Henri-Auguste de Loménie, comte de Brienne du chef de sa femme, seigneur de La Ville-aux-Clercs, baptisé le à Saint-Germain-l'Auxerrois à Paris. et mort le , est un homme politique français du . Il est secrétaire d'État aux Affaires étrangères de Mazarin pendant la minorité de Louis XIV.
Origines familiales Henri-Auguste de Loménie est issu de la famille de Loménie, originaire de Flavignac en Limousin.
Il est le petit-fils de Martial de Loménie (mort le .), notaire du parlement de Rouen reçu le ., conseiller secretaire du roi reçu , greffier du grand conseil en ., secretaire des finances reçu le Bibliothèque nationale de France, manuscrit Cinq Cents Colbert 136, fol. 455 retranscrit sur le site internet ranumspanat.com), seigneur de Versailles du Revue de l'histoire de Versailles et de Seine-et-Oise, 1900, p.18 et Revue de l'histoire de Versailles et de Seine-et-Oise, 1901, p.126 à 1572., tué, selon une tradition, à la Saint-Barthélemy comme protestant, ou, selon une autre, étranglé dans les prisons du Châtelet, à l'instigation du maréchal de Retz qui voulait avoir ses terres et de Jacquette Pinault.
Il est le fils d'Antoine de Loménie (né en 1560. et mort à Paris le .), seigneur de La Ville-aux-Clercs, secrétaire ordinaire du roi de Navarre pourvu le , puis de conseiller secrétaire des finances pourvu le ., prisonnier des ligueurs en 1591Notices et extraits des manuscrits de la bibliothèque du roi lus au comité établi par sa majesté dans l'Académie royale des inscriptions et belles lettres, 1789, t.2, p.113 et enfermé au château de Pontoise., conseiller secrétaire du roi maison, maison, couronne de France reçu le . résigne en ., ambassadeur extraordinaire auprès d'Élisabeth d'Angleterre le ., secrétaire d'État de Navarre en 1598, huguenot converti au catholicisme en 1606, secrétaire d'État de la maison du roi en survivance de Beaulieu-Ruzé du Antoine Fauvelet Du Toc, Histoire des secrétaires d'État, contenant l'origine, le progrès et l'établissement de leurs charges avec les éloges de ceux qui les ont possédées jusqu'à présent, 1668, p.64 au , abbé de Notre-Dame de Josaphat de 1610 à 1612., secrétaire d'État de la maison du roi en titre du au et d'Anne Aubourg Porcheux (morte le .).
Il est le frère de Marie Antoinette de Loménie (morte le ) mariée en 1612, en premières noces, avec André de Vivonne (mort le ), grand fauconnier de France en 1612, baron de la Chastaigneraye, seigneur de la Béraudière et en secondes noces en 1622 avec Jacques Chabot, marquis de Mirebeau, fils de François Chabot, lui-même fils cadet de l'amiral Philippe. (mort à Dijon le ), conseiller du Roi en ses conseils, gentilhomme ordinaire de fa Chambre, Mestre-de-Camp du régiment de Champagne, lieutenant général au gouvernement de Bourgogne, chevalier du Saint-Esprit le . Catherine-Henriette de Loménie (morte le ) mariée le à Henri d'Orléans (mort le .), marquis de Rothelin, baron de Varenguebec, Neaufle et Hugueville, gouverneur de Reims et de Verneuil. le , conseiller d'épée nommé par brevet de 1615, gentilhomme ordinaire de la chambre de Louis XIII par brevet de 1620, maréchal de camp et des armées du roi le ., chevalier du Saint-Esprit nommé par brevet du .
Biographie Le futur comte de Brienne est naturellement destiné aux charges publiques, et son père lui donne une excellente éducation. De 1601 à 1604, il est élève au collège de Boncour. De 1604 à 1609, il effectue un voyage en Europe qui le fait séjourner en Allemagne, en Pologne, à Vienne et enfin en Italie, par ordre de son père, pour le préparer à la carrière qu'on ambitionne pour lui. Il est de retour à Paris vers la fin de . En 1612, il se rend en Angleterre. Le , il est reçu conseiller, secrétaire du roi, maison et couronne de France sur résignation de son père.. Le , il est pourvu de la charge de secrétaire des commandements de Navarre, par brevet et lettre patente datés de Fontainebleau. Il en prête le serment entre les mains de Nicolas Brulart de Sillery, chancelier de France et de Navarre le Bibliothèque nationale de France (Mss.), Français 18236, fol. 475 transcrit sur le site ranumspanat.com. Le Roi lui donne une commission pour signer en finance avec gages de par an par lettres du dont il prête le serment le . Marie de Médicis, régente de France, le charge, en 1614, de négocier avec quelques députés des États généraux « dont les esprits étaient indisposés » et son habile intervention obtient d'eux la nomination d'un président agréable à la cour.
Du au , il est secrétaire d'État de la maison du roi en survivance de son père. Ses lettres de provision indiquent que le roi l'a nommé « ayant égards aux fidèles, signalés et recommandables services que son aimé et féal conseiller en ses conseils d'État et privé et secrétaire d'État de ses commandements et finances, messire Antoine de Loménie, chevalier, baron de La Ville-aux-Clercs a faits à la couronne depuis 25 ans en plusieurs charges et affaires d'importance, où il a été envoyé pendant le règne du feu roi, lequel avait servi aussi plus de 25 ans auparavant, et depuis son avènement à la couronne sans aucune discontinuation, sans y avoir épargné ni sa vie ni ses moyens ».. Il est reçu dans cette charge le .. Sa principale occupation est alors de son propre témoignage « d'accompagner le roi et d'acquérir l'honneur de ses bonnes grâces, à quoi [il] réussi[t] ».. En 1617, il obtient la survivance de maître des cérémonies et le il est nommé prévôt des ordres du Roi sur la démission de François Pot, seigneur du Magnet et de Rhodes, charge dont il démissionne à son tour le en faveur de son cousin, Charles de Loménie.. À cette occasion, il reçoit une lettre flatteuse de Louis XIII lui promettant de le nommer chevalier du Saint-Esprit à la prochaine promotion. En 1622, il devient commandant des Tuileries où il succède à Charles d'Albert, duc de Luynes, décédé le .
Le règlement du modifie les attributions des secrétariats d'État, les affaires étrangères étant désormais réparties entre trois départements.. Celui de son père est chargé de l'Angleterre, de l'Écosse, l'Irlande, Levant et Danemark. Le roi nomme en outre commissaire Henri-Auguste de Loménie avec le cardinal de Richelieu, le garde des sceaux d'Aligre et La Vieuville pour traiter sur les AnglaisHenri-Auguste de Loménie, Mémoires contenant les événements les plus remarquables du règne de Louis XIII et de celui de Louis XIV jusqu’à la mort du cardinal Mazarin, 1838, p. 30. Il est ambassadeur en Angleterre du Lettres, instructions diplomatiques et papiers d'état du cardinal de Richelieu, 1856, t.2, p.39 à 1625, où il est chargé de négocier les clauses du mariage de la jeune sœur de Louis XIII, Henriette-Marie de France avec le prince de Galles. Le , il est reçu docteur et maître ès arts en l'université de CambridgeBibliothèque nationale de France (Mss.), Français 18236, fol. 475 transcrit sur le site ranumspanat.com c'est par erreur que Hélion de Luçay cite la date de 1634 dans son ouvrage , Les Origines du pouvoir ministériel en France : les secrétaires d'État depuis leur institution jusqu'à la mort de Louis XV, 1881, p.591. Le cardinal de Richelieu lui exprime sa satisfaction le « le roi a un extrême contentement de la façon avec laquelle vous avez été reçu, et du bon succès des affaires que vous avez traitées. Je n'attendais pas moins de votre dextérité et de votre bonne conduite »Lettres instructions diplomatiques et papiers d'État du cardinal de Richelieu, 1856, t.2, p.61. Le règlement du regroupe de nouveau les Affaires étrangères en seul un secrétariat confié à Raymond Phélypeaux d'Herbaulthttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k71290/f595.image Bibliothèque nationake de France, Manuscrit, Fonds français, 18243, fol 110 et 111 cité par Hélion de Luçay, Les Origines du pouvoir ministériel en France : les secrétaires d'État depuis leur institution jusqu'à la mort de Louis XV, 1881, p.588. Henri-Auguste de Loménie ne s'en voit pas moins confier des missions politiques délicates. Après la journée des dupes, il est envoyé le auprès de Michel de Marillac rechercher les sceauxNicolas Lefèvre Lezeau La Vie de Michel de Marillac (1560-1632): Garde Des Sceaux de France sous Louis XIII, 2007, p.330 pour les donner à Charles de L'Aubespine[Mémoires de Mathieu Molé: 1629-1641, 1855, p.30]. C'est également lui qui est chargé le , de demander à la reine mère qui se trouve isolée au château de Compiègne de se retirer à MoulinsRevue historique, 1910, p.47. Le Bibliothèque nationale de France, Carrés d'Hozier 390, p.49 cité par la Revue historique, 1910, p.49, n.1, il est fait conseiller d'honneur au parlement de ParisMichel Popoff, Prosopographie des gens du parlement de Paris (1266-1753), 2003, t.2, p.716 avec pouvoir d'y seoir, assister et avoir voix délibérative. L'arrêt porte les motifs les plus élogieux. Le parlement décide le que « le roi venant en son lit de justice, ledit sieur de le Ville-aux-Clercs n'aura séance en ladite Cour que comme secrétaire des commandements »Omer Talon Mémoires de feu M. Omer Talon, avocat général en la cour de parlement de Paris, 1732, t.1, partie faisant le vol. 2, p.25. Il n'en est pas moins reçu le . .
Du au Mémoires publiés par la Société centrale d'agriculture de France, 1876, t.3, p.374, il est secrétaire d'État en exercice de la maison du roi. En cette qualité il contresigne les actes royaux relatifs aux affaires domestiques et les brevets portant nomination des nouveaux officiers. Son département ministériel est chargé de l'administration de Paris, de l’Île-de-France, de l’Orléanais, de la Beauce, du Soissonnais, du Berry, de la Navarre et du BéarnCécile Figliuzzi, Antoine et Henri-Auguste de Loménie, secrétaires d’État de la Maison du roi sous Henri IV et Louis XIII Carrière politique et ascension sociale thèse de l'École des chartes, 2012. En 1640, il est chargé d'annoncer à Marie de Hautefort sa disgrâce. Dans ses fonctions il refuse d'être la créature de Richelieu et d'appartenir à aucun parti.
En 1640 il vend la seigneurie de La Ville-aux-Clercs et son château de Fort-Girard à Françoise de Lorraine, duchesse de Vendôme, durant l'exil de son mari César de Vendôme en Angleterre.. À la fin du règne de Louis XIII, la cour l'accuse d'avoir conseillé à César de Vendôme, impliqué dans la conspiration de Chalais, visant Richelieu, de demander au roi la grâce de revenir en France. Brienne a l'impression de perdre le soutien du souverain. « Comme je remarquai alors que le roi ne me regardais plus d'un si bon œil, je pris la résolution de me défaire de ma charge après en avoir eu le consentement de la reine. La raison que je lui en donnai était que je serais hors d'état de la pouvoir servir tant que le roi vivrait mais que si Dieu venait à disposer de ce prince, je serais toujours prêt de faire ce qu'elle commanderait »Henri-Auguste de Loménie Brienne, Mémoires contenant les événements les plus remarquables du règne de Louis XIII et de celui de Louis XIV jusqu’à la mort du cardinal Mazarin, composés pour l’instruction de ses enfants, pub. par Michaud et Poujoulat, série, tome 3, 1838, p.76. Il résigne sa charge de secrétaire d'État le en faveur de Henri du Plessis-Guénégaud.