Le château de Cadillac se situe dans la commune de Cadillac-sur-Garonne, dans le département français de la Gironde. Le château, les douves et le jardin sont classés au titre des monuments historiques par la liste de 1862 et par arrêté du ; la porte du potager est inscrite au titre des monuments historiques en 1965.
Le château ducal de Cadillac comme une centaine d’autres monuments, propriété de l’État, est géré, animé et ouvert à la visite par le Centre des monuments nationaux.
Présentation Historique Le château est construit dans la ville du même nom sur la demande de Jean-Louis de Nogaret de La Valette (1554-1642), fait premier duc d'Épernon. Archétype du Gascon orgueilleux, fier et bagarreur, ce château incarne la toute-puissance de ce cadet de Gascogne, devenu l'un des mignons du roi Henri III, qualifié de « Demi-Roi », et amassant honneurs et richesses avant de mourir en disgrâce à 88 ans sous le règne de Louis XIII, à qui il fournit des gardes pour fonder en 1622 la première compagnie des Mousquetaires du roi.
Le cabinet de travail du duc fut familièrement appelé « la Moutarde » par ses domestiques, tant étaient craintes ses sautes d'humeur.
Pour le bâtir, le quadrant Nord-ouest de la ville fortifiée est rasée. Le château ducal est un témoin de la fin de la Renaissance et annonce déjà le classicisme du . À l'origine, il était flanqué de deux ailes monumentales et de quatre pavillons d'angle qui entouraient la cour d'honneur fermée par un mur d'enceinte. Les ailes, les pavillons et ce mur de clôture sont démantelés mi et leurs pierres vendues.
Saisi pendant la Révolution française, il abrite la première prison pour femmes au , pour laquelle les deux ailes actuelles et la conciergerie sont édifiées ; la Maison centrale de force et de correction devient en 1905 l’une des trois école de « préservation » de jeunes femmes publiques de France. Le monument est fortement endommagé à la suite d'un incendie (1928) et devient enfin une Institution publique d’éducation surveillée qui ferme en 1951 après les suicides de deux pupilles... L'administration pénitentiaire restitue alors le château ducal au secrétariat aux beaux-arts, puis au ministère de la Culture.
De nos jours Au cœur de la bastide de Cadillac-sur-Garonne, le château ducal, ancien palais du gouverneur de Guyenne, est un des grands monuments historiques en Bordelais. Il est ouvert à la visite toute l’année et a connu d'importantes campagnes de restauration et de valorisation permettant d'évoquer ses riches intérieurs d'origine, du . On peut y admirer notamment des plafonds à la française, des volets intérieurs peints, des cheminées monumentales à la française et une série de tapisseries des , qui rendent compte des fastueuses collections des ducs d'Épernon. On y parcourt l'Histoire entre guerres de Religion, début du règne des Bourbons, Fronde, jusqu'à l'avènement du règne personnel de Louis XIV et la fin prématurée de la lignée des Épernon. L’eners du décor, à savoir son occupation pénitentiaire au féminin de 1822 à 1951 n’est pas occultée pour autant. Le parcours permanent du château ducal se visite de fond en comble, sur 4 niveaux.
Selon l'historien local Jacques d'Welles (Revue historique de Bordeaux et du département de la Gironde de 1957), en 1611 le duc d'Epernon fit transférer du château des Nogaret de La Valette à Caumont - où pas moins de 61 tapisseries seront inventoriées en 1662 - dans celui de Cadillac qu'il a fait édifier a partir de 1598, « la tapisserie de Jacob et un mobilier de velours tanné et argenté ». Il aurait commandé des tapisseries à des ateliers bordelais, et dès 1604 aurait appointé des maîtres-tapissiers à demeure.
Une tapisserie de la tenture de L'histoire d'Henry le Troisième (alors duc d'Anjou), en 22 ou 26 pièces, qui fut commandée par le duc et tissée entre 1632 et 1636 dans l'atelier avec un effectif de huit garçons tapissiers organisé sur place par Claude de Lapierre, qui en 1985 avait été acquise à la galerie Bresset, et fit partie de la collection de Jacqueline Soulard, libraire d'art puis antiquaire dans un château de Haut-Var, fut préemptée en vente publique à Cannes le (OVV Pichon et Noudel-Deniau), pour la somme de 14 950 euros (reprod. coul. p. 149 de La Gazette Drouot du ).
On y découvre enfin d'immenses salles et espaces (jusqu'aux sous-sols, leur cuisine et des salles d'échos) et le destin de ce château, qui garde aussi la trace d'un demi-siècle d'occupation carcérale. Sur l'arrière, un jardin d'agrément restitué à la fin du est accessible depuis la ville. Sa surface est adossée aux fortifications de la ville.
Galerie
Notes et références
Annexes
Bibliographie
A. Braquehaye, « Les architectes, sculpteurs, peintres et tapissiers du duc d'Épernon, à Cadillac », dans Réunion des sociétés des beaux-arts des départements à la Sorbonne du 15 au , typographie E. Plon, Paris, 1884, . Olivier du Payrat, Renaud Serrette, Le château de Cadillac, éditions du patrimoine (collection Itinéraires), Paris, 2017 . Catherine Duboÿ-Lahonde, « Le petit jardin de Jean-Louis de La Valette à Cadillac (Gironde) », dans Situ revue des patrimoines, 2001, .
Articles connexes Liste des monuments historiques de la Gironde Liste des châteaux de la Gironde
Liens externes
. Consulté le . Falk Bretschneider, Julie Claustre, Isabelle Heullant-Donat, Élisabeth Lusset, webdocumentaire Le cloître et la prison. Les espaces de l'enfermement, 2018, http://cloitreprison.fr.
Cadillac Cadillac Chateau Cadillac Catégorie:Monument historique classé en 1862 Catégorie:Monument historique classé en 1956 Catégorie:Monument historique inscrit en 1965 Catégorie:Édifice géré par le Centre des monuments nationaux Catégorie:Gironde au XVIIe siècle Catégorie:Patrimoine architectural de l'Entre-deux-Mers Catégorie:Ancienne prison en Gironde