L’histoire de l’humanité. (aussi nommée par les historiens histoire du monde. ou histoire universelle., dénominations induisant des confusions avec l'histoire de l'univers, l'histoire de la Terre et l'histoire naturelle) est la discipline scientifique qui, par les résultats de ses recherches croisées en anthropologie, archéologie, paléontologie, climatologie, génétique et sociologie, formule un récit synthétique de l'évolution de l'humanité depuis l'apparition d’Homo sapiens à l'époque préhistorique jusqu'à aujourd’hui, en mentionnant les nombreux et différents mythes de cette histoire, mais sans s'aligner sur leurs points de vuePatrick Boucheron, Le temps qui reste, Éditions du Seuil, collection "Libelle", Paris 2023, ..

Homo sapiens

La plus ancienne preuve archéologiques attestant de l'existence d'un Homo sapiens dans le passé (genre décrit en 1758 par Carl LinnéInventaire national du patrimoine naturel - P. Gouillou ) fut découverte au Maroc à Jebel Irhoud en 2017) et a été datée par thermoluminescence de à J. McNish du Musée d'histoire naturelle de Londres - , 7 juin 2017., et par série de l'uranium avec résonance de spin électronique de à J-J. Bahain, Y. Yokoyama, C. Falguères, R. Bibron - sur Persee (1995)..

Avant la découverte du Maroc, la plus ancienne découverte connue provenait d'Éthiopie (Rivière Omo)Richard Leakey du Musée national de Nairobi - in : Nature n° 222.Cf. aussi Louis Leakey & Kamoya Kimeu en 1967-8 in : C. Broderick 2018 - .O M Pearson (Université du Nouveau-Mexique - les États-Unis d'Amérique), D F Royer, F E Grinec, J G Fleagle , (Elsevier B.V.)., datée de à A S Hammond (Université George Washington - États-Unis), D F Royer, J G Fleagle , Elsevier 2017.C M Vidal (Université de Cambridge - Angleterre), C S Lane, A Asrat, D N Barfod, D F Mark, E L Tomlinson, A Zafu Tadesse, G Yirgu, A Deino, W Hutchison, Aurélien Mounier, Clive Oppenheimer https://www.nature.com/articles/s41586-021-04275-8 Nature (2022), https://www.nature.com/ (Springer Nature) ← https://www.hominides.com/les-origines-dhomo-sapiens-au-maroc-il-y-a-300-000-ans/, https://www.hominides.com/ datée ultérieurement (Vidal et al. 2022) à un minimum de à par analyse stratigraphique en tant que tephra.

Paléolithique

vignette|Aurochs représentés dans la grotte de Lascaux peint par des chasseurs-cueilleurs. C'est au Paléolithique que se développe le langage et que l'enterrement des morts se généralise. Ce dernier trait suggère une capacité à la prévoyance — la sépulture masquant la décomposition des corps — et une meilleure compréhension du concept de mort.

Les humains de cette époque se parent d'objets divers pour rehausser leur apparence. Ils vivent de chasse et de cueillette et sont en général nomades.

Le peuplement humain gagne bientôt toute l'Afrique ainsi que les zones non gelées de l'Asie, puis l'Océanie et enfin l'Europe et l'Amérique. Bien que l'installation des humains en Amérique du Nord ait toujours été datée vers -12 000, des traces de pas datant de -23 000 ont été découvertes dans le sud-ouest des États-Unishttps://www.pourlascience.fr/sd/paleontologie-humaine/l-homme-etait-deja-en-amerique-il-y-a-23-000-ans-22517.php.

Parfois, certaines sociétés de chasseurs-cueilleurs, en général très restreintes, développent une stratification sociale et établissent des contacts sur de longues distances.

Au fil du temps, la plupart de ces sociétés de chasseurs-cueilleurs se transforment en États agricoles plus importants, ou sont absorbées par de tels États ; les autres sont exterminées ou demeurent isolées. Il en existe encore dans certaines régions écartées. Épipaléolithique et Mésolithique

thumb|upright=1.5|left|L'hémisphère nord durant la dernière glaciation. Le Mésolithique débute à la fin du Pléistocène, il y a environ , et prend fin avec le développement de l'agriculture dont la date d'apparition varie selon les régions. Dans certains endroits où l'agriculture est déjà présente à la fin du Pléistocène — au Proche-Orient par exemple — le Mésolithique est très court et mal défini et, pour les régions peu touchées par la glaciation, on préfère parfois parler d'Épipaléolithique. Les régions plus affectées connaissent, elles, une période mésolithique beaucoup plus marquée, qui dure parfois plusieurs millénaires. C'est le cas, par exemple, pour les sociétés d'Europe du Nord qui profitent de l'abondance de nourriture que leur fournissent les régions marécageuses créées par le changement climatique. Ces différences locales engendrent une spécification des cultures dont témoignent les vestiges aziliens et maglemosiens et retardent le passage au Néolithique qui n'a lieu que vers 4000 en Europe du Nord.

Les vestiges de cette période sont rares et se limitent souvent à des dépotoirs (accumulations de déchets alimentaires) mais les premiers signes de déforestation apparaissent dans les régions boisées. La pratique ne se généralisera cependant qu'au Néolithique quand l'agriculture rendra nécessaire l'utilisation de grands espaces.

Le Mésolithique se caractérise en général par des microlithes en silex. Des objets destinés à la pêche, des herminettes de pierre et des objets en bois, canoës et arcs, ont été retrouvés sur certains sites.

Néolithique et Protohistoire

Débutant au cours du , le Néolithique se caractérise par les débuts de la sédentarisation, l'introduction de l'élevage, l'invention de l'agriculture et le début du travail des métaux.

Développement de l'agriculture

thumb|upright=1.5|Le Croissant fertile. Un changement crucial — qualifié de « révolution » par le préhistorien Vere Gordon Childe — a lieu aux alentours du avec le développement de l'agriculture. Ce sont les Sumériens qui débutent, vers 9500 En 7000, la pratique est répandue dans la vallée de l'Indus ; en 6000, en Égypte ; en 5000, en Chine. Elle apparaît par ailleurs en Mésoamérique vers 2700. La recherche traditionnelle a eu tendance à se concentrer sur la région du Croissant fertile, mais les études archéologiques menées sur le continent américain ainsi qu'en Asie de l'Est et du Sud-Est montrent que certains systèmes agricoles pourraient avoir été développés quasiment aux mêmes périodes.

Une étape supplémentaire dans l'évolution de l'agriculture au Proche-Orient est, à compter de 5500 , le développement de l'irrigation organisée et l'utilisation par les Sumériens d'une main-d'œuvre spécialisée. Le bronze et le fer supplantent la pierre dont dépendait l'agriculture pour la confection des outils agricoles et des armes. Les outils, ornements et armes en cuivre ou bronze deviennent la norme aux alentours de 3000 . Puis l'usage du fer se développe dans la Méditerranée orientale, au Proche-Orient et en Chine.

Il est possible que les Amériques aient ignoré l'usage du fer jusqu'à la culture de Chavin, en 900 , mais nous savons que les Moche disposaient d'armures, de couteaux et de vaisselle en métal. Les Incas eux-mêmes, pourtant peu riches en métal, en recouvrent le soc de leurs charrues, du moins après leur conquête des Chimú. La recherche archéologique au Pérou a cependant été très restreinte jusqu'à présent — on découvrait encore des cités entières en 2004 — et la conquête espagnole a brûlé la majeure partie des quipus (cordelettes de couleurs portant une suite de nœuds et consignant des données) de l'époque. Certaines excavations suggèrent que l'acier aurait pu y être fondu avant même de l'être en Europe.

thumb|left|Élevage et agriculture en Égypte antique. Les vallées des fleuves deviennent les berceaux des premières civilisations : le Tigre et l'Euphrate en Irak et en Syrie, le fleuve Jaune en Chine, le Nil en Égypte et l'Indus au Pakistan. Certains peuples nomades, tels les aborigènes d'Australie ou les San d'Afrique australe, n'utilisent pas directement l'agriculture.

Jusqu'aux débuts de la colonisation européenne, au , une grande partie de la planète est occupée par des groupes humains non constitués en États. Menacés ou influencés par des États déjà constitués, ces groupes se transforment eux-mêmes pour devenir des États (cf. Moravie, Lituanie). Certains groupes, comme les Kassites et les Mandchous, sont absorbés par les États qu'ils ont conquis.

L'agriculture peut permettre l'émergence de sociétés complexes, appelées « civilisations », la formation d'États et l'apparition de marchés. Cependant, on peut trouver un contrexemple : les Mongols étaient des pasteurs qui ont créé l'empire le plus vaste qui ait existé. La technologie, quant à elle, permet à l'homme de contrôler la nature et de développer transports et communications. thumb|Historia mundi

Naissance de la religion

Certains historiens situent au Néolithique les débuts des croyances religieuses — principalement cultes d'une déesse-mère et d'un ciel-père ainsi que la divinisation du soleil et de la lune.

Aube des civilisations

Essor des États

thumb|Le traité de Qadesh. L'un des plus anciens traités de paix.

Le développement de l'agriculture a de nombreuses conséquences capitales, l'une d'entre elles étant que les concentrations humaines deviennent de plus en plus importantes et s'organisent en États. La théorie de la circonscription affirme que les organisations humaines se sont complexifiées avec les conflits liés au manque d'espace. Il existe plusieurs acceptions du terme « État ». Max Weber et Norbert Elias le définissent comme une organisation humaine contrôlant de façon exclusive et légale l'emploi de la force sur une zone géographique spécifique.

Les premiers États apparaissent en Mésopotamie, en Égypte et dans la vallée de l'Indus vers la fin du et au début du . En Mésopotamie, ils prennent la forme de cités-États, tandis que l'Égypte, initialement sans ville, en voit se développer rapidement. La civilisation de la vallée de l'Indus constitue une exception en ce sens qu'elle ne semble pas avoir disposé de la force armée qu'un État nécessite traditionnellement pour asseoir sa légitimité — force armée nécessitant elle-même une bureaucratie. En Chine, c'est vers la fin du et au début du qu'apparaissent les premiers États.

Au Proche-Orient, les États présents entrent parfois en conflit. L'un des premiers traités de paix, le traité de Qadesh, est signé entre les Égyptiens et les Hittites aux alentours de 1275 . En Europe, la première civilisation à se développer est la Grèce antique, à partir de 1200 . Par la suite, d'importants empires se constituent avec pour noyau le territoire d'origine d'un groupe ayant conquis les régions avoisinantes. C'est le cas de la Perse (), de l'empire Maurya (), de la Chine () et de Rome ( ).

Il arrive que d'importants empires s'affrontent. C'est le cas au , quand le califat d'Arabie, qui s'étend de l'Espagne à l'Iran, lutte plusieurs décennies pour le contrôle de l'Asie centrale contre la Chine des Tang, dont l'empire s'étend jusqu'à la Corée. Le plus vaste empire terrestre fut celui des Mongols au . À cette époque, la plupart des êtres humains d'Europe, d'Asie et d'Afrique du Nord dépendent d'États. On trouve aussi des États au Mexique et dans la partie occidentale de l'Amérique du Sud. Petit à petit, toutes les régions et populations du globe tombent sous la tutelle d'un État ou d'un autre ; le traité de Berlin de 1878 distribuant les derniers « blancs » restants.

thumb|upright=2|center|Ruines de la cité de Palmyre au Proche-Orient avant les démolitions opérées en 2017 par « Daesh ».