La cathédrale de la Transfiguration-du-Sauveur (, ), ou simplement de la Transfiguration, est l'église orthodoxe principale de Dnipro, en Ukraine. Elle appartient à l'éparchie de Dnipropetrovsk et Pavlohrad de l'Église orthodoxe ukrainienne (patriarcat de Moscou). Elle est dédiée à la Transfiguration de Jésus.

Conception L'idée que le monument emblématique de la ville, la cathédrale, a été construite selon les plans de la basilique Saint-Pierre du Vatican est profondément ancrée dans la tradition de la ville. Elle est par ailleurs considéré comme un symbole des changements culturels et socio-économiques ayant eu lieu dans cette région alors nouvellement rattachée à l'Empire russe.

Les plans de la cathédrale, conservés aux Archives militaires et historiques nationales russes de Moscou, auraient été tracés par l'architecte Claude Gerua. L'édifice se présente sous la forme d'une basilique imposante à cinq nefs. Elle est comprend des portiques, notamment un présentant huit colonnes suivant l'ordre corinthien sur la façade principale, et des portiques à six colonnes sur les côtés. Par ailleurs, un énorme dôme la surplombe.

La cathédrale, en forme de T, est conçue selon le style néo-classique. L'avant de la cathédrale est élargie pour former deux bordures, celle de gauche honorant Catherine d'Alexandrie, et l'autre Nicolas de Myre. Le dôme, s'élevant au-dessus de la section précédant l'autel, a un diamètre de plus de huit mètres, et est supporté par les quatre colonnes rectangulaires de la voûte. Les murs sont parés de seize vitraux mettant en scène huit prophètes bibliques. On peut trouver, directement sous les vitraux, des images des évangélistes, Matthieu, Marc, Luc, et Jean, peintes sur les voûtes.

Histoire À la fin du , l'idée de construire un grand édifice chrétien servant de centre à Ekaterinoslav s'impose comme une priorité. La première pierre est posée le par l'impératrice Catherine II, accompagné de l'empereur germanique Joseph II, durant son voyage en Crimée. L'évènement est décrit dans les mémoires de Louis-Philippe de Ségur. Le prince Grigori Potemkine voit l'édifice comme un des centres religieux de la Nouvelle-Russie. Les fondations, qui ne sont achevées qu'en 1789, sont faites de pierres, grandes et petites, disposées et liés par du calcaire dans de profondes tranchées creusées dans le sol. Leur réalisation coûta au trésor national de l'Empire russe.

La construction est sérieusement retardée par la guerre russo-turque de 1787 à 1792. En particulier, le financement est complètement suspendu. Le , la mort inattendue de Potemkine déclenche des difficultés dans la poursuite des travaux.

Après la mort de Potemkine, on découvre que la construction suivait deux projets simultanément. De plus, les chefs du chantier avaient déjà exprimé leur insatisfaction quant à leur incapacité à identifier les tâches précises qui avaient été accomplies.

Le , le tsar Alexandre ordonne la modification des plans par Armand-Emmanuel du Plessis de Richelieu, même si la construction ne démarrera pas avant 1830. L'empereur signe un oukase le pour accorder une subvention de et commencer les travaux sous trois ans. Sous la direction de l'archevêque Gabriel, la cathédrale est construite à une échelle plus petite que celle originellement prévue, et est consacrée en 1835. La conception en est attribuée à Andreyan Zakharov, généralement sur la base de sa ressemblance avec la cathédrale Saint-André de Kronstadt. Le bâtiment est endommagé par un séisme en 1888 puis par les bombardements durant la Seconde Guerre mondiale.

Étant construite sur une des collines près du Dniepr, la cathédrale devient un symbole de la transformation des steppes en ville. La cathédrale est fermée en 1930, et il est prévu de la détruire afin de la remplacer par un monument honorant le prolétariat international, dans le contexte de la révolution d'Octobre. Pendant la Grande Guerre patriotique, la cathédrale devient cependant un musée. Les services religieux y sont temporairement autorisés en 1941 sous l'autorité du Reichskommissariat Ukraine. Les appartements des membres du clergé assignés à la cathédrale (y compris l'évêque) sont actuellement situés sur le même terrain que la cathédrale, et un charnier, contenant les corps de ceux tués en 1941 dans les rues alentour, est situé près de la porte centrale. Finalement, la quasi-totalité des éléments d'intérieur de l'église (notamment l'iconostase et la partie supérieure du clocher) sont détruits par un incendie. L'église est quant à elle convertie en entrepôt de papier pour la maison d'édition Zoria.

En 1975, l'église est transformée en musée de la religion et de l'athéisme. Son iconostase est cependant conservée sous le prétexte de son importance historique, tandis que la cloche est cachée derrière la porte. Le musée ferme ses portes en 1992.

La cathédrale est grandement rénovée à partir du milieu des années 1990, et ce jusqu'au début des années 2000. La façade du bâtiment est notamment ravalée entièrement. Le but de la restauration intérieure est de se ramener au plus proche possible de l'état initiale. D'un autre côté, un certain nombre de retraits furent effectués, notamment certaines fresques du milieu du . Le décor intérieur est complètement refait. L'iconostase fut réparée en s'inspirant des rares photos du . Une nouvelle cloche est placée et consacrée en 2008.

L'édifice est inscrit au Registre national des monuments immeubles d'Ukraine sous le numéro 12-101-0020.

Galerie d'images

Notes et références

Liens externes

Modèle 3D de la Cathédrale de la Transfiguration à Dnipro, dans l'ongket « Bâtiments 3D » de Google Earth

Catégorie:Cathédrale orthodoxe en Ukraine Catégorie:Cathédrale néo-classique Catégorie:Église construite au XIXe siècle CathédraleDniprTransfiguration Dnipro