vignette|upright=1.3|Un missile balistique peut porter plusieurs ogives permettant de frapper des objectifs différents dans une même zone. Un missile balistique intercontinental ( ou ICBM) est un missile balistique d'une portée supérieure ou égale à (par convention de traités)..

Historique

Le complexe militaro-industriel allemand lança durant la Seconde Guerre mondiale les premières études pour un lanceur pouvant emporter des charges militaires sur un autre continent, la cible spécifique étant les États-Unis, mais la chute du Troisième Reich interrompit les recherches et les Alliés se partagèrent ses travaux.

Le premier missile balistique intercontinental fut le soviétique R-7 Semiorka (R-7 ) qui parcourut le . Le succès du second essai du dans sa trajectoire ascendante poussa l'Union soviétique à l'utiliser comme lanceur de satellite, ce qu'elle fit avec la 8K71PS ou R-7 , qui emporta le le . Deux suivirent en novembre de la même année, qui envoyèrent en orbite et 3.

Le premier tir d'un ICBM aux États-Unis a eu lieu avec un SM-65 Atlas le . Entre 1957 et 1972, sont construit par le Corps du génie de l'armée des États-Unis; une organisation spécifique étant active de 1960 à 1967 pour soutenir l'USAF mettant en oeuvre ces installations, le Corps of Engineers Ballistic Missile Construction Office (CEBMCO)..

Charge utile vignette|Lancement sous-marin du missile Trident (D-5) des États-Unis. Les missiles balistiques intercontinentaux sont généralement conçus pour porter une ou plusieurs ogives nucléaires.

Cependant, l'URSS avait durant la guerre froide des armes biologiques embarquées à bord de certains missiles. Jusqu'en 1992, le système fournissait aux États-Unis une capacité de lancement rapide de satellites de télécommunications, en remplaçant la charge utile nucléaire d'un ICBM Minuteman par un répéteur UHF.

Depuis les années 2000, des responsables des forces armées des États-Unis étudient la possibilité d'installer des ogives conventionnelles ou inertes (l'énergie cinétique due à la grande vitesse d’impact causant d'importants dégâts) à la place des armes nucléaires sur plusieurs de leurs missiles balistiques dans les années 2010–2020 dans le cadre du programme Prompt Global StrikeDéfense et Sécurité internationale , mars 2008. Un premier essai avec un missile mer-sol balistique stratégique Trident aurait dû avoir lieu en « L’US Navy prévoit de tester en aout prochain des technologies liées au missile Trident conventionnel », Le portail des sous-marins, 23 mai 2009 mais ce programme a été abandonné. L'utilisation de telles charges comporte des problèmes d'identification par les autres pays qui, en cas de tir, ne peuvent savoir s'il s'agit d'un bombardement nucléaire ou conventionnel US 'Prompt Global Strike' Capability: A New Destabilising Sub-State Deterrent in the Making?, British American Security Concil, juin 2006.

La république populaire de Chine a en revanche développé des versions du DF-21 emportant des charges conventionnelles.

Au sujet des armes nucléaires, l'état de préparation au combat est qualifié de lancement rapide ou de lancement différé, en fonction de leur statut.

Catégories

Les ICBM se différencient des autres missiles balistiques par leur vitesse et leur portée : les missiles balistiques à courte portée pour champ de bataille, (TBM) ou également (BRBM) ; les missiles balistiques de courte portée SRBM : portée maximale de selon le des États-Unis ; les missiles balistiques de portée moyenne MRBM : portée entre et selon la des États-Unis ; les missiles balistiques de portée intermédiaire IRBM : portée entre et selon la des États-Unis.

En 2017, tous les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies disposent de systèmes opérationnels permettant de lancer des ICBM : tous possèdent des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) et la Russie, les États-Unis et la Chine ont des bases terrestres permettant de lancer des missiles balistiques intercontinentaux. De plus, la Chine et la Russie possèdent des systèmes terrestres mobiles.

En plus des membres du conseil permanent de l'ONU, l’Inde développe une variante de son missile Agni, appelé Agni 4, qui aurait une portée de . Certaines agences de renseignement soupçonnent la Corée du Nord de vouloir en développer ; deux tests de différents prototypes de missiles en 1998 et 2006 n’ont pas été concluants.

En 1991, les États-Unis et la Russie ont conclu un traité de réduction des armes stratégiques afin de réduire leurs déploiements d’ICBM et les ogives attribuées.

Phases de vol Vol balistique Les phases suivantes de vol balistique peuvent être distinguées :

Phase de poussée : de 3 à 4 minutes ; l'altitude à la fin de cette phase est entre , la vitesse moyenne est de (la vitesse de satellisation minimale d'un objet de la surface de la Terre est de ) ; Phase intermédiaire : environ 25 minutes pour une cible à — vol suborbital sur une orbite elliptique, c'est-à-dire l'orbite fait partie d'une ellipse avec l'axe principal vertical ; l'apogée est à une altitude d'environ ; l'axe semi-principal vaut entre 1 fois et le rayon de la Terre ; la projection de l'orbite sur la surface de la terre est un grand cercle ; Phase de rentrée : environ 2 minutes. Le missile peut libérer quelques ogives, chacune ayant une trajectoire propre, ainsi qu'un grand nombre de leurres pour dérouter la défense antimissile.

Vol planant vignette|Représentation du planeur hypersonique Hypersonic Technology Vehicle 2 (HTV-2) de l’USAF testé en 2010 et 2011. Envisagé depuis la conception des premiers missiles balistiques et testé en 1959 avec , reporté dans les années 1960/70 pour éviter une course à l’armement et testé à partir des années 1980 par les États-Unis puis par la Chine et la Russie depuis les années 2000, les spécialistes recherchent une trajectoire de « croisière » extrêmement rapide (entre ), tout en maintenant la manœuvrabilité des MIRV à charge conventionnelle ou nucléaire potentiellement « satellisable ».

Une des solutions est une ogive de type planeur hypersonique () qui rebondit sur l’atmosphère (entre 80 et d’altitude). En général, toute l'énergie est fournie dans la phase balistique initiale, puis l'engin avance sur son élan, étant essentiellement piloté lorsqu'il replonge dans les hautes couches de l’atmosphère pour rebondir Trajectoire Qian étudié par la Chine , sur i.imgur.com.

Liste de missiles balistiques intercontinentaux

nom local code OTAN pays dépl. ogives charge masse propulsion(par étage) portée Précision tir R-7 SS-6 Sapwood 1957 1 2,9 Mt 265 t et kér. tourSM-65 Atlas 1959 1 1,4 Mt 121 t kér. tour et silo R-16 SS-7 Saddler 1961 1 5 Mt 140 t et hyp. tour et siloSM-68 Titan 1961 1 4 Mt 100 t kér. et kér. 1 400 m siloLGM-30 Minuteman 1962 1 1,2 Mt 29 t , sol. et sol. siloTitan 1962 1 9 Mt 154 t sol., sol., sol. n.d. silo R-9 SS-8 Sasin 1964 1 2,3 Mt 81 t kér. et kér. tour et silo R-36 SS-9 Scarp 1966 1 18–25 Mt 210 t hyp. et hyp. 920 m silo UR-100 SS-11 Sego 1967 1 500 kt 42 t hyp. et hyp. silo RT-2 SS-13 Savage 1968 1 1,5 Mt 50 t sol., sol., sol. siloLGM-30 Minuteman 1967 1 1,2 Mt 33 t sol., sol., sol. silo RT-20P SS-15 Scrooge 1969 1 500 kt 30 t sol. et hyp. 600 m mobileLGM-30F Minuteman 1971 3 170 kt 35 t sol., sol., sol. 280 m silo R-29 SS-N-8 Sawfly 1974 1 à 7 100-500 kt 33 t mer., sol. - n.d. SNLE R-36M SS-18 Satan 1974 1 à 10 11 Mt (ogive unique) 210 t hyp. et hyp. 400 m silo MR-UR-100 SS-17 Spanker 1975 1 3,5–6 Mt 71 t hyp. et hyp. 420 m silo UR-100N SS-19 Stiletto 1975 6 650 kt 105 t hyp., hyp., hyp. 350 m silo RT-21 SS-16 Sinner 1976 1 1–1,5 Mt 44 t sol., sol., sol. 450 m mobileTrident 1979 8 100 kt 33 t mer., sol. 380 m SNLE DF-4 CSS-3 1980 1 à 3 3,3 Mt 82 t sol., sol., sol. silo DF-5 CSS-4 1981 1 2 Mt 183 t hyp., hyp., hyp. 500 m silo R-39 Rif SS-N-20 Sturgeon 1983 10 100-200 kt 84 t mer., sol. n.d. SNLE RT-2PM Topol SS-25 Sickle 1985 1 550 kt 45 t sol., sol., sol. 150 m mobile et siloLGM-118A Peacekeeper 1986 10 300 kt 88 t sol., sol., sol. 100 m siloJericho 1986 n.d. 26 t sol. et sol. n.d. tour RT-23 SS-24 Scalpel 1987 10 400 kt 104 t sol., sol., sol. 150 m mobile et siloTrident 1990 1 à 8 100-475 kt 58 t mer., sol. 90 m SNLEM45 1996 6 150 kt 35 t mer., sol. 200 m SNLE RT-2PM2 Topol-M SS-27 Sickle-B 1997 1 550 kt 47 t sol., sol., sol. 350 m mobile et silo DF-31 CSS-9 2000 1 1 Mt 42 t sol., sol., sol. 300 m mobileJericho 2008 n.d. siloM51 2010 6 à 10 100-110 kt 54 t mer., sol. 200 m SNLE RS-24 Iars SS-29 2010 3 150-200 kt 50 t sol., sol., sol. 250 m silo, mobile RS-26 Orechnik SS-X-31 2011 6 150-300 kt 36 t sol., sol., sol. 90-250 m silo, mobile Julang 2 CSS-N-4 2015 3 à 10 250- 23 t mer., sol n.d. SNLEHwasong-14 2017 1 n.d. 34 t n.d. tourHwasong-15 2017 1 n.d. 72 t n.d. mobileAgni-V 2018 1 n.d. 72 t 17m mobile RS-28 Sarmat SS-30 Satan-2 2020 15 n.d. >100 t sol., sol., sol. 10 m silo, mobile R-29RMU2 Sineva SS-N-18 2007 4 500 kt 46 t mer/sol 15 m SNLE R-30 Boulava SS-N-32 2013 6 à 10 100-150 kt 37 t mer., sol. SNLE

centré|1000px|Liste des missiles balistiques intercontinentaux américains, soviétiques et chinois avec leur durée de mise en service, leur nombre d'ogives et d'engins déployés (en allemand).

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Défense antimissile Missile mer-sol balistique stratégique (SLBM) Missile balistique à portée intermédiaire (IRBM) Missile balistique à moyenne portée (MRBM) Missile balistique à courte portée (SRBM) Militarisation de l'espace

Liens externes Estimated Strategic Nuclear Weapons Inventories, Estimated Strategic Nuclear Weapons Inventories, Intercontinental Ballistic and Cruise Missiles