'augmenter. Le , Olaf Scholz limoge Christian Lindner, qui demande en réaction aux ministres membres de son parti de démissionner du gouvernement.. Le gouvernement allemand se retrouve sans majorité parlementaire. Scholz annonce également son intention de poser la question de confiance au Bundestag le , son échec prévisible devant permettre la convocation d'élections fédérales anticipées en .. Cependant, Friedrich Merz, président du Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) réclame la tenue du vote de confiance dès novembre, pour pouvoir organiser le scrutin en ..
Le , le chancelier se déclare prêt à avancer la date du vote de confiance qu'il a annoncé vouloir solliciter et à l'organiser , à condition d'une entente en ce sens entre le SPD et la CDU/CSU.. Un accord survient deux jours plus tard entre les sociaux-démocrates et les chrétiens-démocrates, qui prévoit l'organisation du vote de confiance le afin de tenir les élections le ... Comme prévu, Olaf Scholz perd le vote de confiance le par 394 voix contre, 207 voix pour et 116 abstentions.. En conséquence, le président Steinmeier procède formellement le à la dissolution du Bundestag et à la convocation des élections fédérales au ..
Attentats Les deux mois qui précèdent la tenue du scrutin sont marqués par une succession d'attaques terroristes. Ainsi, un homme d'origine saoudienne d'extrême-droite fonce dans la foule du marché de Noël de Magdebourg le , faisant six morts et 299 blessés.. Ensuite, un homme d'origine afghane présent irrégulièrement en Allemagne attaque des passants avec un couteau à Aschaffenbourg, causant deux morts et trois blessés le .. Enfin, le , à dix jours du scrutin, un homme d'origine afghane fonce en voiture dans un cortège syndical à Munich, faisant deux morts et 37 blessés..
Ces attentats ont contribué à mettre le thème de l’immigration en tête des préoccupations de tous les partis politiques..
Organisation Système électoral
vignette|gauche|170px|Présentation schématique du système électoral allemand. Les députés ( (MdB)), sont élus pour une législature () de au scrutin majoritaire uninominal et proportionnel par compensation.
Conformément à la loi électorale fédérale, le Bundestag se compose de , dont au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans .
Le jour du scrutin, chaque électeur dispose de deux voix : la () lui permet de voter pour un candidat de sa circonscription () ; la () lui permet de voter pour une liste de candidats présentée dans le cadre de son État fédéré ().
À l'issue du dépouillement, l'intégralité des est répartie au scrutin proportionnel de Sainte-Lagüe sur la base des secondes voix entre les partis politiques totalisant plus de 5 % des suffrages exprimés au niveau national ou qui l'ont emporté dans au moins trois circonscriptions. Le seuil de 5 % ne s'applique cependant pas aux partis représentant l'une des minorités officiellement reconnues par le gouvernement allemand pour lesquels seul le quotient électoral s'applique..
Une fois la répartition proportionnelle effectuée, les sièges alloués à chaque parti sont pourvus en priorité par les députés fédéraux élus au scrutin majoritaire. Les sièges non pourvus avec les sont ensuite comblés par les candidats présents sur les listes régionales.
Avec un tel mode de scrutin, il était possible pour un parti de remporter plus de sièges au scrutin majoritaire que ce que la répartition proportionnelle lui accordait. Ces « mandats surnuméraires » () étaient conservés et des « mandats compensatoires » () étaient attribués aux autres forces politiques pour maintenir autant que possible la proportionnalité. La réforme électorale de , validée en par le Tribunal constitutionnel fédéral, augmente de 598 à 630 le nombre de députés et modifie les règles de répartition, puisque la représentation est désormais limitée à la proportion des secondes voix, ce qui pourra empêcher certains députés élus de circonscription de siéger et supprimera ainsi les mandats surnuméraires et les mandats compensatoires..
Convocations des élections La convocation des élections fédérales est une prérogative propre au président de la République fédérale, qui doit toutefois tenir compte des recommandations du gouvernement fédéral. Comme le prévoit l'article 39 de la Loi fondamentale, ladite convocation doit être rendue publique entre quarante-six et quarante-huit mois après l'ouverture de la législature sortante.
Législature La du Bundestag, issue des élections fédérales de , doit durer quatre ans, sauf si celle-ci devait être abrégée par une dissolution qui serait décidée, à certaines conditions, par le président de la République fédérale. C'est après l'ouverture de cette législature que devront débuter les traditionnelles tractations propres à la formation d'un gouvernement fédéral.
Principaux partis PartiIdéologieChef de fileRésultats en 2021Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD)Centre gaucheSocial-démocratie, troisième voie, progressismeOlaf Scholz(Chancelier fédéral)25,7 % des voixUnion chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU)Centre droit à droiteDémocratie chrétienne, libéral-conservatismeFriedrich Merz18,9 % des voixUnion chrétienne-sociale en Bavière (CSU)5,2 % des voixAlliance 90/Les Verts (Grünen)Centre gaucheÉcologie politique, progressismeRobert Habeck(Vice-chancelier fédéral)14,8 % des voixParti libéral-démocrate (FDP)Centre à centre droitLibéralisme, libéralisme économiqueChristian Lindner11,5 % des voixAlternative pour l'Allemagne (AfD)Extrême droiteEuroscepticisme, national-conservatisme, populismeAlice Weidel10,3 % des voixLa GaucheGaucheSocialisme démocratique, anticapitalisme, populismeHeidi Reichinnek et Jan van Aken4,9 % des voixAlliance Sahra Wagenknecht - Pour la raison et la justice (BSW)Gauche radicale ou attrape-toutNationalisme, populisme et conservatisme de gauche, socialisme démocratiqueSahra WagenknechtNouveau (scission de Die Linke)
Sondages 1100px
Campagne Relance économique et réformes fiscales
L'économie allemande, en récession pour la deuxième année consécutive, est le principal sujet de campagne jusqu'à l'attentat du marché de Noël de Magdebourg. La CDU/CSU, menée par Friedrich Merz, propose un « Agenda 2030 » visant à relancer la croissance à travers des réductions d'impôts pour les entreprises et les particuliers, ainsi qu'une simplification administrative. Le SPD, quant à lui, mise sur une « prime Made in Germany » pour attirer les investissements industriels et propose une augmentation du salaire minimum à 15 euros de l'heure...
Les Verts, avec Robert Habeck comme candidat à la chancellerie, prônent une transition écologique soutenue par des investissements massifs dans les énergies renouvelables et un « fonds citoyen » pour garantir les retraites. Le FDP, en revanche, risque malgré son insistance sur la réduction de la bureaucratie et la flexibilité économique de ne pas atteindre le seuil des 5 % nécessaires pour entrer au Bundestag..
Immigration et sécurité L'immigration et l'insécurité se retrouvent propulsées en tête des sujets de préoccupations des Allemands après l'attentat du marché de Noël de Magdebourg, perpétré le par un réfugié saoudien. Le Monde qualifie ainsi l'attentat de , tandis que La Tribune Dimanche et Le Figaro évoquent un . Cette dynamique est renforcée par l' et l'attentat à la voiture-bélier de Munich, perpétrés le et le par des migrants afghans, et profite essentiellement à l'AfD. Resté mesuré après l'attentat de Magdebourg, Friedrich Merz réclame, après celui d'Aschaffenbourg, un changement drastique de politique migratoire, promettant des contrôles permanents aux frontières et un remplacement de la législation européenne sur l’asile par le droit national. L'AfD va encore plus loin en proposant une « remigration » des populations d'origine étrangère. Le SPD, tout en prônant des expulsions rapides pour les délinquants, mise sur une politique d'intégration et de retour volontaire..
Les Verts, quant à eux, défendent une répartition équitable des réfugiés en Europe, tandis que le BSW critique l'immigration "incontrôlée" sans pour autant adopter un discours aussi radical que l'AfD.
Transition énergétique et environnement La transition énergétique est un autre thème majeur. Les Verts insistent sur la nécessité de sortir des énergies fossiles et de promouvoir les énergies renouvelables, tandis que la CDU/CSU envisage un retour partiel à l'énergie nucléaire et critique les régulations environnementales jugées trop contraignantes pour l'industrie..
Le SPD propose un « fonds pour l'Allemagne » de 100 milliards d'euros pour moderniser les infrastructures énergétiques et numériques, tandis que l'AfD et le BSW s'opposent aux subventions pour les énergies renouvelables et prônent un retour aux énergies fossiles.
Politique étrangère et défense La guerre en Ukraine et les relations avec les États-Unis sous Donald Trump influencent également la campagne. Le SPD et la CDU/CSU soutiennent les livraisons d'armes à l'Ukraine, bien que le SPD s'oppose à l'envoi de missiles de croisière Taurus. L'AfD et le BSW, en revanche, réclament la fin du soutien militaire à l'Ukraine et un retour aux importations de gaz russe.