Orano est une entreprise française détenue par l'État français spécialisée dans les combustibles nucléaires et issue du démantèlement en 2018 de la multinationale française Areva, restée pendant deux décennies leader mondial du secteur de l'énergie nucléaire. Histoire

Areva étant ébranlée par plusieurs affaires politico-financières, ses effectifs ont chuté de 78 % en une décennie : en 2010 puis en 2014 et seulement en 2020 dans la nouvelle entreprise Orano. Le gouvernement avait contraint Areva à la vente à Alstom en 2010 de sa très rentable Areva T&D, convoitée depuis 2006 par Alstom et Bouygues.

En 2016, la société New Areva est créée pour regrouper les activités relatives au combustible nucléaire : extraction de l'uranium à la mine, concentration, raffinage, conversion et enrichissement de l'uranium, fabrication d'assemblages de combustibles nucléaires, transport des combustibles nucléaires, traitement des combustibles nucléaires usés, démantèlement nucléaire et gestion des déchets radioactifs. Le , New Areva devient Orano.

2018-2019 : démantèlement d'Areva et création d'Orano Le , la restructuration d'Areva est achevée. New Areva (également dénommée NewCo) qui est la nouvelle société créée autour du cycle du combustible nucléaire d'ex-Areva, prend le nom d'Orano qui ne gardera le contrôle que des activités de production et de recyclage du combustible nucléaire.... Claude Imauven est nommé président du conseil d'administration..

Le logo d'Orano s'appuie sur une référence visuelle à la circularité de l'activité du groupe (recyclage des combustibles nucléaires).. L'identité d'Orano a été confiée à Insign, une agence de brand design, pour un coût global de cinq millions d'euros. Le nom d'Orano fait référence à Ouranos, dieu grec du ciel et son pendant romain Uranus, d'où la planète Uranus tire son nom, et qui a servi plus tard lorsqu'il s'est agi de trouver un nom à l'uranium. La couleur jaune a été choisie en référence à la couleur du minerai d'uranium..

Le recentrage sur le cycle de l'uranium entraîne une réduction du périmètre d'Orano par rapport à celui d'ex-Areva. Le chiffre d'affaires devrait être divisé par deux et s'établir à deux milliards d'euros en 2018. L'effectif du nouvel ensemble est ramené de à .

Le , l'entrée au capital des investisseurs japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) et JNFL (Japan Nuclear Fuel Limited) est effective : en apportant, ensemble, d'euros, chacun détient désormais 5 % du capital d'OranoOrano, ex-Areva, achève sa restructuration avec l'entrée au capital de JNFL et MHI, Capital, 27 février 2018.. La prise de participation du chinois CNNC, évoquée depuis le protocole d'accord de 2015, n'a pas lieu, en raison des exigences trop importantes des dirigeants de CNNC. .

Début , Orano signe un contrat de faisabilité de retraitement de combustible russe de réacteurs VVER 1000 (avec l'électricien ukrainien EnergoAtom) qui ouvre la voie au recyclage de combustibles ukrainiens en France à l'usine de la Hague. Les déchets ultimes issus de ce traitement seront conditionnés « Recyclage de combustible usé : contrat avec l'Ukraine pour Orano », AFP et Connaissance des énergies, 3 mai 2018..

Fin 2019, Orano quitte la Tour Areva de La Défense pour s'installer à Châtillon.

2021-2022 : guerre en Ukraine et relance du nucléaire En , Orano annonce avoir reçu des permis d'exploration attribués par les autorités locales pour chercher des gisements d'uranium dans deux zones du Groenland..

Le , Orano signe avec quatre électriciens allemands (PreussenElektra, RWE, EnBW et Vattenfall) des contrats pour dans son usine de La Hague d'ici à 2024. Ces quatre sociétés verseront en contrepartie plus d'un milliard d'euros à Orano. Les gouvernements français et allemand s'étaient mis d'accord en juin sur le principe de ce retour. Orano a traité plus de de combustibles usés des centrales nucléaires allemandes entre 1977 et 1991. Ces déchets traités à La Hague, représentant « plus de 97 % » de la radioactivité, ont déjà été renvoyés en Allemagne entre 1996 et 2011 pour y être stockés ; l'accord de 2021 porte sur le reliquat composé de déchets à haute activité radioactive à vie longue ainsi que d'emballages usés qui ont servi au transport des matières radioactivesOrano rend ses déchets nucléaires à l'Allemagne, Les Échos, 19 août 2021..

En , l'État français annonce le rachat des dernières parts possédées par Areva S.A. dans le capital d'Orano pour un montant évalué à 563 millions d'euros, ce qui représente environ 9,4 % du capital de la société, soit 24,8 millions d'actions..

En , Orano relance le projet d'extension de son usine Georges-Besse II d'enrichissement d'uranium, dont le coût est estimé entre 1,3 et 1,7 milliard d'euros. Ce projet, à l'étude chez Areva en 2004, avait été arrêté à la suite de l'accident de Fukushima, mais redevient opportun à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, qui cause une désaffection croissante pour des commandes d'uranium enrichi russe. Le marché mondial est dominé par le russe Rosatom, qui détient près de 50 % de parts de marché ; Orano revendique un peu plus de 10 % de parts de marché, derrière le néerlandais Urenco. L'administration américaine a indiqué son souhait de supprimer tout approvisionnement russe pour l'uranium enrichi d'ici 2030. Le projet d'extension de l'usine Georges-Besse II vise une augmentation de ses capacités de production d'uranium de 7,5 millions à 11 millions d'UTS ; les travaux commenceraient fin 2024 pour commencer à fournir les clients en 2028Le français Orano veut profiter du désamour pour le nucléaire russe, Les Échos, 21 décembre 2022...

2023-2024 : diversification des activités et crise au Niger En 2023, le chiffre d'affaires d'Orano augmente de 12,7 % et sa dette nette tombe au-dessous de 1,5 milliard d'euros, près d'un milliard de moins qu'en 2018. Le carnet de commandes atteint 30,8 milliards d'euros, après plus de 9 milliards de prises de commande en 2023. Les activités de diversification dans les batteries et le médical pourraient renforcer l'entreprise : les batteries pourraient peser entre 1,2 et 1,3 milliard d'euros de chiffre d'affaires à l'horizon 2030 et les essais de phase 2 en cours aux États-Unis sur l'alphathérapie ciblée mise au point par Orano Med pour traiter des cancers ont obtenu de la Food and Drug Administration le statut de « percée thérapeutique ». Orano va investir 1,7 milliard d'euros pour augmenter de 30 % ses capacités d'enrichissement au Tricastin et étudie la fourniture des combustibles des futurs SMR.

Tout au long de l'année 2024, les activités minières au Niger, Orano Niger, sont perturbées. En février la production d'uranium de la Somaîr au Niger redémarre après la suspension des activités liés au coup d'état en 2023.. Mais en octobre, Orano annonce « suspendre » sa production, faute de pouvoir « continuer à travailler » dans le pays.. Et en décembre, le groupe annonce avoir « perdu le contrôle opérationnel » de sa filiale minière au Niger, le permis d'exploitation ayant été suspendu par les autorités Nigériennes. Orano indique avoir demandé un arbitrage international à l'encontre du Niger.

2025-2026 En , l’État du Niger décide, lors d'un conseil des ministres, Le Niger nationalise la filiale du géant français de l’uranium Orano, un nouvel acte marquant la rupture du régime avec Paris, Le Monde, 19 juin 2025..

Fin 2025, le président de la République française, Emmanuel Macron, propose de renouveler le mandat de président du conseil d'administration de Claude Imauven. Cette proposition doit encore être confirmée par l'Assemblée nationale française et le Sénat..

La Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3) publiée en prévoit le renouvellement des installations de recyclage du combustible nucléaire. Ce programme, baptisé « Aval du futur », pourrait coûter entre 40 et 50 milliards d'euros. Face à la saturation des équipements historiques du site de La Hague, des piscines d'entreposage d'uranium usé et un centre de stockage de plutonium supplémentaire sont attendus à partir de 2038-2040. Dans une deuxième phase seront construites de nouvelles usines de combustible MOX et de retraitement du combustible usagé. Une décision d'investissement est attendue en 2030 pour les piscines et l'usine de MOX, dont les études de faisabilité ont été validées. EDF sera le principal financeur du programme et estime sa quote-part à environ 30 milliards d'euros courants entre 2027 et 2040Amélie Laurin, Nucléaire : l'horizon s'éclaircit pour les futures installations d'Orano à La Hague malgré une facture salée, Les Échos, 20 février 2026..

Prospective Face au « pic d'uranium », dans une prospective de long terme, Orano participe aux efforts internationaux de sécurisation des ressources en anticipant le moment où la production des gisements actuels ne suffira plus à couvrir la demande mondiale croissante. Pour cela une stratégie à double détente est prévue par le groupe, combinant l'exploration intensive de nouveaux bassins miniers (dont au Kazakhstan et en Mongolie via ses filiales) et l'optimisation des technologies de recyclage de combustibles usagés, de déchets issus du retraitement ou de matériaux fissiles d'origine militaire (démantèlement ou déclassement de têtes nucléaires) (Orano a notamment une expertise sur le plutonium, qui lui vient de l'usine de Melox (Gard)..

En 2025, à la tribune du Symposium mondial sur le nucléaire à Londres, Nicolas Maes (PDG d'Orano) a déclaré se féliciter de la « positivité » de l'énergie nucléaire, mais que . Il s'inquiète de l'arrivée de nombreux nouveaux arrivants dans l'industrie, dont les échéanciers promis .

Activités

Métiers Depuis 2018, Orano, recentré sur la valorisation des matières nucléaires et la gestion des déchets, est divisé en quatre familles de métiers Rapport annuel d'activité au 31-08-2017, sur orano.group.. :

Mines Orano Mining (anciennement Areva Mines, au sein d'Areva NC), spécialisé dans les activités minières (extraction de l'uranium : elle fournit des concentrés d'uranium pour l'industrie nucléaire) ; Orano Mining Niger regroupant les activités des mines de Cominak SA, Somair SA ainsi que le projet de mine Imouraren SA Katco (Kazakhstan) co-entreprise avec l'état kazakh Orano Resources Southern Africa (UraMin) Orano Canada Inc. Areva Mongol LLC Nurlikum Mining (Ouzbékistan) Amont Orano Chimie - Enrichissement (Orano CE) (anciennement au sein d'Areva NC, puis Orano Cycle), spécialisé dans les activités de chimie et d'enrichissement d'uranium, notamment sur les sites du Tricastin et de Malvési Cette branche comprend notamment l'ancienne usine d'enrichissement eurodif, la nouvelle usine d'enrichissement George Besse II, les usines chimiques de Comurhex et la Socatri. Société d'enrichissement du Tricastin (SET) Laboratoire d'Etalons d'Activité (LEA) Aval Orano Recyclage (anciennement au sein d'Areva NC, puis Orano Cycle), spécialisé dans les activités de traitement et de recyclage des combustibles usés, notamment sur le site de La Hague ; Orano Nuclear Packages and Services, dans les solutions de logistique nucléaire (transport, entreposage et gestion de la matière) Lemaréchal Celestin SAS Orano NCS GmbH (Allemagne) Transnuclear Ltd (Japon) détenue à 50 % sur les opérations de recyclage, transport et traitement du parc nucléaire japonais Orano Démantèlement et Services SA (DS) né de la fusion de la STMI, Trihom et autres sous traitants nucléaires Société industrielle de combustible nucléaire (SICN), Société des techniques en milieu ionisant (STMI), Compagnie française de mines et métaux (CFMM), Orano Démantèlement (anciennement Orano Cycle), spécialisé dans le démantèlement d'installations nucléaires Orano Projets spécialisé dans l'ingenierie via la détention de Inevo Group et Ceris Autres activités Orano Med (anciennement Areva Med) spécialisé dans la médecine nucléaire et le traitement par alphathérapie ciblé