Philippe d’Iribarne, né le à Casablanca (Maroc), est un ingénieur des mines, économiste et anthropologue français, directeur de recherche au CNRS.
Biographie Famille La famille d'Iribarne est une famille connue au pays de Cize, en Basse-NavarrePierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-nobiliaire français, éd. Sedopols, 2012, p. 413-414., mentionnée ancienne et notable depuis 1670.
Elle a donné une longue lignée de notaires royaux, depuis Jean-Pierre d'Iribarne au , jusqu'à Jean-Pierre d'Iribarne (né en 1730), notaire royal de Mongelos, dans l'actuel département des Pyrénées-Atlantiques.
Selon les coutumes de Navarre, elle accède à la noblesseDans les États pyrénéens de Navarre et de Béarn, la noblesse ne s'attachait pas dans de nombreux cas à une personne, mais à une terre qui donnait toujours droit à la qualité de noble à son possesseur et seigneur – et à lui seul –, que cette terre ait été acquise par achat ou par héritage. Cet état de noblesse, attaché à une terre, était renouvelé chaque fois cette terre transmise (concédée) et, de ce fait, rendu d'un état personnel à un état perpétuel (à la différence d'une noblesse héréditaire de naissance)., en entrant en possession par mariage de la maison noble de Jaureguy d'Asconbéguy, en 1728 ()Jauregi : « D'or à cinq cotices de gueules à la bordure d'argent (plutôt du même) chargée de douze flanchis d'or ». Guillaume d'Iribarne (mort en 1767), notaire royal, devint seigneur d'Azkonbegi en vallée de Lantabat par son mariage avec Anne de Jauregi, héritière de Jauregi d'Azkonbegi en 1728. Les Iribarne continueront la possession d'Azkonbegi.H. Lamant J;-M. Regnier, Armorial de Bayonne Pays Basque, t. II, Ekaina, 1984.Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du , 1917, t. XV, p. 465 (lire en ligne)..
Jeunesse et études Philippe d’Iribarne est diplômé de l’École polytechnique (promotion 1955), de l'École des mines de Paris (1960) et de l’Institut d'études politiques de Paris (1960).
Parcours professionnel Il est chargé de mission à la direction de l'énergie et de l'industrialisation du gouvernement en Algérie en 1960 et 1961. Il est ensuite ingénieur des mines à Toulouse les trois années suivantes. Il est ensuite successivement chargé de mission auprès du préfet de la région Midi-Pyrénées en 1964 et 1965, puis au cabinet du ministre de l'Équipement en 1966 et 1967.
Il devient responsable de la recherche à la direction de la prévision du ministère de l'Économie et des Finances en 1968 et y reste trois ans. Il est ensuite directeur du Centre de recherches sur le bien-être (CEREBE) de 1972 à 1988; d'abord en tant que maître de recherches (à partir de 1973) puis en tant que directeur de recherches au CNRS. Philippe d'Iribarne est en même temps chargé de mission à la présidence de la République pour les problèmes de civilisation et de condition de vie en 1973 et 1974.
Il est nommé directeur de Gestion et Société à partir de 1988, puis directeur scientifique de l'Institut de l'homme et de la technologie de 1996 à 2000.
Il prend sa retraite comme ingénieur général des mines en 2003 ; il avait été nommé à ce grade en 1988.
Recherches Philippe d'Iribarne travaille sur l'influence des cultures nationales sur le fonctionnement des organisations. Il part d'une définition de la culture prise à l'anthropologie. Celle-ci est un système de sens à travers lequel l'individu perçoit et interprète une situation ou une action concrète. Il partage ce système de sens avec les autres membres de sa communauté, qui a, au cours de son histoire, élaboré ce système de sens. L'individu n'est pas déterminé dans son comportement et ses valeurs, qui appartiennent à sa personnalité et son histoire propre. Mais ses réactions à une situation ou une action donnée seront fonction de son interprétation, donc de ce système de sens.
D'Iribarne et son équipe Gestion et Société élargissent leur inventaire des cultures nationales en poursuivant leur recherche et leurs travaux sur de nouveaux paysJean-Yves Guillain, « Philippe d'Iribarne. La logique de l'honneur, gestion des entreprises et traditions nationales » (compte-rendu), Politique étrangère, Année 1989, 54-3, pp. 524-525.. Il récuse l'idée que le management, dans sa conception et son usage, serait universel et montre que celui-ci dépend de spécificités nationales. Il montre également que les gestions multi-culturelles exigent une grande complexité des arrangements obligatoires permettant aux membres de ces organisations de cohabiter et de coopérerDavid Courpasson, Iribarne Philippe d' (dir.), « Cultures et mondialisation. Gérer par-delà les frontières » (compte-rendu), Revue française de sociologie, Année 2000, 41-3, pp. 562-564..
Sur l'Islam Dans L'Islam devant la démocratie, Philippe d'Iribarne apporte, selon Alain Henry, « une compréhension nouvelle sur la question d’une hypothétique radicalisation de l’islam subsaharien ». Il avance que les tentations – théocratique, autoritaire, inégalitaire – ne sont guère liées à l'islam. En revanche, il pointe du doigt la contradiction qui existe avec la crainte radicale de ce qui mène à la division (fitna). Pour lui, le durcissement actuel de l'islam est un produit de la modernité et non un reflux conservateur, l'islam le plus tolérant se trouvant souvent dans les campagnes. Le rejet des croyances populaires – sans fondement scripturaire – est moderne. L'élévation du niveau d'éducation et l'alphabétisation a pour effet paradoxal de contribuer à un retour général à la rigueur du texteAlain Henry, « Philippe d'Iribarne. L'Islam devant la démocratie », Afrique contemporaine, 2013/2 (n° 246), pages 154 à 156..
En 2019, dans Islamophobie. Intoxication idéologique, il développe l'idée que le mot islamophobie Le journal La Croix juge cette thèse
Publications La Science et le prince, Denoël, 1970 La Politique du bonheur, Seuil, 1973 Le Gaspillage et le désir, Fayard, 1975 La Logique de l’honneur, Seuil, 1989 Le Chômage paradoxal, PUF, 1990 Vous serez tous des maîtres : la grande illusion des temps modernes, 1996 Cultures et mondialisation (avec Alain Henry, Jean-Pierre Segal et al.), 1998 Le Tiers-monde qui réussit : nouveaux modèles, Odile Jacob, 2003 L'Étrangeté française, Seuil, 2006 Penser la diversité du monde, Seuil, 2008 L'Épreuve des différences : l'expérience d'une entreprise mondiale, Seuil, 2009 Les Immigrés de la République : impasse du multiculturalisme, Paris, Seuil, 2010 L'Envers du moderne : conversation avec Julien Charnay, Paris, CNRS éditions, 2012 L'Islam devant la démocratie, Paris, Gallimard, 2013 Chrétien et moderne, Paris, Gallimard, 2016
La Nation. Une ressource d'avenir, avec Bernard Bourdin, Artège, 2022 Le Grand déclassement. Pourquoi les Français n'aiment pas leur travail !, Albin Michel, 2022 Au-delà des fractures chrétiennes, Paris, Salvator, 2024
Notes et références
Annexes
Article connexe Familles subsistantes d'ancienne bourgeoisie française
Liens externes
Interview sur Cairn.info « La société française face à la mondialisation », conférence du
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