est un film japonais de Keisuke Kinoshita, sorti en 1954, adapté du roman de Tomoji Abe, publié en 1953.
Synopsis Dans une prestigieuse université féminine de Kyoto (fondée en 1908), dirigée par une administration autoritaire, les étudiantes vivent sous un règlement moral strict destiné à former des épouses idéales. Tandis que certaines acceptent ces règles, d'autres commencent à les contester. La révolte prend forme autour de plusieurs figures : Akiko, riche étudiante aux idées progressistes, Tomiko, plus rebelle mais apolitique, et Toshiko, meneuse du mouvement étudiant. Au cœur des tensions se trouve Yoshie, une élève fragile qui s'est inscrite à l'université pour échapper à son père autoritaire et pouvoir épouser, Shimoda, l'homme qu'elle aime. Harcelée par une enseignante et isolée par les autres, elle sombre dans le désespoir. Après sa mort tragique, les étudiantes se soulèvent contre l'administration du pensionnat. Mais leur mouvement révèle aussi leurs divisions, entre engagement politique, prudence et simple désir de liberté.
Fiche technique Ces informations proviennent, du générique du film., de la base IMDb., de la fiche Wikipedia japonaise, de la base de données japonaise JMDb. et du livre Japanese Film Directors d'Audie Bock..
Titre français : Le Jardin des femmes Titre original : Titre anglais : The Garden of Women Réalisateur : Keisuke Kinoshita Assistant réalisateur : Yoshirō Kawazu Scénario : Keisuke Kinoshita d'après le roman de Tomoji Abe (1953) Photographie : Musique : Montage : Yoshi Sugihara Son : Hisao Ōno Direction artistique : Kimihiko Nakamura Décoration : Setsutarō Moriya Production : Takeshi Yamamoto Société de production : Shōchiku (Ofuna Studio) Pays de production : Japon Langue originale : japonais Format : noir et blanc — format standard — 35 mm Genre : drame Durée : 141 minutes (métrage : 14 bobines, 2 851 m) Date de sortie : Japon :
Distribution Mieko Takamine : Mayumi Gojō , une professeure, responsable du dortoir Hideko Takamine : Yoshie Izushi, une étudiante Keiko Kishi : Tomiko Takioka, une étudiante Yoshiko Kuga (Daiei) : Akiko Hayashino, une étudiante Takahiro Tamura : Sankichi Shimoda, l'amoureux de Yoshie : Yoshikazu Sagara Takashi Miki : Masao Izushi Kuniko Igawa : la sœur de Yoshie Yūko Mochizuki : la logeuse Chieko Higashiyama () : la fondatrice de l'Université Shōrin Kikue Mōri (Kurumiza) : la doyenne de l'Université Shōrin Chieko Naniwa : la propriétaire du restaurant Nobuo Kaneko : Yoshihei Hirato, le conseiller (Haiyuza) : le père de Yoshie Kazuko Yamamoto : Toshiro Kazuko Okada : la mère de Sankichi Isao Suenaga : un journaliste Mariko Aoyama : une professeure : une professeure Jeunes femmes de la compagnie de théâtre : les étudiantes
Autour du film Tadao Satō écrit : "Parmi les autres films de Keisuke Kinoshita, on relève aussi : Un amour pur de Carmen (Karumen Junjosu, 1952), comédie qui ridiculise les partisans du réarmement et Le Jardin des femmes (Onna no Sono, 1954), magnifique drame sur le mouvement contestataire des étudiantes, deux œuvres fortes qui mettent directement l'accent sur le pacifisme et la lutte contre le système féodal sur lequel est basée la société japonaise." p 76.
Audie Bock décrit le film dans son livre Japanese film directors comme une : « protestation contre les vestiges du féodalisme dans l'enseignement, rappelant le film Jeunes Filles en uniforme (Mädchen in Uniform, 1931) de Leontine Sagan. Une directrice fière et sévère dans une école privée de jeunes filles fait preuve d'indulgence envers une élève riche malgré ses idées de gauche, et d'une cruauté extrême envers une jeune fille pauvre, envoyée dans ce pensionnat pour l'empêcher de se marier. La rébellion éclate lorsque cette dernière se suicide » p 212. « Le Jardin des femmes met en scène une directrice d'école dont la cruauté découle d'une tragédie personnelle enfouie dans sa jeunesse. Pourtant, le message de Kinoshita est clair : les personnes comme elle doivent être destituées, tout comme les enfants tels que ceux de Haruko dans La tragédie du Japon sont coupables, aussi compréhensible que puisse paraître leur comportement. » p 198.
Audie Bock rappelle que « les femmes de Kinoshita, figures centrales de toutes ses tragédies, savent pertinemment que la guerre, l'oppression politique, les distinctions de classe et l'égoïsme individuel sont des maux. Leurs valeurs penchent toujours du côté de la liberté d'expression, de l'amour familial et, simultanément, de l'amour romantique, ainsi que de l'honnêteté et de la franchise. Face à la menace qui pèse sur leurs valeurs, elles endurent, tantôt en silence et dans la souffrance, tantôt en protestant, mais, dans les situations extrêmes, elles choisissent la mort plutôt que de renoncer à la pureté de leurs sentiments et de leur engagement. Tel est le cas de la jeune fille persécutée, envoyée dans un pensionnat aux allures de prison pour la séparer du garçon qu'elle aime dans Le Jardin des femmes (1954)… » p 197.
Au début du film, après la scène de rébellion des étudiantes, le générique apparaît, suivi de l'hymne non officiel — interdit par l'administration. Plusieurs cartons explicatifs présentent la situation et introduisent le récit, qui se déploie sous forme d'un flash-back": "Les étudiantes réclament la liberté académique et le respect des droits humains. L'établissement souhaite perpétuer sa tradition d'excellence et de développement personnel. Mais pourquoi des frictions apparaissent-elles entre les deux ? Examinons les troubles survenus dans ce haut lieu (jardin) du savoir."
Le film évoque les incidents de Kojin-bashi. survenus le , lorsque des étudiants de l'Université de Kyoto se heurtèrent à la police sur le pont Kojin-bashi, à Kyoto.
Lors de la scène d'adieu entre Yoshie et Sankichi au Château de Himeji, Yoshie évoque le destin tragique des femmes de cette ville, la princesse Senhime, Onatsu — figure de la « femme amoureuse » dans l'œuvre d'Ihara Saikaku —ou encore Okiku.... et s'interroge avec inquiétude sur son propre sort.
Distinctions
Récompenses Prix du film Mainichi 1954. : Meilleure réalisation et du meilleur scénario pour Keisuke Kinoshita (conjointement pour Vingt-quatre prunelles) Meilleure actrice pour Hideko Takamine (conjointement pour Vingt-quatre prunelles, Quelque part sous le ciel immense de Masaki Kobayashi et Aku no tanoshisa de Yasuki Chiba) Meilleure actrice dans un second rôle pour Yoshiko Kuga (conjointement pour Quelque part sous le ciel immense de Masaki Kobayashi, Aku no tanoshisa de Yasuki Chiba et Le Milliardaire de Kon Ichikawa) Meilleure musique pour Meilleur son pour Hisao Ōno (conjointement pour Quelque part sous le ciel immense de Masaki Kobayashi)
Blue Ribbon Awards 1955. : Meilleur scénario pour Keisuke Kinoshita (conjointement pour Vingt-quatre prunelles) Meilleure actrice pour Hideko Takamine (conjointement pour Vingt-quatre prunelles et Quelque part sous le ciel immense de Masaki Kobayashi)
Sélections Le Jardin des femmes est classé à la place du classement des dix meilleurs films japonais de 1954 établi par la revue Kinema Junpō, tandis que Vingt-quatre prunelles sorti la même année, occupe la première place..
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Audie Bock, Japanese Film Directors, published for Japan Society, New York by Kodansha International Ltd, 1978 Tadao Satō, Le Cinéma japonais, tome II, Éditions du Centre Pompidou, Collection Cinéma Pluriel, 1997
Liens externes
Catégorie:Film japonais sorti en 1954 Catégorie:Film dramatique japonais Catégorie:Film japonais en noir et blanc Catégorie:Film en japonais Catégorie:Film réalisé par Keisuke Kinoshita Catégorie:Adaptation d'un roman japonais au cinéma