La disparition de Clément Besneville est un cas de disparition non élucidé survenu le à Rabat, au Maroc. Clément Besneville, un ressortissant français âgé de 29 ans au moment des faits, n’a plus donné signe de vie après être sorti de son domicile ce soir-là.

Installé depuis peu au Maroc dans le but d’y ouvrir un restaurant, il a été porté disparu et fait l’objet d’une enquête conjointe des autorités marocaines et françaises, toujours en cours fin 2025. L’affaire, largement relayée par les médias nationaux des deux pays, demeure inexpliquée.

Biographie Clément Besneville est né en 1995. Il possède la double nationalité française et espagnole. Originaire de la région parisienne, il s’installe début 2024 au Maroc. Ayant suivi une formation d’ingénieur, il envisage alors une reconversion dans la restauration. Début , il emménage à Rabat, où il loue un appartement dans le quartier de l’Océan, non loin du littoral atlantique. Il projette d’ouvrir une pizzeria dans la capitale marocaine, et des démarches sont en cours pour lancer cette activité.

Contexte Au moment de sa disparition, Clément Besneville prépare l’ouverture imminente de son restaurant. Il doit signer le bail commercial le , soit cinq jours après les faits. Son installation au Maroc est récente, et il entreprend de régulariser sa situation administrative dans le pays : peu avant de disparaître, il avait sollicité un ami résidant en France afin que celui-ci l'assiste dans la constitution du dossier nécessaire à l'obtention d'un titre de séjour marocain. D’après ses proches, Clément est décrit comme un jeune homme entreprenant et passionné par son projet, n’ayant manifesté aucun signe de vouloir couper les liens avec sa famille ou de planifier un départ volontaire prolongé.

Disparition Le au soir, Clément Besneville quitte son appartement de l’avenue Laalou, dans le quartier de l’Océan à Rabat, vers 22 h. C’est la dernière fois qu’il est vu. Il ne revient pas à son domicile et ne donne plus aucune nouvelle à partir de cette nuit-là.

Un ami marocain signale une absence inquiétante dès le auprès du commissariat du quartier de l'Océan.

Pendant ce temps-là, sa famille, sans nouvelles, tente de le joindre à plusieurs reprises (notamment via des messages WhatsApp restés sans réponse) puis alerte les autorités françaises dans les jours qui suivent. Le signalement officiel de sa disparition est effectué le auprès de la gendarmerie de Cély-en-Bière en Seine-et-Marne, en France. Le dossier est ensuite transmis aux autorités françaises compétentes puis relayé aux autorités marocaines.

Dès la disparition signalée, des recherches sont entreprises au Maroc et en France pour localiser Clément Besneville, sans résultat. Aucun mouvement bancaire inhabituel ni activité détectée n’indiquent une éventuelle fuite ou un voyage de sa part après le .

Enquête L’enquête marocaine est rapidement confiée à la Brigade régionale de la police judiciaire (BRPJ) de Rabat. Les enquêteurs constatent rapidement que Clément Besneville a laissé sur place l’intégralité de ses effets personnels : papiers d’identité, téléphone portable, ordinateur, argent liquide et lunettes se trouvent dans son appartement, ce qui suggère qu’il ne prévoyait pas de s’absenter longtemps. Une vitre de miroir brisée est également relevée dans la salle de bain, et des traces de sang sont découvertes lors des analyses de la police scientifique. D’après le père de Clément, ces traces sanguines retrouvées dans l’appartement ont été confirmées comme appartenant à son fils. En l’absence de preuve formelle d’enlèvement ou de crime sur la scène, l’affaire est traitée comme une disparition inquiétante.

Les autorités marocaines confirment que Clément Besneville a disparu le aux alentours de 22h30 et qu’une enquête est en cours. Face à la complexité de l’affaire, l’enquête a été transférée, en , à la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) basée à Casablanca, compétente pour les dossiers sensibles à l’échelle du pays. En dépit des investigations menées des deux côtés, aucune piste concrète n’a encore abouti. En France, la famille de Clément dépose une plainte pour « enlèvement et séquestration » auprès du parquet de Melun (Seine-et-Marne) début , afin de donner une qualification pénale à la disparition et de renforcer la coopération judiciaire internationale. Le parquet de Melun transmet alors aux autorités marocaines les éléments recueillis de son côté, dans le cadre d’une demande d’entraide pénale internationale).

Au cours de l’année 2025, les enquêteurs marocains assurent à la famille que les investigations se poursuivent. Un commissaire de la police judiciaire de Rabat a informé les proches de Clément que l’affaire restait prioritaire et que toutes les hypothèses étaient examinées . Néanmoins, plus d’un an après les faits, aucune avancée déterminante n’a été annoncée publiquement. Aucune demande de rançon, ni revendication d’enlèvement, ni découverte de corps n’est venue éclaircir le sort de Clément Besneville.

En , le PNAT ouvre à son tour, en France, une enquête qu'il soumet à la DGSI avec pour objectif de retrouver Clément Besneville.

En , le Parquet de Melun ouvre une information judiciaire à la suite du dépôt de plainte effectué par ses parents en juillet 2025 pour enlèvement et séquestration.

Hypothèses évoquées Plusieurs hypothèses ont été envisagées pour expliquer la disparition, sans qu’aucune ne puisse être confirmée à ce stade. La possibilité d’un départ volontaire est largement mise en doute par les proches et par les éléments constatés : le jeune homme venait de lancer un projet professionnel et tous ses effets personnels importants ont été retrouvés intacts à son domicile, ce qui écarte l’idée qu’il ait préparé une fuite délibérée. Clément Besneville avait au contraire montré des signes d’ancrage dans sa nouvelle vie au Maroc, comme en témoignent son bail d’appartement en cours et la signature imminente du contrat de location de son restaurant.

L’hypothèse d’un accident ou d’un malaise survenu ce soir-là a été envisagée, mais aucune trace ni témoignage n’appuie cette thèse. Si Clément avait été victime d’un accident de la circulation ou d’une chute mortelle, il est probable que son corps ou des indices auraient été découverts dans les environs, ce qui n’a pas été le cas. Les recherches menées dans les hôpitaux, les morgues et les environs de Rabat n’ont rien donné.

La piste d’un acte criminel est celle qui retient le plus l’attention des enquêteurs et de la famille, bien que non prouvée à ce jour. La découverte de traces de sang dans l’appartement laisse craindre qu’une altercation ou une agression ait pu s’y produire juste avant la disparition. Il reste à déterminer si ces indices sont le signe d’un crime (violence, enlèvement) ou d’un incident domestique sans lien direct avec la disparition. Aucune hypothèse précise n’est officiellement écartée : kidnapping par un tiers, agression crapuleuse lors d’une sortie nocturne, ou autre scénario. L’enquête se heurte toutefois à un manque de témoins directs et d’éléments matériels exploitables. Didier Besneville, le père de Clément, indique vouloir connaître la vérité sur ce qui est arrivé à son fils, tout en refusant de tirer des conclusions hâtives en l’absence de preuves formelles.

Médiatisation Pendant les premières semaines suivant la disparition, la famille Besneville reste discrète publiquement, espérant une résolution rapide et suivant les conseils initiaux de prudence. Face à l’absence de progrès dans l’enquête, les parents de Clément décident ensuite de médiatiser l’affaire pour obtenir des informations et pousser les autorités à agir. Ils lancent un appel à témoins et créent un site internet dédié afin de centraliser les informations sur la disparition de leur fils.

À partir de l’été 2024, l’affaire commence à être relayée dans la presse. Des médias marocains tels que Al Akhbar et Assabah publient des articles sur la disparition dès 2024, repris ensuite par des sites d’information francophones comme Le360.ma et Bladi.net. En France, la famille obtient également le soutien de certains médias : des reportages et interviews sont diffusés, notamment sur France 3 Île-de-France et dans l’émission Ça commence aujourd’hui sur France 2 (lors d’une spéciale consacrée aux disparitions inquiétantes en 2025).

En , pour marquer plus d’un an sans nouvelles, Didier Besneville accorde une interview à l’Agence France-Presse (AFP) afin de lancer un appel pressant aux autorités des deux pays. « Je cherche mon fils. Je veux retrouver mon fils », déclare-t-il, regrettant le manque de soutien ressenti de la part des autorités françaises. Il révèle avoir écrit des courriers officiels au président Emmanuel Macron et au roi Mohammed VI du Maroc (entre autres) , sans réponse sérieuse à ce jour. Son message est largement repris dans les journaux et sites d’actualité français et marocains, qui soulignent l’angoisse de la famille et les zones d’ombre de l’enquête.

La médiatisation de l’affaire s’étend également aux réseaux sociaux. L’Association de Recherche des Personnes Disparues (ARPD) relaie l’avis de recherche de Clément Besneville sur Twitter/X et d’autres plateformes en , afin de toucher un public plus large. En parallèle, l'association ANTRED, créée par la famille de Tiphaine Véron (une Française disparue au Japon en 2018), apporte son soutien logistique et médiatique aux proches de Clément. Grâce à ces efforts, le profil de Clément Besneville et les circonstances de sa disparition sont régulièrement partagés en ligne, accompagnés du mot-clé #ClementBesneville.

En , le correspondant du Monde au Maroc, Alexandre Aublanc consacre un article à cette disparition. Sous la plume de Céline Cornu l'Agence France Presse diffuse une dépêche qui sera massivement reprise par la presse. De son côté, RTL diffuse une interview du père de Clément réalisée par Thomas Prouteau, consacrée à Clément au cours de son Grand Journal du à 18h00.

État actuel de l’affaire Aujourd'hui, fin 2025, Clément Besneville demeure introuvable. L’enquête officielle reste ouverte des deux côtés de la Méditerranée, mais aucune avancée décisive n’a été communiquée par les autorités marocaines ou françaises. Le dossier est toujours entre les mains de la BNPJ à Casablanca, qui affirme poursuivre les investigations. En France, le parquet de Melun attend également des retombées de la coopération judiciaire engagée avec le Maroc.

La famille de Clément continue de se mobiliser activement pour connaître la vérité sur ce qui lui est arrivé. Ses parents effectuent périodiquement le déplacement au Maroc et multiplient les démarches auprès des administrations, refusant de baisser les bras malgré l’usure psychologique. « Je n’ai pas de soutien du tout. Je suis seul et focalisé sur cette histoire », confie Didier Besneville, qui vit cette épreuve comme un combat quotidien. Entourés de bénévoles et d’associations, ses proches maintiennent la visibilité de l’affaire dans l’espoir d’obtenir de nouveaux témoignages ou l’indice qui permettrait de faire la lumière sur la disparition de Clément Besneville.

Voir aussi

Liste de français disparus à l'étranger

Liens externes Site sur la disparition de Clément, géré par la famille de la victime ANTRED, Association de soutien aux familles, mobilisation d'experts, et actions concrètes pour retrouver des proches disparus à l’étranger.

Notes et références

Besneville, Clément Besneville, Clément Catégorie:Relations entre la France et le Maroc Catégorie:2024 au Maroc