Le d'autos-mitrailleuses et autos-canons (ou GAMAC), constitué fin , est l'un des 17 groupes d'autos-mitrailleuses et autos-canons, petites unités d'artillerie légère mobile mises à disposition de l'armée française pendant la campagne contre l'Allemagne.
Création, dénominations et affectations Créé fin par le général Gallieni, gouverneur militaire de Paris, le groupe d'autos-canons de la Marine est initialement affecté à l'état-major de la armée puis à celui de la à partir du . Il est dissous au front en tant qu'unité de Marine et reconstitué comme unité de cavalerie les 21 et . En conséquence de la dissolution de la DC le , il passe immédiatement à l'état-major de la . Affecté temporairement au corps d'armée en , le groupe est envoyé en septembre au Centre d'Instruction des Autos-Mitrailleuses (CIAM) à Versailles pour se préparer à partir en Roumanie rejoindre la mission Berthelot. Arrivé en Roumanie en sans véhicule et sans matériel, le groupe perd peu à peu ses effectifs. Certains de ceux-ci sont rapatriés dès . Le groupe est officiellement dissous fin , tandis que certains de ses hommes restent sur place détachés à titre individuel dans divers services de la Mission Berthelot. Reconstitué sous son nom le , le GAMAC peut rejoindre le corps de cavalerie le . À la dissolution du CC en le groupe est désigné pour être affecté à l’Armée du général Berthelot, dite Armée Française du Danube et doit être envoyé aussitôt que possible à Odessa. Toutefois un contre-ordre le maintien en métropole avant de rejoindre l'Algérie et d'être envoyé courant 1919 à l’armée française d’Orient à Constantinople. Celle-ci prend la dénomination de Corps expéditionnaire d'occupation de Constantinople en 1920.
Le GAMAC est transformé en escadron d'autos-mitrailleuses de cavalerie (E.A.M.C.) le . Historique des campagnes et batailles Campagne contre l'Allemagne 1914 Affecté à l'état-major de la armée à Jonchery-sur-Vesle (Marne), le groupe est, au mojns partiellement, employé à la défense anti-aéronefs du quartier général, tandis qu'une des sections sert aux tranchées.
1915 De janvier à septembre, poursuite du service aux tranchées dans le sous-secteur de Craonne (Marne) où le maréchal-des-logis Vaussard est tué, criblé de deux cents éclats d'obus, en réapprovisionnant un poste avancé qui allait manquer de munitions. Quelques voitures continuent de participer à la défense anti-aéronefs du secteur, comme l'auto-mitrailleuse ci-contre vue le à Châlons-le-Vergeur non loin du QG de la armée. À l'automne, accompagnant la division de cavalerie dans un mouvement vers l'Est, le groupe stationne à Saint-Ulrich (Haut-Rhin) à partir du . En novembre, il participe à diverses actions d'appui et de reconnaissance au bord du canal du Rhône au Rhin. Fin novembre, désormais cantonné à Retzwiller, il lance une reconnaissance au cours de laquelle le maréchal-des-logis Desvernay est grièvement blessé. À partir du le groupe, cantonné à Chavannes-les-Grands (Territoire de Belfort), est affecté à un sous-secteur de tranchées à Largitzen. 1916 Du au , le groupe reste en position sur le front de l'Est, et termine son service non loin d'Altkirch, près de la frontière avec la Suisse. Le , il est dirigé au sud d'Amiens en vue d'une participation à l'offensive de la Somme. Temporairement affecté à la division d'infanterie, le GAMAC se voit engagé dans l'attaque de la ferme de Monacu depuis Feuillères le . Lors de ces combats il perd plusieurs hommes. Le il est relevé par le GAMAC et se replie sur le parc automobile d'Amiens. La période de repos débutée à Amiens début août se poursuit pendant plusieurs semaines au cours desquelles le GAMAC est chargé de tester un prototype de la nouvelle auto-blindée à tourelle de Ségur-Lorfeuvre. Fin septembre le lieutenant Saar, peu avant son départ du groupe, puis le capitaine Philippe Richemond nouveau commandant de l'unité, dressent un bilan positif des essais, non sans suggérer plusieurs modifications et améliorations. Le retour sur le front de la Somme s'effectue le à Pont-de-Metz. Puis le groupe tourne dans la région, de cantonnement en cantonnement, la pluie empêchant toute participation des blindés aux opérations de reconnaissance. En octobre les hommes vivent sur place une période d'instruction qui s'étire tout le mois faute d'opportunité d'emploi dans les combats.
Le , le Cne Richemond est avisé que son groupe est désigné pour être employé sur un autre théâtre d'opérations qui se révèle être la Roumanie, où vient d'être constituée une mission française d'assistance, placée sous le commandement du général Berthelot. La préparation des hommes et du matériel au Centre d'Instruction des autos-mitrailleuses à Versailles dure tout le mois de novembre. Le le personnel du groupe spécialement recomposé, soit en tout , quitte Paris pour Boulogne-sur-Mer où il embarque le lendemain à destination de l'Angleterre. Le 30, à peine arrivés à Liverpool, les hommes embarquent sur le paquebot Nigeria à destination d'Arkhangelsk en contournant les iles britanniques et la Scandinavie. Après une navigation décrite comme pénible par le Cne Richemond, le Nigeria double Mourmansk pour accoster à Kola le 12 décembre où personne n'attend le GAMAC et les 200 officiers français qui doivent rejoindre le général Berthelot en Roumanie. Après deux semaines d'attente, les hommes du groupe embarquent le sur un brise-glace qui les amènent à Arkhangelsk quatre jours plus tard. 1917 Du au , les hommes du groupe séjournent à Moscou. Certains sont accueillis dans un hôpital privé français, soit pour des maladies contractées avant le départ de France, soit pour des problèmes dus aux mauvaises conditions du voyage depuis Liverpool. Le départ vers Iasi via Soukoulich et Kiew débute le et se termine plus tard. Les hommes sont dispersés entre plusieurs garnisons, faute d'une mission précise, alors que le général Berthelot déclare au capitaine Richemond qu'il n'avait pas besoin de matériel et de soldats mais d'officiers. Le , le commandant du groupe apprend que tout le matériel et les véhicules du groupe ont été détruits dans un gigantesque incendie survenu dans un navire de munitions ancré à Arkhangelsk. La mission française tente alors d'occuper au mieux les hommes du groupe. Le Cne Richemond reçoit pour mission d'inspecter et conseiller les régiments roumains de cavalerie. Les premiers rapatriements en France débutent en et se terminent pour quelques-uns un an plus tard. Le GAMAC est officiellement dissous le . 1918 Le GAMAC est reconstitué le dans le cadre de la mise à disposition du nouveau véhicule blindé de Ségur-Lorfeuvre aux groupes d'autos-mitrailleuses. Le commandement est à nouveau confié au capitaine Richemond, remis de ses gros ennuis de santé, et qui vient de contribuer pendant quelques mois au sein du Centre d’Instruction des Autos-mitrailleuses aux dernières mises au point de la nouvelle auto-canon-mitrailleuse. Après diverses réparations, les autos-mitrailleuses White réceptionnées le aux usines Berliet à Lyon sont enfin prêtes à partir au front le . Le groupe est alors dirigé vers le QG du corps de cavalerie. Cette grande unité, désormais renforcée de tous ses GAMAC (les , , , , , , et GAMAC), gagne Roeselare (Roulers) pour être engagée dans la deuxième Bataille de Belgique et dans sa suite la Bataille de la Lys et de l'Escaut. « Les 2 et le 10e groupe d'autos-mitrailleuses opère en avant de la division d'infanterie jusqu'aux faubourgs de Gand. ». Ces actions ne cessent qu'à l'armistice.
Après l'armistice en France 1918 Deuxième quinzaine de novembre, le groupe stationne en Belgique (Hundelgem, Okegem), puis en France à Cassel. En décembre, il stationne à Dangu (Oise) avec le GAMAC, son binôme du corps de cavalerie. 1919 On ignore quand le GAMAC quitte la métropole pour Alger d'où l'on sait cependant qu'il embarque le pour Constantinople, affecté à l’Armée d’Orient qui occupe la rive Nord du Bosphore en application du Traité de Sèvres du Registre matricule de l'adjudant-chef Barbière (Archives départementales des Ardennes, Registre du bureau de Mézières, Classe 1908, 1R214)..
À Constantinople On ignore tout des opérations et stationnements du GAMAC à Constantinople à partir de son arrivée.
Il défile devant le général Franchet d'Espèrey, commandant supérieur des forces alliées à Constantinople, le (Voir photo).
Le il est signalé à Makri Keui avec la compagnie de chars et le escadron du régiment de marche de spahis marocains (R.M.S.M.) et y reste jusqu’en mai. À la mi-, le groupe est affecté à une colonne chargée de rejeter à la mer une bande de pilleurs d’environ ayant débarqué de la Mer Noire dans la région de Derkos. À son retour, le groupe est agrégé aux troupes françaises mobilisées pour défendre à Péra, l’ambassade de France, la caserne de gendarmerie, la résidence du général commandant le Corps d’occupation de Constantinople, les services de liaison auprès du Haut-commissaire, l’hôtel Bristol, la prison de Pancaldi, à San Stefano, l’îlot de la pointe du Sérail, le terrain d’aviation et le parc d’artillerie. Le groupe assure encore ce service jusqu'à la fin de 1922.
Commandants du groupe Lieutenant de vaisseau Jean Baptiste Clémentel ( - ). Enseigne de vaisseau Henri de Gailhard-Bancel, par intérim du 3 au . Lieutenant Raoul Saar ( - ). Capitaine Philippe Richemond ( - puis - ). Capitaine François Sarcé ( - ). Capitaine Patrice O'Gorman ( - ). Capitaine Eugène Favre ( - ).
Pertes du groupe Le groupe a participé comme les autres GAMAC au service des tranchées. Mais ses principales pertes sont concentrées dans un engagement à Monacu (Somme) le au cours duquel il perd un tué et huit blessés, dont seulement quatre sont identifiés. Cet engagement est qualifié d'Action AMAC, pour signifier une opération dans laquelle il a été fait principalement appel aux spécificités de ces unités mobiles composées de voitures blindées, bien armées en mitrailleuses et canons, servies par du personnel expérimenté et solidaire. Parmi les décès liés à des opérations du GAMAC, seuls deux hommes ont pu être identifiés. Pour la période de la mission en Roumanie et celle d’après-guerre pendant laquelle le groupe est affecté au Corps d’occupation de Constantinople, on ne dispose d’aucun indication précise sur les opérations et les éventuelles pertes de l’unité au combat, et on recense deux décès par maladie.
+GradeNomDate de blessure/décès/disparitionCirconstance Maréchal-des-logisFernand VaussardTué le TranchéesMaréchal-des-logis Robert DesvernayBlessé en ReconnaissanceSoldatÉtienne BouetBlessé le TranchéesLieutenantEugène SaguezBlessé le TranchéesSergentGeorges CouturierMort des suites de blessures le Action AMACSoldatEugène AdolpheTué le Action AMACMaréchal-des-logisÉtienne BouetBlessé le Action AMACSoldatFlineBlessé le Action AMACnon identifiés4 hommesBlessés le Action AMACBrigadierHenryBlessé le Action AMACSoldatFernand MontagneBlessé le Action AMACMaréchal-des-logisJacques ValudeBlessé le Action AMACAdjudant-chefLouis BarbièreMort le à ConstantinopleFièvre typhoïde et complicationsLieutenantÉmile SterléMort le à ConstantinopleMaladie
Distinctions La section du GAMAC reçoit une citation à l’ordre de la division d'infanterie du :
Personnalités ayant servi au sein du groupe Henri Chomette (1896-1941), maréchal-des-logis, réalisateur de cinéma, frère de René Clair. Roger de Dampierre (1892-1975), duc de San Lorenzo, vicomte de Dampierre, sous-lieutenant de réserve, participe à la Mission française en Roumanie, du au . Robert Desvernay (1886-1959), maréchal-des-logis, grièvement blessé en 1915, neveu du maréchal Louis Franchet d'Espèrey. Henri de Gailhard-Bancel (1884-1944), enseigne de vaisseau de classe, chef de section et commandant du groupe par intérim, fils de Hyacinthe de Gailhard-Bancel, homme politique et avocat, député de 1898 à 1924.