vignette|Abri antiaérien à Kiel. Un abri antiaérien est un abri destiné à servir de refuge en cas de raid aérien ennemi et, donc, de menace de bombardement.
Caractéristiques
Histoire
Entre-deux-guerres
Allemagne vignette|Abri antiaérien de type Winkel à Zossen-Wünsdorf dans le Brandebourg, Allemagne Au début des années 1930, l'Allemagne n'a pas développé de plan d'évacuation et de politique forte de défense passive. La raison est que les chefs de la Luftwaffe pensaient que la défense antiaérienne des villes allemandes (notamment les canons antiaériens) suffirait à dissuader les forces aériennes ennemies d'attaquer, à supposer qu'elles réussissent à pénétrer l'espace aérien du Reich. Le problème de cette stratégie est que le territoire allemands manqua toujours d'abris antiaériens publics, ainsi que de fonds pour transformer les locaux alloués à cette tâche en refuges sûrs et fiables.
À la suite des premiers raids de grande envergure sur le pays, Hitler décréta le sofort programm que l'on traduit par "programme immédiat". Il s'agit d'un ensemble de mesures pour la construction d'abris antiaériens dans toutes les grandes et moyennes villes allemandes. Ce programme prévoyait la construction d'imposantes tours en béton équipées de Flak nommées tour de Flak, comme celle présentée en illustration à Hambourg, dans trois très grandes villes, à savoir Berlin, Hambourg et Vienne.
Le territoire allemand était divisé en trois zones suivant la probabilité de voir ces territoires être bombardés:
Zone I : comprend toutes les grandes villes industrielles allemandes (94 villes); Zone II : comprend des objectifs de moindre importance; Zone III : comprend des petites villes, des zones rurales et des zones trop éloignés pour que l'aviation ennemie puisse les atteindre.
En Allemagne fut créée la Luftchutzbund, une instance nationale charger d'éduquer, d'entraîner et d'encadrer la population pour tout ce qui est relatif à la protection antiaérienne. En 1942-1943, cette organisation comptait de permanents et de membres. Ces membres pouvaient suivre des cours consacrés à la lutte antiaérienne, aux premiers secours, à l'autoprotection et à la lutte contre les incendies. On distingue trois types d'entraide : « autoprotection » (Selbschutz) ; « autoprotection élargie » (Erweiterter Selbstchutz) ; « protection aérienne au travail » (Werkluftschultz). vignette|Tour de Flak à Hambourg.
Selbschutz Les habitants de chaque maison ou immeuble étaient tenus de créer leur propre « communauté de défense antiaérienne », d'équiper leur habitation d'une pièce de défense antiaérienne équipée d'issue de secours et d'outils nécessaires en cas d'attaque et de les maintenir en état de fonctionnement. La pièce devait être étanche au gaz, résister aux explosions, balisée, sans objets susceptibles de gêner le passage, éclairée et pourvue de siègesBA-MA, RL41/2, RLB, Luftschutz-Berichte, 8 mai 1940, 2 et 10 juillet 1940, p. 1.. Le matériel était composé : d'une corde ; d'une lance à incendie ; des échelles ; d'un kit de premiers secours ; des seaux de sable ; d'une réserve d'eau ; d'une hache ; d'une pelle ; des brassards pour le personnel de service.
La qualité des abris pouvait varier considérablement : si les immeubles de construction récente présents dans les grandes villes de parties communes vastes, l'habitat ancien était plus varié. Parfois l'abri se limitait à un simple couloir ou un débarras.
Erweiterter Selbstchutz L'« autoprotection élargie » était conçue pour tous les édifices inoccupés le soir et le week-end : commerces, entrepôts, musées, théâtres, bâtiments administratifs.
Werkluftschultz Chaque fabrique ou usine devait disposer de sa propre unité de défense antiaérienne, de son propre abri et de son propre système de guet.
Les gardes antiaériens (Luftschtzwart) Pour coordonner la lutte antiaérienne, il existait des postes de gardes antiaériens (Luftschtzwart). Il s'agissait la plupart du temps de volontaires chargé de coordonner la lutte antiaérienne pour un groupe d'immeuble ou une rue entière. Leur but est de s'assurer que les abris sont bien aménagés, l'équipement entretenu et à portée de main, que le black-out est respecté. Ils ne peuvent pas procéder à des arrestations, mais pouvaient réquisitionner l'aide du voisinage.
Le fait de faire appel à des citoyens pour assurer la lutte antiaérienne est double. Cela permet de soulager les autorités d'une partie des tâches relatives à la défense aérienne et d'assurer un haut niveau d'engagement au niveau de la population.
À la différence des autres états européens, les citoyens allemands avaient l'obligation légale de chercher un abri lors d'attaques.
Financement Seuls les habitants de la Zone I pouvaient recevoir de l'argent de l'État pour préparer la défense passive. Il fallut attendre 1941 pour que des fonds puissent être débloqués pour que les Zones II et III puissent développer leur défense.
Espagne Pendant la guerre civile espagnole (1936-1939) de nombreux abris antiaériens ont été construits. Pendant la guerre, Carthagène, une importante base navale, était l’une des principales cibles des bombardiers franquistes. Carthagène a subi entre 40 et 117 bombardements (les sources sont mitigées sur le nombre d’attaques). La plus dramatique a été celle menée par la légion Condor allemande le . Le plus grand abri antiaérien de Carthagène, qui pouvait accueillir jusqu’à 5 500 personnes, est devenu un musée..
Plusieurs de ces abris antiaériens peuvent être visités....
France À partir de la fin des années 1930, certaines installations ferroviaires furent dotées d'abris afin d'anticiper le conflit à venir... En France, certains abris portent le logo de la SNCF..
Grèce Sous le régime du 4-Août, le gouvernement grec met en place un plan de protection des populations avec la construction d'abris antiaériens..
Selon une loi en vigueur en 1936 jusqu’en 1956, chaque immeuble d’habitation nouvellement construit devait disposer de son propre abri. En outre, la construction d’abris dans tous les lieux publics et les lieux d’importance particulière du pays était obligatoire. Selon les mémoires du maréchal Papagos, entre 1936 et 1940, 400 abris publics ont été construits en Attique, capables d’accueillir un total de 30 à 40 000 personnes, et environ 12 000 privés. Selon leur taille, ils pouvaient accueillir de 30 à 40 personnes (principalement celles des immeubles d’habitation) jusqu’à 1 300 personnes.
D'après le maréchal Papagos, il y aurait 400 abris publics construits par l’État. À ceux-ci, il faut ajouter plusieurs milliers – peut-être 10 000 – abris privés. Certains sont visitables. Leurs formes et leurs capacités varient. D'autres sont abandonnés.
Italie L'édit du imposait l’obligation de fournir un abri antiaérien dans chaque nouvelle construction, ou en construction, à usage résidentiel..
Seconde Guerre mondiale gauche|vignette|Abri antiaérien à Aperdoorn construit sous l'occupation allemande. vignette|Abri antiaérien à Sessa Aurunca. Les abris antiaériens ont pris beaucoup d'importance lors de la Seconde Guerre mondiale en raison du bombardement stratégique de civils. Outre les abris spécifiquement conçus comme tels, les métros souterrains furent largement utilisés comme tels (Paris, Londres, Moscou, Madrid, etc).
Belgique vignette|Petit abri antiaérien d'une gare bruxelloise.Lors de l'occupation, les Allemands firent construire de nombreux abris en béton près des gares, ponts, et gares de triage, susceptibles d'être pris pour cible par des bombardements. Ces petits abris, souvent à demi-enterrés.. étaient destinés aux occupants des gares, personnel de chemin de fer ou conducteurs de train en cas de raids aériens. ; certains d'une ou deux places, étaient également destinés aux sentinelles. Ceux des gares de triage étaient plus vastes. et étaient parfois conjugués à des tunnels permettant d'évacuer les bâtiments exposés. ; il existait aussi des emplacements de flak. Certains de ces abris ont survécu, souvent abandonnés ; en outre, il reste également un grand abri-hôpital, construit en 1938 près de la gare de Schaerbeek.
Lors de travaux menés dans la ville de Knokke-Heist, un abri antiaérien de la Seconde Guerre mondiale a été mis au jour..
France La ville de Lyon possède encore quelques abris datant de la Seconde Guerre mondiale. La plupart ont été comblés, sauf dans certains quartiers, où aucune construction n'est envisageable..
Pendant l'Occupation, les forces allemandes ont construit des abris dans des villes telles que Metz. ou Strasbourg.., villes rattachées à l'Allemagne à l'époque. Certains abris sont aménagés dans des bâtiments plus anciens..
D'anciens abris antiaériens peuvent être visités. C'est le cas à Valenciennes., mais aussi Villenoy., Brest. et Saint-Étienne.. gauche|vignette|Vue des réfugiés brestois à l'intérieur de l'abri Ponchelet le . D'autres abris peuvent être visités notamment pendant les journées du patrimoine. C'est le cas de Béziers..., de Chambéry., ou Saint-Étienne...
Certains de ces abris ont été réutilisé par exemple en champignonnière. C'est le cas près d'Annecy..
Des associations militent pour faire conserver ce patrimoine et permettre une exploitation touristique...
Certains de ces abris sont oubliés et sont redécouvert à la suite de fouilles..
Certains de ces abris sont inscrits aux monuments historiques..
Japon gauche|vignette|Construction d'un abri antiaérien au Japon pendant la Seconde Guerre mondiale. Selon une enquête du ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme, 9 850 bunkers souterrains ont été construits pour la défense aérienne dans les zones urbaines du pays pendant la guerre.. La plupart d'entre eux ont été détruits..
Malte Des abris antiaériens furent construits pendant la Seconde Guerre mondiale. Certains peuvent être visités..
Royaume-Uni Au Royaume-Uni, les abris furent particulièrement utiles pendant le Blitz, campagne de bombardement menée par la Luftwaffe contre les centres industriels et urbains du royaume, du au .
Il existe des abris publics comme privés.
Le métro de Londres, qui possède l'atout appréciable d'être profondément construit, voit de nombreuses stations utilisées comme refuge antiaérien.
Abri Morrison L’abri Morrison, officiellement appelé Table (Morrison) Indoor Shelter, était une construction en forme de cage conçue par John Baker et nommé d’après Herbert Morrison, le ministre de la Sécurité intérieure à l’époque.
En raison de l'absence de cave dans de nombreux logements, il était devenu nécessaire de développer un type efficace d’abri intérieur.