L'amiral Pierre Lacoste, né le à Paris où il est mort le est un officier de marine et un haut fonctionnaire français. Il fut notamment chef du cabinet militaire du Premier ministre français Raymond Barre et directeur général de la direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) de 1982 à 1985.

En 2005, il avait été chargé de structurer la profession de l'intelligence économique en France, et était devenu en 2006 président de la Fédération des professionnels de l'intelligence économique.

Biographie Jeunesse et études Pierre Auguste Louis Lacoste naît le dans le . . .

Il retourne à Paris en . L'École navale ayant rouvert en zone libre, il entre au lycée Saint-Louis.

, il s'enfuit de France clandestinement en passant par Toulouse pour rejoindre l'Espagne en 1943. Passées les montagnes des Pyrénées, ils sont arrêtés par la Garde civile du général Franco. Ils sont envoyés dans une prison improvisée, aménagée à la va-vite dans les bâtiments du vieux séminaire de Lérida. Du fait de la pression des Alliés, notamment des Américains, sur le gouvernement de Franco, ils sont libérés sous caution.

Ils restent trois mois à Barcelone. Ils proposent leurs services aux Alliés, et sont installés au consulat américain de la place de Catalogne, à Barcelone. Ils sont envoyés à Alger pour rejoindre les Forces françaises libres. Il travaille sans le savoir sous les ordres du colonel Paul Paillole.

Arrivé à Casablanca, il essaie de participer aux sessions d'examens pour être admis à l’École navale recréée au Maroc, mais on lui ferme la porte au nez et on lui conseille de s'inscrire au lycée de Casablanca pour préparer le concours de l'École navale de l'année 1946. Il refuse, mais apprend qu'il y avait, dans les mêmes locaux et avec le même personnel enseignant, des cours pour préparer rapidement des officiers de réserve. Il s'y inscrit.

Il est pris en affection par le directeur de l’École navale, qui l'encourage à passer le concours d'entrée de . . . Il passe l'oral de l’École navale, grâce à une dérogation que son directeur avait obtenue de l'état-major de la marine. Il est reçu à l'examen.

Il sort de l'école en 1946. Il complète sa formation d'officier de marine à l'École navale de Brest.

Carrière entre la marine et le conseil militaire Il entame une carrière d'officier de marine, et se porte volontaire en Indochine. En 1959 et 1960, il est stagiaire à l'École supérieure de guerre navale, où il rédige une thèse appelée "Politique du personnel officier".

Il devient professeur à l'École de guerre dans les années 1960. Il assiste à la création du Centre de prospective et d'évaluation des armées, et le rejoint.

En 1971, il est nommé à la Direction du personnel à Paris. De 1974 à 1975, il passe une année au Centre des hautes études militaires. Lorsqu'il en sort, il est nommé adjoint au chef du cabinet militaire du ministre de la Défense, Yvon Bourges.

Un an plus tard, il dirige l'École Supérieure de Guerre Navale.

En , il devient chef du cabinet militaire du Premier ministre français Raymond Barre. Il participe au Comité interministériel du renseignement, où il côtoie Alexandre de Marenches, ancien directeur du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage.

En 1979, il suit une année de formation à l'Institut des hautes études de Défense nationale.

En , il reçoit le commandement de l'Escadre de la Méditerranée.

Carrière à la direction de la DGSE En , alors qu'il est toujours commandant de l'Escadre de la Méditerranée, il reçoit un appel d'Alexandre de Marenches. L'invitant à dîner, il lui révèle que François Mitterrand considère que les choses vont mal au service, et qu'il faudrait qu'il remplace l'actuel directeur, Pierre Marion. Lacoste refuse, car il avait déjà été décidé qu'il prenne la succession de l'amiral Philippe de Gaulle à l'Inspection générale de la Marine au cours de l'automne.

Fin septembre, il est contacté par François de Grossouvre, qui lui demande de venir à l'Élysée, car le Président pense à lui pour succéder à Marion. . Ce dernier le convainc lors d'une entrevue à Latché, le .

En novembre, le directeur de la DGSE, Pierre Marion, quitte le service de lui-même du fait de sa frustration au sujet des blocages politiques dont le service est victime. Le président nomme l'amiral Lacoste directeur de la DGSE. Il occupe ce poste du Décret du 12 novembre 1982 portant nomination du directeur général de la Sécurité extérieure au ..

En 1985, Pierre Lacoste est limogé à la demande du président à cause de l'affaire du Rainbow Warrior, où la Nouvelle-Zélande remonte rapidement la trace des faux époux Turenge jusqu'à la France. Il n'était pas convaincu par l'opération, lui privilégiant une formule plus douce qui aurait consisté à polluer le gasoil du Rainbow Warrior pour l'empêcher de prendre le large. Il est remplacé lors du Conseil des ministres du par René Imbot.

Après la DGSE André Giraud le nomme en président de la Fondation des études de la Défense nationale.

En 1989, il est le président du Comité national de liaison « Défense - Armée - Nation » pour le Centre d'information civique.

En , il copréside le Centre d'études scientifiques de défense (CESD) de l'université de Marne-la-Vallée, où il crée un séminaire de recherche pluridisciplinaire sur « La Culture française de renseignement » et le DESS Information & Sécurité, premier master universitaire créé en France sur le sujet de l'intelligence économique, qui existe toujours sous l'intitulé Master 2 « Intelligence stratégique, Analyse des risques, Territoires » (ISART).

En 2005, Le Monde publie un rapport daté de 1986 destiné au nouveau ministre de la Défense André Giraud. dans lequel Pierre Lacoste évoque le feu vert donné par François Mitterrand.

En 2006, à l’âge de , il devient président de la Fédération des professionnels de l'intelligence économique..

Pierre Lacoste meurt le dans le ..

Décorations

Distinctions

Publications Stratégies navales du présent, éditions J.C. Lattès, 1986 Les mafias contre la démocratie, éditions J.C. Lattès, 1992 Un amiral au secret, éditions Flammarion, 1997 Approches françaises du renseignement, La Documentation française / FED, 1997 (direction de l'ouvrage) Le renseignement à la française, Economica, 1998 avec François Thual, Services secrets et géopolitique, Lavauzelle, 2001 ( actualisée en 2002)

Il a aussi publié plusieurs articles, dont un article dans la revue Défense nationale et sécurité collective, actualisation et renouvellement de la pensée stratégique, février 2006.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Culture stratégique Intelligence économique

Liens externes

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