BRED Banque Populaire (acronyme de Banque régionale d'escompte et de dépôts, ancienne dénomination de la banque jusqu'à la fin des années 1970), fondée en 1919 par Louis-Alexandre Dagot à Vincennes, est la plus importante des banques populaires françaises, au sein du groupe BPCE. BRED Banque Populaire est une banque coopérative comptant près de sociétaires en 2024.

L'établissement comprend 325 agences de proximité dont 92 agences dans les DROM-COM, 16 centres d’affaires, 15 cercles de gestion patrimoniale et un cercle consacré à la gestion de fortune. BRED Banque Populaire est représentée par des correspondants bancaires dans plus de 150 pays. En 2025, son effectif total est de , dont 40 % à l'étranger.

Historique Le lancement Le , une loi instituant la possibilité de créer des « banques populaires » est votée. Plus de deux années s'écoulent et le à Vincennes, Louis-Alexandre Dagot , Ambroise Leuret, Paul Muris et Gaston Riou fondent la Banque populaire industrielle et commerciale de la banlieue Est de Paris qui réunit 233 sociétaires. Aucun des quatre fondateurs n’est banquier de métier. La première agence basée à Vincennes démarre ses activités en . Un bureau auxiliaire se situe à Nogent-sur-Marne, et un autre à Saint-Maur-des-Fossés, qui deviennent des agences à part entière en 1924..

La banque cherche à accélérer son développement. Chaque banque populaire se voit attribuer une circonscription par le ministère du Commerce, une zone dans laquelle chacune est autorisée à ouvrir ses agences. Dans le début des années 1920, la banque s’étend à Montreuil en 1921, Boissy-Saint-Léger et Fontenay (1922), à Champigny (1923), à Charenton, Alfortville, Saint-Mandé et Saint-Maurice (1924), ces deux dernières ayant été rachetées à la Banque Populaire de Paris.

Deux organismes nationaux, le Centre fédératif du crédit populaire et la Caisse centrale des banques populaires sont chargés de l’encadrement et du contrôle des banques populaires, mais leur autorité ainsi que leurs moyens d’action est très faible.

La banque connait un développement soutenu durant les années 1920, passant de trois salariés en 1919 à 365 en 1930.

Développement La banque s’investit ensuite dans une expansion de sa circonscription en se déployant en Seine-et-Marne et en Seine-et-Oise, ainsi que la Marne, l’Aisne, et ouvre des agences à Reims et Épernay à la suite du démantèlement de la Banque Populaire des régions libérées. Des bureaux sont également ouverts à Paris, rue Saint-Antoine. Pour accompagner cette expansion, la banque se rebaptise Banque populaire industrielle et commerciale de la région Est de Paris au début des années 1930..

Un rapport de l’inspection des finances de 1929 résume que . Pour tenir le rythme d’une telle activité, la banque passe au statut de société coopérative de banque populaire à capital fixe, ce qui lui permet d’augmenter son capital.

La banque mène aussi une politique de rénovation de ses agences et bureaux, et commence à se doter d’un parc immobilier conséquent, et que son président veut prestigieux.

Toutes les banques populaires issues de la loi de 1917 ne connaissent pas le même succès, ce qui mène à l’instauration de la loi du et à la naissance de la Chambre syndicale des banques populaires, dont le rôle est d’assurer un contrôle technique, administratif et financier. Sa principale préoccupation sera l’assainissement et le regroupement des banques populaires. La Chambre syndicale viendra en aide à plusieurs reprises à la Banque Populaire industrielle et commerciale de la région Est de Paris lorsque la crise économique frappe la France dès 1931. Les ingérences répétées de la Chambre syndicale ne plaisent pas à Louis Dagot qui ne se plie pas à ses recommandations, malgré l’enlisement de sa banque dans la crise. En 1934, l’exploitation devient déficitaire.

À la suite de l’affaire Stavisky et des mouvements sociaux qui en découlèrent, la loi du est votée, et permet à la Chambre syndicale de nommer les directeurs, présidents et administrateurs des banques populaires. Dès , un certain Pierre Boissou est alors chargé de la surveillance de la banque. En 1935, Louis Dagot est sommé de quitter la présidence de la banque.

1935 - 1944 : assainissement, sortie de guerre Le conseil d’administration de la banque est alors complètement renouvelé, faisant place à des personnalités bénéficiant de fortes expériences dans le milieu bancaire, dont Victor Girardin et André Becq (administrateurs), Gabriel Lion (administrateur délégué) et Gilbert de Monès del Pujol (administrateur coopté et président). La banque gère alors 19 agences. La nouvelle équipe analyse les comptes débiteurs de la banque - nombreux ayant été dissimulés - et comptabilisent un total 66 millions de francs de créances. Pour assainir la situation, le capital des porteurs de parts est divisé par 5, la Chambre syndicale lui avance 18 millions de francs, et son capital est réduit à 3 millions de francs..

En 1939, la banque ne compte plus que 11 agences. De 1934 à 1940, le nombre d’agents passe de 348 à 144. Le principe “un homme, une voix” est abandonné, et désormais, chaque sociétaire a autant de voix que de parts sociales.

En , Pierre Boissou est nommé à la direction générale de l’établissement. Il entreprend alors une vague de licenciements, se défait des agences peu rentables, réinstaure l’autorité du siège, et ré-insuffle l’esprit d’équipe. À la mi-1939, l’exploitation est à nouveau bénéficiaire.

La déclaration de guerre en septembre 1939 provoque des retraits importants d’argent, et un nombre important d’employés est mobilisé. Le pillage de l’occupant allemand provoque un ralentissement de l’économie au niveau national. Les conditions de travail deviennent précaires. Cette situation donne naissance à une forte solidarité au sein du personnel et à une politique sociale volontaire.

En 1942, la banque change de nom et devient la Banque régionale d’escompte et de dépôts (rapidement surnommée BRED).

1945 - 1960 : reprise BRED Banque Populaire appuie son développement post-guerre sur une nouvelle clientèle : les caisses sociales et les grandes firmes industrielles : Caisse d'allocations familiales, URSSAF, CANCAVA, Comptoir des produits sidérurgiques, Desmarais frères, Générale automobile parisienne, Kréma... À destination de ses clients traditionnels, la banque lance le crédit à moyen terme..

BRED Banque Populaire s’étend jusqu’en Normandie en fusionnant en 1956 avec la Banque Populaire de Rouen, et en rachetant la banque Surchamp en 1953. À Paris, en 1965, BRED Banque Populaire dispose de douze guichets, et son expansion en banlieue parisienne se poursuit. Au niveau rural, en 1955, BRED Banque Populaire expérimente le système du « camion-banque », une fourgonnette qui se rend dans les lieux les plus isolés pour assurer les services bancaires de l’enseigne.

Après la guerre, les avantages sociaux des salariés sont restaurés : comité d’entreprise, rétablissement du droit de grève et de former des syndicats, et instauration de la sécurité sociale. Une culture d’entreprise forte se développe, Pierre Boissou est surnommé le patron, et les employés sont surnommés les brédards.

En 1946, BRED Banque Populaire se modernise en équipant son siège d’une machine à statistiques Bull (MAS). Dès 1948, les agences sont progressivement équipées de National Cash Registers, de grosses caisses enregistreuses qui permettent au guichetier de remplir le rôle de positionniste, de manipulateur et de caissier. Ces nouvelles machines améliorent la performance des agences. En 1956, la banque équipe son siège d’un nouvel atelier mécanographique insonorisé, destiné à 90 % aux opérations comptables. En 1963, BRED Banque Populaire entre dans l’ère électronique en faisant l’acquisition d’un ordinateur IBM 1401. Les National Cash Registers sont progressivement transférés aux centrales comptables. Défaites de leurs tâches administratives, les agences deviennent principalement des relais de prospection animées par des commerciaux. De 1947 à 1964, l’effectif de la banque passe de 290 à , et un programme complet de recrutement et de formation est mis en place.

1966 - 1978 : modernisation L’IBM 1401 propose de nouveaux supports pour les données, des bandes et des disques magnétiques (8Kb de mémoire). Dix ans après l’achat de cet ordinateur, bandes et 150 disques magnétiques ont complètement remplacé les cartes perforées. La banque se dote d’un service d’encodage des données, et d’un service de post-marquage des chèques. À partir de 1978, les premiers terminaux d’agences peuvent rapidement consulter le système d’information central, hébergé dans les nouveaux bureaux de Créteil. Les métiers de l’informatique commencent à devenir de plus en plus importants. La direction de l’informatique est créée en 1973 et confiée à Georges Demanneville, un ancien ingénieur de chez IBM. Toutes les opérations de la banque sont repensées autour de ce nouvel outil révolutionnaire. En 1974, la Banque 2000 est mise en service, une agence entièrement automatisée, sans agent. L’informatique permet également de centraliser et d’automatiser les demandes de prêt, ce qui a pour conséquence d’accélérer cette activité..

Dans les années 1950, face à une demande accrue pour des prêts personnels, BRED Banque Populaire développe sa propre filiale de financement de vente à crédit complètement indépendante de la Caisse centrale. Les législations vis-à-vis des banques populaires s’assouplissent, ce qui leur permet d’offrir également leur prêt immobilier à des non-sociétaires et aux artisans. Les sociétés de crédit à la consommation exige de la part des particuliers l’ouverture en banque d’un compte de domiciliation. De 1951 à 1958, le nombre de comptes ouverts à BRED Banque Populaire est multiplié par 7.

En 1967, BRED Banque Populaire commercialise les premières cartes bleues. En 1976, 600 distributeurs automatiques de billets de BRED Banque Populaire sont implantés, et la banque compte clients utilisateurs de la carte bleue.

1979 - 1991 : diversification, développement international En 1985, Louis Chevallier prend sa retraite, et le poste de directeur général est assuré par deux hommes : Guy de Chavanne, qui dirige les activités commerciales de la banque, et Maurice Leruth, qui en dirige les activités financières..

Pour gérer ses capitaux de plus en plus importants, BRED Banque Populaire développe ses propres outils et se désolidarise de la Caisse centrale. En 1985, elle participe à hauteur de 20 % à la création de la banque Stern, une banque de trésorerie. En 1988, BRED Banque Populaire se dote de sa propre « salle des marchés » pour gérer sa propre trésorerie. Cette salle des marchés peut traiter des produits de plus en plus complexes, et 60 ingénieurs financiers sont engagés pour y travailler. La banque se lance aussi dans l’épargne assurance, avec les contrats Vie-Bred en 1980, puis la création de la Prepar en 1983, sa propre compagnie d’assurance. En 1989, BRED Banque Populaire gère 2 milliards de francs de réserves d’assurance. En 1982, la banque acquiert également Richelieu, une maison de titres, rebaptisé la Compagnie financière d’épargne et de placement (CFEP) l’année suivante.

Pour son développement international, la banque acquiert en 1986 une partie de la Banque internationale de commerce (BIC). En 1988, elle s’associe avec la banque italienne Banco popolare di Lecco. En 1989, elle conclut un partenariat avec la Banque nationale du Canada, ainsi qu’avec la Caja de Ahorros de Galicia. En 1990, elle en fait de même avec l’allemande Landesgirokasse. En 1988, BRED Banque Populaire ouvre des bureaux à Londres, rachète le Crédit liégeois, et ouvre une succursale à Milan.

En 1986, BRED Banque Populaire rachète la Société betteravière d’expansion européenne, qui devient par la suite la Société de banque et d’expansion (SBE), et qui se spécialise dans le concept de « banque en sites », c’est-à-dire directement au sein des entreprises.