Les relations entre la Zambie et la France désignent les relations diplomatiques bilatérales s'exerçant entre, d'une part, la république de Zambie, État d'Afrique australe, et de l'autre, la République française, État principalement européen. Elles sont structurées par deux ambassades, l'ambassade de France en Zambie et l'ambassade de Zambie en France.
Histoire Dès l'indépendance de la Zambie en 1964, la France et la Zambie ont ouvert des relations diplomatiques par l'ouverture de l'ambassade de France à Lusaka. Cependant le premier accord entre la France et la Zambie date d'avant l'indépendance, il s'agit d'une convention entre la France et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord tendant à éviter les doubles impositions et l'évasion fiscale en matière d'impôts sur les revenus signée le entre la France et la Grande-Bretagne et incluant la Rhodésie du Nord qui devient par la suite la Zambie, la Rhodésie du Sud actuel Zimbabwe et le Nyassaland actuel Malawi qui entre 1953 et 1963 forment la fédération de Rhodésie et du Nyassaland. Avec la dissolution de la Fédération en 1963, un nouvel échange a lieu sur la poursuite de la convention avec ses trois pays et la France le . Les dispositions de la convention sont encore en vigueur entre la France, la Zambie et le Malawi. En 1980, un accord de coopération culturelle est signé entre les deux pays. L'actuel président de Zambie Hakainde Hichilema s'est rendu à deux reprises en France, en 2006 alors qu'il n'est pas président, invité dans le cadre du programme d’invitation des personnalités d’avenir puis en 2023 après avoir été élu président en 2021 où il s'est entretenu avec Emmanuel Macron.
Relations culturelles et économiques
Relations culturelles La coopération culturelle entre la France et la Zambie se fait notamment par le développement de l'apprentissage du français en Zambie, une Alliance française est présente à Lusaka depuis 1972 et dispose de deux antennes à Ndola et Livingstone. Le français est la première langue étrangère apprise dans le pays. L'alliance française organise environ 120 événements par an qui en 2022 ont attiré avec le soutien de 20 partenaires institutionnels. En 2023 lors de la fête de la francophonie, des personnalités du monde francophone étaient présentes à Lusaka comme l'auteur-compositeur-interprète, musicien et homme politique sénégalais Youssou N'Dour. Il y a également un lycée français de Lusaka. Le développement du français en Zambie se fait aussi grâce à d'autres acteurs comme l'Organisation internationale de la francophonie avec qui la Zambie a des relations, on peut citer notamment l'accord de 2010 sur la coopération technique entre l'OIF et le Marché commun de l'Afrique orientale et australe qui porte sur la promotion et le renforcement de l'utilisation du français. Depuis 2016, grâce à un partenariat entre ZNBC et TV5 Monde et France 24, les deux chaines sont disponibles en Zambie. L'Alliance française n'a pas fait que promouvoir la langue française, elle développe aussi l'accessibilité à la culture française et a soutenu la traduction en Bemba du roman Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry.
Des recherches paléontologiques sont aussi menées en Zambie par le Centre national de la recherche scientifique et le Muséum national d'histoire naturelle portant sur des amphibiens et des reptiles d'Afrique australe et d'Antarctique ayant vécu il y a 252 millions d'années un peu avant l'apparition des dinosaures daté aujourd'hui d'il y a 230 millions d'années et expliquant un peu mieux l'extinction Permien-Trias, recherches notamment menées par le paléontologue français Jean-Sébastien Steyer. D'autres recherches sont menées dans la région et en Zambie notamment sur la question de l'origine du genre homo par les chercheurs du musée de l'Homme. Le musée de l'Homme a aussi mené des recherches sur l'homme de Kabwe. Un partenariat entre l'université Jean-Moulin-Lyon-III et l'université de Liverpool sur des recherches en Zambie a permis de découvrir les plus anciens restes d’une structure en bois datés de . Le MNHN a également mené des recherches sur les Reduviidae de Zambie. En un accord est signé entre le MNHN et le National Museum Board de Zambie qui gère notamment le musée national de Lusaka pour une coopération en matière de conservation et gestion de la biodiversité, accord appuyé en 2022 par une déclaration d’intention sur la gestion durable des forêts et soutenu également par l'Agence française de développement. L'Institut de recherche pour le développement est également présent en Zambie.
La France et la Zambie coopèrent aussi en matière de santé avec l'unité mixte de recherche 1058 « Pathogenèse et Contrôle des Infections Chroniques » qui associe l'INSERM, l’université de Montpellier, l’Établissement français du sang et l'University Teaching Hospital (UTH) de Lusaka. Les principales recherches de santé sont des essais cliniques sur le VIH et la tuberculose.
Les coopérations universitaires n'ont fait que se renforcer entre la France et la Zambie, en 2025, le nombre de publications communes avec des partenaires zambiens a été multiplié par 9 par rapport à 2010, passant de 11 publications communes à 99. La majorité des publications sont faites avec l'université de Zambie et l'University Teaching Hospital (UTH) de Lusaka.
Des échanges ont aussi eu lieu lors de la période des Jeux olympiques d'été de 2024 et des Jeux paralympiques d'été de 2024 qui se sont tenus à Paris, notamment avec l'ambassadeur de France et le métropolite de Zambie qui a critiqué la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. La Zambie a participé aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris mais n'a pas pu défiler car étant en retard à la cérémonie d'ouverture des Jeux paralympiques.
Relations économiques La Zambie a connu des difficultés économiques à la suite de la pandémie de Covid-19 mais aussi la fin du super-cycle des matières premières (2000-2014) qui a conduit à une forte réduction de la croissance passant de 7 % en moyenne entre 2000 et 2014 à 2,1 % entre 2015 et 2020. L'économie a connu a rebond après la crise mais inférieur à la situation de croissance entre 2000 et 2014, se trouvant avec une croissance moyenne entre 5,2 % et 6,2 %. De plus, la crise des finances publiques a été aggravée par la politique du président Edgar Lungu de développement des infrastructures tous azimuts avec un soutien financier de la Chine. Depuis les années 1990, la Chine a augmenté son implantation dans le pays, bien que les investissements aient commencé dans les années 1970. Dans les années 1990, la Chine investit dans l’industrie extractive, puis dans les autres secteurs de l’économie zambienne. En 2006, la Chine est le premier créancier du pays avec une dette de 217 millions de dollars, il y a une certaine forme d'opacité quant aux prêts que fait la Chine à la Zambie bien que la Chine non membre du Club de Paris soit signataire de la Déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide au développement, par conséquent elle ne pratique pas de coordination avec les autres bailleurs de fonds. Ainsi le déficit public a atteint 8 % du PIB entre 2015 et 2019 et a atteint en 2020 14 % du PIB forçant la Zambie à faire défaut sur un remboursement d’une échéance d’Euro-obligation, décidant de ne plus rembourser que ses créanciers multilatéraux. Mais avec le changement politique, le nouveau président a décidé d'une diminution du déficit public qui a atteint 3,3 % en 2021. Ainsi, en 2024, la dette publique atteignait 124 % du PIB, soit 30,9 milliards de dollars, la dette extérieure représente 21,4 milliards de dollars, sur ces 21,4 milliards de dollars de dette, 13 milliards de dollars sont en cours de restructuration grâce notamment au soutien de la France. Avec le changement de gouvernement en 2021, les relations avec le FMI se sont normalisées. Les échanges économiques entre la France et la Zambie ont progressé de 3 % en 2024 par rapport à 2023 atteignant une valeur de 54,6 millions d'euros. Cette augmentation s'explique par davantage d'exportations françaises avec plus 10,2 % pour l'année 2024. La Zambie reste cependant un partenaire commercial marginal de la France, figurant au rang de ses clients et au rang de ses fournisseurs. Une douzaine d'entreprises françaises sont présentes en Zambie comme TotalEnergies, Engie, CMA CGM ou Thales.
Références
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