La Deutsche Eishockey Liga (DEL) est la ligue professionnelle de hockey sur glace de première division en Allemagne.
À la suite de la décision très critiquée de fermer la ligue comme dans les championnats nord-américains (suppression du système de promotion-relégation), la montée du champion de 2. Bundesliga, l'EHC Wolfsburg Grizzly Adams, entraîne un élargissement de la ligue à 15 équipes. Depuis de la saison 2009, la ligue est bloquée à 16 équipes et n'accueille plus les champions de 2. Bundesliga.
Format Équipes
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Équipe Ville Patinoire Capacité Augsburger Panther Augsbourg Curt Frenzel Stadion Eisbären Berlin Berlin Mercedes-Benz Arena Düsseldorfer EG Düsseldorf PSD Bank Dome Fischtown Pinguins Bremerhaven Bremerhaven Eisarena Bremerhaven Frankfurt Lions Francfort-sur-le-Main Eissporthalle Frankfurt ERC Ingolstadt Ingolstadt Saturn Arena Iserlohn Roosters Iserlohn Balver Zinn Arena Kölner Haie Cologne Lanxess Arena Adler Mannheim Mannheim SAP Arena EHC Munich Munich Olympia-Eissportzentrum Nürnberg Ice Tigers Nuremberg Arena Nürnberger Versicherung Schwenninger Wild Wings Schwenningen Helios Arena Straubing Tigers Straubing Eisstadion am Pulverturm EHC Wolfsburg Grizzly Adams Wolfsbourg Eis Arena Wolfsburg
Format actuel
Depuis 2009, chaque équipe rencontre ses 13 adversaires quatre fois en saison régulière (2 fois à domicile, 2 fois à l'extérieur), soit un total de 52 rencontres par club.
L'attribution des points se fait selon le système international : 3 points sont accordés lors d'une victoire dans le temps réglementaire, 2 pour une victoire en prolongation ou aux tirs au but, 1 pour une défaite en prolongation et 0 lors d'une défaite dans le temps réglementaire.
À l'issue de la saison régulière, les 6 premiers du classement sont directement qualifiés pour les quarts-de-finale des séries éliminatoires. Les deux dernières places sont attribuées aux vainqueurs des séries de qualification, disputées par les équipes classées de la septième à la dixième place lors de la saison régulière. En , les clubs s'accordent pour que, à partir de la saison 2010-2011, toutes les séries éliminatoires se disputent au meilleur des sept matchs, hormis le tour de qualification, qui se dispute, quant à lui, au meilleur des trois matchs.
Depuis 2006, il n'y a plus ni relégation ni promotion automatique en fonction des résultats sportifs. Les clubs classés au-delà de la dixième place terminent donc leur saison sans risque de descendre en deuxième division.
Précédents formats Depuis la création de la DEL en 1994, la formule du championnat a souvent évolué : variations dans le nombre d'équipes engagées, de matchs en saison régulière, du format des séries éliminatoires, maintien ou abandon du système de relégation, … Le tableau ci-dessous permet de récapituler ces changements.
Saison Nombre d'équipes Nombre de confrontation en saison régulière Matchs en saison régulière Qualifiés pour les séries Relégation 1994-1995 18 2 rencontres entre chaque équipe, puis groupes régionaux 44 16 Pas de relégation 1995-1996 2 ou 3 rencontres 50 1996-1997 16 : poule unique, 2 rencontres : 2 poules : poule des champions (6 équipes), poule de qualification (10 équipes) 48/50 8 « Play-downs » : 8 équipes, 1 reléguée 1997-1998 14 Pas de relégation 1998-1999 14 4 rencontres 52 8 1999-2000 15 56 Poule de maintien 2000-2001 16 60 Pas de relégation 2001-2002 Play-downs : 2 équipes, 1 reléguée 2002-2003 14 52 2003-2004 2004-2005 2005-2006 2006-2007 10 Pas de relégation 2007-2008 15 56 2008-2009 16 3 ou 4 rencontres 52 2009-2010 15 4 rencontres 56 2010-2011
Histoire
Le championnat avant la DEL Le premier championnat de hockey sur glace en Allemagne fut le Deutsche Meisterschaften (littéralement Le Championnat Allemand) qui s'est tenu de 1912 à 1948 avec une suspension entre 1915 et 1919 à cause de la Première Guerre mondiale et une autre en 1945, à la suite de la Seconde Guerre mondiale. Au cours de cette période le Berliner Schlittschuhclub domine le championnat. Ses succès l'amène également à participer à la Coupe Spengler qu'il remporte à trois reprises, devenant le club le plus titré de l'histoire du hockey allemand. À la suite de la division de l'Allemagne entre RFA et RDA, deux championnats se tiennent indépendamment à partir de 1949 : la DDR-Oberliga en Allemagne de l'Est et l'Oberliga en Allemagne de l'Ouest à laquelle succède la Bundesliga en 1958. En 1990, avec la réunification, toutes les équipes sont réunies au sein de la Bundesliga.
En , le projet de fonder une nouvelle ligue professionnelle de hockey en Allemagne fut officiellement annoncé. Le président de la Fédération d'Allemagne de hockey sur glace (Deutscher Eishockey-Bund, abrégé en DEB), Ulf Jäkel, le directeur sportif de la DEB, Franz Reindl, ainsi que les directeurs des clubs d'Augsbourg, Gottfried Neumann et de Düsseldorf, Wolfgang Bonenkamp, avaient depuis longtemps travaillé sur de tels projets, en réalisant notamment des tournées en Amérique du Nord pour s'inspirer des championnats existants, en particulier de la LNH, qui devait servir de modèle sportif, alors que la Ligue internationale de hockey (IHL), dont tous les clubs présentaient alors un bilan positif, serait le modèle économique.
Il était alors prévu d'abolir le système de promotion/relégation, ce qui provoqua de vives critiques, en particulier celles du président de Krefeld, Hans-Ulbricht Urban, qui avançait alors qu'« une réforme aussi immense ne pourrait pas fonctionner dans une Allemagne traditionaliste ». De plus, de nombreux clubs des deux premières divisions étaient gangrénés par d'importants problèmes financiers. Derrière les trois ou quatre clubs qui prenaient de gros risques pour tenter de suivre le Düsseldorf EG, dominateur pendant les années 1990 et titré quatre fois à la suite (de 1990 à 1993), les autres luttaient pour survivre. Ainsi, seules onze équipes purent prendre part à l'ouverture de la saison 1993/94 de deuxième division, au lieu des douze initialement prévues. En outre, le SV Bayreuth puis le SC Memmigen durent se retirer en cours de saison en raison de leurs finances. Après la clôture du championnat, l'ECD Sauerland et l'EHC Essen-West s'ajoutèrent à la liste des clubs en faillite. À l'exception de l'EV Landsberg, dont les joueurs n'étaient que semi-professionnels, tous les clubs étaient censés être entièrement professionnels. Mais, dans les faits, les formations de deuxième division manquaient de publicité et donc d'argent. Ainsi, pratiquement tous les membres de l'élite augmentèrent leur budget, afin d'éviter la relégation. En deux ans, le budget des clubs de première division augmenta de 25 % pour atteindre la somme cumulée de 88,6 millions de marks (45,3 millions d'euros).
Puisque les clubs n'avaient pas l'argent nécessaire à leurs dépenses, ils eurent recours à des mesures exceptionnelles. Par exemple, le champion de l'exercice précédent (1993/1994), le club de l'Hedos München se sépara de ses joueurs vedettes, comme Georg Franz ou Wally Schreiber, alors qu'ils avaient auparavant accepté de réduire leur salaire de 10 %. À Mannheim, on s'accorda sur une baisse de 30 % des rémunérations. Au total, la dette des clubs de l'élite atteignait 50 millions de marks (environ 25,5 millions d'euros). C'est pour cela que les responsables du projet de nouvelle ligue ne prévoyait qu'une seule division professionnelle, comme l'a dit Franz Reindl : « En Allemagne, nous n'avons pas le potentiel pour deux divisions professionnelles ».
Au sein de la fédération, on créa la société DEL, dans laquelle un droit de regard fut accordé aux clubs par l'intermédiaire d'un conseil consultatif. On fixa comme conditions préalables à l'adhésion un plan d'épuration des dettes, un droit d'entrée de (), un budget d'au minimum 4,5 millions de marks (2,3 millions d'euros), une patinoire aux normes et au moins 15 joueurs professionnels, liés par contrats. Il était stipulé que les clubs devaient mettre de côté 10 % de leur budget et informer régulièrement la direction de la ligue de leur situation financière. De plus, on instaura une autorité centrale pour la vente des produits dérivés et des droits de retransmission afin de réduire les disparités entre les clubs.
Fondation Malgré les critiques virulentes de Mannheim, de Krefeld, de Berlin et de Rosenheim, vingt des vingt-et-un clubs encore en activité des première et deuxième divisions acceptèrent la réforme. Seul le président de Krefeld, Hans Ulrich Urban, s'y opposa.
Franz Reindl et l'ancien manager de Munich, Franz Hofherr prirent la direction de la nouvelle entité et furent également responsables de l'attribution des licences. Tous les clubs de la première division (y compris Krefeld), tous ceux de la deuxième – à l'exception de l'EV Landsberg – ainsi que l'ETC Timmendorfer Strand et l'ESC Wendemark, venus de l'Oberliga Nord posèrent leur candidature. Les deux pensionnaires de l'Oberliga, l'EHC Nuremberg, l'ES Weißwasser, le BSC Preussen et le champion en titre, l'Hedos München virent en premier lieu leur demande de licence refusée. Cependant, tous les clubs, hormis ceux d'Oberliga, obtinrent finalement l'autorisation de concourir après une lutte acharnée devant la commission d'arbitrage de la fédération : les Eisbären Berlin et l'EC Ratingen présentèrent un important dispositif de réduction des dettes, et Weißwasser fit connaître son nouveau sponsor, qui souhaitait investir 1,2 million de marks () dans le club. Le dernier club validé fut l'Hedos München qui prit le départ de la compétition sous le nom de Maddogs München et qui obtint son laissez-passer peu de temps avant la date butoir. Ainsi, au , on compta 18 participants.
Augsburger EV (Augsbourg) EHC Eisbären Berlin (Berlin) BSC Preussen Berlin (Berlin) Düsseldorf EG (Düsseldorf) Frankfurt Lions (Francfort-sur-le-Main) EC in Hannover (Hanovre) Kassel Huskies (Cassel) Kaufbeurer Adler (Kaufbeuren) Kölner EC (Cologne) Krefelder EV (Krefeld) EV Landshut (Landshut) Mannheimer ERC (Mannheim) Maddogs München (Munich) EHC 80 Nürnberg (Nuremberg) EC Ratingen (Ratingen) SB Rosenheim (Rosenheim) ESG Füchsen Sachsen Weißwasser/Chemnitz (Weißwasser) Schwenninger ERC (Villingen-Schwenningen)
Une première saison agitée
La rencontre inaugurale de la saison 1994/95 se joua à guichets fermés dans le Curt Frenzel Stadion entre le Augsburger Panther et les Maddogs de Munich, qui l'emportèrent 6 buts à 1. Le coup d'envoi du match fut donné par Bobby Hull et Paul Ambros, les parrains de la partie. Les autres patinoires furent également bien remplies, puisque, au total, spectateurs assistèrent aux matchs de la première journée.
Malgré des débuts réussis, la DEL se retrouva confrontée à une importante crise dès le lendemain de Noël, quand les Maddogs de Munich, champions en titre déposèrent le bilan. La commission d'admission ne leur avait attribué une licence que sous conditions et avait exigé des garanties financières, qui se sont finalement révélées insuffisantes.
De plus, le , le président de la DEB, Ulf Jäkel, pour éviter une destitution, présenta sa démission en raison de deux irrégularités : une entreprise, dont Jäkel possédait des parts, avait pris le contrôle de la gestion de la DEL et une autre entreprise, basée dans la région natale de Jäkel, avait été chargée de créer le logo de la DEL.
Cependant, attirés par des échos positifs concernant les qualités sportives de la DEL, quelques joueurs de la LNH pallièrent au lock-out de la ligue nationale en venant en Allemagne. On peut citer Brendan Shanahan à Düsseldorf, Pavel Boure à Landshut, Scott Young à Landshut puis à Francfort, Robert Reichel à Francfort, Doug Weight à Rosenheim, Uwe Krupp à Landshut, Glenn Anderson à Augsbourg, et Vincent Damphousse à Ratingen.
Finalement, les Kölner Haie, entraînés par Bob Murdoch, venu de Munich après la faillite des Maddogs, parvinrent à s'imposer dans les play-off et devinrent les premiers champions de la DEL.