Frédéric Schaelderlé, né le à Sainte-Marie-aux-Mines, mort le à Zwickau, est un résistant alsacien de la Seconde Guerre mondiale. Fondé de pouvoirs à la compagnie d'assurances Rhin-et-Moselle à Strasbourg, il entre dans la résistance intérieure à l'automne 1941 au sein du groupe Bareiss. Agent de liaison entre les résistants strasbourgeois et ceux du Haut-Rhin, il s'implique également dans une filière d'évasion pour les prisonniers de guerre évadés. Arrêté en , condamné à mort par le en , sa peine est commuée en détention à vie. Il meurt en déportation le .

Biographie Frédéric Schaelderlé est issu d'une famille modeste, il est le fils d'Armand Schaelderlé, artisan cordonnier, et de Caroline Weygand. Élevé dans un milieu francophone et religieux, il suit l'école communale jusqu'à l'âge de 14 ans, puis entre en apprentissage dans une entreprise locale qui l'emploie à titre permanent dès 1909.

Mobilisé dans l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale, il reprend à l'issue du conflit une activité dans le secteur des assurances à Sainte-Marie-aux-Mines, avant de s'installer à Strasbourg en 1925. À la Concorde, il assume la direction du bureau, avant de rejoindre en 1927 la compagnie Rhin-et-Moselle en qualité de fondé de pouvoirs. Il s'investit parallèlement dans le mouvement des anciens combattants et dans la vie sportive associative, et s'unit à Suzanne Ehret pendant l'entre-deux-guerres ; deux enfants naissent de cette union, dont l'aîné Georges en 1924.

Engagement dans la résistance Après l'annexion de fait de l'Alsace, Robert Falbisaner, agent général pour la compagnie Rhin-et-Moselle et responsable du réseau clandestin à Strasbourg-ville, recrute Frédéric Schaelderlé comme agent de liaison en . Frédéric Schaelderlé intègre ainsi le groupe Bareiss, au sein duquel il entretient des relations suivies avec Raymond Berchtold à Mulhouse et Joseph Rey à Colmar. Il participe à plusieurs réunions clandestines et assure la circulation de tracts ainsi que de notes sur la situation en Alsace annexée de fait.

Parallèlement, Frédéric Schaelderlé s'implique dans une filière d'évasion au profit des prisonniers de guerre évadés, en qualité de pourvoyeur et de convoyeur. Son épouse Suzanne contribue à cette action en assurant le ravitaillement et l'habillement des évadés, tandis que des contacts sont établis avec la filière de Caroline Muller, dite « Tante Jeanne », à Haguenau. Il prend en outre part à la diffusion du Rapport économique en et .

Arrestation, jugement et déportation Le , Frédéric Schaelderlé et son épouse sont arrêtés par la Gestapo à la suite d'une dénonciation de Léon Barth. Interné à Strasbourg, il est transféré en au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck, puis le à la prison de Kehl. Jugé une première fois en par le pour aide à l'évasion, il est condamné à une peine d'emprisonnement.

Il est ensuite traduit devant le 4 Sénat du réuni à Strasbourg du au pour juger dix-huit prévenus. Reconnu coupable d'espionnage et d'intelligence avec l'ennemi, il est condamné à la peine capitale. La sentence est confirmée le par l'amiral Bastian. Le , Hitler commue la peine de Frédéric Schaelderlé ainsi que celle de huit de ses co-condamnés en détention à vie dans un établissement pénitentiaire allemand.

Transféré au début de à la prison de Bruchsal, il y demeure jusqu'en , date à laquelle il est acheminé à Ludwigsburg, puis en à Zwickau. Il y décède le .

Son épouse Suzanne, internée au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck à partir du , y est maintenue jusqu'à la libération du camp le . Georges, l'aîné des enfants, est incorporé de force dans la Wehrmacht ; envoyé sur le front de l'Est, il est déclaré disparu le .

Distinctions

par décret du .

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

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Articles connexes

Charles Bareiss Liste de résistants alsaciens Chronologie de l'Alsace annexée entre 1939 et 1945

Liens externes

Catégorie:Résistant alsacien Catégorie:Naissance en novembre 1893 Catégorie:Naissance à Sainte-Marie-aux-Mines Catégorie:Naissance dans le district de Haute-Alsace Catégorie:Décès en mars 1945 Catégorie:Décès à Zwickau Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française Catégorie:Décès à 51 ans