La centrale nucléaire du Tricastin se situe sur le site nucléaire du Tricastin sur la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux, à de Pierrelatte, au sud de Montélimar et au nord d'Avignon. Avec les centrales de Gravelines et de Dampierre aussi mises en service en 1980, c'est la seconde centrale en activité la plus âgée du parc nucléaire français, après celle du Bugey.

Historique La construction de la centrale nucléaire du Tricastin a débuté en 1974, et elle a été mise en service en 1980 (T1 & T2) puis 1981 (T3 & T4). Elle comprend quatre réacteurs à eau pressurisée (REP) de chacun, soit une puissance totale de pour la centrale. Ils appartiennent au palier dit CP1. La superficie du site est de .

Le refroidissement de la centrale est assuré par l'eau du Canal de Donzère-Mondragon (source froide)Donzère: travaux sur le canal pour éviter l'inondation du site nucléaire, sur le site francebleu.fr du 21 mai 2013. Le combustible nucléaire neuf arrive par transport routier sous forme d'assemblages fabriqués, entre autres, à la FBFC. Le combustible usé est entreposé en piscine de refroidissement pendant quelques mois, avant d'être expédié en train à l'Usine de retraitement de la Hague.

Sa proximité avec des sites aquatiques comme le RhôneTricastin, quels risques ?, sur le site laprovence.com du 28 mars 2011 ou la Gaffière, le cours d'eau qui traverse le site du TricastinInondation sur le site de la centrale du Tricastin, sur le siteenerzine.com du 16 décembre 2008 l'expose aux risques d’inondation.

La centrale produit chaque année environ , soit 6 % de la production électrique française. L'usine voisine d'enrichissement Eurodif, aujourd'hui en cours de démantèlement, consommait environ par an, soit environ les deux-tiers de la production de la centrale. Cette proximité permettait alors de limiter les pertes dues au transport de l'électricité.

Le , l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé avoir demandé à EDF une surveillance renforcée des eaux souterraines de la centrale à cause d'une « présence anormale » de tritium.

EDF finance les collectivités locales à hauteur de 14 millions d'euros par an au titre de la taxe professionnelle de la centrale du Tricastin.

Le , plusieurs dizaines de militants de Greenpeace se sont introduits dans la centrale nucléaire de Tricastin pour réclamer la fermeture du siteOpération coup de poing de Greenpeace à Tricastin pour réclamer la fermeture de la centrale, sur le site humanite.fr du 15 juillet 2013.

Le , Europe Écologie Les Verts a réclamé la fermeture en urgence de la centraleNucléaire : EELV réclame la fermeture de la centrale du Tricastin, sur le site leparisien.fr du 17 septembre 2013.

En , EDF notifie au gestionnaire du réseau d'électricité que deux des quatre réacteurs de la centrale resteront arrêtés au moins jusqu'à la fin décembre, des « contrôles supplémentaires » étant nécessaires pour s'assurer que leurs générateurs de vapeur, pièces majeures de la centrale, « sont aptes à remplir leur fonction en toute sûreté »Les Échos, 23/09/2016.

En , le Tricastin 1 est un des premiers réacteurs d'EDF à reprendre du service.

Fin , EDF prend acte de la décision de l’ASN lui demandant de procéder à l’arrêt provisoire des quatre unités de production de la centrale, le temps de renforcer une portion de la digue située au nord de la centrale. EDF propose à l’ASN un plan d’actions réactif en deux étapes : sous un mois, des travaux de renforcement de la digue vont être réalisés, permettant de garantir sa tenue en situation de séisme majoré de sécurité. De plus, une protection complémentaire au muret de protection périphérique existant sera opérationnelle sous quelques jours. Ce dispositif permettrait de garantir qu’il n’y aurait pas d’arrivée d’eau au niveau des réacteurs en cas de séisme majoré de sécurité pendant la période des travaux. Compte tenu de ces dispositions, le groupe considère que la sûreté des installations est garantie et que l'arrêt des réacteurs n’est pas justifié. Le , l'ASN a autorisé EDF à redémarrer la centraleLa centrale nucléaire de Tricastin va redémarrer, Paris Match, 5 décembre 2017..

En , un article du JDD publie des extraits du livre « Nucléaire, danger immédiat » évoquant la centrale : . À la suite de la publication du livre, EDF réfute ces accusations : .

Le , le réacteur Tricastin 1 est le premier des 58 réacteurs d'EDF à engager les travaux qui lui permettront de prolonger son exploitation de quarante à cinquante ans et d'intégrer des améliorations de sûreté introduites par l'EPR. Le chantier, qui servira de référence aux 31 autres réacteurs de , se prolongera jusqu'en 2023Véronique Le Billon, Nucléaire : Tricastin engage ses travaux post-40 ans, Les Échos, 30 juin 2019..

En , à la suite d’une consultation du public du 4 au sur son site internet, l’ASN demande à EDF que les travaux complémentaires de renforcement de la digue, étudiés dans le cadre des mesures post-Fukushima, soient terminés avant fin 2022« L’ASN prescrit un renforcement complémentaire de la digue protégeant la centrale nucléaire du Tricastin », asn.fr, le 10 juillet 2019.

En , dans le cadre de la mise en œuvre de la loi sur la transition énergétique, l'électricien EDF propose au gouvernement français d’étudier la mise à l’arrêt de deux réacteurs de la centrale du Tricastin, parmi une liste de 14 réacteurs à fermer entre 2028 et 2035CARTE. EDF envisage l'arrêt de réacteurs dans huit centrales nucléaires, La Dépêche, 21/01/2020.

En , Emmanuel Macron indique une modification importante de cette loi sur la transition énergétique, puisque plus aucun réacteur en état de produire ne sera fermé à l'avenir, sauf pour des raisons de sûretéLa nouvelle stratégie énergétique de la France.

En une information judiciaire concernant la centrale est ouverte pour non-déclaration d’incident ou d’accident, ainsi que pour mise en danger d'autrui, faux et usage de faux.

Mi-, l'ASN donne son feu vert à EDF pour une prolongation de supplémentaires à l'exploitation de la de Tricastin. C'est le premier réacteur français autorisé à poursuivre sa production d'électricité au-delà des 40 ans de durée de vie prévus lors de sa conception. En fait, les travaux de modernisation de Tricastin 1 sont terminés depuis 2019 et le réacteur a déjà 43 ans d'âge, mais les procédures d'enquête publique et d'examen du dossier par l'ASN ont duré plus longtemps que prévu. Les travaux de la quatrième visite décennale, dans le cadre du programme de Grand carénage, avaient pour objectif d'atteindre le même niveau de sûreté que pour les constructions neuves. Des équipements de sûreté du niveau de l'EPR ont été installés : un récupérateur de corium sous le bâtiment réacteur afin de dégager une zone où pourrait s'étaler du magma en cas d'accident et de fusion du combustible, ou encore des moteurs diesels « d'ultime secours » capables de prendre le relais de l'alimentation électrique de la centrale, en cas d'accident grave Nucléaire : top départ pour la prolongation des réacteurs français au-delà des 40 ans, Les Échos, 21 août 2023Centrale de Tricastin : produire de l'électricité au-delà de 40 ans, francebleu, 9 juin 2019.

Caractéristiques des réacteurs

La centrale possède quatre réacteurs à eau pressurisée (REP) d'une puissance électrique nette de chacun, construits par Framatome puis exploités par Électricité de France.

La centrale de Tricastin appartient au palier dit « CP1 », comme les centrales nucléaires du Blayais, de Dampierre et de GravelinesTechniques de l'ingénieur - Glossaire des sigles.

Elle est exposée au risque de séisme. Lors de sa conception, c'est un séisme de 4,7 sur l'échelle de Richter qui a été choisi comme référence, et les installations sont donc prévues pour résister à un séisme de 5,2. Elle se trouve dans un grand complexe nucléaire et chimique comprenant six sites Seveso dans un rayon de Tricastin : une centrale sans failles ?, sur le site lemonde.fr du 15 juillet 2013.

Les caractéristiques des réacteurs en service sont les suivantes : Nom du réacteurModèlePuissanceDébut de constructionRaccordement au réseauMise en service commercial visite décennale visite décennale visite décennale visite décennaleNette (MWe)Brute (MWe)Thermique (MWth)Tricastin-1CP1915 955278530 juin 1990 au 30 octobre 199028 novembre 1998 au 06 juillet 199902 mai 2009 au 16 août 200901 juin 2019 au 23 décembre 2019Tricastin-2CP1915 955278509 février 1991 au 22 mai 19911er juillet 2000 au 11 novembre 200015 janvier 2011 au 20 mai 2011 06 février 2021 au 26 juillet 2021Tricastin-3CP1915 955278506 juin 1992 au 26 septembre 199213 octobre 2001 au 6 mars 200228 avril 2012 au 12 septembre 201212 mars 2022 au 21 novembre 2022Tricastin-4CP1915 955278521 novembre 1992 au 06 mars 199315 mai 2004 au 28 septembre 200430 août 2014 au 30 décembre 201420 janvier 2024 au 16 juillet 2024

Projet EPR2 La centrale du Tricastin faisait partie des sites envisagés pour la construction de la troisième paire de réacteur EPR 2 en Auvergne-Rhône-AlpesMacron annonce la construction de 6 nouveaux réacteurs nucléaires EPR, dont 2 dans la région ?. Le Conseil de politique nucléaire du , retient finalement le site du Bugey. Néanmoins, les études techniques et les analyses se poursuivront sur le site de Tricastin, dans la perspective d’accueillir d'éventuels futurs réacteurs nucléaires.

Le site du Tricastin, qui bénéficie du soutien des régions Provence-Alpes-Côte d'Azur, Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie, fait partie de la « short list » de six sites candidats à l'accueil d'au maximum quatre nouvelles paires d'EPR2 supplémentaires, aux côtés de Nogent-sur-Seine, Golfech, le Blayais, Creys-Malville et Chinon. À la rentrée , la décision finale de l'État sur l'attribution de ces sites additionnels n'a pas encore été rendue, celle-ci étant attendue d'ici la fin de l'année.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Liste des réacteurs nucléaires en France Site nucléaire du Tricastin

Liens externes

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