La gare du Val d'Or est une gare ferroviaire française de la ligne de Paris-Saint-Lazare à Versailles-Rive-Droite, située sur le territoire de la commune de Saint-Cloud, dans le département des Hauts-de-Seine, en région Île-de-France.
Une halte est mise en service en 1903 par la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest, pour assurer la desserte de l'hippodrome de la Fouilleuse (devenu depuis l'hippodrome de Saint-Cloud). La gare prend son nom et sa configuration actuels, en 1911, lorsqu'elle est élevée au rang de station. De 1918 à 1952, elle est le point d'embranchement d'une ligne desservant des entreprises sur Suresnes et Rueil-Malmaison et notamment un arsenal militaire. Au début des , elle est totalement rénovée avec une nouvelle passerelle et des aménagements qui en font un modèle d'accessibilité aux personnes handicapées.
C'est une gare de voyageurs de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), desservie par les trains de la du Transilien. Elle se situe à de la gare de Paris-Saint-Lazare.
Situation ferroviaire Établie à d'altitude, la gare du Val d'Or est située au de la ligne de Paris-Saint-Lazare à Versailles-Rive-Droite, entre les gares de Suresnes-Mont-Valérien et de Saint-Cloud.
Toponymie
Val d'Or est, lors de la création de la halte en 1903, le nom du chemin qui va du champ de course de Saint-Cloud à la station de bateaux sur la Seine, après avoir traversé les voies de la ligne de Paris-Saint-Lazare à Versailles et de la ligne des Moulineaux.. En 2013, il est inclus dans le nom du quartier « Hippodrome/Fouilleuse/Val d'Or » où se situe la gare..
Le microtoponyme Val d'Or est attesté sous diverses formes : Vaudor en 1606, Vaulx d'or en , Vaux d'or en et Veau d'or en . Il rappelle l'emplacement d'un situé entre Saint-Cloud et Suresnes..
Histoire 1903 : halte du champ de courses de Saint-Cloud La ligne d'Asnières à Versailles (Rive droite), mise en service officiellement le par la Société anonyme du chemin de Versailles (Rive droite), ne comporte pas d'arrêt entre la gare de Saint-Cloud et celle de Suresnes ouverte un an plus tard.
vignette|gauche|upright|alt=Plan en noir et blanc d'une partie des territoires des communes de Suresnes et Saint-Cloud avec le tracé des lignes de chemin de fer.|Plan de situation de l'hippodrome en 1901. vignette|droite|alt=Photo noir et blanc prise depuis une passerelle, montrant un train de banlieue d'où descend une foule de voyageurs dont certains lisent des journaux.|Arrivée d'un train, un jour de courses à l'hippodrome. Le besoin d'un nouvel arrêt apparaît lors de la création de l'hippodrome de Saint-Cloud dans la plaine de Fouilleuse. Peu avant son inauguration, le , Le Sport universel illustré indique qu'il dispose, pour l'accès des spectateurs, de plusieurs moyens existants ou prévus, notamment la création d'une nouvelle gare, à de l'entrée par le chemin du Val d'Or. Elle y sera plus proche que la nouvelle station des Coteaux, sur la ligne des Moulineaux, ou que le ponton de bateaux des coteaux de Saint-Cloud, dont l'accès est alors barré par la ligne de Paris-Saint-Lazare à Versailles-Rive-Droite (voir plan de situation ci-contre).
En conséquence, et afin de faciliter l'accès au champ de courses, la société des Coteaux du bois de Boulogne et de Longchamp demande l'établissement d'une passerelle au-dessus des voies au . L'autorisation est obtenue en , pour une passerelle provisoire de deux mètres de largeur. La Société accepte, à ses frais, de l'agrandir et de la transformer en passerelle métallique, dès que la réalisation d'une halte sera décidée.
Le , la décision de réaliser une halte est communiquée aux administrateurs de la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest. Les travaux débutent au mois de mai en un point situé à peu près à égale distance entre les gares de Suresnes et de Saint-Cloud.. En 1903, la halte dite du est mise en service. Elle dispose de deux quais, avec une voie spéciale desservant le quai montant, établie entre la halte et Saint-Cloud. Sa construction entraine l'élargissement à treize mètres de l'ouverture du pont de la rue du Calvaire, dit . Une passerelle de quatre mètres de largeur complète l'ensemble. Lors de son ouverture, les trains de la ligne de Paris à Versailles la desservent seulement les jours de courses à l'hippodrome de la plaine de Fouilleuse.
1911 : gare du Val d'Or Le décret du autorise la commune de Saint-Cloud à emprunter pour, avec d'autres ressources, verser une subvention de pour les travaux de transformation de la halte en station. Le décret autorise également l'Administration des chemins de fer de l'État à percevoir, pendant une durée maximale de dix ans, des surtaxes locales applicables aux voyageurs empruntant cette nouvelle gare ( par billet simple et par billet d'aller et retour)..
En 1911, l'État établit des voies de garage dans différentes gares de la ligne et notamment à la halte du champ de courses de Saint-Cloud dite du « Val d'Or » pour les trains de marchandises qui gênent la circulation des trains de voyageurs. Cette même année, l'État effectue des travaux pour transformer en gare voyageurs l'ancienne halte qu'il renomme gare du Val d'Or.. Le bâtiment des voyageurs est édifié à cette occasion. Le , le conseil municipal de Saint-Cloud fait part de son souhait que la gare soit renommée , mais il n'est pas donné suite à cette requête.
1918-1952 : gare et embranchement des docks vignette|alt=Carte postale en noir et blanc représentant une gare.|La gare vers 1920, à droite : les voies de garage pour l'embranchement. En 1917, l'Atelier de construction de Puteaux, un arsenal manquant de surfaces disponibles sur son site d'origine, prend la décision de délocaliser sur Rueil une partie de ses productions et de raccorder ce nouvel atelier ..
vignette|gauche|alt=Carte postale en noir et blanc représentant une gare et un embranchement.|La gare et l'embranchement vers 1930. À la fin de la Première Guerre mondiale, les installations de la gare sont modifiées lors de l'établissement de l'embranchement particulier, destiné à desservir . La ligne des docks est un embranchement à voie unique d'une longueur de et qui traverse le territoire des trois communes de Saint-Cloud, Suresnes et Rueil-Malmaison. Elle se débranche de la ligne de Versailles au nord de la gare du Val d'Or et se dirige vers le nord-ouest en rampe sensible sur les où une dénivellation de quatre mètres est à rattraper. Des voies de garage sont établies en gare du Val d'Or, raccordées à la voie spéciale montante.
En 1918, le long du boulevard de Versailles, l'embranchement est raccordé à la voie du chemin de fer du bois de Boulogne (CFBB), Porte Maillot - Val d'Or - Saint-Cloud, devenue en 1921 la du tramway de la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP). Cette jonction permet d'établir deux circulations quotidiennes entre Porte Maillot et Rueil-Malmaison pour le personnel. Le tronçon est électrifié du boulevard de Versailles à l'usine de Rueil.
vignette|gauche|upright|alt=Carte en couleurs des territoires des communes de Suresnes et Saint-Cloud|Carte IGN 1950, avec le tracé de l'embranchement de la gare aux ateliers de Rueil. Au début des années 1920, les modestes installations de Rueil deviennent l'usine de Rueil, dépendant de l'atelier de construction de Puteaux (APX), situé le long du boulevard National à Puteaux. En 1926-1927, les maires de Rueil-Malmaison et de Suresnes entament des discussions avec la STCRP et l'autorité militaire afin d'engager des circulations voyageurs sur l'embranchement. Mais le projet est abandonné : la est supprimée le lors de la grande vague de retrait du tramway en France et remplacée par une ligne d'autobus portant le même indice. Dès 1927, le très mauvais état des traverses en sapin fait envisager à l'arsenal le transfert sur route des marchandises.
Entre le et le un détachement, composé d'un officier, un adjudant, trois sous-officiers, soixante caporaux et sapeurs, modifie sur de longueur le tracé de la ..
Le à , un grave accident a lieu sur l'embranchement au carrefour de la Croix du Roy, lorsqu'un train transportant deux chars de trente tonnes vers l'arsenal percute un autobus de la : on compte plusieurs morts et une quinzaine de blessés. En 1953, le nom du docteur Bombiger est donné à une rue de la commune à la suite de son dévouement au secours des blessés lors de cet accident. vignette|alt=photographie en couleurs prise au-dessus de voies de chemin de fer|En 2011, on devine encore l'emplacement de l'embranchement des docks à gauche de l'immeuble. En arrière-plan, on distingue le mont Valérien. L'exploitation de l'embranchement fait l'objet d'une convention avec l'Administration des chemins de fer de l'État, puis la SNCF, qui fournit les moyens de traction ; la dernière est signée en . Lors de la réorientation des activités de l'usine de Rueil, réduisant fortement le transport de matériel lourd, l'embranchement est finalement abandonné en 1959. Cette année-là, la SNCF perçoit pour la traction et pour le désherbage de l'embranchement.
À la fin des années 1960, l'armée cède progressivement le site de l'usine de Rueil à la Régie Renault. Une partie du site de cet embranchement est occupée aujourd'hui par le parking de la résidence du Parc du Val d'Or (l'immeuble en « S » de grande taille, en blanc sur la photo ci-contre). Quelques traces de la voie ferrée sont encore visibles sur les vues aériennes.
Évolution de la desserte de 1928 à 2004
La gare, desservie par des trains de banlieue électriques depuis la pose d'un troisième rail d'alimentation en 1928, est adaptée pour l'installation de la nouvelle alimentation par caténaire mise en service en 1976. Elle devient une gare de la ligne tangentielle, avec, dans ce cadre, l'aménagement d'une installation permanente de contre-sens (IPCS) entre la gare et celle de Suresnes-Mont-Valérien, en 1995. La ligne, et donc également la gare, sont intégrées dans le nouveau réseau Transilien en 1999. puis en 2004, dans la , nouvelle dénomination de la tangentielle (La Défense - La Verrière)..
2008-2013 : rénovation et accessibilité vignette|alt=Photographie couleur. Vue supérieure de trois voies et deux quais.|Quai central en 2008. Au début des années 2000, l'ancienne passerelle, qui surplombe la gare et permet l'accès aux quais mais aussi la liaison entre la ville haute et la ville basse de Saint-Cloud, est fatiguée après plus de cent ans d'existence. Une réflexion est posée pour la remplacer en tenant compte d'un objectif d'accessibilité aux personnes handicapées et des contraintes dues, à son site exigu, à ses diverses fonctions, et également à son esthétique puisqu'elle est située dans l'espace naturel protégé du mont Valérien. Ce projet est affiné par ses promoteurs, la SNCF, dans le cadre de son référentiel « Mobigare », la région Île-de-France, avec son programme de « déploiement des projets de mise en accessibilité », en concertation avec la ville de Saint-Cloud et des associations....
Le point central de cet important chantier est la construction d'une nouvelle passerelle publique surplombant la ligne du chemin de fer, avec les voies de cheminement de la commune entre le haut et le bas du coteau. Ses liens avec le site ferroviaire, notamment les , sont composés de quatre ascenseurs, deux escaliers mécaniques et quatre escaliers fixes. Les quais et l'ancien bâtiment voyageurs sont également inclus dans le chantier avec d'importantes rénovations.