Abonde, aussi appelée Dame Abonde, est un esprit féminin, une fée, vénérée en France au Moyen Âge, associée à la fertilité.
Mentions historiques Sa première mention dans un texte est par le théologien Guillaume d'Auvergne. Il raconte que les paysans croient qu'elle « apporte l'abondance aux maisons qu'elle visite », maisons où elle est attirée par des offrandes en nourriture et en boisson, Chapitre III « L'Église, institution dominante du féodalisme », sous-chapitre IV « Limites et contestations de l'Église », p. 313. En 1275, Le Roman de la Rose critique ceux qui prétendent s'être envolés la nuit avec elleOn lit dans Le Roman de la Rose : " Et les cinq sens ainsi deçoivent Par les fantosmes qu'ils reçoivent, Dont maintes gens par leurs folies Quident estre par nuit estries, Errans avecque dame Habonde. ". Bien qu'on ne soit pas sûr que ce soit lié à cette croyance, Jacques de Vitry dénonce aussi un rituel nuptial dans lequel des grains de blés sont jetés sur les mariés en scandant "Abondance ! Abondance !".
Interprétations contemporaines Le Dictionnaire de la langue française (1863) d'Émile Littré donne à l'entrée "abonde" le propos suivant : "Dame Abonde, la fée Abonde, la principale des fées bienfaisantes.".
D'après Lucie Félix-Faure Goyau, dans La vie et la mort des fées; essai d'histoire littéraire (1910), elle visiterait principalement les « pauvres gens », p. 4.
Jérôme Baschet, reprenant les travaux de Jean-Claude Schmitt, la décrit comme faisant partie de superstitions rurales dont la répression occupe les clercs au Moyen Âge, et qui sont alors à tort interprétées comme des survivances de paganismes, alors qu'elles sont probablement apparues dans les siècles précédents leur recensement. Celle-ci en particulier, fait partie d'un ensemble de croyances et de rituels destinés à capter la bienveillance de forces positives, afin d'assurer la bonne marche de la vie paysanne, et surtout la fertilité et le renouvellement annuel des produits de la terre.À partir du XIIIe siècle, l'Église les pourchasse et diabolise de plus en plus, Chapitre III « L'Église, institution dominante du féodalisme », sous-chapitre IV « Limites et contestations de l'Église », p. 310-314. .
Références
Bibliographie
Catégorie:Fée du folklore français Catégorie:Fée dans la tradition orale Catégorie:Personnage allégorique