Comines (en néerlandais Komen, en picard Cômâne, en wallon Cômene) est une section de la ville belge de Comines-Warneton située en Wallonie picarde et en Flandre romane, dans la province de Hainaut. Il s'agit d'une ville francophone à facilités néerlandophones. Elle a longtemps été considérée, avec son homonyme française, comme étant la capitale mondiale du ruban utilitaire.

C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

Comme Warneton, Comines s'étend le long de la Lys, dont l'ancien lit forme depuis les traités d'Utrecht la frontière avec la France. De l'autre côté de la Lys se trouve la commune française du même nom.

Au nord du territoire de Comines se trouve le village de Ten Brielen. Jusqu'en 1963, le village de Kruiseyck faisait partie de Comines.

Étymologie Comines a été mentionné pour la première fois par écrit en 1096, sous le nom de Cumines, une autre forme en 1138 est Comminis. Il peut être un nom propre gallo- romain, ou un mot celtique pour vallée (*cumma, variante de cumba)A. Vincent, Les noms de lieux de Belgique, Bruxelles, 1927 ou encore du saxon cuman (vallée d'arrivée) qui a dérivé en komen en néerlandais. Les origines étymologiques saxonnes de la ville voisine, Warneton, renforcent cette hypothèse.

Deux autres hypothèses étymologiques associent Comines à une origine anthroponymique. Soit associée à Commios ayant gouverné sur la région, soit au général romain Cominium. Ce dernier relevant surtout de la construction légendaire hagiographiqueA. S., Comines de s. en s., . Le cas de Commios est toutefois appuyé par une analyse linguistique indiquant dès lors que Comines signifierait les gens appartenant à CommiosM. Gysseling, Comines et la toponymie préhistorique, Mémoires de la Société d'Histoire de Comines-Warneton - T.5-2, 1975.

Enfin, l'hypothèse légendaire en lien avec Saint Chrysole serait que lors de ses prêches, il interpelle les habitants à venir l'écouter, en utilisant donc le verbe comen. Cependant, l'existence du Saint est contestée et la piste de la supercherie hagiographique semble privilégiéeNicolas Huyghebaert O.S.B., « », Mémoires de la Société d'Histoire de Comines-Warneton T. 10 - 1,‎ 1980. Géographie

Évolution démographique

Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre. 1920* : Décroissance importante de la population due aux dégâts causés par la Première Guerre mondiale

Histoire Jusqu'aux Traités d'Utrecht en 1713, Comines Belgique et Comines France ont une histoire commune.

Le eut lieu le combat de Pont-Rouge : des troupes autrichiennes voulaient alors envahir la partie sud de la Lys appartenant à la France. Mais les troupes françaises les repoussèrent. Le traité des limites signé en 1769 désigne alors la Lys comme frontière définitive entre la France et la future Belgique.

Un arrêté du Comité de salut public du , réglemente le statut administratif de la Belgique. Comines fera partie du canton judiciaire d'Ypres et du département de la LysJacques Pijcke, Mouscron, neuf siècles d'histoire, remaniée, 1965. avant d'être transférée (à l'exception du hameau flamand de Kruiseyck cédé à Wervicq) de la province de Flandre-Occidentale à celle de Hainaut en 1963. Depuis cette date, ses habitants néerlandophones minoritaires bénéficient de facilités administratives.

Au , la population augmente considérablement. Les gens travaillaient dans les usines de tissage de la partie belge et de la partie française. De 1846 à 1910, la population de Comines est passée de à . L'industrie textile lui donne alors le surnom de Capitale Mondiale du Ruban Utilitaire. Après la Seconde Guerre mondiale, Comines Belgique et Comines-Sud sont devenues le plus important producteur de ruban au monde, mais à partir de 1970, les industries commencèrent à déplacer leurs activités. Il ne reste plus aucune rubanerie en activité côté Belgique, mais sept côté France.

L'essor textile Le , Philippe Hovyn, marchand de lin et manufacturier Yprois, profite des failles juridiques de cette situation frontalière pour fonder une rubanerie et écouler ses produits en évitant les taxes de franchissement de frontière. Son exemple sera suivi, de part et d'autre de la Lys si bien que quinze manufactures rubanières s'installeront d'ici 1788. À ceci s'ajoutent d'autres manufactures textiles (toile, serviettes damassées, retorderie de fil) qui seront 11 en 1788.

Époque contemporaine Première guerre mondiale vignette|Pont frontière de Comines sous occupation allemande, 1915.

Sous occupation allemande La mobilisation réduit drastiquement les effectifs des industries textiles, certaines s'arrêtent dès l'entrée en guerre. Le , des volontaires belges se positionnent sur le pont frontière, sur la Lys avant de le quitter le , après avoir réquisitionné toutes les automobiles vers Saint-Omer. Les premiers soldats allemands feront leur entrée le André Schoonheere, Les carillons du néant : destruction de Comines pendant la grande guerre 1914-1918, Souvenirs et notes autobiographiques du chanoine Charles Vermes, 1972, . De nombreux témoignages écrits par les habitants permettent de mesurer le climat.Des aéroplanes allemands et anglais survolent la ville chaque jour. Le canon gronde vers Lille, Warneton, Houthem et Zandvoorde et tous les soirs, le ciel est rouge à cause des incendies. La nuit, le bruit des troupes nous empêche de dormir.Extraits des témoignages écrits dans un journal tenu Jacqueline Zègres, habitante de Comines, et synthétisé par Gérard Zègres dans son article sur l'arrivée des allemands.La Kommandantur qui occupe la ville déclare plusieurs interdictions dès le , incluant un cessez-le-feu à André Schoonheere, Les carillons du néant : destruction de Comines pendant la grande guerre 1914-1918, Souvenirs et notes autobiographiques du chanoine Charles Vermes, 1972, . Un témoin évoque une anecdote concernant l'interdiction de parler aux captifs ou de leur venir en secours. Une habitante, Palmyre Wallez, sera mise au cachot pour avoir refusé de payer une amende car elle avait offert le café chaud à une colonne de soldats blessés britanniques passant par la chaussée de Wervicq.

Le , le nombre de soldats allemands postés à Comines atteignait les 40.000André Schoonheere, Les carillons du néant : destruction de Comines pendant la grande guerre 1914-1918, Souvenirs et notes autobiographiques du chanoine Charles Vermes, 1972, . Les usines fermées sont réquisitionnées et transformées en dortoir, réfectoire, hôpital ou salle de spectacle. Comines deviendra le quartier général allemand et de nombreux bâtiments sont réquisitionnés et transformés. Les témoignages parlent de ballet incessant de blessés et de chariot des morts.

Dès 1915, le front se stabilise à quelques kilomètres de Comines qui fait office de lieu de repos pour les troupes. Plusieurs régiments bavarois dorment au sein de l'ancienne usine textile Gallant, Adolf Hitler séjournera à plusieurs reprises la ville comme l'indiquent ses lettres, Mein Kampf ou simplement ses différents dessins. Cette importante présence bavaroise amena le prince de Bavière (Rupprecht) à passer en revue les troupes sur la Grand Place de Comines, le tout comme son père Louis III le André Schoonheere, Les carillons du néant : destruction de Comines pendant la grande guerre 1914-1918, Souvenirs et notes autobiographiques du chanoine Charles Vermes, 1972, .

Sous les obus britanniques Dès le , les premiers tirs d'artilleries britanniques sont tirés en direction de Comines afin de détruire les premières positions stratégiques. Côté belge, elles ciblent le clocher de l'Église Saint-Chrysole, le couvent des sœurs Notre-Dame à Ten-brielen ou encore la presqu'île du quartier du fort (actuelle rue du Fort)André Schoonheere, Les carillons du néant : destruction de Comines pendant la grande guerre 1914-1918, Souvenirs et notes autobiographiques du chanoine Charles Vermes, 1972, . Toutefois, les tirs disparaitront avec l'avancée du front puis sa stabilisation.

Le , les opérations d'artillerie reprennent. De très nombreux bâtiments civils sont détruits, provoquant le départ de l'État-Major allemandAndré Schoonheere, Les carillons du néant : destruction de Comines pendant la grande guerre 1914-1918, Souvenirs et notes autobiographiques du chanoine Charles Vermes, 1972, . L'automne 1915, l'opération reprendra avec une plus grande intensité en ciblant plus particulièrement la partie belge de la ville où se trouvaient les réserves de munition de l'armée bavaroiseAndré Schoonheere, Les carillons du néant : destruction de Comines pendant la grande guerre 1914-1918, Souvenirs et notes autobiographiques du chanoine Charles Vermes, 1972, . Le fut particulièrement macabre puisque trois entrepôts construits sous le cimetière de Comines explosèrent. Les témoignages parlent de soldats et citoyens armés de crochets afin de récupérer les cadavres projets dans le canal Ypres-Comines à quelques mètres de làAndré Schoonheere, Les carillons du néant : destruction de Comines pendant la grande guerre 1914-1918, Souvenirs et notes autobiographiques du chanoine Charles Vermes, 1972, . En 1916, les tirs d'artillerie se concentraient sur les anciennes usines, châteaux et grands édificesAndré Schoonheere, Les carillons du néant : destruction de Comines pendant la grande guerre 1914-1918, Souvenirs et notes autobiographiques du chanoine Charles Vermes, 1972, .

Mais l'opération la plus intense se déroula après l'exode de la population.

L'exode En , le front évolue et se rapproche de Comines. Les tirs d'artilleries s'abattirent le aux confins de Comines, dans des hameaux récemment évacués. Le , l'état-major britannique exigèrent l'évacuation des habitants. Un mandement précis avait été largué par aéroplane et parvint à la kommandantur. Il était accordé quelques jours pour organiser le départ des civilsAndré Schoonheere, Les carillons du néant : destruction de Comines pendant la grande guerre 1914-1918, Souvenirs et notes autobiographiques du chanoine Charles Vermes, 1972, .

Chaque habitant était autorisé à de bagages pour entamer leur exode. Les belges devront attendre le 29 et pour pouvoir partir, en fonction de l'organisation de la kommandantur via le chemin de fer en direction de Courtrai. Les derniers exilés se feront sous les premiers tirs britanniquesAndré Schoonheere, Les carillons du néant : destruction de Comines pendant la grande guerre 1914-1918, Souvenirs et notes autobiographiques du chanoine Charles Vermes, 1972, .

Fait surprenant, certains évacués reprirent leur emploi auprès de leurs anciens patrons, là où ces derniers avaient été évacués. En effet, les industries textiles avaient essaimé en Normandie et à LyonAndré Schoonheere, Les carillons du néant : destruction de Comines pendant la grande guerre 1914-1918, Souvenirs et notes autobiographiques du chanoine Charles Vermes, 1972, .

Il faudra attendre avant qu'une centaine d'évacués tenteront de réoccuper Comines. Ils seront de nouveaux évacués lorsque les combats se rapprochent de nouveau. Ils reviendront en automne 1918 après la libération de la majorité des villes de la LysAndré Schoonheere, Les carillons du néant : destruction de Comines pendant la grande guerre 1914-1918, Souvenirs et notes autobiographiques du chanoine Charles Vermes, 1972, .

Fusion des communes Comines était situé dans la province de Flandre-Occidentale et a été transféré à la province wallonne du Hainaut à la suite du recensement linguistique de 1963. Le hameau de Kruiseyck n'est pas concerné par ce transfert d'une province à l'autre : le hameau est alors transféré de Comines à Wervicq et reste ainsi dans la province de Flandre occidentale. L'histoire de Comines devient celle de Comines-Warneton à la suite de la fusion des communes.

Problèmes linguistiques

Liste des bourgmestres de 1830 à 1977

Patrimoine et culture vignette|L'église Saint-Chrysole de Comines (Belgique).