L'institution Notre-Dame de Bétharram est un collège-lycée catholique français fondé en 1837 à Lestelle-Bétharram (Pyrénées-Atlantiques) par la congrégation des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram, créé par Michel Garicoïts. En 2009, l'institution religieuse change de nom et devient Le Beau Rameau.
Plusieurs affaires judiciaires sont liées à l'institution, impliquant des viols sur mineurs, des agressions sexuelles et des violences physiques et psychologiques. À partir de 2024, éclate l'affaire Bétharram, où plus de deux cents plaintes sont communiquées à la justice par d'anciens élèves, portant sur des faits ayant eu lieu entre la fin des années 1950 et les années 2010.
Localisation L'institution Notre-Dame de Bétharram est située à Lestelle-Bétharram dans le département des Pyrénées-Atlantiques. L'établissement est implanté au cœur du centre spirituel de la congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram, qui héberge des prêtres, des frères de passage ainsi que des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, ainsi qu'une maison de retraite depuis 1971, à proximité du sanctuaire de Notre-Dame de Bétharram, de style baroque, daté du ..
Histoire L'institution de Notre-Dame de Bétharram est précédée par l'existence d'un petit et d'un grand séminaire.
En 1806, le prêtre Pierre-Procope Lassalle rachète de vieux bâtiments détruits lors de la Révolution française.
1808 : petit séminaire de Bétharram En 1808, Procope Lassalle, directeur du pèlerinage de Notre-Dame de Bétharram, acquiert le monastère des anciens chapelains avec ses dépendances, et y ouvre le petit séminaire de Bétharram.... Celui-ci est fermé par décret impérial en date du , décret qui intègre les petits-séminaires à l’Université impériale.
1812 : grand séminaire de Bétharram En 1812, le petit séminaire est transformé en grand séminaire par Procope Lassalle.
Le , Michel Garicoïts est nommé à la chaire de philosophie du grand séminaire de Bétharram. Il devient économe de 1828 à 1831, puis supérieur du grand séminaire de Bétharram début , à la suite du décès du chanoine Procope Lassalle.
À partir du , le grand séminaire de Bétharram est condamné à disparaître, à la suite du mandement de l’évêque du diocèse d’agrandir le séminaire de Bayonne. En 1831, ce projet est achevé. À la rentrée d', il ne reste que à Bétharram ; l'ensemble des élèves de philosophie et de théologie de Bétharram sont appelés à Bayonne.
Le , il n’y reste plus d'étudiant ; alors, transforme la maison de Bétharram en une école ecclésiastique, recevant de .
1837 : école primaire Notre-Dame de Bétharram L'école primaire Notre-Dame de Bétharram est fondée en ... Pierre-Vincent Eliçabide, un ancien élève en philosophie du père Garicoïts à Bétharram, se voit confier l'institution de l’école primaire à la rentrée 1837. Après une première année sans ombre, il se révèle la deuxième d’une sévérité et d’une brutalité excessives avec les élèves, et devient de plus très exigeant en ce qui concerne sa rémunération.
En , Pierre-Vincent Eliçabide, l'ancien premier instituteur de l'école est incarcéré dans l'Affaire Pierre-Vincent Eliçabide, pour le triple homicide de l'un de ses élèves, de sa mère et de sa sœur.
1840 : école primaire supérieure Notre-Dame de Bétharram L’école primaire de Notre-Dame de Bétharram est transformée en école primaire supérieure., en , dans une maison offerte à Michel Garicoïts par Casimir Nabarrette.
Le , le Grand-maître de l'Université de France accorde au père Gaye la direction du pensionnat de Lestelle. L’École Notre-Dame est désormais une institution secondaire suivie en 1847, par l'enseignement secondaire, et de premiers bacheliers en 1855.
Entre 1857 et 1858, est construite l’école Notre-Dame de Bétharram.
En , les élèves du collège de Bétharram offrent à l'évêque de Bayonne, François Antoine Jauffret (1833-1902), un recueil retraçant la vie de Michel Garicoïts en souvenir du triduum du au . Cette étude sera publiée en 1900..
L'école est fermée à la suite de l'expulsion des congrégations en et avant de rouvrir en ..
Avant la Seconde Guerre mondiale, le collège de Notre-Dame de Bétharram est le refuge, loin du tumulte, fréquenté par les fils de bonne famille, confié pour y mettre les études à l'abri des mauvaises idées et fréquentations. Les collègiens sont alors des locaux issus majoritairement du monde rural. Cette époque contribue à fournir . À la fin de la guerre, un collaborateur y trouve temporairement refuge avant de traverser l'Atlantique pour s'installer au CanadaFrançois Rouquet, Fabrice Virgili, Les Françaises, les Français et l'Épuration (1940 à nos jours), Paris : Gallimard, 2018. Collection « Folio histoire », 274, , 396..
Participant au concours d'éloquence de 1952 de la Ligue des droits du religieux ancien combattant, regroupant cent trente-sept collèges catholiques, Hervé Panté-Depiand, élève du collège Notre-Dame-de-Betharram en est, à l'unanimité des suffrages, le lauréat..
En 1971, l'apostolicat , l'ancien pensionnat des élèves voués à devenir ecclésiastiques, est reconverti en maison de retraite..
Années 1980-2000 Dans les années 1980, l'institution accueille dont 500 vivent à l'internat de la sixième à la terminale.. Sa réputation prestigieuse.. est telle qu'elle recrute des élèves dans les régions de Bordeaux et Toulouse...
Les conditions de vie au sein de l'internat sont décrites comme particulièrement difficiles et violentes., avec des dortoirs sans chauffage, des restrictions alimentaires, des sanitaires sans papier toilette, et la fréquentation d'une douche hebdomadaire à l’eau froide.. La direction de l'établissement est connue pour ses méthodes musclées et pour recadrer le manque de discipline.. L'institution est caractérisée par l' qui y règne. Plusieurs élèves relatent s'être retenus d'aller aux toilettes à cause du manque d'hygiène dû à l'absence de chasse d’eau dans les toilettes à la turque..
En 1993, l'établissement est condamné au civil à indemniser l'élève pour une perforation du tymphan.
Début 1996, l'affaire de Behr, mettant en cause le surveillant général, est révélée dans la presse. L'établissement est décrit dans la presse comme .. Les dortoirs de l'internat comptent entre 50 et 60 lits.. La rentrée scolaire de voit la fréquentation de l'établissement baisser à , issus de toute l'Aquitaine., soit de moins qu'à la rentrée 1995. À cette date, plus aucun prêtre n'enseigne. L'établissement est condamné au civil à indemniser l'élève.
En 1998, le directeur Pierre Silviet-Carricart est incarcéré pour viols et agressions sexuelles sur mineurs.
L’institut religieux est réservé uniquement aux garçons jusque dans les années 1990 pour le collège, et 2000 pour le lycée..
En 2006, l'établissement est condamné au civil dans le cadre de l'affaire Carricart.
2009 : Le Beau Rameau En 2009, l'institution religieuse Notre-Dame de Bétharram fusionne avec l'institution Sainte-Élisabeth d'Igon et change de nom, pour devenir l'organisme de gestion des établissements catholiques Le Beau Rameau., en référence à la Vierge de Bétharram, « protectrice des enfants ». Cette nouvelle dénomination trouve son origine dans une légende locale. En effet, la légende relate que la Vierge Notre-Dame de Lestelle sauva une jeune fille tombée dans le gave de Pau en lui tendant une « longue branche » ; elle est sauvée avec ce « Beau Rameau » qui se traduit par « bèth arram » en gascon. Depuis, on invoque Notre-Dame de Bétharram..
En 2009, l’institution, tenue par la congrégation des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram et par les filles de la Croix est un établissement scolaire privé sous-contrat de l'académie de Bordeaux.
En 2010, et depuis huit années, le collège est une structure pilote pour des nouveaux rythmes scolaires, pour lesquels français sont retenus par le ministère de l’Éducation nationale. Après les cours du matin, les de Bétharram participent l'après-midi, pendant deux heures, à des activités ludiques, artistiques, spirituelles, culturelles ou sportives. À cette fin, un parc de six hectares avec des terrains de sports est à disposition. De plus, le gave de Pau permet de pratiquer le kayak ou le rafting. sont aussi au programme. Pour l'équipe éducative du collège, . Les familles règlent par mois pour ces activités...
À la rentrée 2011, l'institution compte , et , encadrés par et .
En , l'établissement est victime de la crue du Gave, impactant jusqu'à un mètre d'eau et de boue les étages inférieurs...
Un reportage du quotidien La Croix mentionne, en 2013, la présence de au sein de l'école primaire, du collège et du lycée général et professionnel. Un tiers des enfants fréquentent alors l'internat de l'école.. L'enseignement religieux est optionnel. Des échanges sur divers sujets sociétaux sont suivis par 40 % des élèves ; ils sont organisés par l'aumônier qui précise : . Par ailleurs, 20 % des enfants participent aux sacrements. Des partenariats sont organisés pour des actions de « terrain », par exemple avec l'association bénévole l'Hospitalité basco-béarnaise, pour assister des malades lors du pèlerinage à Notre-Dame de Lourdes.
En 2023, l'institution accueille de la maternelle à la terminale, dont 80 en internat..
En 2024, deux situations d’agression sexuelle, dont l’une à l’intérieur de l’établissement ont été traitées sur le plan judiciaire. Cependant, selon le rapport de l’inspection menée par le rectorat de Bordeaux, aucun signalement auprès du procureur (article 40) ni auprès des services départementaux de l’Éducation nationale n'a été effectué..
En 2025, l’internat de garçons compte vingt-sept élèves..
Le , le président de la Fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique annonce la fermeture de l'établissement en .. Le secrétariat général de l'enseignement catholique dément cette information., avant de les confirmer..
Présentation Organisation et taux de réussite Le collège Le Beau Rameau est lié au lycée privé Le Beau Rameau et au lycée professionnel privé le Beau Rameau situés à Igon., distant de de Lestelle-Bétharram. Un internat de garçons et de filles est possible pour les élèves. Celui des filles se situe à Igon. Les langues enseignées sont l'anglais, l'espagnol, le latin ainsi que l'occitan (option)..
En 1996, le taux de réussite au bac est entre 65 et 75 %.
En 2013, le taux de réussite du brevet est de 90 % et de 88 % pour le bac.
L'Étudiant donne pour le diplôme national du brevet de l'année 2022 un taux de réussite au niveau national de 87,5 % et de 94 % pour l'institution Le Beau Rameau. Sur trois ans, le taux de réussite du Beau Rameau est de 90 %..
En 2024, Le Monde indique que l'établissement .
Frais de scolarité Les frais de scolarité s'élèvent à dans les années 1980-1990.. En 1996, le coût de la pension y est alors d'environ par trimestre.
En 2025, les frais de scolarité varient selon le niveau d'enseignement. Pour l'internat, les coûts combinés (scolarité + internat) vont de 2 200 € à 2 960 € par mois..
Résultats économiques Exercice 2007-2008 : , Exercice 2008-2009 : .
Quelques élèves (sélection)
Jean-Marie Soutou (1912-2003) : ce fils de cordonnier étudie au sein du collège de Bétharram. À , il arrête ses études pour travailler. ; Celou Arasco (1921-1951), écrivain, indique dans un ouvrage : . ; Le prêtre Junes Casenave-Harigile (1924-2018) fait ses études au collège puis au séminaire de Bétharram. Après son ordination en Palestine en 1948, il revient en France où il enseigne au sein du collège de Bétharram puis dans d'autres établissements religieux. ; Michel Camdessus, né en 1933, ancien directeur général du Fonds monétaire international ; Michel Péricard, homme de télévision, président du groupe RPR et député ; Jean-Charles de Castelbajac, né en 1949, élève et pensionnaire pendant , indique que c'est là que : . ;