vignette|Alexis Joseph Pérignon, Hortense Schneider dans le rôle de Boulotte (1874)Château de Compiègne..

Catherine Jeanne Schneider, dite Hortense Schneider, est une cantatrice française née le à Bordeaux et morte le à Paris Acte de décès à Paris , n° 882, vue 22/31., qui connut un immense succès sous le Second Empire.

Biographie

Hortense est fille d'un tailleur alsacien, Jean Georges Schneider, né à Bauheim en 1801, installé à Bordeaux (Caudéran) et mort le , alcoolique, et de son épouse née Élisabeth Boissières. Elle commence à chanter dès l'âge de trois ans (1836), monte sur scène à douze (1845), tout en prenant des leçons de chant, puis se joint à une petite troupe de province, au théâtre d'Agen.

Elle s'installe à Paris en 1855. C'est à cette époque qu'elle abandonne son prénom originel pour celui d'« Hortense », qui était celui de la mère de l'empereur« Parcours mémori.elles », storymaps.arcgis.com, consulté le 15 avril 2025..

Elle devient la maîtresse du chanteur Jean Berthelier, qui la présente au compositeur Jacques Offenbach. Celui-ci l'engage immédiatement aux Bouffes-Parisiens qui venaient d'ouvrir le de cette année-là. Elle débute dans une opérette en un acte basée sur une légende bretonne, Le Violoneux, avec un livret de Joseph Darcier et une musique d'Offenbach. Sa et son lui valent les louanges du journal Le Figaro.

Elle y crée ensuite Tromb-al-ca-zar et La Rose de Saint-Flour, toujours d'Offenbach, avant d'être embauchée aux Variétés puis au Palais-Royal.

Elle retrouve Offenbach pour Le Brésilien, première collaboration du musicien avec les dramaturges Henri Meilhac et Ludovic Halévy. Elle devient la muse du trio et leur inspire leurs plus grands succès aux Variétés.

En 1858, de sa liaison avec le Ludovic de Gramont, duc de Caderousse (1835-1865) naît un fils, André, handicapé mental.

En 1864, elle tient le rôle principal dans La Belle Hélène. Lors de la création de cette pièce, une rivalité l'oppose à l'actrice Léa Silly, au point qu'elle refuse que celle-ci se livre à la moindre fantaisie lorsqu'elles sont ensemble sur scène.

L'année suivante, le duc de Gramont-Caderousse meurt, lui léguant une partie de sa fortune afin de subvenir aux besoins de leur fils, Georges André Schneider.

Barbe-Bleue est créée en 1866, et en 1867 La Grande-Duchesse de Gérolstein est écrite pour l'Exposition universelle. Hortense Schneider y obtient un triomphe, et toutes les têtes couronnées du monde se pressent dans sa loge, l'empereur Napoléon III et le prince de Galles, le tsar Alexandre II de Russie, mais aussi le khédive d'Égypte, Ismaïl Pacha, avec qui elle entretient une liaison. La beauté et le talent de l'actrice font de La Grande-Duchesse de Gérolstein le clou de l'Exposition. L'année suivante, elle passe quelques mois en Égypte auprès du khédive, toujours épris d'elle.

La défaite de 1871, la chute de l'Empire et l'épisode tragique de la Commune de Paris mettent un terme à l'insouciance de la « fête impériale », et la Troisième République naît dans cette atmosphère de crises majeures et difficilement surmontées. La carrière d'Hortense, qui a près de quarante ans, décline en France.

Cependant, toujours appréciée à l'étranger, elle est invitée par les cours d'Europe qui dépensent des fortunes pour la faire venir, notamment en Russie. Elle collabore encore avec Hervé pour La Veuve du Malabar (1873) et La Belle Poule (1875), puis se retire définitivement après la mort d'Offenbach en 1880 pour se consacrer à son fils.

En 1881, âgée de quarante-huit ans, elle épouse un Italien qui se prétend « comte de Bionne » mais qui, en réalité, n'a aucun titre et qui est sans doute plus motivé par la fortune de l'actrice que par l'amour. La séparation a lieu très peu de temps après le mariage. Elle se fait bâtir en 1883 un hôtel particulier au 123, avenue de Versailles (démoli en 1969), et se consacre à son fils, mort en 1919.

Elle meurt à Paris en 1920, quelques mois après son fils, Georges André. Elle lègue toute sa fortune à l'Orphelinat des Arts.

Elle est inhumée au cimetière protestant de Bordeaux.

Témoignages Gustave Claudin (1823-1896), journaliste au Figaro :

Paulus (1845-1908), chanteur à succès :

Principaux rôles 1858 : Le Fils de la belle au bois dormant de Lambert-Thiboust, Paul Siraudin et Adolphe Choler, théâtre du Palais-Royal 1860 : La Pénélope à la mode de Caen d'Eugène Grangé, Paul Siraudin et Lambert-Thiboust, théâtre du Palais-Royal 1864 : La Belle Hélène, théâtre des Variétés 1866 : Barbe-Bleue, théâtre des Variétés 1867 : La Grande-duchesse de Gérolstein, théâtre des Variétés 1868 : La Périchole, théâtre des Variétés 1869 : La Diva, théâtre des Bouffes-Parisiens

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Marcel Rouff et Thérèse Casevitz, La Vie de fête sous le Second Empire - Hortense Schneider, éditions Jules Taillandier, 1931 « Le Décor de la vie sous le Second Empire », in L'Illustration, , Denyse Vautrin, Mimi Bamboche ou la Jeunesse d'Hortense Schneider, coll. « Documents histoire », Denoël, 1979 Jean-Paul Bonami, La Diva d'Offenbach. Hortense Schneider (1833–1920), Romillat, Paris, 2004

Iconographie Albert-Ernest Carrier-Belleuse, Hortense Schneider, vers 1855, terre cuite, musée du Second Empire, château de Compiègne Edmond Morin, La Loge d'Hortense Schneider au théâtre des Variétés, 1873, aquarelle, musée du Second Empire, château de Compiègne ; le tableau sur le site de la RMN Alexis Joseph Pérignon, Hortense Schneider en costume de Boulotte dans Barbe-bleue, 1886, huile sur bois, musée du Second Empire, château de Compiègne

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