Mélanie Fazi, née le à Dunkerque, est une nouvelliste et romancière française de fantastique et de fantasy. Elle est principalement connue pour ses nouvelles fantastiques, qui lui ont valu plusieurs prix littéraires, dont le Grand prix de l'Imaginaire en 2005 pour son premier recueil, Serpentine. Mélanie Fazi est en outre traductrice de métier, depuis l'anglais, et a obtenu en 2007 le Grand prix de l'Imaginaire pour sa traduction du roman Lignes de vie de Graham Joyce. Biographie Naissance et enfance Mélanie Fazi naît le à Dunkerque, en FranceNotice d'autorité de Mélanie Fazi sur le catalogue général de la Bibliothèque nationale de France. Page consultée le 25 décembre 2017.. Sa famille a des origines italiennes du côté de son père, arrivé en France à l'âge de sept ans avec ses parents et ses frères pour s'installer en Lorraine où il apprend le français et devient électricien, puis opérateur en pétrochimie. Sa mère est infirmière en néonatologieBifrost, , 128.. Mélanie a une sœur, née quatre ans après elleBifrost, , 129.. Mélanie Fazi passe son enfance et son adolescence à Grande-Synthe, une ville proche de Dunkerque. Elle apprend à lire très tôt au point de sauter la classe de CP et développe dès l'enfance un intérêt prononcé pour la lecture et le dessin. Elle est aidée en cela par sa famille qui lit beaucoup et va chaque semaine emprunter des livres dans une bibliothèque. Cependant, ses parents ne lisent pas de littératures de l'imaginaire et c'est elle qui leur fait découvrir la littérature fantastique plus tard, lorsqu'elle commence à publier des nouvelles et qu'ils s'intéressent à ce qu'elle publie.

Mélanie se souvient d'avoir eu une enfance heureuse. Elle était une enfant , intéressée par les loisirs d'intérieur et qui consacrait le plus clair de son temps libre à la lecture, aux dessins animés et au dessin. Parmi ses premières lectures favorites figurent les romans d'aventure de Fantômette et ceux de la Bibliothèque rose et de la Bibliothèque verte ainsi que les bandes dessinées Gaston Lagaffe et AstérixBifrost, , 130.. Elle découvre également des récits de la mythologie grecque qu'on lui offre souvent pour Noël et qui lui inspirent par la suite certaines de ses nouvellesBifrost , 156., ainsi que les Contes d'Andersen dont elle dit par la suite qu'ils l'ont marquée par Interview de Mélanie Fazi par Anne Fakhouri en janvier 2004 sur le site ActuSF. Page consultée le 25 décembre 2017..

Elle commence à écrire dès son enfance et fabrique même à l'occasion de petits livres qu'elle illustre et agrafe elle-même. Elle obtient de bons résultats scolaires et se passionne pour les livres qu'on lui fait étudier en classe, notamment les Histoires extraordinaires d'Edgar Allan Poe en puis, en classe de , Germinal d'Émile Zola et Boule de Suif de Guy de MaupassantBifrost, , 132..

Ses parents l'emmènent en Italie presque chaque année, mais elle n'apprend jamais vraiment l'italien. Elle écrit des poèmes et de courtes pièces de théâtre, formes qu'elle abandonne par la suiteBifrost, , 134.. En dépit de sa timidité au collège, elle apprécie les ateliers de théâtre, notamment quand elle joue dans des pièces comiques.

Adolescence et débuts dans l'écriture C'est à l'adolescence que Mélanie Fazi découvre les littératures de l'imaginaire, qui orientent sa propre imagination de façon décisive. À l'âge de onze ans, elle lit Le Seigneur des anneaux de J. R. R. Tolkien qui est l'un de ses premiers souvenirs de lectures marquantes. Elle est impressionnée par la mythologie élaborée par Tolkien et mentionnée sous forme de références au fil du texte, puis elle est très marquée par le dénouement en demi-teinte. Elle a alors l'impression d'avoir lu son premier livre d'adulteBifrost, , 131.. Elle cherche d'autres livres du même genre, sans parvenir à en trouver, et elle reste même longtemps sans croiser d'autres gens connaissant le roman de Tolkien (la fantasy était moins connue et moins répandue qu'elle ne le devient dix ou vingt ans après). Parmi les autres auteurs qui la marquent à cette période de sa vie, elle cite Philip K. Dick, découvert quand elle avait 14 ans, ainsi qu'Isaac Asimov, Ray Bradbury, la bande dessinée L'IncalBifrost, , 135.. L'auteur qui la marque le plus ensuite est Stephen King qu'elle apprécie d'abord pour sa maîtrise du fantastique et de l'horreur, puis pour la finesse psychologique de ses personnages. Elle est également impressionnée par les récits fantastiques d'Anne RiceBifrost, , 141. et de Lisa Tuttle ainsi que les anthologies Territoires de l'inquiétude qui paraissent alors chez DenoëlBifrost, , 138.. Pour autant, Mélanie Fazi lit également de la littérature générale, notamment la littérature américaine sudiste avec des auteurs comme Carson McCullers vers 17 ans (Le Cœur est un chasseur solitaire, Franckie Adams), puis les romans de Paul Auster et par la suite ceux de Nancy Huston (dont Journal de la création et Dolce agonia)Bifrost, , 140.. Parmi les auteurs classiques étrangers qu'elle apprécie, elle cite Shakespeare, Emily Brontë, T. S. Eliot, Lolita de Nabokov et Rebecca de Daphne du Maurier. Très cinéphile durant cette période de sa vie, elle découvre notamment les films de Tim Burton. Mélanie Fazi abandonne peu à peu le dessin et commence à écrire des nouvelles vers l'âge de 17 ans. Elle s'essaie aussi brièvement à la conception d'un jeu vidéo d'aventure sur son ordinateur Amstrad à l'aide d'un programme paru dans un magazine d'informatique, et qu'elle utilise pour concevoir une aventure inspirée par les nouvelles fantastiques d'H.P. Lovecraft, qu'elle a découvertes peu de temps auparavantBifrost, , 133.. Cet intérêt pour le jeu vidéo se prolonge les années suivantes par des coups de cœur pour des jeux comme Silent Hill 2 qu'elle considère comme un chef-d'œuvre du fantastique psychologiqueBifrost , 167.. Pendant cette période, Mélanie Fazi commence à écrire entre deux et quatre nouvelles par an, rythme qu'elle conserve par la suiteBifrost, , 139.. Études et premiers emplois À l'issue de sa scolarité, Mélanie Fazi s'intéresse à la littérature, mais pas au point de vouloir l'étudier, ainsi qu'aux langues étrangères, en particulier l'anglais, mais elle n'est pas intéressée par les premières idées d'orientation qui lui sont faites. Par défaut, elle passe un bac scientifique (intitulé à l'époque le Bac C) puis entame à l'université des études de Langues étrangères appliquées anglais-allemand. Elle passe sa Maîtrise à Dunkerque. En dernière année, elle entend parler du métier de traductrice, mais hésite entre la traduction littéraire et la traduction dans l'audiovisuel (sous-titrages, doublages). Ayant été acceptée pour la traduction littéraire, elle s'oriente vers un DESS dans ce domaine. En 1997, Mélanie Fazi se rend à Paris pour passer le concours, l'obtient et s'installe dans la capitale à la fin du mois de septembreBifrost, , 142.. Elle s'enthousiasme pour sa formation à la traduction et fait rapidement des progrès, tout en découvrant la vie culturelle et artistique parisienne, en particulier les concerts de rock et de pop. Elle arrête d'écrire durant l'année universitaire 1997-1998 afin de se consacrer à ces différentes activités, mais dit garder l'impression que sa formation de traductrice s'est révélée également formatrice pour son écriture, grâce au travail sur la phrase qu'elle effectue durant ses exercices de traduction. Lorsqu'elle reprend l'écriture en 1998, sa façon d'écrire a changé.. Elle passe quelques mois au chômage puis fait plusieurs petits boulots. Lorsqu'elle se rend au festival des Galaxiales à Nantes, elle découvre la revue Ténèbres qui la passionne et prend contact avec Benoît Domis qui lui confie ses premières traductionsBifrost, , 143.. Elle doit cependant accepter un emploi alimentaire de standardiste dans un hôtel parisien, qu'elle espère de courte durée, avant de vivre de ses traductions : elle doit finalement attendre trois ans avant d'y parvenir. Dans le même temps, Mélanie Fazi reprend l'écriture de nouvelles. Durant l'été 1998, elle écrit la nouvelle « Le Nœud cajun » qui est acceptée et publiée deux ans plus tard, en l'an 2000, dans l'anthologie de Daniel Conrad De minuit à minuit, aux éditions du Fleuve Noir.. Mélanie Fazi vit cela comme un tournant dans sa vie car l'écriture y avait toujours tenu une grande placeBifrost, , 145.. La nouvelle fait partie des finalistes pour le Grand Prix de l'Imaginaire, ce qui marque beaucoup l'écrivaineBifrost , 149.. Écrivaine et traductrice vignette|droite|Mélanie Fazi au festival des Imaginales en 2008. L'année 2002 est un pivot pour sa vie professionnelle : les éditions Bragelonne l'embauchent comme traductrice et lui assurent assez de travail pour en faire son métier. Les années suivantes, Fazi traduit (principalement pour Bragelonne) des œuvres de Lois McMaster Bujold, Elizabeth Moon, Poppy Z. Brite, Graham Joyce, Kelley Armstrong, Lilith Saintcrow, Brandon Sanderson, etc.Bifrost n°77, Bibliographie de Mélanie Fazi, section « Traductions », 173-174..

C'est également durant cette période que la carrière d'écrivaine professionnelle de Mélanie Fazi prend forme. En 2002, la nouvelle « Matilda », parue l'année précédente dans l'anthologie Douces ou cruelles ? au Fleuve Noir, remporte le Prix Merlin dans la catégorie « Nouvelle ».. Fazi y évoque les milieux des amateurs de rock. Les années 2003 et 2004 marquent de leur côté un tournant dans sa carrière littéraire avec trois publications rapprochées. En 2003, son premier roman, issu de deux de ses nouvelles, est accepté par les éditions Nestiveqnen et paraît sous le titre Trois pépins du fruit des morts. Il s'inspire du mythe grec de Perséphone, mais contient aussi une part d'inspiration autobiographique dans le mal-être adolescent du personnage principalBifrost , 146.. La même année, Léa Silhol, directrice des éditions de l'Oxymore, propose à Mélanie Fazi de regrouper ses nouvelles en un recueil, Serpentine, qui paraît l'année suivante précédé d'une préface de l'écrivain Michel Pagel à qui elle a fait lire plusieurs de ses nouvelles les années précédentesBifrost, , 148..

Peu après, les éditions Bragelonne acceptent son second roman, Arlis des forains, également né de la mutation d'une longue nouvelle entamée en 1999 et dont elle retravaille notablement l'intrigue après l'acceptation du manuscrit. Le roman se déroule aux États-Unis et a pour personnage principal un jeune garçon membre d'une troupe de forains itinérants. Arlis des forains paraît en 2004, quelques mois après Serpentine. Ces publications rapprochées attirent l'attention sur l'écrivaine et remportent toutes les trois des prix littéraires. L'année 2003 voit aussi les premières traductions anglaises des nouvelles de Mélanie Fazi, à la suite d'une rencontre avec l'écrivain Brian Stableford lors de la convention de Flémalle. Stableford cherche des textes d'auteurs français à traduire pour les placer dans des revues anglophones : Fazi lui envoie trois de ses nouvelles que Stableford traduit et propose à des revues. Cela débouche sur la publication de « La Cité travestie » dans The Magazine of Fantasy and Science Fiction, du Nœud cajun dans The Third Alternative puis de trois autres nouvelles au cours des mois suivantsBifrost , 162..