Renée Gosset, née Renée Francine Marie Leduc le à Rotterdam aux Pays Bas et morte le à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), est une journaliste et écrivain française. Elle écrit une quarantaine d'ouvrages, la plupart avec son mari Pierre Gosset sous leurs deux noms et une douzaine sous le pseudonyme de « Renée Pierre-Gosset ».

Biographie Renée Leduc naît à Rotterdam le 30 aout 1918.. Elle grandit à Bruxelles où elle obtient une licence de lettres et suit des cours de journalisme à la « Maison de la Presse ». Le , elle rencontre son futur mari Pierre Gosset. Les dix-huit ans de Renée et les vingt-cinq de Pierre qui, de plus, est en cours de divorce, font que sa famille s'oppose au mariage et cloitre Renée au domicile familial. Elle s'en échappe cependant et part avec Pierre. Ils font partie de la caravane du Tour de France 1937. Après quelque temps à Paris, Pierre démissionne de son journal pour un différend éditorial et ils s'installent dans un mas près de Toulon. Leur impécuniosité les force bientôt à regagner Paris pour Pierre (qui y trouve une place au Petit Parisien) et la maison familiale de Bruxelles pour Renée. Sitôt la situation pécuniaire de Pierre rétablie, Renée fugue de nouveau avec Pierre. Ils attendent les vingt et un ans de Renée et se marient en aout 1939 à Paris..

Toulouse En , Pierre suit son journal qui se replie à Lyon tandis que Renée, enceinte de sept mois, rejoint par le train ses parents près de Toulouse où ils se sont réfugiés lors de l'Exode de 1940. Fin juillet naît Pierre-Paul, son premier fils. Trois jours après cette naissance, ses parents profitent de la possibilité de franchir la ligne de démarcation et retournent en Belgique. Rejointe par Yvonne, une amie, elle patiente trois semaines puis prend le train pour Lyon où l'attend Pierre qui refuse de rentrer à Paris travailler avec les occupants.

Lyon Après un hiver glacial dans un logement inconfortable, Pierre qui veut rejoindre Londres trouve une solution pour rejoindre seul l'Afrique en intégrant la « mission Chomel » censée aller chercher des plantes médicinales au Niger. Après une journée de démarches administratives à l’Hôtel du Parc à Vichy, Renée décroche l'autorisation pour Yvonne et elle « d'émigrer en Algérie ». Elles quittent Marseille sur le bateau Commandant Laferrière..

Alger À Alger, elle retrouve Pierre toujours membre de la mission Chomel qui semble définitivement stoppée dans sa route vers le Niger. Ils s'installent à Vieux-Kouba et Pierre cherche un moyen de rejoindre Londres et les FFL. Au hasard de ses recherches, il retrouve un ami Adalbert de Segonzac qui cherche lui aussi une filière.

En , naît Alain, leur deuxième fils. Deux semaines plus tard, Pierre et Adalbert quittent discrètement Alger pour gagner Casablanca en franchissant la frontière clandestinement. Le destroyer polonais censé embarquer un groupe de candidats à l'évasion n'est pas au rendez-vous et c'est sur une barque de pêcheurs espagnols que les deux amis rejoignent Gibraltar d’où ils embarquent pour l'Angleterre.

Pour Renée et ses deux bébés, seules les voies « légales » sont envisageables. Nantie, grâce aux talents de faussaire du major belge van der Stichelen-Rogier, d'une famille imaginaire au Congo Belge, elle joue le rôle d'une femme abandonnée par son mari et dont la seule ressource est de rejoindre cette famille. Elle se démène pour obtenir les multiples visas pour quitter l'Algérie, entrer au Maroc et en sortir, entrer en Espagne et en sortir et enfin pour entrer au Portugal et en sortir avec l'intention d'y embarquer pour l’Angleterre plutôt que vers l'Afrique.

Après un nouvel hiver froid et humide dans une maison belle et moderne mais impossible à chauffer, elle doit la quitter et trouver refuge dans la cabane de jardin du major belge. Au bout d'un an de démarches infructueuses, la situation évolue d'un seul coup avec le débarquement anglo-américain en Algérie.. Journaliste Ce débarquement la coupe de son principal revenu : un compte bancaire ouvert en France par ses parents. Par ailleurs, l'arrivée des Anglo-Saxons devait, dans son esprit, signifier l'arrivée rapide de Pierre. Or, les gaullistes sont exclus de l'opération car les Américains — et en particulier le président Roosevelt — ne veulent pas entendre parler de Charles de Gaulle, et montent une alliance avec le général Giraud dont les atermoiements ouvrent finalement un boulevard à l'amiral François Darlan, homme de Vichy, qui se retrouve principal bénéficiaire d'un débarquement qu'il a combattu.

Pendant que Renée le cherche à Alger, Pierre, engagé dans les FNFL, se trouve en patrouille dans l'Arctique dans le sous-marin Junon.

Renée se fait embaucher par la revue Tunisie-Algérie-Maroc en excipant de ses relations nouées avec les Américains d'Alger pendant ses démarches, en particulier les vice-consuls (dont Robert Murphy) venus préparer discrètement le débarquement.

Elle obtient facilement des interviews des responsables américains et puise principalement ses informations à l'Hôtel Saint-Georges qui abrite le quartier général de Dwight D. Eisenhower et à l'Hôtel de Cornouailles, siège de la censure et de la « Psychological Warfare Section » pour laquelle elle travaille également.

Logée dans un petit hôtel, elle y échappe de peu à un viol par un G.I. ivre. Son récit volontiers répété pousse la PWS à lui procurer une grande chambre et une salle de bains dans un grand appartement que sa propriétaire a quitté pour fuir les bombardements quotidiens par la Luftwaffe..

Outre « le plus beau spectacle du monde » constitué chaque soir par le tir de toutes les pièces de DCA de la rade d'Alger et des bateaux ancrés contre les avions allemands, sa salle de bains dispose d'un accessoire rare à Alger à cette époque : un chauffe-bain qui fonctionne. Elle invente les « bathing parties » où les invités viennent avec un paquet de victuailles et boissons pour la soirée et leur nécessaire de toilette. Les invités s'éclipsent tout à tour dans la salle de bains et les discussions entre « initiés » lui enseignent quantité de choses « des séries de base-ball au caractéristiques du char Sherman (top secret) ».

Elle finit par bien gagner sa vie mais tout comme elle s'indignait que ce ne soit pas Pierre qui soit venu lui annoncer le débarquement, Pierre s'indigne qu'elle ne soit pas à Londres huit jours après. Renée, confrontée à des fonctionnaires « qui ressemblent curieusement à ceux d'avant le débarquement », ne parvient pas à obtenir les autorisations. Elle est à l'Hôtel de Cornouailles le en fin d'après midi quand arrive la nouvelle de l'assassinat de Darlan. Les journalistes sont confinés au Cornouailles sans pouvoir informer leurs journaux. Pour le réveillon du nouvel an, le Cornouailles sert de refuge aux résistants ayant favorisé le débarquement et désormais suspects de vouloir attenter à la vie du général Giraud.

Elle réussit à se procurer un visa pour l'Angleterre en tant qu'épouse d'un officier d'une marine alliée et embarque sur le Samara en se passant de l'avis des services français d'émigration.

Londres Elle arrive sans encombre en Angleterre malgré l'envoi d'un télégramme à Pierre : « Embarque ce jour pour Londres. Compte arriver huitaine » grâce auquel, selon Pierre, « ses chances d'être fusillée à l'arrivée étaient toujours restées inférieure à celles d'être torpillée en route ».

La famille Gosset s'installe dans un cottage de Kingston Hill qui héberge également un nombre indéfini et variable d'officiers des FNFL. Renée écrit une série d'articles sur le débarquement d'Alger et ses suites pour le Sunday Express et commence la rédaction de son premier livre sur le même sujet Le coup d'Alger. Le recrutement des FNFL est grandement amélioré en raison du lien rétabli entre Afrique du Nord et Angleterre et de la disparition de la marine de Vichy, et chaque weekend de nouveaux visiteurs viennent compléter ses informations..

Pierre, détaché des FNFL par le général de Gaulle à l' « Agence française indépendante » (AFI), se fait désigner correspondant de guerre à la VIIIe armée de l'Air américaine et revêt l'uniforme US. Après la chute d'une bombe sur la maison, ils décident d'éloigner les enfants et choisissent Saint-Yves au bout des Cornouailles.

Début 1944, Renée rejoint à son tour l'« Agence française indépendante » sous la direction de Pierre Bourdan. Elle recueille et diffuse des textes écrits par « des signatures repolissant un peu le lustre de la France » : Georges Bernanos, Julien Green, Denis de Rougemont, Darius Milhaud, Jules Romains entre autres, et pille sans scrupules dans la presse allemande publiée à Paris les pages mode, théâtre et évènements parisiens.

Débarquement La création d'une zone interdite au sud de l'Angleterre pour les préparatifs du débarquement isole Saint-Yves et il faut trouver un autre asile pour les enfants. Kingston Hill recevant toujours les visites de la Luftwaffe, ils trouvent une maison tranquille dans l'Essex où ils s'installent huit jours avant le début de l'offensive des V1 dont tous ceux envoyés de Hollande survolent la localité avant de s’écraser sur Londres..

Les trois correspondants de guerre français débarquent séparément. Pierre Rabache d'abord puis Pierre Gosset deux jours plus tard et Pierre Bourdan deux semaines plus tard avec la Division Leclerc. Ils se retrouvent quand même en Normandie et entreprennent une visite du front qui se termine aux mains des Allemands. Le 6 aout 1944, ils s'enfuient du train de Langeais. Peu après leur retour dans les lignes alliées, Rabache et Gosset en costumes civils enfourchent des bicyclettes prêtées par des résistants et, chargés de légumes, franchissent à nouveau les lignes pour gagner Paris comme après un ravitaillement à la campagne. Rabache va suivre les opérations à l'Hôtel de ville et Gosset à la Préfecture de police. Leurs reportages, transmis à Londres par des postes clandestins, renferment tellement d'informations intéressantes que les services britanniques les gardent pour eux et que l'AFI ne tirera pas une ligne d'article de la présence de deux correspondants au cœur des évènements.

Paris Une fois Paris libéré, Renée intègre une équipe de l'AFI qui rejoint les locaux de l'Agence Havas. Avant même la fin de la guerre, la bougeotte les reprend. Avec Rabache il est prévu qu'ils partent à New York pour l'Agence France-Presse. Au dernier moment, les choses changent et Pierre part seul en avion pour Buenos Aires laissant à Renée le soin de régler les « petits » problèmes administratifs. Elle embarque le à Cardiff sur le cargo Drina au sein d'un convoi à destination de Buenos Aires (alors que leur déménagement est en route pour New York). Dix huit jours plus tard, le , le Drina fait escale à Montevideo à point pour y fêter la Capitulation de l'Allemagne nazie. Le lendemain, le Drina traverse le Río de la Plata et arrive en Argentine.. Argentine Les enfants sont confiés à un couple de russes blancs et le , Renée et Pierre entament un voyage dans toute l'Amérique latine pour que Pierre recense ce qui peut être sauvé du réseau de Havas pour l'intégrer dans l'AFP. Renée devant fournir à France Soir des articles sur tous les pays visités. Partis de Buenos Aires le , ils arrivent à Rio de Janeiro le 10 aout où Pierre installe Renée et sa machine à écrire dans un petit hôtel sur une île de la baie pour qu'elle rédige ses articles tranquillement. Elle y passe un mois avant de rejoindre sa famille à Buenos Aires. Ils louent une maison à San Isidro et reprennent, à l'instigation de Wladimir d'Ormesson alors ambassadeur en Argentine, le Courrier de la Plata, plus vieux journal argentin et le seul en français. Au bout de huit mois, à la suite de protestations diplomatiques provoquées par la publication dans France Soir des articles de Renée, ils sont lâchés par l'ambassade et le journal coule. Ils étaient déjà à la recherche de leur prochain projet : une ferme dans le campo argentin.