de Hongrie ou Jean Sigismond Zapolya (en hongrois : Szapolyai János Zsigmond), né le à Buda et décédé le à Gyulafehérvár, est un prince de Transylvanie, également roi de Hongrie. Il est fils du roi de Hongrie et d'Isabelle Jagellon, fille du roi de Pologne.
Contexte Après la défaite de Mohács de 1526, la Hongrie est divisée entre l'Empire ottoman (qui occupe le centre du pays ou « Transdanubie »), les Habsbourg (qui en deviennent les rois dans la partie nord-occidentale aussi appelée « Cisdanubie »), et la principauté de Transylvanie (agrandie de la partie orientale du pays)..
Règne En dépit du traité de Nagyvárad de 1538 qui officialise ce partage, encore mineur est élu roi de Hongrie en 1540 par les partisans de son père. Son tuteur est le régent-cardinal Giorgio Martinuzzi. La cour s’installe à Buda, qui est alors assiégée par Ferdinand de Habsbourg.
Le , le sultan ottoman vainc les armées autrichiennes et prend en otage les chefs militaires hongrois venus lui rendre visite dans son camp. Il fait installer un gouverneur turc à Buda et occuper une partie de la Cisdanubie jusqu'au lac Balaton. Quant à et son tuteur Martinuzzi, ils gouvernent la Transylvanie et leur part de la Hongrie depuis Gyulafehérvár.
En 1549, Martinuzzi négocie l’accord de convention de Nyírbátor qui laisse la couronne de Hongrie aux Habsbourgs tout en conservant la Transylvanie agrandie à . Par la suite, en 1551, il fait signer à un traité par lequel celui-ci renonce au titre de roi contre d'importants avantages financiers. Sa mère refuse cet accord, ce qui pousse à occuper la Transylvanie et à nommer Martinuzzi voïvode avant de le faire assassiner. et Isabelle, devenue tutrice de son fils, doivent s’exiler pour la Silésie où la reine Isabelle obtient le duché de Münsterberg.
Devant l’occupation de la Transylvanie par les Habsbourg, le sultan réagit et envahit à son tour la principauté puis s’empare de la ville de Temesvár en 1552.
Convoquée et dirigée par le sultan, la Diète de Transylvanie rappelle en 1556 et sa mère. Il gouverne alors comme vassal de l'Empire ottoman (à l'instar des voïvodes moldave et valaque), se convertit au protestantisme, et instaure l’édit de tolérance de Torda, considéré comme le premier décret de liberté religieuse en Europe. Il encourage également l’établissement de l’unitarisme en Transylvanie.
Le , le traité de Spire transforme la principauté de Transylvanie en un état indépendant. renonce alors définitivement au titre de roi de Hongrie pour celui de prince de Transylvanie mais il meurt dès le sans laisser d'héritier au pays et léguant une situation juridique incertaine aux Ordres de la Principauté.
Exégèse moderne Depuis le les interférences nationalistes dans la recherche historique ont abouti à renommer la principauté de Transylvanie agrandie des parties orientales de la Hongrie : « royaume de Hongrie orientale ». Ce renommage s'inscrit dans les controverses politiques entre historiens magyars et roumains au sujet de l'histoire de la TransylvanieVoir Iván Boldizsár, NHQ: the new Hungarian quarterly, vol. 22, éd. 1, Lap kiadó, Budapest, 1981, sur NHQ; Béla Köpeczi (dir.), History of Transylvania, 3 vol., Boulder, East European Monographs, 2001-2002 (abrégé français sur Histoire de la Transylvanie, Budapest, Akademiai Kiadó, 1992) et Robert John Weston Evans, T. V. Thomas. Crown, Church and Estates: Central European politics in the sixteenth and seventeenth centuries, Macmillan, 1991, . : l'historiographie hongroise limite son existence à 141 ans durant la période 1570-1711, considérant qu'elle n'a été créée qu'au moment du traité de Spire et qu'elle a cessé d'exister lors du remplacement du prince hongrois Ferenc Rákóczy par des gouverneurs autrichiens en 1711 ; l'historiographie roumaine, pour sa part, se référant à la liste des princes de Transylvanie et aux institutions propres de cette région (voïvode élu par la Diète transylvaine, lois spécifiques, armée transylvaine, et, parmi les divisions territoriales, des joupanats gouvernés selon le jus valachicum reconnu par la charte de 1383)János Mihályi de l’université de Budapest : Máramarosi diplomák a XIV és XV századbol (Chartes de Marmatie des ), Sighet, 1900, et suiv., et Alexandru Filipașcu de l'université de Cluj : L'ancienneté des Roumains de Marmatie (en français), éd. du Centre d’études et de recherches transylvaines de l'université Ferdinand- de Sibiu, Bibliotheca rerum Transsilvaniae, 1945, à 33. considère qu’elle a existé durant 756 ans de 1111 à 1867Academia Republicii Populare Romîne, Istoria Romîniei, Bucarest 1960 ; manuel scolaire de Felicia Adăscăliței et Liviu Lazăr Manual de istorie pentru clasa a 12-a - éd. Corvin, Deva 2007, ..
Ces divergences d'interprétation des mêmes faits aboutissent à présenter Jean-Sigismond Zapolya plutôt comme un roi de Hongrie orientale que comme un prince de Transylvanie, et ne lui accordent ce dernier titre qu'à partir du traité de Spire de 1570 (quelques mois avant sa mort) alors qu'en fait il l'avait, tout comme son titre royal, depuis 1540. Le point de vue hongrois domine largement dans les notices d'autorité internationales.
Références
Liens externes
Bibliographie Jean Bérenger avec préface de Sándor Csernus, La Hongrie des Habsbourg: Tome I de 1526 à 1790. Presses Universitaires de Rennes, Rennes (2010) 401.
Ascendance
Catégorie:Roi de Hongrie du XVIe siècle Catégorie:Prince de Transylvanie Catégorie:Naissance en juillet 1540 Catégorie:Naissance à Buda Catégorie:Décès en mars 1571 Catégorie:Décès à Gyulafehérvár Catégorie:Décès à 30 ans Catégorie:Personnalité inhumée dans la cathédrale Saint-Michel d'Alba Iulia