Le causse d’Aumelas est un massif calcaire situé dans le département français de l'Hérault en région Occitanie. Ce massif jurassique est un petit plateau du Montpelliérais, proche de la mer Méditerranée et appartenant à la région naturelle des garrigues. Son altitude varie de 20 m dans la partie sud, proche de l’étang de Thau, à 349 m au Grand Puech, dans la partie septentrionale.

Géographie Situation Le causse d'Aumelas est situé à l’ouest de la ville de Montpellier (Hérault). Il est délimité par : au nord, la route départementale D619 et l’autoroute A750 qui empruntent le col de la Taillade près de Saint-Paul-et-Valmalle ; à l’ouest, la plaine de Hérault ; à l’est, le fossé de Montbazin-Gigean ; au sud, l’étang de Thau.

Les garrigues des calcaires jurassiques du causse d’Aumelas sont parfois désignées sous les noms de « causse d’Aumelas et montagne de la Moure ». Toutefois, sur les cartes de l’Institut géographique national (IGN) la montagne de la Moure ne correspond qu’à la partie méridionale du causse d’Aumelas dont le nom s'applique à l'ensemble de l’entité calcaire.

droite|vignette|Garrigue du causse d'Aumelas.

Le causse d’Aumelas est principalement situé sur la commune du même nom, mais de nombreuses communes périphériques du causse partagent de petites portions de cette garrigue jurassique. Ces communes périphériques sont : Bouzigues, Cournonsec, Cournonterral, Loupian, Pignan, Plaissan, Poussan, Montbazin, Murviel-lès-Montpellier, Saint-Pargoire, Saint-Paul-et-Valmalle, Villeveyrac et Vendémian.

Les principales hauteurs, du nord au sud, sont : le Grand Puech (349 m) ; Peitouze (346 m) ; le mont Haut (341 m) ; le roc Vidal (336 m) ; le puech Cabre (330 m) ; Matte Redonde (323 m) ; Serre Longue (319 m) ; les Trois Pointes (305 m) ; le pioch du Buis (279 m) ; le pioch Bernard (273 m) ; le pioch de Madame (207 m).

Géologie droite|vignette|Le bassin de Montbazin et, au fond, la mer et la montagne de la Gardiole.

Les calcaires du Jurassique supérieur du causse d’Aumelas appartiennent à la structure dite Pli occidental de Montpellier. Cette structure résulte essentiellement des mouvements tangentiels à la fin de l’Éocène, une phase dite pyrénéenne. À l’Oligocène des distensions ont entraîné la formation du bassin de Montbazin-Gigean qui sépare le causse d’Aumelas du massif de la Gardiole.

Géomorphologie Le causse se présente comme un plateau quadrangulaire () relativement plat accusant une pente vers l’ouest. Toutefois, il s’agit d’un plateau karstique dépourvu d’écoulement permanent. Dans la partie orientale, le causse est traversé par le Coulazou, une rivière qui ne coule que lors d'épisodes cévenols ou méditerranéens. Des cavités, pouvant fonctionner en perte ou en émergence (aven de la Grande combe, puits de l'Aven), ponctuent le cours asséché du Coulazou.

droite|vignette|Le Coulazou, près du puits de l'Aven, après les fortes pluies de janvier 2026.

Les zones sommitales situées dans la partie sud du causse sont connues sous le nom de montagne de la Moure qui culmine aux Trois Pointes à l’altitude de 305 m. Le causse d'Aumelas est proche de la mer et balayé par des vents réguliers ayant justifié l’installation de nombreuses éoliennes.

Avec la montagne de la Gardiole, le causse d’Aumelas constitue une des entités calcaires les plus méridionales des « petits causses » qui s’étendent au sud de la montagne de la Séranne (Grands Causses).

Histoire Préhistoire et protohistoire Le causse d’Aumelas est fréquenté depuis le Paléolithique moyen comme l’attestent les vestiges d’une industrie moustérienne retrouvés dans la « Baumasse d’Antonègue » à MontbazinHenry de Lumley, « La Baumasse d’Antonegue (Monbazin, Hérault) », Archéologie en Languedoc, , 1979, p. 1-6., entendre la « grande grotte » du Mas d’Antonègue ou Antonègre. En 1965, Jean-Marie Thomas, ébéniste à Montbazin, cherchant une suite à la cavité, a désobstrué un boyau descendant et mis au jour une industrie moustérienne et une faune quaternaire.

Ce plateau calcaire recouvert de garrigues n’est pas très peuplé. Toutefois, des monuments mégalithiques et des vestiges archéologiques indiquent qu’il n’en a pas toujours été ainsi : « Le Causse d'Aumelas, d'une superficie de environ, situé à une quinzaine de kilomètres à l'Ouest de Montpellier, recèle quelques sépultures mégalithiques, pour la plupart ruinées, et des cavités naturelles qui ont été utilisées depuis le Chalcolithique jusqu'au début de l'Age du FerJacques Bousquet, « Menhirs inédits du causse d'Aumelas (Hérault) », Bulletin de la Société préhistorique française, 1968, 65-8, p. 203-205.. »

Le site archéologique du Castellas Dans la partie nord-est du causse, la colline du Castellas (Murviel-lès-Montpellier) est occupée depuis le (oppidum d'Altimurium). À la fin du , le site antique s'étendait sur 30 hectares.

La baume de Bioge Dans la combe de Crespine, la baume de Bioge a représenté un enjeu politico-religieux pour les habitants de Cournonterral. En 1719, le conseil de la communauté de Cournonterral a ordonné de boucher à nouveau la grotteClaude Viala, Grottes et caches camisardes, spéléologie et mémoire huguenote, Les Presses du Languedoc édit., 2005, 159 p.. La baume de Bioge a été rouverte officiellement le 27 mars 1887 par Pompilius Bastide dit Lius, maire de la commune et protestant pratiquant. La grotte était fréquentée par les protestants qui en ont fait un symbole de la résistance.

Usage militaire droite|vignette|Fragment de projectile militaire retrouvé à Cournonterral.

Pratiquement désert, le causse d'Aumelas a été utilisé à des fins militaires (camp du Cardonnet), fin du et début , pour des manœuvres et exercices à tirs réels.

Références

Annexes

Articles connexes Aumelas Montpellier

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