Hassan de Bassorah est un conte des Mille et Une Nuits, compilation de contes populaires persans et arabes. Le conte est lié au thème de la femme-cygne, présente dans des contes du monde entier, créature qui alterne entre les formes humaines et aviaires...

Traductions Le conte est parfois traduit par Hasan de Bassora ou Hassan de Bassora.. Jamel Eddine Bencheikh et André Miquel le désignent sous le titre Conte de Hasan al-Basrî. René R. Khawam l'intitule Les Aventures de Sindbad le Terrien. L'auteur britannique Idries Shah a traduit le conte sous le titre The Bird Maiden dans son ouvrage Shah, Idries. World Tales. New York : Harcourt Brace Jovanovich, 1979. pp. 236-251..

Résumé

À la rencontre du magicien persan gauche|vignette| Hassan regarde le magicien persan transmuter le métal en or (par John D. Batten). Un Égyptien s'est installé dans la ville de Bassorah. À sa mort, ses biens sont partagés à parts égales entre ses deux fils. Le plus jeune, qui s'appelle Hassan, devient orfèvre et ouvre une boutique. Un jour, un Persan vient dans son magasin avec une proposition pour que Hassan travaille pour lui et que le jeune apprenne les méthodes de transmutation du cuivre en or. Malgré les soupçons de sa mère, Hassan accepte de faire confiance à l'homme et, après que le Persan ait transmuté le cuivre devant Hassan avec une poudre spéciale, l'invite chez lui pour dîner.

Le magicien persan rejoint Hassan pour dîner chez ce dernier. Au cours du repas, le magicien asperge un morceau de friandise d'un opiacé de jusquiame et le donne à Hassan, qui le mange et s'évanouit. Le Persan attache les membres d'Hassan et le porte dans un coffre jusqu'au port, où il prend un bateau pour partir de Bassora. Pendant ce temps, la mère d'Hassan remarque que ni son fils, ni le magicien ne sont dans la maison, ni dans le village. Pensant que son fils est mort, elle érige une pierre tombale et pleure dessus.

De son côté, le jeune homme se réveille sur le bateau et demande au magicien, appelé Behram, quels sont ses plans. En réponse, le Persan dit qu'Hassan n'est que le dernier d'une longue lignée de jeunes qu'il a sacrifiés auparavant (999 victimes), et promet de l'épargner si le jeune vénère le feu. Hassan refuse de le faire et est retenu en otage sur le navire pendant trois mois, jusqu'à ce qu'une forte tempête se lève dans l'océan et que le capitaine du navire commence à jeter les esclaves de Behram à la mer. Le magicien libère Hassan de ses liens et la tempête s'apaise. Puis, il révèle leur destination : la Montagne du Nuage, où ils pourront obtenir l'élixir qui permet la transmutation du métal.

Après trois mois supplémentaires, Behram et Hassan atteignent leur destination. Ils montent alors à cheval à travers un désert pendant quatorze jours jusqu'à ce qu'ils atteignent la montagne, où ils doivent trouver l'herbe qui produit l'élixir. Le plan de Behram est que Hassan se cache dans la peau d'un cheval et attende que les oiseaux vivant autour (rokh) emportent la peau jusqu'à la montagne. Une fois ceci fait, Hassan quitte la peau du cheval pour aller chercher des fagots d'herbe et les jeter au magicien. Après avoir récupéré les fagots, Behram lui déclare qu'il ne lui est plus d'aucune utilité l'abandonne au sommet de la montagne. Hassan proclame que personne n’est plus puissant que Dieu et tente de trouver un moyen de sortir de la montagne. Il atteint l'autre versant et, surplombant la mer, décide de sauter de la falaise dans l'océan.

La princesse des Djinns Après avoir plongé dans la mer, Hassan nage à travers les vagues et atteint les rivages d'un royaume qu'il a traversé avec Behram. Il trouve un palais et y entre. À l'intérieur, deux jeunes filles jouant aux échecs aperçoivent Hassan, qu'elles reconnaissent comme le compagnon de Behram, et l'accueillent comme leur frère. Les jeunes filles expliquent qu'elles sont des princesses de la race des Djinni (djinns ou génies). Elles ont été enfermées dans ce palais par leur père, qui a juré de ne jamais épouser aucune d'entre elles.

Un an plus tard, elles aident le jeune à se venger du magicien Behram, lorsque ce dernier amène son nouvel apprenti. Au bout d'un moment, un nuage de poussière s'approche de leur palais. Les princesses expliquent qu'il s'agit d'une troupe de génies au service de leur père, venus les convoquer à une fête. Ils reçoivent l'invitation et donnent à Hassan un jeu de clés qu'il pourra utiliser dans le palais, avec une mise en garde : il lui est interdit d'ouvrir une certaine porte.

Après le départ des princesses à la cour de leur père, Hassan tente de s'amuser et finit par ouvrir la porte interdite. Derrière, il découvre un beau et luxuriant jardin avec un pavillon à proximité. Soudain, dix oiseaux s'approchent du pavillon, se transforment en dix jeunes filles d'une beauté exceptionnelle, puis se baignent et jouent dans l'eau. Hassan, caché derrière quelques arbres, aperçoit la plus belle et la plus jeune d'entre elles et en tombe amoureux. Les jeunes filles redeviennent des oiseaux et volent vers leur lieu d'origine.

Le lendemain, il tente de la retrouver, mais en vain. Après le retour des princesses djinns, Hassan raconte la situation à la plus jeune princesse djinns, qui le réprimande pour avoir ouvert la porte interdite. Hassan conduit la princesse djinn au jardin, qui lui explique que le pavillon et la piscine appartiennent à une princesse djinn, fille du roi des rois de leur race. Ils volent dans les airs grâce à leurs vêtements de plumes. Ainsi, la princesse djinn conseille à Hassan, si celui-ci souhaite l'avoir, de voler le vêtement en plumes et de ne pas le rendre.

Le lendemain, les jeunes filles oiseaux reviennent se baigner dans le pavillon et Hassan s'exécute. Tandis que les jeunes filles reviennent, la princesse djinn se rend compte que ses vêtements ont été volés et pousse un cri de terreur. Hassan saisit la princesse par les cheveux, la traîne dans une pièce du palais et l'enferme. La grande princesse des djinns reçoit la visite des sœurs adoptives d'Hassan et exige une explication. Les jeunes filles apaisent ses craintes et lui racontent l'histoire d'Hassan. Hassan rend ensuite visite à sa bien-aimée et lui exprime son affection, promettant de l'épouser et d'acheter à Bagdad une maison à sa mesure.

Les autres princesses djinns reviennent de la chasse et apprennent la présence de la fille de leur souverain. Ils lui rendent visite et s'inclinent devant elle, puis expliquent qu'Hassan n'a aucune mauvaise intention. Il souhaite faire d'elle sa femme, puisque son vêtement de plumes a été brûlé et qu'elle ne peut pas retourner au palais de son père.

Déménagement à Bagdad Hassan et la princesse djinn se marient. Une nuit, le jeune homme rêve de sa mère et décide de retourner à Bassora avec sa femme. Après avoir rencontré sa mère, il suggère qu'ils déménagent à Bagdad pour vivre sous la protection du calife.

Hassan leur achète une grande maison à Bagdad, où il vit avec la princesse djinn et leurs deux fils, Nasir et Mansur. Trois ans plus tard, il décide de retourner auprès de ses sœurs adoptives car elles lui manquent. Elle prévient sa mère de ne pas laisser sa femme quitter la maison, ni de lui rendre le vêtement de plumes. Mais cette conversation est entendue par la femme djinn. Après son départ, celle-ci décide de se rendre aux bains locaux, malgré la réticence de sa belle-mère.

Au bain, la princesse djinn attire l'attention des visiteurs, et la nouvelle de sa beauté parvient aux oreilles de Zubayda (ou Zobeide), l'épouse du calife Hâroun ar-Rachîd. Celle-ci ordonne que la princesse soit convoquée en sa présence et envoie Mesrur, le chef des eunuques, pour la chercher. Mesrur se rend chez la mère de Hassan et demande aux deux femmes de l'accompagner en présence de Zubayda. droite|vignette| La femme d'Hassan se transforme à nouveau en oiseau et emmène ses fils avec elle (par John D. Batten). La mère et l'épouse d'Hassan se rendent au tribunal voilées, et Zubayda ordonne à la jeune femme d'enlever le voile. L'épouse du calife est éblouie par la beauté du djinn et l'interroge sur ses talents. La femme d'Hassan dit qu'elle peut danser tant qu'elle porte sa robe en plumes. En entendant cela, Zubayda ordonne à la mère d'Hassan d'apporter le vêtement en plumes, mais elle refuse. Zubayda envoie Masrur, l'eunuque, chercher le vêtement de plumes dans leur maison et l'amener. Il prend le vêtement et le rend à la femme d'Hassan ; elle l'enfile et commence à voler dans la pièce. En guise de mots d'adieu, elle dit à sa belle-mère Hassan qu'elle devrait la retrouver, elle et leurs enfants, dans les îles Waq-Waq.

Hassan retourne à Bagdad et demande à sa mère des nouvelles de sa famille. Les larmes aux yeux, la femme raconte à Hassan ce qui s'est produit. Hassan tombe dans un état de désespoir à la suite de la disparition de sa famille.

Le long voyage d'Hassan Après un mois de deuil, Hassan retourne auprès de ses sept sœurs adoptives à la recherche d'indices. Les princesses consultent un oncle paternel, le cheikh Abdul-Rodus, qui accepte d'aider l'humain, même s'il considère sa situation comme futile. Avec lui, il monte ensuite à dos d'éléphant jusqu'à une grotte bleu foncé, où le Cheikh acquiert un livre et dit à Hassan de monter à cheval jusqu'à une autre grotte.

Sur le chemin, Abdul-Rodus explique que les îles Waq-Waq sont un archipel rempli d'Amazones, de génies et de démons. La femme d'Hassan est la fille du roi des îles. Armé de ces nouvelles informations, Hassan atteint une montagne noire. Un homme noir nommé Ali Abu'l Rish (« Père des plumes ») l'y accueille et reçoit le livre qu'Hassan avait avec lui.

Abu'l Rish emmène Hassan avec lui et l'introduit dans une pièce avec quatre cheikhs. Le groupe discute du voyage qu'Hassan a l'intention d'entreprendre. Abu'l Rish invoque un djinn pour emmener l'humain au pays de Camphre, avec une lettre expliquant la situation à son monarque.

Arrivée à Waq-Waq gauche|vignette| L'épouse d'Hassan, Manar Al-Sana, et son père, le roi des génies des îles Waq-Waq (par John D. Batten). Au Pays du Camphre, Hassan embarque sur un navire en direction de Waq-Waq. Lorsque le navire atteint ses côtes, il aperçoit des membres d'une garde amazone qui commercent avec les marchands. Il se travestit pour pouvoir mieux se mêler aux locaux.

Hassan rencontre ensuite le chef de la garde amazone, Shawahi Umm Al-Dawahi, qui est la nourrice de la reine. Hassan rejoint l'armée de Shawahi et ils traversent les vastes territoires de Waq-Waq (le Pays des Oiseaux, le Pays des Bêtes Sauvages et le Pays des Djinns), jusqu'à atteindre les montagnes du Waq-Waq. Shawahi amène Hassan devant leur reine, Nûr al-Hudâ, qu'Hassan prend pour son épouse. Apprenant le mariage de sa sœur cadette avec un humain, Nûr al-Hudâ ordonne à Shawahi de se rendre auprès de Manar al-Sana (la femme d'Hassan) et d'amener ses deux enfants.

Les ordres de la reine sont exécutés et, devant elle, Hassan reconnaît ses fils, Nasir et Mansur. Pendant ce temps, Manar al-Suna reçoit l'ordre de se présenter devant la cour de sa sœur, et son père lui raconte un rêve qu'il a fait. Il était dans un jardin avec un grand trésor, et sept joyaux étaient les plus précieux pour lui. Mais un oiseau est venu et a arraché le septième joyau, le plus petit et le plus brillant. Inquiet que son rêve ait une signification particulière, il envoya chercher ses interprètes de rêves, qui lui prédirent que sa septième fille, Manar, lui serait enlevée. Après avoir entendu ses paroles, Manar lui assure qu'aucun homme n'est capable d'arriver à Waq-Waq pour la lui enlever, tant le voyage est périlleux.