La maison de Châtillon est une grande famille noble du Moyen Âge, originaire de Champagne (Châtillon-sur-Marne), et dont les nombreuses branches se sont développées dès le sur tout le nord du royaume de France.

Ses membres ont possédé de vastes domaines et se sont alliés à plusieurs maisons souveraines.

Elle s'éteignit avec Gaucher Louis de Châtillon (1737-1762 ; , à Mauléon), dont les deux filles se marièrent dans les maisons de Crussol et de La Trémoille.

Origine La maison de Châtillon tirait son nom d'un comté champenois dont Châtillon-sur-Marne (Marne) était le chef-lieu......

Branches La maison de Châtillon a formé plusieurs branches :

Branche aînée

La filiation suivie commence avec († après 1076/1089), seigneur de Châtillon-sur-Marne, peut-être lié aux personnages cités plus haut et fils de Milon de Châtillon et d'Avenelle de MontfortÉtienne Pattou, (mais ne reviennent pas dans sa descendance les prénoms des précédents, pas même celui du plus prestigieux d'entre eux, Eudes/pape ). Il épouse Ermengarde de Choisy(-au-Bac), dans l'Oise, près de Compiègne (elle semble parente des premiers Coucy : sans doute la sœur d'Aubri, sire de Coucy ; peut-être issus des comtes de Beaumont-sur-Oise), dont : († 1101 en Palestine), fils de et d'Ermengarde, seigneur de Châtillon, vassal d’Étienne-Henri, comte de Blois et de Champagne. Peut-être mari de Mahaut de Louvain (petite-fille du comte le Barbu et de Gerberge fille du carolingien Charles de Lorraine), dont : († vers 1130), fils de , époux d'Ermengarde de Montjay († vers 1139), fille d'Aubri de Montjay. Il existe aussi une thèse inverse avec Ermengarde de Châtillon, fille ou sœur de et femme d' de Montjay, fils d'Aubri Payen de Montjay-la-Tour, à Villevaudé (Seine-et-Marne). En tout cas, de l'union entre Henri et Ermengarde vient la succession des sires de Châtillon-sur-Marne. Dont : († 1148 à Laodicée), fils d'Ermengarde et d'Henri, croisé, sire de Châtillon et de Montjay, mari av. 1134 d'Ade/Alix, dont l'origine est discutée : une Roucy, fille du comte Hugues Cholet comte de Roucy et peut-être d'Aveline de Pierrefonds et d'Autrêches ? ; ou bien plutôt une fille de Dreux de Pierrefonds et d'Autrêches — un frère ou un neveu d'Aveline — et de Béatrix de Montlhéry, cette dernière fille de Guy et sœur d'Hugues, étant dame de Crécy, la Chapelle-en-Brie, Crèvecœur-en-Brie, ce qui expliquerait l'arrivée de ces fiefs briards chez les Châtillon : en effet, en devient alors le seigneur.. Dont : († 1170), marié vers 1162 avec Alix de Dreux, petite-fille de , fille du comte de Dreux et d'Harvise (Havoise) de Salisbury, dont : († 1191 à Acre), croisé ; , auteur des comtes de St-Pol, qui suivent ; Robert de Châtillon, évêque de Laon en 1210-1215 ; Adèle († après 1216), femme de , d'où succession ; Marie († après 1242), épouse 1° Renaud comte de Dammartin, 2° Robert de Vieuxpont, sire de Courville (d'où succession) et 3° , comte de Vendôme. Gaucher ( de Nanteuil) († vers 1190), époux d'Helvide de Nanteuil, d'où la branche des seigneurs de Nanteuil-la-Fosse et d'Autrêches (dont sans doute l'évêque Milon de Beauvais, leur probable fils puîné).. Gervais († après 1159) ; († vers 1117), possessionné en Tardenois, probablement grâce à l'héritage maternel, Rumigny/Romigny dépendant de l'abbaye royale Ste-Marie/St-Corneille de Compiègne : d'où les sires de Savigny (-sur-Ardres ?, plutôt que Sévigny ou Sévigny), avoués de Rumigny (plutôt que Rumigny) au , dont et Guermond (voir aussi l'article Alain de Roucy) ; Jacques ; Pierre, archidiacre de Soissons.

Châtillon-Saint-Pol : comtes de Saint-Pol (1205-1378) ; comtes de Blois ( branche, 1230-1292)

de Châtillon, et de St-Pol (vers 1162-1219), frère cadet de , fils de et Alix de Dreux ; comte de Saint-Pol, seigneur d'Encre et de Lucheux par son mariage avec Dame Élisabeth/Isabeau comtesse de Saint-Pol (1197) fille et héritière de ; seigneur de Châtillon et de Clichy, Grand Bouteiller de France et de Champagne, sénéchal de Bourgogne. Il accompagna le roi Philippe-Auguste en Terre sainte et se distingua au siège de Saint-Jean d'Acre et à la bataille de BouvinesAlice Saunier-Seité, Les Courtenay, Éditions France-Empire, 1998. , ; parents de Guy (-) et Hugues (-) : de Châtillon, et de Saint-Pol († 1226), fils aîné des précédents ; comte de Saint-Pol et comte héritier de Nevers, de Tonnerre et d'Auxerre par son mariage avec , héritière de Nevers, dame de Donzy et St-Aignan, fille d' et Mathilde de Courtenay (comtesse de Nevers, Auxerre et Tonnerre, † 1257). De cette union naquirent : († 1250), comte héritier de Nevers, Auxerre et Tonnerre, sire de Montjay, Donzy, St-Aignan, marié à Jeanne de France, comtesse de Clermont-en-Beauvaisis et de Boulogne, fille de Philippe Hurepel et petite-fille de Philippe-Auguste. Sans postérité ; Yolande de Châtillon († 1254), sa sœur, comtesse héritière de Nevers, Auxerre et Tonnerre, dame de Donzy, Saint-Aignan et Montjay, mariée à : d'où la succession de ces fiefs en 1257 (le roi descend plusieurs fois de cette union) ; de Châtillon, de St-Pol, de Blois (fin du - à Avignon), fils de - et frère cadet de - de Saint-Pol ; comte de Saint-Pol, puis comte de Blois par son mariage, seigneur d'Encre. Épousa d'abord Agnès, fille de comte de Bar, puis en secondes noces Marie d'Avesnes de Blois (†1241), comtesse de Blois et de Dunois et dame de Château-Renault par sa mère la comtesse Marguerite († 1230, fille de , petite-fille de , nièce de Philippe Auguste) ; en tant qu'héritière de son père d'Avesnes, elle est dame d'Avesnes, Leuze, Guise, Condé, Bohain (1236), Trélon, Landrecies, Le Nouvion etc. ; De cette union : († /1280), comte de Blois et de Dunois (1241) et de Chartres (1248) (première branche des Châtillon-Blois, comtes de Blois et de Dunois jusqu'en 1292, comtes de Chartres jusqu'en 1286 : Chartres passe alors aux Valois – le comte Charles père du roi , et ses descendants Alençon), seigneur de Châtillon, d'Avesnes, Leuze, Condé-(château), Landrecies, Guise, du Nouvion-en-Thiérache, Bohain (vers 1268-jusqu'à 1289 : sa fille Jeanne cède alors Bohain à son cousin germain -), marié en 1254 à Alix de Bretagne fille du duc . De cette union est née : Jeanne de (Châtillon)-Blois († 1292), comtesse de Blois, Chartres et Dunois, dame des fiefs d'Avesnes dont Guise (sauf Leuze et Condé que a cédés vers 1277-1279 à son frère -), fille du précédent, mariée en 1272 à Pierre de France († 1283), fils du roi St Louis, comte d'Alençon et de Valois, sans postérité survivante : son cousin germain Hugues (de Châtillon)- comte de St-Pol et comte de Blois hérite d'elle en 1292, voir ci-dessous ; de Châtillon, et de Saint-Pol († ), fils cadet d'Hugues (-) et Marie de Blois, frère cadet de de Blois, comte de Saint-Pol, seigneur de Châtillon, d'Encre et de Bohain en 1248 (mais on retrouve Bohain en 1268 aux mains de son frère comte de Blois, qui en revanche cède Leuze et Condé à - vers 1277-79), marié à Mathilde de Brabant (1224-1288), veuve de (d'où postérité), fille du duc et de Marie de Souabe petite-fille de l'empereur Frédéric Barberousse. Leurs fils Hugues (-) et Guy () ci-dessous héritent des fiefs de , plus ceux de son frère aîné de Blois... de Châtillon († 1255), frère des précédents, seigneur de Châtillon ; de Châtillon († 1261), frère des précédents, marié avec Isabeau de Villehardouin de Lézinnes ; parents : - du connétable , comte de Porcien, qui suivra : d'où la suite des seigneurs de Châtillon et des comtes de Porcien, vus plus bas ; et de - Marie de Châtillon, femme de de Noyers, d'où la succession de Noyers ;

Désormais, la numérotation des seigneurs de Châtillon ne concerne plus que cette dernière branche, qu'on retrouvera plus loin, c'est pourquoi le nom de Châtillon apparaît désormais entre parenthèses : il n'indique plus que le patronyme, l'origine familiale, et non plus une seigneurie effective.

- De l'union entre - et Mathilde de Brabant viennent trois fils qui assurent la suite des Châtillon, comtes de Saint-Pol (issus du fils cadet de - et Mathilde de Brabant, ci-dessous) ; des Châtillon, comtes de Blois (, de 1292 à 1397, vue plus loin ; ces comtes sont issus du fils aîné de - et Mathilde, -) ; et des Châtillon, seigneurs de Leuze et Condé-sur-l'Escaut (issus du fils benjamin de -, Jacques) : Hugues (de Châtillon) de Saint-Pol, et de Blois, fils aîné, d'abord comte de St-Pol en 1289, puis comte de Blois en 1292 en héritage de sa cousine germaine la comtesse Jeanne ci-dessus. Il cède alors le comté de St-Pol à son frère cadet ci-après. On le retrouvera comme auteur de la deuxième branche des Châtillon-Blois ci-dessous ; (1254 † 1317), frère cadet du précédent, comte de Saint-Pol en 1292 par cession de son frère aîné Hugues (-) comte de Saint-Pol puis de Blois, il reçoit aussi des fiefs de la maison d'Avesnes : Bohain dès 1292, plus Leuze et Condé-château en 1289 (qui passeront vers 1295/1296 à leur frère cadet Jacques ci-après). Sire d'Encre, et de Doullens par don de en 1316 jusqu'à la reprise par en 1366, Grand-bouteiller de France, il épouse en 1292 Marie de Bretagne (1268 † 1339), fille du duc et de Béatrice d'Angleterre fille d', d'où : Jacques (Ier) († 1302), seigneur de Leuze et Condé-château, frère puîné, reçoit en 1295/1296 des fiefs d'Avesnes : Leuze et Condé-seigneurie du château ; époux de Catherine de Condé-seigneurie du propriétaire (fille de de Condé et Catherine de Cayeux), dame d'Aubigny-en-Artois, Bucquoy, Duisant, Carency (Les St-Pol avaient aussi des droits sur Aubigny et Bucquoy depuis , arrière-grand-père de la comtesse Elisabeth femme de - ; le double mariage de la comtesse Mathilde de Brabant, femme de puis de -, ainsi que la familiarité des St-Pol avec les rois Capétiens, ont pu renforcer un certain contrôle des St-Pol sur des fiefs artésiens) ; par le mariage de Jeanne – petite-fille de Jacques de Leuze et Catherine de Condé en tant que fille de leur fils aîné Hugues – avec le connétable Jacques de Bourbon, ces fiefs passent aux Bourbon-La Marche, souche des Bourbon-Vendôme (dont Henri IV descend, comme tous les souverains britanniques depuis Marie Stuart et son fils Jacques), et des Bourbon-Vendôme-La Roche sur Yon-Montpensier ; Jacques de Leuze et Catherine de Condé eurent un fils cadet, frère d'Hugues : Guy, sire de Blais, mari de Yolande de Chimay, d'où le rameau de Blais(e) et La Bastie ; de (Châtillon)-Saint-Pol († 1344), fils de et Marie de Bretagne, comte de Saint-Pol, sire de Doullens et Bohain. Il épouse en 1319 Jeanne de Fiennes († 1353) ; sa sœur Mahaut de (Châtillon)-Saint-Pol, fille de , est la troisième épouse de Charles de Valois, d'où une postérité très riche chez les Bourbons, les Valois... : en descendent tous les rois de France à partir de , tous les rois d'Angleterre à partir d', tous les rois d'Espagne et empereurs germaniques à partir de Charles Quint, et aussi Louis, duc d'Orléans qui obtient les comtés de Blois et Dunois en 1392/1397 : plus loin ; leur autre sœur (ou nièce, fille de Jacques autre fils de ?) Isabelle transmet Encre aux Coucy en épousant ( descend aussi de ce mariage) ; († 1360), fils de et Jeanne de Fiennes, comte de Saint-Pol. Il épousa en 1292 Jeanne de Luxembourg-Ligny († 1392), sœur de son beau-frère Guy de Luxembourg ci-après. Sans postérité ; Mahaut de (Châtillon)-Saint-Pol (1335 † 1378), sœur du précédent, comtesse de Saint-Pol et dame de Bohain, épouse Guy (), de Luxembourg comte de Ligny († 1371). Le comté de Saint-Pol passa ainsi à la maison de Luxembourg-Ligny, puis aux Bourbon-Vendôme par le mariage de Marie de Luxembourg-Saint-Pol avec François de Bourbon comte de Vendôme en 1487 (parmi leurs arrière-petits-enfants : , Marie Stuart et ; d'où la suite de tous les rois de France et de Grande-Bretagne).

Branche de Blois : comtes de Blois ( branche, 1292-1397)