Arthur Ruppin (1876-1943) est un économiste, sociologue et leader du projet d'installation sioniste. Il est connu comme "le second père de l'installation sioniste" après Edmond de RothschildHenry Laurens, La Question de Palestine T.1 Fayard 1999 , et "le père de la sociologie juive" ; deux activités qu'il a menées de front.

Biographie Il naît dans une famille aisée d'Allemagne, qui fait faillite par la suite. Ainsi, il se voit obligé à l'âge de 15 ans d'abandonner l'école pour trouver un travail. Il continue cependant en tant qu'étudiant externe.

Il poursuit ses études d'économie et de droit à Berlin. Il passe enfin son doctorat et travaille durant quelques années au tribunal.

C'est à cette époque qu'il entame une carrière parallèle dans le domaine de la sociologie, et devient directeur du centre statistique et démographique juif de Berlin, de 1902 à 1907. Son travail de recherche sociologique, qu'il publie au début du , renforce le rapport qu'il entretient avec ses racines juives. En 1907, il est envoyé en Palestine pour le compte de l'Agence juive, afin qu'il y étudie les possibilités d'installation sioniste. Un an plus tard, Ruppin retourne s'installer définitivement en Palestine. Il s'installe à Jaffa, d'où il dirige le bureau de la Histadrout. De là, il investit toutes ses forces dans le repeuplement du pays. Il soutient énergiquement le sionisme pratique, et défend l'idée que le facteur prépondérant pour le sionisme d'alors réside dans l'acquisition de terres et la création de villages agricoles et de villes urbanisées, et ce même dans les régions les plus isolées du pays. Il croit en l'implantation systématique qui, en fin de compte, engendrera la création de l'État. Le résultat des efforts de Ruppin se font particulièrement sentir lors de la seconde aliyah.

Arthur Ruppin s'intéresse aux affaires d'acquisition de terres notamment de celles qui deviendront plus tard la ville de Tel Aviv, et d'autres terrains sur le mont Carmel, dans la vallée de Jezreel et à Jérusalem. Il envisage entre autres l'idée du kibboutz, de fermes agricoles et celle du moshav.

Ses connaissances dans les domaines de la sociologie et de la démographie l'aident considérablement dans ses projets, même s'il soutient la "Brit Shalom", mouvement défendant l'idée de la création d'un État bi-national sur le territoire de la Palestine. Il rejette pourtant cette idée à la suite des émeutes fomentées par les Arabes en 1929, et insiste désormais sur la nécessité d'un État uniquement juif dans les frontières de la Terre d'Israël. Et la réalisation de ce projet ne peut passer que par l'acquisition de terres et leur aménagement.

En 1926, il entre à l'Université hébraïque de Jérusalem comme conférencier en sociologie juive. Il cumule les missions académiques et les recherches dans le domaine social. Il aide les immigrants venus d'Allemagne, au moment de la montée du nazisme, dans leur installation dans le pays. En 1932, il rencontre le théoricien allemand Hans Günther en Allemagne"Comment le peuple juif fut inventé", Shlomo Sand, 2018, les éditions Champs, page 498.. Arthur Ruppin pensait que le sionisme nécessitait la pureté raciale des Juifs. . Arthur Ruppin pensait qu'il y avait de nombreux types de juifs. Il pensait que les juifs ashkénazes possédaient diverses classes raciales. Il pensait que les Juifs ashkénazes étaient supérieurs aux Juifs yéméniteshttps://forward.com/opinion/196719/israel-s-uncomfortable-history-of-racist-enginee/.

Il décède en 1943 à Jérusalem.

Théories racistes Comme certains sionistes européens, il attachait de l'importance à la notion de race. Il écrit par exemple :

En 1933, il notait :

Il rejeta totalement les juifs noirs, c'est-à-dire éthiopiens (les Falashas) comme non juifsEtan Bloom, Arthur Ruppin and the Production of Pre-Israeli Culture, Brill, 2011, p.228, lire en ligne : .

Quant aux Juifs yéménites, il considérait que les intégrer aux Juifs de "pure race" mettrait en danger l'espèce de nouvel Hébreu qu'il aspirait à produire. Il ne les rejeta pas, non plus que les autres Juifs orientaux : selon lui, ils pouvaient être utiles à condition d'être différenciés et ségrégués par rapport au groupe dominant plus pur (les juifs européens). Ainsi, il s'opposa à une immigration de masse des Juifs orientaux en Palestine, mais justifia en ces termes une immigration d'effectifs réduits : .

Il attribuait à la supériorité culturelle des Juifs ashkénazes leur incapacité de concurrencer les ouvriers arabes palestiniens : , y compris aux Juifs arabes comme A. Ruppin appelait les Juifs orientaux et yéménites,Etan Bloom, Arthur Ruppin and the Production of Pre-Israeli Culture, Brill, 2011, p.228, lire en ligne : . Bibliographie The Central Zionist Archives in Jerusalem: Office of Arthur Ruppin (S55), Personal papers (A107). Etan Bloom, Arthur Ruppin and the Production of Pre-Israeli Culture, Brill, 2011 (d'abord : Arthur Ruppin and the Production of the Modern Hebrew Culture, PhD. dissertation, Tel Aviv University, 2008 (www.tau.ac.il). Etan Bloom, The "Administrative Knight" – Arthur Ruppin and the Rise of Zionist Statistics, The Tel Aviv University Year Book for German History, XXXV, 2007 (183-203). Etan Bloom, What "The Father" had in Mind, Arthur Ruppin (1876-1943), Cultural Identity, Weltanschauung and Action, The Journal for History of European Ideas, 33/3, 2007 (330-349). Yaakov Goren, Arthur Ruppin, sa vie et son action. Ed. Yad Tébenkin. Ramat-Efal 2005. Arthur Ruppin, Parties de vie, Ed Am-Oved. Tel-Aviv. Arthur Ruppin, La problématique juive avant la conférence de paix. Ed. Agence juive. Jérusalem. Yossi Katz, Le Carmel et Nahalat-Benyamin, Ed. Institut Yad Ben-Zvi. 1992. Gunter Schandera, in Magdeburger Biographisches Lexikon, Magdeburg 2002, Walter Laqueur : Le sionisme'', t. I, éd. Gallimard, Tel, 1994,

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Notes et références

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