Le Gaulois est un journal quotidien littéraire et politique français fondé le par Henry de Pène et Edmond Tarbé des Sablons. Devenu la propriété du patron de presse Arthur Meyer, il est publié jusqu’en 1929 avant d’être fusionné avec Le Figaro, appartenant au milliardaire François Coty.

Histoire du support Le Gaulois, qui se voulait indépendant, va s’avérer être l’un des plus grands succès de ventes de son époque. Très critique vis-à-vis de ses concurrents qui se contentaient uniquement de sources officielles, Le Gaulois était sans aucun doute l’un des journaux les mieux informés de l’époque. Mondain et railleur, le mélange de rouerie et de prudence qu’on y trouvait lui était tout particulier.

Monarchiste à ses débuts, bonapartiste et républicain par la suite, il fut frappé par la sévérité de la Commune (il est supprimé) mais reparaît rapidement à Versailles. Le Gaulois fut le premier journal à oser défendre ouvertement la cause de l’ancien Empereur, dès . Cette feuille s’inspirait beaucoup du Figaro, notamment dans sa formule. Il débauchait d’ailleurs parfois ses collaborateurs, sans pour autant atteindre la même audience. Toujours est-il que son tirage élevé le plaçait parmi les premiers rangs de la presse française.

Racheté en par Arthur Meyer, le Gaulois prend alors un nouveau tournant conservateur et légitimiste. Anti-dreyfusard, il va devenir le journal de la bonne société et du grand monde, supplantant même par moments Le Figaro. Derrière ses aspects mondains et le ton assez terne de son contenu, il possédait une certaine puissance politique, étant lu par la noblesse et la haute bourgeoisie.

Il finit par être quelque peu dépassé par l’évolution de la presse après 1914 et voit son nombre de tirages revu à la baisse. Il est fusionné avec Le Figaro en .

Un journal bonapartiste et anti-républicain… De sa création en par Henry de Pène et Edmond Tarbé à son rachat par Arthur Meyer onze ans plus tard, Le Gaulois est souvent qualifié de « journal des informations du matin et moniteur de l’ancien esprit français ». De sensibilité monarchiste à l’origine, des personnalités comme Émile Zola y participent (il publia 59 articles avant 1870). Après la chute du Second Empire, le journal reste anti-républicain, mais devient plutôt bonapartiste. Il prend d’ailleurs la défense de Napoléon III et fait partie des 28 journaux protestataires, réprimés par la Commune en 1871. Son prix de vente est de 15 centimes et son siège parisien est au 12 de la rue de la Grange-Batelière.

Le , Edmond Tarbé, désormais le seul des deux créateurs encore à la tête du journal, puisque De Pène est passé à Paris-Journal en 1871, affirme : . Émile Blavet est, un temps, rédacteur en chef.

… puis légitimiste et conservateur En , Tarbé vend Le Gaulois à une société que dirigeait Arthur Meyer qui le rallie à la cause légitimiste, les bonapartistes ayant pris un coup très grave avec la mort du prince impérial. Les bailleurs de fonds du quotidien, principalement la Banque parisienne, chassèrent très rapidement Meyer (en ) et en firent un organe républicain modéré, avec pour directeur Élie de Cyon et Jules Simon pour rédacteur en chef. Mais finalement, Meyer reprend la direction en , confie la rédaction à Henry de Pène et installe le siège du journal au 2 de la rue Drouot, à Paris.

Le Gaulois devient alors résolument conservateur. Toujours vendu 15 centimes — soit trois fois le prix d'un quotidien du soir comme Le Petit Parisien —, le « plus grand journal du matin », tel qu'il se qualifiait pompeusement, recrutait sa clientèle dans les milieux aisés et cultivés de Paris (où il se vendait au numéro) et de province (par abonnement). Globalement, son existence et ses tirages restaient très stables.

Pendant l’affaire Dreyfus, Le Gaulois, particulièrement anti-dreyfusard, récupère une partie du lectorat du Figaro. Meyer sut également regrouper la clientèle d’autres journaux royalistes qu’il racheta comme Paris-journal (), La Civilisation ou encore Le Clairon (). Le Gaulois illustré, supplément dominical, est publié de à 1894.

Le journal de la noblesse et de la haute bourgeoisie Grâce à la perspicacité de son directeur, à son sens aigu des goûts et des préjugés de sa clientèle, Le Gaulois devient vraiment le journal de la bonne société. On y trouvait une rédaction de haute qualité, composée de jeunes talents et d’académiciens. On remarquait une certaine pudeur dans les propos, car il était lu également par des femmes.

Les rubriques les plus importantes étaient assurément « la chronique mondaine », « l’écho de la vie des châteaux et des salons » et « le carnet du jour ».

Léon Daudet, qui a collaboré au Gaulois, a tracé, dans Fantômes et Vivants, ce portrait du responsable de la rubrique « mondanités » :

Le Gaulois joua un rôle politiquement, notamment dans le ralliement des monarchistes à la cause boulangiste. Son aspect vieillot était aussi un gage de sa qualité.

En supplément, Le Gaulois du dimanche est publié à partir de .

La fin du Gaulois Au début du , le quotidien commença à décliner progressivement. Son nombre de tirages et de ventes baissa, surtout à cause de L'Action française, le nouveau journal en vogue du moment. Comme les autres journaux monarchistes, il dut aligner ses positions sur ce nouvel organe de presse. En 1904, il est déjà question d’une fusion entre Le Gaulois et Le Figaro.

La Première Guerre mondiale n’eut pas de conséquences sur son activité. Lors de la conférence de paix de Paris, comme d'autres journaux de droite, il soutient le président du Conseil Clemenceau, espérant mettre à bas l'Allemagne pour de bon.

L’un de ses derniers coups d’éclat fut la création d’une chronique hebdomadaire sur le cinéma, ce qui ne s’était jamais fait.

Dans les années 1920, il continue sa carrière de journal de grande qualité à faible tirage. Il coûtait beaucoup plus cher que ses confrères, atteignant jusqu’à 70 centimes en 1928 (les autres coûtaient deux à trois fois moins cher). À la mort de Meyer en 1924, René Lara devient directeur et Lucien Corpechot le rédacteur en chef. Le journal reste égal à lui-même.

Finalement, le milliardaire François Coty, entré depuis peu dans le monde de la presse, le rachète et le fusionne avec Le Figaro. En 1926, comme exemple de transfuge, Maurice Feuillet y exporte le supplément hebdomadaire consacré aux arts qu'il avait créé en 1923, renommé Le Gaulois artistique.

Le marque la fin du quotidien, après plus de soixante ans d’existence.

Tirages 1869 : exemplaires quotidiens 1880 : exemplaires quotidiens 1885-1910 : entre et exemplaires quotidiens 1910 : exemplaires quotidiens 1912 : exemplaires quotidiens 1917 : exemplaires quotidiens

Contributeurs notoires Le Gaulois a compté parmi ses collaborateurs des plumes de talent telles que :

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Claude Bellanger, Jacques Godechot, Pierre Guiral et Fernand Terrou (dir.), Histoire générale de la presse française, t. 2 et 3, Paris, Presses universitaires de France, 1969 et 1972.

Articles connexes République du Croissant

Liens externes

Numéros du Gaulois de 1868 à 1929 dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF

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