Michael Hendricks, né en au New Jersey (États-Unis) et mort le à Montréal (Canada), est un militant américano-canadien pour les droits des personnes LGBTQ2S+ et dans la lutte contre le sida.
Il est notamment connu pour la bataille juridique qu'il mène avec son conjoint René LeBoeuf en faveur du droit au mariage entre personnes de même genre. Le 1er avril 2004, Michael Hendricks et René LeBoeuf deviennent le premier couple homosexuel à se marier civilement au Québec.
Biographie Michael Hendricks naît le 7 novembre 1941 et grandit à Trenton, au New Jersey, aux États-Unis.
En septembre 1968, Il immigre au Canada afin d'éviter la conscription militaire américaine lors de la Guerre du Vietnam. Au Canada, il participe à de nombreuses manifestations contre la guerre au sein de l'American Refugee Service (ARS), à Montréal et à Ottawa.
Michael Hendricks et René LeBoeuf se rencontrent lors d'une fête du Jour de l'an, à Montréal, le 31 décembre 1973.
En 1974, avec leur collègue Gilles Rochon, ils ouvrent l'un des premiers restaurants végétariens de Montréal, Au Jardin, situé sur la rue Duluth à Montréal, dont le personnel est exclusivement composé de personnes homosexuelles.
En 1976, René LeBoeuf s'installe à Montréal et le couple s'y établit officiellement. Pendant plusieurs décennies, ils résident dans le Plateau-Mont-Royal, à Montréal, dans une maison où chacun occupe son propre étage.
Lutte contre le sida et implication dans ACT UP Montréal
En janvier 1990, après avoir appris que plusieurs de leurs proches sont infectés par le VIH, Michael Hendricks et René LeBoeuf se joignent au chapitre montréalais de ACT UP, un collectif luttant contre l'inaction du gouvernement pendant la crise du sida. vignette|Panneau commémoratif au parc de l'Espoir, dans l'arrondissement Ville-Marie, à Montréal
Entre 1990 et 1993, l'organisme coordonne une quarantaine de manifestations et d'activités de sensibilisation au VIH/sida. Technicien en photographie, René LeBoeuf agit comme le photographe officiel d'ACT UP Montréal.
Le couple Hendricks-LeBoeuf contribue à la création du parc de l'Espoir, un parc commémoratif dédié aux personnes décédées du sida au Québec, dont ils poursuivent ensuite la promotion au sein du Comité du parc de l'Espoir. Michael Hendricks est porte-parole de ce comité, maintenant connu sous le nom de La Mémoire vivante du parc de l'Espoir.
Pendant plusieurs années, Hendricks organise un souper annuel avec le Comité des personnes atteintes du VIH du Québec, s'occupant d'apporter l'ensemble du repas.
Lutte contre la violence et la discrimination envers les personnes LGBTQ2S+ Le 15 juillet 1990, la police de Montréal fait une descente dans un bar clandestin, le Sex Garage, et procède à plusieurs arrestations, ce qui provoque d'importantes manifestations dans les jours suivants. Michael Hendricks participe à l'organisation de plusieurs de ces manifestations et cofonde, à la suite de cet événement, le groupe Lesbiennes et gais contre la violence / Lesbians and Gays Against Violence. Au cours de la décennie suivante, il œuvre à la prévention de la violence et de la discrimination envers les personnes LGBTQ2S+ au sein de plusieurs organismes.
Dès 1991, Michael Hendricks participe à l'organisation de rencontres entre la communauté gaie et la police de la Communauté urbaine de Montréal (CUM) au sujet d'une série de meurtres visant des hommes homosexuels fréquentant le Village gai, dont ceux de Pierre-Yvon Croft et de Marc Bellerive. Il dénonce le refus initial des autorités policières de reconnaître un lien entre ces crimes, dont huit cas remontant à 1989 sont alors étudiés par la section des crimes majeurs du service de police local.
En 1992, il cofonde la Table de concertation des lesbiennes et des gais du Grand Montréal ainsi que son Comité sur la violence. La création de ce comité fait notamment suite à une enquête entreprise en 1991 par des membres d'ACT UP Montréal portant sur une série d'homicides d'hommes gais dans la région montréalaise. En décembre 1992, à titre de porte-parole du groupe, Michael Hendricks réagit au meutre d'Yves Lalonde, un homme de 51 ans battu à mort dans un parc montréalais par des adolescents skinheads. Il s'agit alors du neuvième homosexuel tué de cette manière à Montréal en 4 ans. Hendricks déplore notamment que de nombreuses agressions contre des personnes homosexuelles ne soient jamais rapportées à la police.
De 1994 à 1998, il siège au Comité multipartite sur la violence envers les lesbiennes et les gais, qui réunit des représentants du Service de police de la Ville de Montréal, de la Sûreté du Québec, de la Ville de Montréal et des communautés LGBTQ2S+. En octobre 1994, il co-organise à une conférence de presse conjointe avec le service de police, soulignant la collaboration ayant mené à l'arrestation, dans un bar du Village gai, d'un suspect recherché à Toronto pour un meurtre homophobe. En 1996, Hendricks dit constater une nette amélioration de ces relations depuis l'arrivée du directeur du SPCUM Jacques Duchesneau, notamment grâce à l'ouverture, le 17 mai 1995, d'un mini-poste de police à la station de métro Beaudry, au coeur du Village gai.
À partir de 1995, il cofonde et administre, avec Roger LeClerc, Claudine Metcalfe et Douglas Buckley-Couvrette, le groupe Dire enfin la violence pour venir en aide aux victimes de violence homophobe et de violence conjugale entre personnes de même sexe. Faute de financement stable, le groupe est dissous en février 2003.
Entre 1995 et 1997, Michael Hendricks est coordonnateur général de la Table de concertation des lesbiennes et des gais du Grand Montréal et organise, en mars 1996, les États généraux de la communauté gaie et lesbienne montréalaise.
Au cours de sa vie, il collabore à plusieurs reprises avec les Archives gaies du Québec et son président, Jacques Prince. Il s'implique également auprès de l'organisme communautaire Stella et milite pour les droits des travailleuses du sexe.
Décès Michael Hendricks meurt le 18 juillet 2026 à Montréal, à l'âge de 84 ans, par aide médicale à mourir, à la suite d'une maladie pulmonaire dégénérative.
Son décès suscite de nombreux hommages dans la communauté LGBTQ2S+ et fait l'objet d'une large couverture médiatique au Québec, au Canada et à l'international, où il est salué comme un pionnier des droits LGBTQ+.
Poursuite judiciaire pour le droit au mariage vignette|Michael Hendricks et René LeBoeuf, lors de leur mariageEn juillet 1998, alors qu'il est porte-parole du groupe Homolibre, Michael Hendricks critique la lenteur du gouvernement du Québec à reconnaître juridiquement les conjoints de même sexe, estimant que les militants québécois ont eu tort de privilégier les pressions politiques plutôt que les recours devant les tribunaux, contrairement à des homosexuels du Canada anglais. Il reproche notamment au gouvernement de « patiner » et de « gouverner par sondages ».
Le 14 septembre 1998, Michael Hendricks et René LeBoeuf tentent d'obtenir une licence de mariage civil au palais de justice de Montréal. Ils modifient le formulaire pour indiquer « époux et époux » plutôt que « époux et épouse ». La demande est refusée par le préposé aux mariages.
Suite à ce refus, le couple intente une poursuite contre le gouvernement du Québec afin d'obtenir le droit de se marier, soutenant que cette interdiction est une violation à la Charte canadienne des droits et libertés. Il conteste également la définition alors en vigueur du mariage, qui excluait les couples de même sexe. Le couple retient les services de l'avocat Stéphane Gendron, qui dépose en leur nom une requête en jugement déclaratoire devant la Cour supérieure du Québec, invoquant à la fois la Charte des droits et libertés de la personne du Québec et la Constitution canadienne. La requête, déposée contre le ministre de la Justice et procureur général du Québec de l'époque, Serge Ménard, fait suite à une démarche similaire entreprise en janvier 1998 par un autre couple, Martin Dubé et Manuel Gamboa, interrompue depuis.
Le couple reçoit le soutien, notamment financier, de la communauté pour l'aider à couvrir les frais de son recours judiciaire, qui s'élèvent au total à plus de 300 000 $. En août 2001, dans le cadre des célébrations de la Fierté gaie de Montréal organisées par Divers/Cité, une activité de mariages symboliques est organisée au profit de Michael Hendricks et René Leboeuf.
En février 2002, la juge Louise Lemelin, de la Cour supérieure du Québec, ordonne la réouverture des audiences afin d'évaluer l'incidence possible d'un éventuel régime d'union civile sur les recours demandés par le couple.
Le 6 septembre 2002, la Cour supérieur du Québec statue en faveur du couple. Le jugement suspend toutefois sa prise d'effet pendant une période, le temps que le législateur agisse.
Le 19 mars 2004, la Cour d'appel du Québec confirme le jugement de 2002 et retire le délai suspensif, rendant le droit au mariage entre personnes de même sexe effectif immédiatement au Québec.
Après 30 ans de vie commune et un combat judiciaire de plus de six ans, le couple Hendricks-LeBoeuf se marie le 1er avril 2004, à l'hôtel de ville de Montréal. L'événement est grandement médiatisé.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Parc de l'Espoir Archives gaies du Québec Conseil québécois LGBT
Liens externes
Fonds Michael Hendricks / René LeBoeuf aux Archives gaies du Québec : AGQ-F0107
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