Albert Decourtray, né le à Wattignies dans le Nord et mort le à Bron, est un cardinal de l'Église catholique, archevêque de Lyon et académicien français.
Biographie Jeunesse et formation Né dans une famille de commerçants de levure de bière, il entre en 1941 au grand séminaire de Lille. Il est ordonné prêtre le pour le diocèse de Lille et célèbre sa première messe en à Seclin (Nord), où il était venu habiter avec sa famille en 1938.
Prêtre Il poursuit ses études à l'Université catholique de Lille avant de partir, en 1948, pour l'université pontificale grégorienne à Rome où il exerce également la fonction de chapelain de l'église Saint-Louis-des-Français. Il y obtient un doctorat en théologie et soutient en 1951 une thèse sur Nicolas Malebranche.
De retour dans le Nord, il exerce principalement son ministère comme enseignant au grand séminaire de Lille de 1952 à 1966. À partir de 1958, il est également responsable diocésain pour la formation des jeunes prêtres. En 1966, il est nommé vicaire général du diocèse de Lille.
Évêque Paul VI le nomme évêque auxiliaire de Dijon le avec le titre d'évêque titulaire de . Il est consacré le suivant.
Il est nommé évêque de Dijon le en remplacement d'André Charles de la Brousse, démissionnaire.
Le , Jean-Paul II le nomme archevêque de Lyon, ce qui lui confère le titre de primat des Gaules. Du au , il est également prélat de la Mission de France.
Il préside la Conférence des évêques de France de 1987 à 1990.
Cardinal Il est créé cardinal par Jean-Paul II lors du consistoire du avec le titre de cardinal-prêtre de la Trinité-des-Monts (SS. Trinità al Monte Pincio), titre souvent attribué au cardinal archevêque de Lyon. Au sein de la curie romaine, il est membre des conseils pontificaux pour le dialogue inter-religieux et avec les non-croyants.
Sa devise est « In simplicitate » (Dans la simplicité).
Il est victime d'un accident vasculaire cérébral le et meurt quatre jours plus tard, le , à Bron. Il repose dans la primatiale Saint-Jean de Lyon.
Académicien français Le cardinal Decourtray est élu à l'Académie française, le , au fauteuil 4, succédant au professeur Hamburger. Sa réception officielle a lieu le .
Après sa disparition, il est remplacé, le , par le cardinal Lustiger qui, comme le veut la coutume, fait au cours de son discours de réception l'éloge de son prédécesseurDiscours de réception l'Académie française du cardinal Lustiger..
Dialogue avec la communauté juive
Le ministère du cardinal Decourtray est marqué par son dialogue constant avec la communauté juive.
Il décide de l'ouverture aux historiens des archives du diocèse de Lyon concernant la période de la Seconde Guerre mondiale afin que la lumière soit faite sur les relations entre Paul Touvier et l'Église de Lyon au cours de cette périodeHommage au cardinal Decourtray sur le site du diocèse de Lyon..
Il se rend aux camps d'Auschwitz en compagnie du cardinal Lustiger puis assure, pour le pape, une mission de médiation concernant le litige du carmel d'Auschwitz, mission qui aboutira au départ des sœurs du carmel.
Il a été un précurseur de la démarche de repentance à l'égard du peuple juif concrétisée en 2000 par Jean-Paul II.
Mémorial Né d'une initiative de Théo Klein, ancien président du Crif, un mémorial au nom du Cardinal Decourtray, sous forme d'un petit jardin et situé sur un terrain de la ville de Jérusalem en Israël, est inauguré en présence de représentants des cultes et de laïcs, en .
Prévention du sida En 1988, alors président de la conférence des évêques de France, le cardinal Decourtray s'oppose à la première campagne publicitaire télévisuelle françaiseUne chronologie des campagnes publicitaires est disponible dans Jaeho Eun « SIDA et action publique: une analyse du changement de politiques en France », L'Harmattan, 1999, . préconisant l'emploi du préservatif pour lutter contre le sida : 4 novembre 1988, propos rapportés par Denis Philippe Sida et préservatif, Le Soir, 24 décembre 1988, .Le cardinal s'exprimait sur Radio France Lyon : Jean-Luc Allouche, « L'Église s'abrite sous le parapluie de la science ». L'historien Guy Bechtel explique les détours employés par Rome pour amorcer des changements, Libération, 13 février 1996., mais il admet par la suite que Émission L'Heure de vérité du 12 décembre 1988, propos transcrits sur le site internet de l'INA..
André Santini lui a dédicacé en 1990 ce bon mot (qui reçut le prix du récidiviste - prix de l'humour politique) :
Affaire Preynat
En 1991, le cardinal Decourtray est averti des agissements de Bernard Preynat. Il aurait alors déclaré : Il y a du « diabolique » dans cette affaire et le « coupable » n'est qu'une victime que je vais aussi tenter de libérer.Bernard Preynat a ensuite relaté une des discussions qu'ils auraient eue. :Quand le cardinal Decourtray m'a convoqué en 1991, j'ai commencé par lui dire que c'était une longue histoire. Là, il a fait un geste du bras pour exprimer qu'il n'avait pas envie d'en entendre plus. Il m'a fait promettre de ne jamais recommencer et m'a dit « Bernard, je vous fais confiance ». Œuvres Une voix dans la rumeur du monde (1988) ; Un Evêque et Dieu (1989), chez Fayard ; Le Testament inachevé (1994), chez Flammarion, compte rendu fidèle d'entretiens avec Nicolas Domenach et Maurice Szafran, journalistes.
Décorations Officier de la Légion d'honneur
Notes et références
Voir aussi Liens externes
Catégorie:Membre de l'Académie française Catégorie:Évêque de Dijon Catégorie:Archevêque de Lyon Catégorie:Cardinal français créé au XXe siècle Catégorie:Personnalité liée aux relations entre juifs et chrétiens Catégorie:Naissance dans le département du Nord Catégorie:Naissance en avril 1923 Catégorie:Décès en septembre 1994 Catégorie:Décès à Bron Catégorie:Cardinal créé par Jean-Paul II Catégorie:Mort d'une hémorragie cérébrale Catégorie:Décès à 71 ans Catégorie:Étudiant de l'université pontificale grégorienne Catégorie:Évêque catholique français du XXe siècle Catégorie:Affaire relative à la pédophilie dans l'Église catholique en France Catégorie:Auteur publié par les éditions Flammarion Catégorie:Auteur publié par les éditions Fayard